Im ANNALES DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. IMPRlMKlilii h'IIIPPOrATK TILLURI) Vcn' SiUy.u'inilic Sl-.Mi.liel , 5o. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FHANCE Naliua maxime miranda in minimis. TOME ONZIEME. PARIS , GH. PITOIS, ÉDITEUR. OIT SOUSCRIT : CHEZ p. BERTRAND, LIBRAIRE, RUE ST-ANDRÉ-DES-ARCS, 38. Strasbourg, V LEVRAULT, rue des Juifs, 33. 1842. ANNALES DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRAÎSCE. SUR LA Ptérologie des Lépidoptères (PI. i, ii, m.) Par M. Al. LEFEBYRE. (Séance du 19 janvier 1842.) M. Al. Lefebvre présente de nombreux dessins à l'appui d'une méthode qui a pour objet de faciliter la classification et la description des Lépidoptères. Elle repose exclusivement sur des caractères qu'offre le système nervulo-alaire dans les in- sectes de cet ordre. L'auteur s'exprime en ces termes : « Depuis plus de dix ans. Messieurs, cette étude, dans plusieurs ordres, avait été l'objet de mes investigations, et je me disposais àen faire connaître les résultats à la Société, lors- qu'enl836,je fus obligé de me démetlredes honorables fonc- tionsqu'elle avait bien voulu me confier, de m'éloignerde Paris 6 ANNALES et d'abandonner mes occupations enlomologiqiies pour un temps illimité. « Aujourd'hui , qu'il m'est permis de reprendre de temps à autre ces occupations favorites , j'ai l'honneur de vous sou- mettre une partie des dessins ptérographiques faits pour la plupart à l'époque dont je viens de vous parler, ainsi que la méthode que j'essayais d'introduire , à l'aide des nervures qui constituent la charpente des ailes des Lépidoptères. Je vous en entretins un instant, en 1832 (1), au sujet d'un groupe de ces insectes de la tribu des Satyrides , et, plus tard , relative- ment à de nombreuses variétés dans le dessin alaire de l'un d'entre eux, VArgé Galatea ; j'eus même, dans la suite, occasion de vous parler de cette méthode appliquée à une tribu de l'ordre des Névroptères. « Le temps me manquerait si j'avais à vous analyser les travaux que Harris, Dalman , Godarl, plus récemment MM. Duponchel, Boisduval, Guénée et Devil fiers, Lacordaire, dellaan, etc., ont publiés sur ce sujet, et tout nouvellement notre collègue M. le docteur Rambur : seulement, avant de terminer, je m'arrêterai sur ce dernier entomologiste, parce qu'il m'a paru avoir voulu résumer les travaux de ses prédé- cesseurs sur ce sujet trop peu étudié jusqu'à ce jour, et en tirer parti pour la classification. « Je me bornerai donc à vous dire que tous ces premiers au- teurs, loin de rechercher des caractères génériques dans la dis- position de ces nervures, se sont contentés de désigneras prin- cipales sous des noms assez diflerenis et au fur et mesure que le besoin de les distinguer nominativement se faisait sentir. ' mme aux Féronia, à peine (ransversale aux Uyades, droite dans beau- coup, flexueuse chez les Argynnis , etc. « D'autre part, la conformation de la ce/Zw/ec/Zscoïc/a/e, si petite aux Leucopliasia , si grande aux Morplw , si étroite aux ClaucopiSy et même quelquefois nulle, etc., ainsi que ces aréoles formées à leur tour dans la cellule discoïdale, ou en dehors, comme aux Castnia, aux Agarista, seront également d'un précieux enseignement. « Si, toujours aux premières ailes, on passe aux nervules inférieures, leur nombre variera, sinon leur forme, selon les grands groupes (1). Puis viendra la soiis-médiane , qui, dans quelques Salyrides, sortira de sa roule ordinairement si régu- lière, pour décrire des courbes insolites, ainsi qu'on le voit chez les Sut. Girondins^ Roxelana; même dans quelques Noc- turnes, elle se divisera à sa base pour former une aérole sous- cellulaire, etc. « Chez plusieurs Nocturno-crépusculaires, on aura à constater entre elle et la médiane la présenced'une nervure ordinairement plus faible, V intermédiane. Puis Vinterne, toute brève qu'elle soit, le plus souvent se rendra directement sur le bord in- terne, ou se plaira à s'anastomoser avec cette dernière et à former ainsi une petite aréole. Son absence se remarquera en bien des genres, comme sa présence se manifestera dans plu- sieurs, tels qu'aux Casf?«'a, nuxPapilio, etc. Enfin, à ce der- nier, nous nous garderons de dédaigner cette petite nervule hansverse placée près de la base de l'aile, entre les médianes, qui, ne se rencontre guère que dans les G. Ornithoptera, Pa- (1) Cependant, mais plus rarement, elles peuvent se diviser en plu- sieurs bi'anches dans quelques groupes de Nocturnes ou Nocturno- crépusculaires , oîi les nervures sont très tourmentées, comme aux G. Erasmia^ Oeketicus, etc.; mais ces ramifications sont le plus sou- vent étrangères aux Diurnes. j U ANNALES pîlio , Eurijcns et no reparaîl ensuite que dans quelques groupes des îleliconia et des Morpho, e!c. « Vous voyez, Messieurs, quel parti on peut tirer de tant de matériaux épars seulement sur les premières ailes ! « Les secondes, pour être d'un intérêt moins évident dans cette nomenclature, nen présentent pas moins nombre de caractères. Car si les ramifications alaires des premières ailes sont plutôt appelées à servir de base aux principales sections, celles des secondes ailes aideront peut-être à descendre dans des distinctions divisionnaires. Leur composition , à de faibles différences près, est identique avec les premières; aussi ai-je consacré avec soin les mêmes noms aux mêmes nervures, selon leur disposition, et je les compte de la même manière: seulement, le pli cellulaire y est parfois fort difficile à distin- guer, il faut en convenir. « Là en général , et surtout dans les diurnes, il y aura une plus grande simplicité dans les nervules, mais leur nombre variera ainsi que leur forme : puis la cellule discoïdale ^ selon la marche de la sous-costale sera plus ou moins modifiée. Pres- que carrée aux Hœtera , descendant aux deux tiers de l'aile aux Euplœa, imperceptible à des Macroglossa , petite aux Limnas, ouverte aux Limenitls, aux Uraniay aux Timètes, etc. On la trouvera fermée dans beaucoup d'autres; et c'est ce der- nier caractère qui frappa Godart, et dont il se servit le premier avec moins de bonheur peut-être qu'il ne l'espérait lui-même. u Le nombre, la disposition des nervules supérieures et inférieures varieront aussi considérablement jusqu'à dispa- raître en tout ou en partie, comme aux premières ailes, dans quelques petites espèces; enfin, parmi certains Nocturnes nous rencontrerons des bizarreries incroyables, mais constantes se- lon le groupe, dans la ramification de ces vais seaux aérifères. c( Je m'arrête, car je crois. Messieurs, vous avoir fait suffi- samment connaître tout ce qu'offre d'inléressaiU l'étude ap- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQU!]. iti profonJio du système lUM'vnlo-alalro chez K^s Lé[)i(Ioplc!'CS. Je vais vous présenter maintenant qiielcjues observations sur le tableau plérograpbique dece syslènie tel que je le comjjrends. « Dans les noms que j'ai choisis, j'ai du éviter avec soin d'en forger de nouveaux et sacrifier à l'usage, à l'habliude , lors même que le nom reçu n'exprimait pas par(aitement l'ob- jet désigné. Car, à mon avis , il n'appartient qu'à un F.éon Dufour, un Jlilne Edwards , un Strauss, un Cliabrier, à ces profonds anatomistes enfin , de créer une nouvelle nomencla- ture pour l(^s organes qu'ils coordonnent ou qu'ils ont décou- verts dans tous les ordres des animaux articulés. Alors, devant le résultat de leurs savantes recherciîcs, doit crouler tout cet échafaudage provisoire, pour faire place aux noms cju'iis auront imposé à tout jamais, ainsi qu'à la méthode qu'ils auront introduite. « Divers eniomologisles ont déjà accueilli quelques-unes des formules émises par moi en 1 832. Je les conserverai donc , ne corrigeant que celles qui m'ont paru devoir l'être avec raison par plusieurs de nos lépidoptérisles, et c{ue l'usage de quelques années semble avoir déjà consacrées. « Ceque j'ai cherché par-dessus lout,c'està être clair, exact, précis, facile à comprendre comme à retenir, et qu'un nom désigne bien à lui seul l'objet auquel il s'applique , la place qu'il occupe, sans qu'il puisse y avoir doute ou double em- ploi. J'ai évité avec soin de descendre à des détails ana- lomiques trop minutieux pour ô!re bien vus, bien dits par moi, trop difticiles à vérifier pour ceux qui étudient; et c'est surtout celte dernière considération qui m'a imposé la condition de rester un peu superficiel, afin de demeurer à la portée du plus grand nombre dans l'exposé de ce système. Dans le cours de la description ou du discours, laissant de côté les désignations de nervures, nervules et rameaux, je dis Vintenie, la deuxième inférieure , la costale , la discoïdale, la 16 ANNALES première supérieure , ia disco-cellulaire , eic, et ce n'est pas sans y avoir longuement réfléchi que je me suis arrêté de préfé- lence à tel ou tel n^m, afin d'empêcher la confusion. C'est ainsi que j'éviterai, aulant que faire se pourra, l'emploi mul- tiplié du même adjectif, afin qu'on ne puisse dire, par exemple, l'aile inférieure ^^ au bord inférieur ^ une nervure in- férieure , etc., mais la deuxième aile a, au bord postérieur , une nervure interne , elc. ; et c'est ce qui m'a quelquefois obligé à renoncer à tel nom adopté pour lui en préférer un autre. « Je prends la première aile pour base de cet examen, et di- visant, comme jadis, les canaux aérifères qui supportent la membrane de l'aile en nervures ceux qui partent du tronc, en nervules ceux qui jaillissent des nervures, et en rameaux (1) ceux qui naissent des nervules , je trouve en commençant par le bord antérieur, immédiatement après la côte (2), la costale qui le plus souvent s'arrête sur la côte môme. Plus rare- ment, comme dans les HépiaLuSy unepetite nervule transversale (la précostale) liera, près de la base, la costale à la côte elle- même, comme cela a presque toujours lieu aux deuxièmes ailes. Immédiatement au-dessous d'elle , la souscostale, plus faible qu'elle, la longe une partie du chemin, forme le bord supérieur de la cellule discoïdale pour se diviser ensuite en plusieurs branches très variables qui sont les nervules supé- rieures. Les branches que fournissent ces nervules supérieures deviennent les rameaux supérieurs dits costaux y ou apicauXy ou marginaux, selon leur arrivée sur le contour de l'aile. (1) J'avais proposé autrefois ramuscules, ou mieux encore nervus- culeSy mais rameaux a été depuis adopté plus volontiers, et j'ai dû y souscrire. (2) La côte elle-même, comme dans des Glaucopides et autres grou- pes , peut dégénérer aussi en vaisseau aérifère. C'est ce qui, dans le temps, m'avait fait créer deux médianes, afin de me réserver un nom au besoin pour cette nervure costale. DE I.A SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 17 « Ces rameaux, comme lesnerviiles et par le même motif, se mimèrent également de bas en haut. (( Quelquefois, comme aux Castnia, aux Agarista, une de ces supérieures , concurremment avec l'extrémité de la sous- costale, formeront une petite aréole sus-cellulaire de l'extrémité de laquelle sortiront les autres nervules. « Au-dessous de la sous-costale, part du thorax et d'une base commune avec elle , la médiane qui chemine à travers le milieu de l'aile ; à son tour elle forme le bord infé- rieur de la cellule discoïdale, se subdivise en plusieurs bran- ches, bien moins variables en général, et qui sont les ner- vules inférieures. Ces deux faisceaux se nombrant, comme je l'ai dit plus haut , sont joints par la clisco-cellulairey lorsqu'elle existe. Au-dessous de la médiane, toujours à partir du thorax, vient la sous-médiane. C'est elle qui, d'habitude, longe le bord interne, et ne jette presque jamais aucune branche. Cepen- dant elle peut à mi-chemin, comme, par exemple, au G. OeketiciiSy se séparer en deux bras peu après sa naissance, pour former une large aréole sous-cellulaire^ et continuer sa route jusqu'à l'angle interne. Moins fréquemment, et dans quelques groupes, s'iniercalle entre ces deux nervures une in- ter-médiane qui se rend directement sur le bord extérieur, et semble remplacer le pli de ce nom. Enfin au-dessous de la sous-médiane, dont on la dirait une branche, V\QwiV interne , qui, plus brève, va plus volontiers rejoindre le bord postérieur. Fort courte aux premières ailes, elle est plus longue aux deuxièmes , et s'échappe immédiatement du thorax. Enfin , s'il en existe encore une autre , aux secondes ailes près du bord, ce sera Y abdominale. « Outre ces principales il en est d'autres plus petites. C'est ainsi qu'aux premières ailes, on en voit une placée transver- salement entre la médiane et la sous-médiane (ex. G. Papilio)^ XI. 2 18 ANNALES ce sera la baseo-médiane : et l'aréole qu'elle forme peut s'ap- peler médio-b asilaire. « Aux deuxièmes ailes une petite nervure précède la cos- tale; elle est brève , et le plus souvent recourbée à sa base en remontant vers la côte, elle se bifurquera à son extrémité ; pour moi, c'est la précostale, qui forme alors une petite aréole que j'appelle basilaire, qui se modifie selon les genres ou elle existe, et n'est l'appanage que de quelques-uns tels que Orni- thopterUy Papilio, elc, et manque à presque toute la masse des Diurnes. Quand à la précostale, elle peut aussi s'anasto- moser quelquefois par son extrémité supérieure avec la cos- tale, ainsi qu'on le voit au G. Eiirycus. Enfin, comme à ce der- nier genre, la petite nervule transversale, qui à ces mêmes ailes lie, non loin de la base, la costale à la sous-costale, deviendrait une baseo -costale. Si, comme j'ai cru le remar- quer aux G. Erasmia et autres, il en est encore une située plus loin entre les costales, on l'appellera medio-costale ou extremo- costale, selon sa position, etc. « Il arrivera fort souvent que quelques rameaux ou ner- vules, plus ou moins complets, jailliront longitudinalement dans la cellule discoïdale, soit delà disco-cellulaire ( voy. au G. Heleona), soit d'elleet de la médiane (voy. G. Gynautocera) , ou bien seulement de la médiane ( voy. G. Hepialus), ou du coude de la première supérieure (voy. Helic. Selene), etc., et ces diverses branches formeront des aréoles dans i'énuméra- tion desquelles je ne puis entrer ici. Je me bornerai donc à vous parler d'une des principales de ces ramifications. <( C'est celle qui, comme aux Castnia, par exemple, rayonne del'exîrémité de la cellule discoïdale jusque vers la base de l'aile. Je la nomme, quelle que soit son origine et pour éviter toute ambiguité, nervule discoïdale. Ses branches dans la cel- lule de ce nom y formant une autre cellule, celle dernière sera pour moi une aréole discoïdale. Et j'aftecle ce dernier ad- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 19 jectifàtoui ce qui est clans celle grande cellule, comme je qualifie de cellulaire rameaux et aréoles qui se trouvent acci- dentellement en dehors ei près d'elle, et ne sont pas désignés nominativement dans la nomenclature fondamentale. C'est ainsi que si la disco-cellulaire projette ou paraît projeter un rameau complet ou non vers le bord extérieur, ce sera néces- sairement le rameau cellulaire^ pour le distinguer des nervules des deux faisceaux supérieur el inférieur. « Quant à la dilatation que présentent certaines nervures, mon digne et savant ami , M. Dnponchel , s'en servit dès 1833 d'une manière fort ingénieuse, pour grouper les nombreuses espèces de la tribu des Satyrides : exemple que le docteur Bois- duval suivit avec le même succès. « Aux deux ailes, les plis internervulaires, dont la position est bonne à constater dans le cours des descriptions spécifiques , prendront les noms de premier , second , troisième pli supérieur ou inférieur, selon la place qu'ils occupent entre les nervules, se nombrant en plus dans le même sens qu'elles. « J'aurais encore à entrer dans bien des détails, Messieurs, sur les absences, les croisements, les anastomoses, que l'on remarque dans les nervules, surtout parmi les Nocturnes, mais ce sujet me mènerait trop loin. Plus tard, sans doute, je réclamerai de nouveau votre attention au sujet de ce sys- tème alaire, que je regarde seulement comme une ébauche que j'aurai à perfectionner par la suite. Les instances de quelques amis m'ont seules décidé à le publier dans l'état où il est, pour m'assurcr une priorité qui semble déjà m'être contestée. « En cflet, M. Boisduval, dès 1836, dans les planches de son premier volume des Lépidoptères (suites à Buffon),'A fait figurer des ailes de divers genres, dénudées de leurs écailles. Mais je dois dire que ces ailes ne sont pas toujours d'une rectitude par- faite, surtout dans la distribution de leurs ramifications. Bien que cet auteur, dans ses généralités, donne des noms aux prin- 20 ANNALES cipales, il semble dai-js la suite n'en tirer aucun parti à l'appui de ses groupes, de ses genres, et dans la dernière édition de son Index methodicus il garde à ce sujet le même silence. à Le Révérend M. Hope, dans les Transactions de la Soc. Linn. de Londres, t. xviii, p. 446, pi. 31 , figure et décrit, sous le nom générique d'Erasmia, un nocturno-crépusculaire dont la conformation nervulo-alaire l'a assez frappé pour le décider à le faire représenter, et en dire à l'énoncé des caractè- res génériques « nervis posticis curvatis : » maisà l'inspection des seules nervules supérieures, je reconnus de suite que ce genre ne pouvait appartenir à la tribu âesZygènides, comme M. Hope V.y place avec doute, mais bien plutôt à celle des Gynautocera et des lleleona. (( Dans l'Histoire naturelle des possessions néerlandaises dans les Indes, publiée par le gouvernement Néerlandais^ sous la savante direction de M. Temminck, 1^40, Zool. n° 3, la pi. 9 représente onze figures d'ailes dénudées des G. Papilio, EurycuSy Leptocircus, Thais, Doritis et Pumassius. Elles sont parfaitement bien faites, très exactes; mais rien n'indique quelque distinction dans la nervulation . Et aux pages 1 2 et 1 3 , mon ignorance de la langue hollandaise ne m'a pas permis desavoir si aux noms déjà imposés aux nervures, M. deHaan en avait ajouté d'autres. En outre ce n'est que pendant quel- ques minutes que j'ai eu cet ouvrage entre les mains, il y a dix mois, avant mon départ pour ma campagne et depuis mon retour tout récent je n'ai pu parvenir à le revoir. « Au printemps dernier alors que je consultais la collection de M. Boisduval , essayant de reconnaître son obligeance en lui montrant mes dessins, en lui expliquant mes idées sur ce système alaire, je lui avais manifesté le désir de consigner, à mon retour, mes observations dans une de nos Revues. Lorsque tout récemment, et pendant mon absence, son ami M. Rambur fit imprimer une livraison de sa Faune DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 21 il' Andalousie , livraison qui ne fait pas suite aux quatre autres déjà parues, est intitulée LépidoptcreSy sans indication de tome comme aux précédentes, commence à la feuille 1" et en même temps à la page 213!.... Et ce fut lorsque je la parcourus ces jours derniers que je m'aperçus qu'aux généralités, non seulement M. Rambur entrait, au sujet du système alaire, dans des détails que ses devanciers avaient omis, séparait les faisceaux des nervures, les C(miptait, etc. , mais, mieux que cela, en faisait l'application en tête des premiers genres dont il traite. (( Cependant ,dans cette nomenclature où nousnous sommes rencontrés d'une miinière vraiment merveilleuse, et suffisante pour me faire passer aujourd'hui près de ceux qui ne me connaissent pas pour un indigne plagiaire, M. Rambur que, malgré mes sollicitations, je regreite de ne pas voir parmi nous aujourd'hui à celle séance, semble avoir élaboré ces} slème d'une manière peut-être trop rapide. Voici ce qui me le fait penser. c( Dans celte livraison, en séparant les faisceaux des ner- viiles, il omet de nous dire quel est le caractère qui établit la ligne de démarcation entre elles ( le pli cellulaire) , et laisse à ce sujet l'observateur dans une indécision complète. Ce point de départ valait cependant la peine d'être précisé dans un exposé de généralités et sur un sujet aussi neuf: « Quant aux nervules supérieures, dans lesquelles résident, comme je l'ai dit, les traits les plus saillants, elles n'attirent pas assez son attention , car il se contente (page 232) de nous dire : « Qu'on ne peut donner de dénomination particulière à « ces rameaux , à cause des grandes variations qu'ils éprouvent -« dans leur position et leur forme. » « Tout au contraire, je vous ai prouvé. Messieurs, que ces variations étaient un motif de plus pour les dénommer exacte- ment ; plus bas cependant , il propose de les désigner numéri- quement, mais sans dire de quelle manière. Ce n'est que plus m ANNALES lard, dans le courant des descriptions génériques, que j'ai pu m'apercevoir, mais non sans quelque difficulté, qu'il les compte comme je le faisais autrefois de haut en bas , méthode dont je vous ai déjà expliqué la défectuosité. « Plus loin, M. Rambur détruira le nom de cellule discoï- claie , consacré depuis plus de vingt ans pour le remplacer (page 232) par celui d'aréole discoïdale. Je ne vois pas la grande utilité de ce changement. Tandis que, p. 244, ilnous parlera des cellules discoïdales dont il n'a pas fait mention , et cela sans dire ce qu'il entend actuellement par cette ancienne dénomination par lui rejetée! c< Pourquoi , par exemple, avoir omis complètement aux caractères du G. Papilio, la baseo-médiane^ cette petite nervule propre à ce genre et qui distingue si bien les papilioniens? Son exiguité ne devait pas être un tilre d'exclusion auprès d'un aussi bon observateur que le docteur Rambur. Quand à Vin- terne il en parle dans ses généralités mais sans la désigner nominativement. « Au sujet de la disco-cellulaire à laquelle il donne deux noms récurrente ou transverse , ad libitum ( noms impropres à mon avis, puisqu'il existe d'autres récurrentes ou trans- verses, et en ce qu'ils ne précisent nullement la place inva- riable de celte nervule) ; cet auteur confond la courbe habi- tuelle à la première supérieure avec la portion contiguë de la disco-cellulaire, comme on en i>eul juger à son exposé du G, Thaïs. Il semble avoir totalement méconnu cette déviation propre à la première supérieure, si essentielle à dJstinguer, et malgré l'importance dont elle est. « Au lieu d'expliquer brièvement la distinction si frappante entre les Thaïs et les Parnassius^ parleurs nervules supérieures, il prend seulement en considération le point de départ de la première supérieure (pour lui sa dernière), en s'égarant sur sa base véritable , comme je l'ai dit. Puis il aime mieux énoncev DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 25 un caractère négatif commun à ces deux genres (l'absence d'une bifurcation) que d'exposer les ramifications diiVcrentes qui existent. Ce caractère était cependant bien positif, bien évident et facile à voir comme à exprimer. Je ne dis pas que la position de cette bifurcation apicalene soit pas éprendre en considération , mais à mon avis elle ne pourrait servir que pour les grandes divisions selon la position numérique qu'elleoccupe et en comptant toutes les nervules de bas en haut sans faire de distinction entre elles. c( Sans parler de la valeur qu'il attache dans ses généralités aux noms de nervures, nervules et rameaux, il les emploie in- distinctement, appelant les nervules, tantôt des rameaux (p. 232, 254, etc.), tantôt des nervures (p. 244, etc.), de même que la disco-cellulaire sera pour lui ou une nervure (p. 232) , ou une nervule (p. 250, etc.). «Des idées bien arrêtées seraient préférables à cette confu- sion, surtout quand on semble proposer une méthode aussi neuve et comme étant le fruit de ses propres observations. « Au G. Pîeris, M. Rambur donne comme caractère géné- rique, troisième rameau de la sous-costale seulement bifurqué ( il compte en sens inverse de moi, à partir du bord costal) , mais à la Cratœgi , par exemple , ce troisième rameau est déjà lui-même une branche superposée à une autre ! L'auteur veut- il parler de la grande bifurcation , et omet-il à dessein la petite de y apex (assez caractéristique de ce genre nombreux), ou bien lïiôntionne-t-il celte dernière à l'exclusion de l'autre? De laquelle parle-t-il? Et cependant lepoint de départ des nervules est précieux à noter, car il nous fait connaître que la Cratœgi diffère déjà par cela seul des vraies Pieris, et doit faire le type d'une division. D'autre part, si la P. Fa/em (presque pa- reille par les nervules supérieures aux G. Eronia , Thestias et Iphias) est une vraie Pieris, je trouve alors que celte troisième supérieure, au lieu de deux branches, en porte trois ! 24 ANNALES . « Encore un fait. Aux Potyommatides , M. Rambur comp- tera quatre rameaux à la sous-coslale, dont un bifide. Fort bien. Mais lequel? Maintenant, si pour V Argus Do lus , par exemple, ce nombre de nervulesde la sous-costale, comme il les énumère, est exacte, et que j'y découvre que c'est la troi- sième qui est bifurquée avant l'apex, total cinq branches atteignants les bords, que ferais-je du Thecla Eurytulus qui me tombe sous la m^ain , et ne compte que quatre su- périeures aboutissants au burd de l'aile, et dont la troisième (toujours en partant du haut) est bifurquée tout près de sa base? Reste donc trois neryules à la sous- costale, et non quatre, savoir : trois dont une bifurquée ou quatre sans bifurcation comptée. Cela ne corde plus avec le caractère de tribu. Bien mieux, d'autres m'offriront tout au contraire trois branches à la troisième nervule de la sous-costale, en tout six rameaux arrivant sur le bord extérieur, toujours abstrac- tion faite de celui imputé à la disco-cellulaire ; et pourtant ce sont des Polyommatides ! « Autre chose. Certes, les courbes de la disco-cellulaire, toutes faibles qu'elles soient, sont utiles à enregistrer, mais comme caractère très secondaire, il faut en convenir. Et ce- pendant comment croire que ce soit cette seule et unique cour- bure en dedans, que M. Rambur ait trouvée pour caractériser nervulairement les G. Zegris, Antkocharis , et même Collas! tandis que dans les seules Anthocharides on possède déjà, à l'aide des nervules supérieures, les éléments d'une distinction entre le groupe des Eupheno et celui des Belia ! M. Rambur a- t-il donc suffisamment élaboré ces caractères, armato oculo? «. Actuellement , après s'être servi jusqu'à ce moment de la disposition eî du nombre des nervules des ailes comme carac- tères génériques, voici qu'au G. Rliodocera il les passe sous si- lence î A ce genre, fort bien caractérisé du reste par les em- branchements des nervules, cet auteur se contente de dire : DE LA SOCIÉTÉ EiNTOMOLOGlQUE. 25 c( Quelques nervures sont épaissies et d'autres extrêmement « déliées; » et cela encore, sans les désigner; rien de plus. « Poursuivons. Au G. Thecla, M. Rambur se boinc à nous apprendre que « le troisième rameau delà médianedes secondes « ailes se prolonge le plus souvent en queue , » et rien autre ! Au G. Tomares (genre nouveau de l'auteur et dont le Battus est le type), il n'appellera l'attention que sur le renflement de la sous-costale et de la médiane. Bientôt enfin l'auteur aban- donnera tout à fait ce système, et arrivé à l'exposé générique des G. LycœnUy Argus cl F olyommatus , auquel Unit celle li- vraison, il se taira totalement sur l'emploi des nervures, comme s'il ne s'en fût jamais occupé! « Il faut convenir que cette suite ne tient pas tout ce que promettait le début assuré de M. Rambur à ce siijeî ; qu'il s'est hasardé sur un terrain peut-èlre trop nouvellement et trop promptement reconnu par lui, et qui, par cela même, lui a bientôt manqué sous les pieds. « On doit accorder à M. Rambur une rare sagacité dans l'é- tude et la recherche des larves, dans la distinction minutieuse des espèces, basée sur des caractères que son talent et son ap- titude ont pu seuls lui faire découvrir : ajoutons, qu'habile observateur il a ouvert une nouvelle route aux investigateurs consciencieux dans l'élude qu'il vient de faire de l'appareil génital parmi les Hespérides (curieux travail pour lequel j'ai eu un vrai plaisir à lui communiquer dernièrement quelques matériaux), mais convenons aussi qu'il s'est peut-être un peu trop hâté de prendre l'initiative dans ce nouveau mode de classement , que sans doute, des investigations trop peu pro- longées ne lui ont pas permis d'envisager sous toutes ses faces. « Je suis loin moi-même de vouloir et de pouvoir tirer dès à présent des conséquences sérieuses des observations que j'ai pu faire sur ce sujet depuis quelques années, tant je les reconnais insuffisantes. Cette hardiesse prématurée m'expose- 26 ANNALES rait à un reproche que j'aurais désiré n'avoir pas eu à faire à un collègue, déjà pour moi vieux de science et de relations amicales. « Pour terminer, Messieurs, j'appelle votre attention sur ces recherches ; toutes imparfaites qu'elles puissent vous paraî- tre, elles n'en ont pas moins droit à votre intérêt, que je me suis borné aujourd'hui à vouloir éveiller à leur égard. La meil- leure preuve qi/e vous puissiez m'en donner c'est de ra'aider de vos avis que je réclame comme une faveur. « Je compte une autre fois vous présenter, à l'aide d'autres dessins plérographiques, les vues d'ensemble et de caractères génériques que le temps et votre patience à m'écouter ne me permettent pas de vous développer aujourd'hui. » P. S. Je saisis avec plaisir cette occasion pour vous annoncer, en terminant , le travail auquel se livre mon vieil et savant ami M. Per- cheron , et qui n'est rien moins qu'un examen approfondi du système nervulo-alaire dans tous les ordres d'hisectes, de son identité de con- formation, et des modifications que subit la charpente des ailes selon les oidres et les tribus. Un pareil ouvrage manquait encore à la science, et il fallait tout le courage et la patience de M. Percheron , étayés de son beau talent comme entomologiste , pour ne pas reculer devant une entreprise aussi gigantesque. Vous aimerez sans nul doute à y applaudir, comme moi-même je me félicite de l'avoir vu céder à mes instances réitérées à ce sujet , en entreprenant un travail de pareille importance. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 27 EXPLICATIOiV DES PLANCHES. Planche r*. Plan ptérographique du système nervulo-alaire des Lépi- doptères. Pour éviter la confusion, je me suis borné à repré- senter les nervures qui, pour la plupart, se trouvent aux ailes des Lépidoptères diurnes, et qui servent de point de départ. (Cette figure est imaginaire.) ~ Planche il. Supplémoiit à la planche précédente , contenant quelques nervures qui n'ont pu être consignées. (Toutes ces tigures, ainsi que celles de la planche m, sont co- piées sur nature à la caméra lucida, et plus ou moins gros- sies.) Les points internervulaires indiquent le pli cellulaire. Fig. 1. G. Castnia. ( ). Première aile. (a) aréole sus-cellulaire , (6) aréole discoïdale., (c)in- termédiane, [d)discoïdale. Le genre y^^aris^a, qui se place si naturellement contre celui-ci, m'a présenté^ comme je m'y attendais, une grande analogie dans son système nervulo-alaire. Il ne s'en distingue, au premier aperçu , que par l'absence d'une aréole dis- coïdale, et la bifurcation de la deuxième supérieure à mi-chemin de son trajet , au lieu de partir de l'a- réole sus-cellulaire. Fig. 2. G. Macroglossa ( Picus ). Première et deuxième ailefi. Disposition remarquable des nervures. Dans la nature, les dernières supérieures des premières ailes sont tellement res- serrées contre la côte qu'on a peine à les distinguer ^ afin de les faire voir , j'ai dû ici les espacer davantage. Deuxième aile. Exiguïté extrême de la cellule discoïdale : prolongement de la costale le long de la côte jusqu'à l'angle externe. Dans d'autres 28 ANNALES espèces, la première supérieure lance un rameau imparfait dans la cellule discoïdale. Fig. 3. G. Hepialus (Humuli), Première aile. (a) précostale. Cet exemple d'une précostale aux pre- mières ailes est peu commun, et tout à fait insolite aux Lépidoptères diurnes. (6) haseo-médiane. Quelquefois cette nervule, comme au G. Heliconia (voy. pi. m, tig, 7), aura une dis- position toute différente, plutôt semblable à celle de Vinterne, ou bien elle sera imparfaite (ic?., fig. 6.) La première supérieure ne forme ici aucun coude, et la position anormale de la disco-cellulaire , ainsi éloi- gnée de la base des supérieure et inférieure, est un exemple frappant de la séparation naturelle des ner- Yules en d^ux faisceaux. Les discoïdales^ en s'ajus- tant avec les deuxième et troisième inférieures, dont elles ne paraissent être qu'un prolongement, sont un cas qui se rencontre souvent dans les Nocturno- crépusculaires. Leur attache sur la médiane est re- marquable , ainsi que les zigzags que décrit cette dernière avant d'arriver à la première inférieure. D'autres Hépialides m'ont offert les mêmes dispositions, à de légères différences près. Fig. 4. G. GLA.UCOPIS (Polymena). Première et deuxième ailes. Première aile. J'ai choisi cette figure pour donner un exem- ple du point de départ des troisième et quatrième supérieures attachées sur la deuxième. La côte est ici dilatée comme une nervure jusqu'à moitié de sa course. Deuxième aile. Disposition très remarquable des nervures. Fusion de la sous-costale avec la costale. Cette dernière , la seule que nous puissions conserver, file parallèlement à la côte jusqu'à l'angle externe, et la sous -costale ne fait acte de pré- DE LA SOCIÉTÉ KNiOMOLOCIQUE. 29 Fencc que par une nervulo uniquo. Lue seule bifurcation à la médiane. Brisure cxtrôtnc de la diseo-cellulaire. Fig. 5. G. Gynautocera (Gucrin) (Rhodope), et fig. 6, G. Heleona (Swainson) {Papilionaris). (fl) anastomose ])artielle de la quatrième supérieure avec la costale. (Elle reparaitau delà de cette dernière au G.Gynautocera, tandis qu'elle est complètement absorbée au G. Heleona.) (b) anastomose de Vinterne avec la sous-médiane. J'ai donné ces deux figures pour montrer d'abord Tanalogie générale qui existe dans la disposition des nervures , malgré la différence notable dans la forme des ailes de ces deux espèces de genres voisins et autrefois confondus : ensuite, pour faire sentir la différence ptérologique qui les caractérise. Et, en effet, bien qu'à tous deux la disco-cellulaire soit brisée , il existe au G. Heleona une aréole discoïdale dont est privé le G. Gynauto- cera, chez lequel la discoïdale ne se bifurque pas. A tous deux, même forme dans les supérieures, même petite brisure de lapremière, même nombre dans les inférieures, même anastomose de l'interne 5 à toutes deux une intermédiane. Fig. 7. G. OEketicus (....). Le défaut d'espace m'a empê- ché de donner la deuxième aile de ce Bombycite, qui est fort curieuse par ses ramifications nervulaires. Je me borne donc à la première. (a) aréole sous-cellulaire , formée par la bifurcation de la sous-médiane. (b) anastomose et double déviation de ï interne. (c) bifurcation de la première inférieure, cas moins commun et qu'on retrouve au G. Erasmia (Hope). J'ai dû borner là les exemples , en ce que ce n'est pas une énumération complète de toutes les nervures que je prétends donner, mais un court aperçu des principales d'entre elles, des 50 ANNALES diverses formes qu'elles affectent et la manière dont je propose de les analyser. Pour cela, il faut une certaine étude et acquérir une connais- sance de la ptérographie nervulaire des groupes : car si on n'a- vait pas égard aux habitudes des nervures selon certains genres, on risquerait de rallier une ramification à un autre faisceau et de s'égarer dans leur nomenclature. On conçoit, du reste, que tout cet arrangement n est qu'hy- pothétique, basé sur des analogies, et comme tous les caractères génériques tirés d'ailleurs, non susceptible d'être poussé à l'ex- cès, comme non sans exceptions. Le rendre le plus rationnel que possible est, pour le moment, tout ce que je puis ambi- tionner. Planche lu. Les fig. 1,2, 3 el 4 sont principalement destinées à faire voir les diverses déviations que la première supérieure peut affecter aux premières ailes. Presque nulle au G. Parnassius , courbe en dedans aux Eurybia, largement ployée en carré au G. Pa- pilio, etc. 5 on peut du reste la suivre dans toutes ses phases aux autres espèces figurées dans ces deux planches. On voit clairement par la fig. du G. l-^anessa, où la disco- cellulaire n'existe pas, et où la cellule discoïdale est par con- séquent ouverte, la tendance que cette nervule a à dévier, et que le coude qu'elle forme très souvent à son départ est bien à elle, et non, comme on l'a cjru,la portion antérieure de la disco-cellu- laire, en lui faisant lancer un rameau vers le bord extérieur. Les G. Limenitis^ Urania^ Timetes, etc., où la cellule discoï- dale est ouverte, en fournissent encore la preuve. Fig. 5. G. Hyades (Jairus). J'ai choisi dans mes dessins cette figure, taot pour faire voir la disposition de la disco-cellulaire des premières ailes que pour montrer la brièveté qu'aux secondes peut avoir l'a sous-costale, ainsi que la longueur de ses ramifications, en comparaison du G. Heliconia, que j'ai placé auprès. A ce même G. Hyades, DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOI.OGIQUE. 31 on voit ôgalemcnt commont aux deuxièmes ailes la cofitale peut sembler naître de \a précostale , par opposition à celle de VfJe- liconia Selene. Fig. 6. G. Heliconia {Melpomene). 7. G. Heliconia? [Selene.) Comme à la planche précédente, j'ai réuni à dessein ces deux figures d'espèces placées d'habitude dans le môme genre, et qui, par la seule inspection des nervures (abstraction faite des caractères puisés ailleurs dans l'insecte), doivent cependant former deux groupes distincts. Dans le fait, si les premières ailes de ces deux Héliconides offrent assez d affinité dans la distribution de leurs supérieures, on trouve aux deuxièmes ailes des caractères suffisants pour les distinguer et ne pouvoir les placer dans le même genre; à Selene^ les deux costales des deuxièmes ailes sont extrême- ment resserrées à leur base , et par cette raison la cellule dis- coïdale très grande, tandis qu'à Melpomene , ces costales sont très écartées, et la cellule discoïdale d'autant plus pe- tite; en plus, àj^cette dernière espèce, la disposition des supé- rieures n'est plus du tout la môme ; la disco-celiulaire n'y est pas brisée comme à Selene^ où elle lance en outre un rameau imparfait dans la cellule discoïdale , et cela peut-être en raison de sa dimension, qui laisserait ainsi un trop grand espace de membrane sans soulien. Cette fig. 7 est destinée également à donner pour les deux ailes des exemples de rameaux imparfaits que souvent on ren- contre dans beaucoup de genres. On pourra remarquer aux premières ailes de ces deuxllélico- nides un curieux exemple d'une ôaseo-méf/iane toute différem- ment placée qu'au G. Papilio^ mais absolument disposée comme Vinterne, à croire vraiment qu'il y a eu ici transposition de cette nervure à la place de la baseo-médiane .• à l'une, elle est en- tière, à l'autre incomplète. Quant à la numération des supérieures indiquées sur la plan- che aux premières ailes par les chiffres romains, je dois conve- 52 ANNALES nir qu'il faut s'aider un peu par le raisonnement, et jusqu'à ce que de nouvelles observations viennent confirmer ou annuler mon opinion, voici ce que je propose : Tenté de reconnaître un nombre fixe de quatre supé- rieures pour tout Tordre, j'ai, trouvé que la première ne se ra- mifiait que rarement quand elle n'était pas seule: qu'au con- traire, la deuxième avait une extrême tendance à se diviser en plusieurs branches, et ainsi delà troisième, quand la deuxième était simple ; et que cette troisième . lorsqu'elle est simple, rejet- tée alors près de la côte avec la quatrième, part plus volontiers avec elle du dessus de la cellule discoïdale que de ses extrémi- tés; et à l'inverse, lorsque cette troisième se ramifie, sa base se trouve presque toujours réunie à celle des précédentes, ou du moins en est fort voisine ; les exceptions m'ont paru rares. I)u moins tel est le point un peu éphémère, j'en conviens, cil mes observations m'ont amené jusqu'à présent. Maintenant partant de cette base , telle quelle , pour analy- ser ptérologiquement les nervures d'une aile (1), je commence par reconîiaître mon pli cellulaire , et de suite, toujours le plus près possible de la cellule discoïdale, la première supérieure, puis la quatrième 5 après, j'attribue à la troisième et à la seconde les ramifications qui semblent leur appartenir. Mais si les bran- ches partent de la cellule discoïdale ou d'une aréole sus-cellu- laire (augmentant ainsi le nombre des nervules), attendu qu'il m'est avéré que la deuxième a plus de tendance à se ramifier que la troisième, c'est à la deuxième que j'attribuerai les bran- ches en surplus, pour peu qu'il y ait hésitation. Du reste, j'ai peu vu de troisième supérieure se ramifiant de la base elle- même, ce mode de ramification m'a paru plutôt être le propre de la seconde. . (1) La face inférieure des ailes est celle oii cet examen se fait avec plus de certitude et de facilité ; et afin de s'en mieux rendre compte , je conseille d'adopter un côté, tant pour l'observation que surtout pour les dessins qu'on en peut faire , et pour lesquels je préconise l'emploi des couleurs dont je fais usage. DE LA SOCIÉTÉ KMOMOLOGKHT.. 33 Ainsi, pour nous aider des ailes figurées ici : je trouve mon compte quartenaire supérieur au G. Pai'naasius. où première et deuxième sonl à base commune. Au G. Papi'io , j'attribue à la deuxième la nervule qui, au-dessus d'elle, part de la même base eu se dirigeant vers Tapex. Même mode de procéder pour les G. f^anessa et Euribia , dernier genre où cette réunion des deux grandes branches est plus manifeste à la base. Au G. Hyades , mon nombre se trouve exact, et c'est la troisième qui, à sa moitié, lance trois rameaux costaux et un apical. Au G. Heliconia, même calcul et même nombre de rameaux, mais s'écbappani bien plus près de la base. Au G. Castnia , cette répartition paraît plus difficile, vu la présence de Faréole sus-cellulaire, mais ma première et ma quatrième supérieures trouvées, je dis de ma seconde qu'elle est trifourchue, à base écartée, partant de Texlrémité de cette ai-oole. Au G. Macroglossa , où les quatrième et troisième sont très difficiles à voir^ c'est la deuxième qui se trifurque, et dont le troisième rameau supérieur longe la dernière moitié de la côte. Au G. Hepiaîus, première et troisième sont à base commune et toutes faciles à numérer. Au G. Glaucopis , nous en trouvons de moins si nous admet- tons l'absence des troisième et quatrième supérieures , ou bien nous les dirons partir, comme c'est plus rationnel, du dessus de la deuxième , qui elle-même est trifourchue. Ces anomalies, ces transpositions ne sont pas rares, seulement il faut avoir le tact de les reconnaître et de s'en rendre le meilleur compte pos- sible. Aux G. Gynautocera, Neleona, elles sont très faciles à nu- mérer , malgré l'anastomose de la quatrième 5 et enfin au G. OEketicus, comme au G. Papilio . la deuxième est bifourchue dès sa base. J'çn agis de même pour la reconnaissance des nervures dis- XI. 3 54 ANNALES coïdale, inférieure et aulres, et je procède égalemeiil par analo- gie. Le groupe des Heleona, des Agarista^ des Castnia me don- nant presque toujours des nervures que je ne retrouve pas aux Diurnes, savoir : une intermédiane ^ une discoïdale formant ou non aréole; facilement je les distribue, et de manière à ra- mener chaque ramification au poste qu'elle doit occuper et qu'elle doit porter dans cette nomonclalure. Celte méthode semble au premier coup d'œil se prêter trop facilement à l'arbitraire, et j'en comprends tout le défaut, mais obligé d'en parler bien plus tôt que je ne l'aurais voulu, je dois convenir des points qui pour moi sont encore douteux , et que je ne peux éclaircir qu'après de plus longues observations. N. B. Dans l'extrait de cette note iiiséré au Bulletin de la Société Cuviérierine, il y a plusieurs erreurs commises sur la planche. Ce dessin grossier fait tout simplement à la plume n'étant pas bien venu dans son transport sur la pierre, il a fallu y retoucher, et diverses nervures ont été omises ou mal entendues. P. S. Il y avait près de deux mois que je venais d'entretenir la Société de cette théorie, et je me proposais à la plus prochaine séance de lui soumettre l'application de ma méthode aux caractères génériques, lorsqu'au moment où finissait de s'imprimer cette notice, je rendis visite à M. Miine-Edwards, qui dans la chaire d'Entomologie du Muséum a succédé à M. Audouin, que les sciences viennent de perdre. Ce fut seulement alors que je sus de ce savant anatomiste qu'il tra- vaillait également de son côté à des recherches semblables dans l'or- dre des Lépidoptères. Grand fut notre étonnement lorsque nous nous apprîmes mutuellement que nous courrions vers le même but sans nous en être douté : et les nombreux dessins ptérographiques qu'à l'instant M. Mil ne-Edwards eut l'obligeance de me soumettre, me prouvèrent quelle importance pouvait acquérir cette innovation en de pareilles mains , et avec le secours de matériaux aussi nom- breux. Je dois le dire, ce professeur s'empressa de me demander, avec une DE LA SOCIÉTÉ EN'TOMOLOGIQUE. 35 prévenance que Ton saura apprécier comme moi, de m'enlendre avec lui sur ce sujet, afin d'éviter autant que possible la confusion au moins nominale que jetteraient, dans cette nomenclature de la char- pente alaire, deux méthodes qui paraîtraient à si peu de distance l'une de l'autre. Cette démarche de M. Mihie-Edwards, vu sa position scientifique, et le rang modeste que j'occupe parmi les entomophiles, me tracèrent dès ce moment la marche que j'avais à suivre. Je fus confirmé dans cette résolution après l'entretien rempli d'in- térêt que j'eus avec lui, et lorsqu'il m'eut développé dans tous ses dé- tails la manière dont il envisageait cette théorie et comptait la traiter. Aussi, tant dans l'intérêt de la science que par déférence pour ses profondes connaissances et pour sa cojiduite pleine de délicatesse en cette occasion , j'eus plaisir à lui déclarer, comme je le fais ici , que j'abandonnais la poursuite et la publication de mes re- cherches à ce sujet, les bornant à la communication que j'en avais fait à la Société Entomologique. Malgré les obligeantes sollicitations de M. Milne- Edwards pour me faire renoncer à cette décision, je crois devoir y persister , et en cela, je le pense, j'aurai l'approbation de chacun. Dépositaire des idées qui ont présidé aux travaux pîérologiques de ce savant, initié aux bases de son travail, aux ingénieux procédés qu'il emploie , afin de n'avoir aucun doute sur la valeur de ses exa- mens anatomiques , on comprend qu'il ne m'est pas permis d'en di- vulguer un seul mot. Je ne puis qu'engager les Entomologistes à at- tendre avec confiance le résultat des travaux de M. Milne-Edwards pour faire l'application de ces nouveaux caractères à la classification des Lépidoptères. Je trouverai ma récompense des recherches auxquelles je me suis livré dans la satisfaction d'avoir un des premiers appelé Taltention de nos naturalistes à ce sujet , et vu enfin un des plus recommandables d'entre eux s'en emparer pour le traiter avec cette supériorité oui jusqu'à ce jour a présidé à tous ses travaux. A. Lefebvrk. 20 mars 1842. 1 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 37 DE LA CHENILLE DE VEriopus pteHdis^ Par M. Bruand. ( Séance du 3 novembre 1 841 . ) Cette charmante Noctuelle a rarement été prise en France ; elle habite principalement TAUemagne septentrionale. M. TREiTSCHKEa fait dc cellc espèce unique son genre Erio- pus (pieds laineux) , qui a pour caractère une particularité qui n'existe que chez le mâle : ce sont les longs poils qui garnis- sent les deux pattes antérieures jusqu'au pénultième tarse. M. DuPONCHEL a ajouté une espèce nouvelle à ce genre; c'est la Latreillei, qu'il a dédiée au savant naturaliste dont elle porte le nom, et qu'il a figurée dans le vu*" vol. de son superbe ouvrage sur les Lépidoptères d'Europe [i). J'ai pris pour la première fois l'insecte parfait l'année der- nière, dans les boisd'Evans (arrondissement de Dôle,Jura); mais quoique ces bois soient remplis de fougère, il est très difficile de rencontrer, soit la chenille, soit le papillon. Deux choses contribuent à les rendre encore plus rares : ce sont d'a- bord les Ichneumons, qui détruisent bon nombre de chenilles ; ensuite, c'est l'habitude qu'ont les paysans de nos contrées de (1) Ouvrage commencé par feu Godart, et que les souscripteurs ont eu le bonheur de voir continué par M. Duponchel. 58 ANNALES couper les fougères pour économiser la paille, el faire la litière aux bestiaux. M. TPiEiTSCiiKE prétend qu'il est difficile d'élever la chenille, cela vient de ce que la fougère sèche presque aussitôt qu'elle est cueillie. Pour remédier à cet inconvénient, j'ai transporté chez moi quelques pieds de fougère; je place sur l'un d'eux la che- nille, je couvre celle-ci avec un vase à fleurs défoncé et couvert lui-même d'une toile métallique , après avoir eu soin de placer au fond un peu de terre légère, séparée du sol par un obstacle quelconque, qui empêche la chenille de s'enfoncer trop avant quand elle descend pour se chrysalider. Au moyen de ces précautions, la chenille vient parfaitement et arrive à sa taille au bout d'une quinzaine de jours. Je ne crois pas qu'il existe un autre exemple d'une chenille de Noctuelle qui atteigne aussi promptement le terme de sa croissance : et c'est là encore une cause qui rend sa découverte difficile, car le laps de temps pendant lequel on peut la rencontrer est très restreint. Au reste, il ne faut pas perdre courage facilement en la cher- chant; car j'ai, pour ma part, visité près de deux mille pieds de fougère, l'année dernière, pour trouver trois chenilles, dont deux avaient été piquées par les Ichneumons. Cette année , j'en ai visité presque autant , et je n'ai rencontré qu'uneseule chenille. Je l'ai peinte à plusieurs époques, et j'en donne ici une figure très exacte (1) : je pense qu'elle n'ajamais été publiée en France, ou du moins qu'elle est peu connue. En voici la description, au terme de sa croissance. Elle est assez grosse pour sa longueur (plus de 3 mill. de diamètre sur 27 de long.), de forme arrondie, légèrement déprimée en dessous; rase, les anneaux bien arqués et sou- tenus, le premier et le dernier peut-être un peu plus forts que les intermédiaires. (1) Voyez planche IV , partie 1'^. DE I.A SOCIKTI': EiNTnMOLOGlQDE. 39 La couleur générale est un beau vert velouté; la lêle est petite, détachée et tombante, légèrement en forme de cœur, mais le bas bien arrondi et le sommet peu échancré; elle est d'un vert sale tirant sur le jaune; ainsi que le premier anneau , la ligne sligmatale est d'un jaune pâle, assez large et bien arrêtée; les stigmates jioirs, le premier et le dernier plus visi- bles (4) que les autres; la vasculaire vert foncé, étroite et interrompue vers les intersections. Chaque anneau, excepté le premier, est orné d'une raie de même couleur que la stigmatale, de figure triangulaire sur le troisième et le second (elle est même brisée sur celui-ci), et en forme de demi-cercle sur tous les autres jusqu'au douzième exclusivement : elle est remplacée sur ce dernier par un trian- gle plein, très allongé, dont les pointes latérales viennent se joindre à la ligne stigmatale et dont le sommet est placé au commencement du douzième anneau , et le dessous un peu en avant du clapet anal, qui est peu visible et marqué seule- ment par une petite raie transversale, plus claire que le fond. A la pointe antérieure de ce triangle, ainsi que devant le centre du demi-cercle précédent, se trouve un petit point de la même couleur. La partie qui suit immédiatement chaque raie dorsale prend une tcinie verte plus foncée que le reste. En outre, la vasculaire est coupée sur tous les anneaux, à partir du troisième jusqu'au onzième inclusivement, par une petite tache transversale, de même couleur que la stigmatale et placée en arrière des demi-cercles, près des intersections. Cette tache a la forme d'un carré long sur les 4% 5®, 6% 7°, 8* et 9* anneaux; c'est une raie atténuée à ses extrémités sur le 3®, le 10*' et le ll^ Il en est de même sur le second , mais ^ ici la vasculaire coupe cette raie, comme elle coupe les taches triangulaires de ce même anneau et du suivant. La ligne sous- (1) Ce caractère est bien plus remarquable dans le jeune âge de la chenille. 40 ANiNALKS dorsale esl remplacée sur chaque anneau, sauf le premier, par unr point jaune-clair qui est placé un peu en avant, et presque à l'exlrémilé des raies cintrées et triangulaires. Celles- ci occupent toute la partie dorsale; le centre est placé sur le bord de l'anneau du côté de la têîe, le bas s'étend jusqu'à l'intersection de l'anneau suivant, se dirigeant par conséquent vers la partie anale. Au-dessous de chaque point qui orne le 11^ et le 12® anneau, il en existe un beaucoup plus petit, mais qui n'est guère visible qu'à la loupe. Dans le jeune âge de la chenille, la couleur générale est d'un vert plus tendre, les raies dorsales moins bien écrites; celles des intersections sont remplacées par deux petits points de même couleur, un de chaque côté de la vasculaire. Enfin , lorsqu'elle est à sa seconde peau (environ 13 millimètres de longueur), les écailles de la tête sont marquées d'une petite lache brune, ce qui lui donne un aspect assez singulier. Je n'ai remarqué aucune différence dans les quatre exem- plaires que j'ai rencontrés, quoique M. DupOinchel parle d'une variété où la couleur verte est remplacée par du rouge. La chenille sort de l'œuf vers le milieu de juillet, arrive à sa taille au bout d'une quinzaine de jours, entre en terre dîins les premiers jours d'août, et se forme une coque oblon- gue dans laquelle elle reste à l'état de chenille jusqu'au prin- temps suivant. Cette particularité m'a fait perdre un exemplaire de celte espèce rare : car, désirant peindre la chrysalide, en hiver, j'ouvris la coque à l'une de ses extrémités , et je fus fort étonné de trouver sa chenille aussi verte que lorsqu'elle était descendue en terre : elle referma sa coque, mais ce dérange- ment la fit périr. Cette chenille vit sur la fougère, pteris aquilina, et se tient ccnslamment au-dessous des feuilles, ainsi que cinq ou six autres espèces , qui se nourrissent de cette plante : mais je n'en ai jamais trouvé une seule sur les pieds qui portaient de la giaine. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. li DEISCRIPTIOIV d'un nouveau genre d'insectes DIPTÈRES; Par M. Macquart. (Séance du 22 décembre 4841.) H a été récemment découvert en France un insecte Diptère de la famille des INotncanlhes, tribu des Straliomydes, qui ne se rapporte à aucun genre connu. 11 présente un singulier as- semblage de caractères appartenant à différents membres de celle famille : il se rapproche des Sargus par le faciès, des Béris par les huit divisions du troisième article des antennes; des Stratiomyies par la longueur du premier article de cet organe, par les deux pointes de l'écusson et par les nervures des ailes. Gomme chacune de ces ressemblances est accompa- gnée des différences les plus contrastantes, il est impossible de réunir ce Diptère à aucun de ces genres. De plus, il se dis- tingue de tous par le caractère que présente le périslome fort saillant et échancré pour recevoir la trompe. Nous le considé- rons donc comme type d'un nouveau genre auquel nous don- nons le nom d'Exochoslome , qui exprime la saillie de la bouche. 42 AiNiNALES Nous devons la découverte et la communication de ce Dip- tère à M. Boyer de Fonscolombc, entomologiste distingué, habiiant Aix en Provence. Il nous a autorisé à le faire con- naître. C'est vers la fin de mai 1840 qu'il en a pris trois in- dividus, en fauchant au filet dans des prés naturels assez frais et humides, sur un terrain très élevé et très froid qui couronne la vallée du Sault, département de Vauckise, au pied du mont Ventoux. 11 avait gelé très épais la veille, par le vent nommé mistral. Voici la description du genre et de l'espèce. Genre EXOCHOSTOME, Exochostoma. Macq. Faciès des Béris. Têle presque sphérique. Trompe un peu allongée, à lèvres terminales menues et ter- minées en pointe mousse. Palpes filiformes, de trois articles, atteignant la moitié delà longueur delà trompe. Labre court, échancré. Langue paraissant nulle. Soies maxillaires rudimen- taires. Face un peu saillante, arrondie dans le haut, puis inclinée en arrière, un peu velue; péristome saillant, échancrant la face et présenlant dans le bas, de chaque côté, une petite sail- lie obtuse, formée du prolongement des joues. Front large , $ , brièvement velu , un peu creusé sur les cô- tés, un peu élargi postérieurement, vertexporlant trois ocelles disposés en triangle. Yeux convexes, arrondis, nus. Antennes insérées au milieu de la hauteur de la tête, près de la base supérieure do la saillie de la face; un peu plus lon- gue que la tête; premier article un peu allongé, cylindrico- conique, atténué à la base, brièvement velu ; deuxième court , çyathiforme, muni de quelques soies courtes; troisième nu, DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUK. 43 trois lois aussi long que le premier, subuliforme, composé de huit divisions, %« KOTE POUR SERVIR A l'histoire DU Pissodes fini; Par M. GouREAU. (Séance du 19 janvier 1842.) Ce curculionile est 1 un des insectes qui cause le plus de dégât dans les forêts de sapins; on a vu quelquefois les admi- nistrations forestières, en France et en Allemagne, faire abat- Ire une grande étendue de bois pour préserver les parties saines d'upe forêt, en les isolant des parties infectées par cet insecte. Il paraît donc intéressant d'étudier ses mœurs , afin de recon- naître s'il existe quelque circonstance de sa vie où il tombe fa- cilement sous la puissance de l'homme, et qui permette de le détruire. Voici ce que l'observation m'a fait connaître sur son histoire. Le 18 mai, en cherchant sous des écorces de sapins, je trouvai, sur un tronc abattu depuis plusieurs mois, une ni- chée de larves et de chrysalides. Les premières étaient arrivées au terme de leur croissance, elles étaient contractées, im- mobiles et couchées chacune dans une petite loge qu'elles s'é- taient creusée au temps de leur agilité. Cette loge était légère- ment imprimée dans l'aubier; la plus grande parlie de sa profondeur était prise dans la partie intérieure et tendre de l'é corce. Les chrysalides étaient aussi couchées et immobiles dai>s des cellules semblables. Je pris une assez grande quantité des unes et des autres que je déposai dans une boîte. Au bout de U jyiTjuaui ANNALES quelques jours, je vis des larves se métamorphoser en chrysa- lides, et d'autres, en plus grand nombre, se dessécher. Quel- ques chrysalides se transformèrent en insectes parfaits, que je reconnus facilement pour âesPissodes pini; les autres se dessé- chèrent. Les insectes qui parvîflvent à une hemeirse transfor- mation ne prirent jamais leur couleur naturelle, et leurs ély très restèrent plus ou moinschiffonnées. J'attribue ces résul- tats à ce (jue les larves et les chrysalides renfermées dans la boîte n'étaient pas placées dans des circonstances convenables. A l'état naturel, elles sont dans une légère humidité et pri- vées du contact de l'air; lorsque les insectes doivent paraître à l'état parfait , ils se débarrassent facilement de leur robe de chrysalide, à l'aide des épines qu'ils portent et des frottements qu'ils éprouvent contre les parois de leurs loges. Dans une boîte, ils sont en contact avec l'air qui les dessèche promple- ment; et pour se dépouiller de leurs enveloppes, ils éprouvent des difficultés dans lesquelles ils succombent quelquefois; s'ils parviennent à les surmonter, ils en sortent le plus sou- vent mutilés. "^ Il neiftt'a pas paru que les larves rongeassent le bois; car je n*ai pas observé de sillons sur l'aubier, ni de trous dans le bois même; elles me semblent se nourrir de la sève, du cam- bium et des sucs que renferme la partie intérieure et tendre de l'écorce. Je suis porté à croire que ces larves jouent, à l'égard du isapin, un rôle analogue à celui des larves d'ichneumon à l'égard des chenilles, et qu'il eh est de même pour une mul- titude de larves qui habitent entre le bois et l'écorce des au- tres arbres. "'" ? , ., ' Lorsque la iàtw'diiJP2sso<^èspmr a atteint toute sa crois- sance, elle se creuse, à l'aide de ses mâchoires, une loge qui pénètre d'un millimètre au plus dans le bois, et dont la con- tre-partie est enfoncée dans l'écorce. L'insecte, après sa der- nière métamorphose, achève de percer l'écorce et y pratique d;) DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOF.OGfUUE. un Irou rond par lequel il sort. On peut observer ces trous sur les sapins qui ont nourri Pinsecle. La larve du Pissodes pini Gsi d'une couleur blanche, ex- cepté la tête, qui est jaunâtre ; sa forme est cylindrique, un peu atténuée aux deux extrémités; sa consistance est molle. La tête est écailieuseet ronde; on y voit trois sillons longitu- dinaux à peu près parallèles; celui du milieu est le plus pro- noncé. Le labre et les mandibules sont bruns; ces dernières sont épaisses et fortes, comme il convient à un insecte qui doit ronger des substances ligneuses; elles m'ont paru mu- nies d'un petit tuberculeàleur racine, qui représente peut-être les antennes. Comme toutes les larves que j'ai trouvées étaient sur ie point de se métamorphoser, les différentes parties de la bouche étaient très contractées, et je n'ai pu apercevoir, à l'aide de la loupe, ni les mâchoires, ni les palpes. On voit cependant sous les mandibules deux petites pointes qui appar- tiennent probablement à la lèvre inférieure ou aux palpes. Le corps est composé de douze anneaux, dont le premier porte deux petites taches jaunâtres, d'une apparence écailleuse; les autres sont blancs et mous. La chrysalide est blanche. La trompe est étendue le long de la poitrine; les antennes coudées sont appliquées sur les côtés de la poitrine et passent sur les pattes antérieures. Toutes les autres parties du corps sont libres et placées comme on l'ob- serve sur les autres chrysalides des coléoptères. On voit deux épines droites à l'extrémité de l'abdomen, deux autres plus petites sur le sommet de la tête, et une couronne de très pe- tites pointes sur le dos de chaque anneau de l'abdomen. L'insecte ne passe guère plus de (juinze jours sous celte forme. Lorsqu'il approche du moment de sa métamorphose, ses yeux et ses élylres brunissent, les autres parties se colorent légèrement; enfin l'enveloppe se rompt, et il en sort sous sa forme adulte. Il est d'abord tout blanc; ce n'est que petit à 56 ANNALES petit qu'il prend sa consistance et sa couleur nalurelle. Il est d'ailleurs trop connu pour que j'en donne ici la description. Les observations précédentes, en nous donnant quelques notions sur les mœurs du Pissodes pini, ne nous fournissent aucun indice sur les moyens que l'on doit employer pour le détruire et nous préserver de sesravages. Los observations qui suivent nous mettent sur ia voie et nous permettent d'arriver à ce résultat. Le 11 juin, en me promenant dans une forêt de sapins du Jura, au dessus de Collonges, je remarquai l'un de ces arbres dont les branches étaient desséchées d'un seul côté de la tige, depuis le bas jusque vers le somme! ; les branches situées de l'autre côté étaient vertes et paraissaient saines. Je m'en approchai pour l'examiner de plus près, et je vis que l'écorce de la partie paralysée était sèche, tandis que celle de l'autre moitié conservait sa verdeur et son apparence d' santé. On ju- geait au premier coup d'œil que la sève y circulait librement, îandis qu'elle s'était relirée de l'autre partie. Je trouvai sur le cOté seç delà tige et près de terre, une assez grande quantité de Pissodes /?»w' cachés dans lesgerçuresde l'écorec. Je soulevai plusieurs fragments de celle écorce, et je vis une multitude de larves parvenuesàtoulleur développement, et déjà retirées dans les cellules où elles devaient se méfamorphoser en chrysalides. Les arbres environnants me parurent tous parfaitement soins, el jene trouvai aucun insecte sur leurs tiges. En poursuivant mes investigations, je rencontrai une souche de sapin dont la lige avait été abattue récemment. Elle était couverte de Pisso- des pini; les uns étaient isolés, les autres accouplés; le plus grand nombre se tenait tapi dans les gerçures de l'écorce, îandis que d'autres se promenaient sur la section. Je visitai successivement plusieurs autres souches de l'année courante, diluées dans les environs, et toules m'offrirent le même spec- li.cle. Je purlai ensuite mon attention sur les souches de l'année DE LA SOCIÉTÉ E.NTOMOLOGIQUE. S*t précédente, sur lesquelles je ne rencontrai point d'insectes; mais ayant soulevé l'écorce do plusieurs, je vis une grande quantité de larves et de chrysalides du Pissodes, et je ne dou- tai pas que ce ne fùi là le berceau de la génération qui infestait ce canton. Enfin, j'examinai les souches de deux ans, dont l'écorce desséchée et presque pourrie était détachée du bois; elles ne recelaient i)i larves, ni chrjsalidc^s. Il me seuible que l'on est en droit de conclure deces faits, que le Pissodes pini pond ses œufs à la fin du printemps, et qu'il les dépose dins les gerçures de 1 ecorce des souches des sapins coupés pendant l'hiver précédent; que les Iar\es se nourrissent entre l'écorce et le bois, en absorbant la sève et les liquides qui y circulent; qu'elles extraient en outre les li- quides contenus dans la partie intérieure et tendre de l'écorce en la triturant avec leurs mandibules, qu'arrivées au terme de leui' croissance, au printemps suivant, elles se creusent cha- cune une loge pour s'y retirer et y subir leurs métamorphoses ç^i chrysalides; enfin que l'insecte parfait achève de percer l'é- corce avec ses dents , sort de sa prison et se livre en dehors aux divers actes de sa vie. La larve prévoyante, en s'enfermant dans sa loge, s'y place le dos tourné contre le bois, afin que la chrysalide et ensuite l'insecte parfait aient le rostre placé con- tre la partie de l'écorce qui doit être percée pour donner issue à ce dernier. Les insectes sortis d'une souche de l'année précé- dente vont pondre sur les souches de l'année courante, qui deviennent à leur tour la patrie d'une nouvelle génération , la- quelle se portera sur les souches de l'année suivante, ainsi de suite indéfiniment, jusqu'à ce qu'une circonstance extraordi- naire vienne détruire la race. Il semble encore que la sève pure n'est pas l'aliment que préfèrent les larves; lorsqu'elle est altérée par le contact de l'air et son mélange avec l'eau de la pluie et des rosées, ou modifiée par d'autres causes que je ne connais pas^ elle est m ANNALES beaucoup plus de leur goût. Les insectes simi doués d'un sens assez délicat pour distinguer, entre les arbres d'une forêt et les troncs qui s'y trouvent, ceux dont la sève convient à leur postérité. Lorsqu'ils rencontrent un sapin dont la sève est delà même qualité que celle des souches de l'année précédente, ils s'y portent en masse, y déposent une multitude d'oeufs dont les larves absorbent la sève et \^ cambium , privent de nour- riture les branches et la partie supérieure de la tige, et déter- minent la mort du sujet. Quelles sont les causes qui prédispo- sent un sapin à devenir ainsi la proie du Pissodes pini? Est-ce une maladie résultant du sol, des racines ou d'une altération de certains tissus? ou bien vient-elle des blessures qu'il a re- çues les années précédentes de la part des insectes? C'est ce que je ne peux décider. Ce qui me paraît certain , c'est que les su- jets vigoureux qui entouraient celui dont j'ai parlé plus haut étaient parfaitement sains, et que je n'ai trouvé aucun insecte sur leurs troncs. Ce qui me paraît également vrai, c'est que l'arbre attaqué ne péril pas la première année, qu'il se sou- tient en dépérissant graduellement pendant une et peut-être deux années. 11 résulte de ce qui précède, que, pour détruire le Pissodes ^ini et préserver une forêt dans laquelle il s'est établi, il faut abattre tous les arbres malades, et les transporter au loin, hors de la forêt, avant le mois de juin; que si l'on est obligé de les laisser sur place, il faut les écorcer ; et que de plus on doit écorcer toutes les souches ; par ces moyens, on enlève à ces petits animaux les aliments et le séjour nécessaires à leur nourriture et à la propagation de leur espèce. L'opération d'écorcer les souches n'a pas d'inconvénient pour les coni- fères, attendu qu'ils ne poussent pas de rejets comme le font les arbres à feuilles caduques; on peut donc l'employer sans aucun danger et avec certitude, si ce n'est de détruire la race entière, au moins de la diminuer considérablement. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. ^ ESSAI )n U. D'U5E classification METHODIQUE BE LA TRIBU DES COPROPHAGES, FAMILLE DES LaMELLK ORÎNES. DIVI- SlOrs DES SCARABOEIDES, COLÉOPTÈRES, PENTAMÈRES; Par M. Reiche. (Séance du 16 février 1842.} Cn de nos plus savants collègues a dit avec raison, dans la préface de la dernière édition de son Catalogué, que nonob- stant les travaux de MM. Mac Leay, Serville elLatreille , il festail encore beaucoup à faire pour donner une nomenclature satis- faisante de la famille des Lamellicornes. Afin d'aider par quel- ques renseignements celui qui entreprendra ce grand travail, je viens présenter à la Société le fruit de qii^iques études sur la première tribu de cette famille, celle des Coprophages et un essai de sa classification méthodique. Depuis les travaux des auteurs cités plus haut, plusieurs Entomologistes se sont occupés de cette tribu; MM. Brullé et deCasteInau, dans deux éditions diverses de Suites àBuffoiiy ont traité de la famille entière; le premier de ces savants s'est principalement occupé des mœurs et des premiers états des in- 60 .150 ANNALES sectes, il s'est peu étendu sur les divisions établies ou à éla- blir pour en faire un classement naturel et propre à en faciliter l'étude, et il a même cherché à restreindre le nombre des genres déjà admis, quoique, d'autre part, il en ait introduit quelques-uns nouveaux , créés par lui-même. Nous devons à M. Brullé des renseignements intéressants sur l'absence de tarses antérieurs dans plusieurs genres. M. de Castelnau, au contraire de l'auteur précédent, ne s'est occupé principalement que de la partie systématique : sa nomenclature est plus étendue; mais le temps et l'espace lui ont été mesurés si courts, qu'il n'a pu donner que des des-- criptions très succinctes et tout à fait insuffisantes, tant pour les genres que pour les espèces. La dernière édition du Catalogue de M. le comte Dejean nous donne la nomenclature la plus complète et certainement la plus naturelle de toutes celles qui ont été publiées jusqu'à pré- sent; elle servira nécessairement de base à tous les travaux ul- térieurs, sauf quelques changements qu'exigera l'état des con- naissances acquises depuis. Des publications de nouveaux genres de celte tribu ont été faites par MM. Kirby, Perty, Vigors, Eschschollz, Erichson, Guérin et Westwood. Ce n'est qu'après l'étude des travaux de tous ces auteurs, et après des dissections multipliées, autant que possible, sur plusieurs individus du même genre, que j'ai pensé à présenter ce travail; je prie mes collègues de l'aç^ cueillir avec indulgence. ~ 'jioim')î{| Les Coprophages se distinguent des insectes appartenant aux autres tribus des Scarabœides, par les caractères suivants: Antennes insérées sous l'épislome, près de la partie anté- rieure et interne de l'œil, de huit ou neuf articles, le premier très long, atteignant le bord du chaperon, les cinq suivants ne dépassant pas ensemble la longueur du premier, tous cor- DE LA SOCIÉTÉ ENTOiMOLOGIQUE. 61 nés, polis, glabres, et les trois derniers très dilatésV^'H la- melles infundibu 11 formes, membraneux, lomenteux, formant une masse subsphérique. Labre membraneux, entièrement caché. Mandibules cornées à leur base, amincies et membraneuses à leur extrémité et au côté interne, qui est fortement cilié. Mâchoires cornées, épaisses, anguleuses, terminées par un lobe arrondi, membraneux, entier ou bilobé, et dont la par- lie inférieure est tournée en dedans. Menton assez fortement échancré de chaque cc^'é , droi^ dans son milieu. Lèvre inférieure subconique. Palpes labiaux insérés à la partie supérieure externe de la lèvre inférieure, à premier article aussi grand ou plus grand que les deux suivants réunis, le troisième étant le plus petit et à peine visible dans plusieurs genres. Palpes maxillaires insérés au côté externe supérieur des mâ- choires, à dernier article beaucoup plus grand que les autres , subcylindriforme , le premier article très petit. Tête aplatie ; ses bords très développés recouvrant toutes les parties de la bouche et le point d'insertion des antennes , l'é- pistome échancré ou découpé en plusieurs lobes, et le \ertex souvent armé de cornes ou de tubercules dans undessesxes ou dans les deux. .' f;-: . Yeux assez gros, presque entièrement infères; une faible portion de leur circonférence visible en dessus par une échan - crure latéro-postérieure du vertex. Corselet ou prothorax très grand, souvent plus large que les élytres, se développant dans quelques genres d'une manière extraordinaire, en carènes, en lobes ou en cornes dans l'un des sexes. 62 ANNALES Poitrine (mésothorax et mélalborax) très étendue, occupant en espace au moins le tiers de la longueur de l'insecte. Écusson peu prononcé, non apparent dans beaucoup de genres. £/?/tr^s de consistance solide, coriacée, le plus souvent li- bres et embrassant l'abdomen. ^6rfoî7îe?î proporlionneriement peu développé, composé de neuf anneaux ou segments snjjérFeurs, et de six inférieurs. Pattes robustes, peu propres à la course; les antérieures fouisseuses, aplaties, leur côté externe profondément denté ou lobé; les intermédiaires souvent plus écartées à leur inser- tion que les autres; toutes les jambes munies d'une ou de deux épines ou appendices soudés ou articulés ; les tarses, complets dans la plus grande partie des genres, manquent aux pattes antérieures de quelques-uns, et sont incomplets d'un à trois articles, ou seulement des crochets dans quelques autres. M. Audinet Serville , dans V Encyclopédie méthodique, a donné, d'après Latreille , une division des Coprophages en quatre groupes. M. de Castelnau a assigné à ces groupes les noms de AteuchiteSy Goprites, Onitides et Aphodites. J'ai adopté eelte division , qui m'a semblé naturelle; mais j'ai dû chan- ger plusieurs des caractères sur lesquels elle était basée» J'ai ^ussi un peu altéré la lernainaisoft des dénominations applii- qiikées par M. de Castelnau à ces groupes, pour leu* en donner une commune et qui m'a paru plus euphonique et plu» en rapport avec celle adopilée dans les autres branehes de l'kis- iqire naturelle. m »iii! DK LA SOCIÉTÉ EMIOMOLOGIQUE. GS DIVISION de la tribu des Coprophages en sous-tribus, allonpers. peu ou pas renflées a leur extrémité. Tèle sang cornes dans les deux sexes ATEDCHIDES. réunies i leur Ixise. sans écussou ou hia- ^beaucoup pijaïécnr- ] lui sulnr;tl , ÇOPKIDSS» Pattes / courtes, époi'ses. | tees à leur insertion ^ poilérieurr» \ renfle-»; tête àr- / 4"e '*"* a ilres; mee sou>eni de \ éljlret i séparées à leur baie fcaroes ou de tu- 1 J ^^^ ^J„ écmson ou hercules dans I [ hiatus suturai. . . . ONITIDES. l'un des sexes ; f ~ \ ' Paittê inter-\ netnnl pas plui écartét-s à leur insertion médiaUet \ qiie le» autres. ATHODIDES. 1" Sous-tribu, âteuchides. Cette division est remarq^jable à plus d*un titre; tous les Entomologistes savent avec quelle industrie les insectes qui la composent forment des boules d'excrémenis dans lesquelles ifs renferment leurs œufs, ei qu'ils roulent jusqu'à ce qu'ils aient trouvé un lieu convenable pour l'enterrer profondément. C'est celle industrie qui leur a valu les noms de Routeurs^ PU- lulaives, qu'ils portent dans quelques ouvrages. L'organisation de quelques genres se distingue par l'exis-r tence d'une anomalie apparente, celle d'ailes propres aux vol, recouvertes d'élytres soudées. Sous le rapport historique, cette sous-tribu renferme des genres dont les espèces paraîtraient avoir été, chez quelques peuples de l'antiquité, sinon l'objet d'un culte religieux, au moins celui d'une attention particulière (1). L'ancien continent, l'Amérique et l'Ausiralasie lui four- nissent leur contingent de genres; mais il est à remarquer (1) C'est par suite de Popinion mariifeslée par beaucoup de savants. d'une sorte de culte que les Égyptiens auraient rendu à quelques in- sectes de cette sous-tribu, qu'on leur a donné, en Angleterre le nom d'insectes sacrés (sacred lieetles.) 64 ANiNALES qu'à l'exception d'un seul, le genre Sisyphus, aucun genre n'est commun à deux continents. Les caractères qui distinguent les Ateuchides des autres Goprophages sont les suivants : Antennes de neuf articles . Tête et corselet sans cornes dans les deux sexes. Êpistome au moins échancré dans tous les genres, et dé- coupé dans quelques-uns en lobes plus ou moins nombreux , mais ne dépassant pas le nombre de six. Êlytres laissant à découvert le pygidium ou dernier seg- ment de l'abdomen , en dessus. Pattes intennédiairrê et postérieures grêles , allongées , li- néaires, peu ou point élargies à leur extrémité, les intermé- diaires plus écartées à leur insertion que les autres. Ces insectes sont de taille moyenne, de forme oblongueou subhémisphérique; les uns très déprimés, les autres 1res ren- flés; leur couleur est en général d'un brun obscur, noire ou métallique. Je partage la sous-tribu des Ateuchides en deux divisions fondées sur l'absence ou la présence, sous les élytres, d'ailes propres au vol. La première division, celle des aptères, comprend sept genres, qui se rangent dans l'ordre et d'après les caractères suivants : DR [.A SOCIÉTÉ ENTOMOl.OGlyUE. . , Ent. Syst. i, p. 65, N° 214. Id, - Herbst. , Col., ii, p. 324, IN'^ 209. Id. Oliv., Entomol., i, 3, p. 174, ]N'^217> Tab. 13, fig. 117. Ateuchls, Fab.y Syst. Eleuth,, i, p. 57-, ]N°15. CiRCELUUM, Lat., Règne animal, i, p. 535. PL V, fig. 3. Palpes Mâchoire Lèvre inférieure 74 ANiNALES Antemies, nilicles4, 5, 6 globuleux? 7 , 8 , 9 en lamelles infundibulifurmes, formant ensemble une masse orbiculo- ovalaire. Teiesemi-orbiculaire; épistome avec une large et profonde échancrure antérieure, à deux lobes avancés dans son milieu. Corselet transversal moins large que les élytres, convexe; ses bords laléraux nullement aplatis et dilatés. Bord antérieur largement échancré pour recevoir la tête; bord postérieur droit; les côtés arrondis au tiers antérieur, ensuite droits jus- qu'à la base. Ecusson entièrement caché; point d'ailes?? Elytres soudées? aussi larges que le corselet à leur base. Pattes moy ennes; antérieure h iamhe droite en dedans, tri- lobée en dehors, tronquée carrément avec une forte épine au côlé interne. Intermédiaire forte. Jambe cW'iée; droite, allant en s'élargissant médiocrement à l'extrémité, tronquée carrément (avec une épine de chaque côlé de la troncalure? ). Pos- térieure h pmhe ciliée, droite, s'élargissant brusquement à l'ex- trémité, tronquée anguleusement ; angles de la troncature sail- lants, en forme de dents, Tarses. Antérieur Intermédiaire Postérieur de la longueur des deux tiers de la jambe. Premier article moitié plus long que les suivants. Deuxième, troisième et qua- trième égaux, tous triangulaires. Cinquième oblong. Crochets simples (1). Ce genre n'a pas été compris dans mon tableau synoptique, faute de caractères suffisamment connus; je ne puis affirmer (1) Cette description et celle qui suit n'étant faites que sur la figure donnée par M. Hope , je ne me crois nullement responsable de leur exactitude,' je serais même très surpris si les jambes intermédiaires étaient faites comme elles sont figurées , et avec une épine de chaque côté de la troncature , et s'il n'y avait pas de tarse antérieur. DE LA SOCIÉTÉ E.NTnMOLOGlQLt:. 75 qu'il soil ici bien à sa place, mais par l'analogie j'en suis pres- que certain. TESSARODON HOLLA>DLJ^ , Fab. , Enl. Sysl. , 1, p. 65, rs°214. Id. Id. Herbst., Col. ii , p. 324, ]N° iî09. TtSSARODO.N NOY.^L HOLLANDI/E , OUu. , Eul. , I, 3, p. 1T4, rS" 217. Tab. 13, fig. 117. Id. HoLLANDi.E, Latr. , Règn(î animal , i, p. 535. Hab. Australia. Musœo Dom. Banks. Long., 5 millim. Lat., 3,50 mill. PI. V, fig. 3. OvatuSy niger; c-^p\le pimctaW ; antice quadridentato; ihorace crebre punctato; elytris costatis, hiterstiîiis subtilissime medio blstriatis punctis^jne seriebus duabiis utrinque dispositis; pedibus cUialis. Ovalaire, noir; tête moyenne, ponctuée. Epislome large- ment et profondément échancré, avec deux lobes avancés du milieu de l'échancrure, dont les angles sont aigus; yeux ovales. Corselet d'une largeur égale 5 deux fois sa longueur, criblé de gros points enfoncés; élijtres soudées? plus larges, réunies, que longues, aussi larges que le corselet à leur base, et s'élargissant aussitôt jusqu'au tiers de leur longueur , dimi- nuant ensuite en s'arrondissant jusqu'à l'extrémité; très con- vexes, avec des côtes obtuses, dont les intervalles ont deux stries fines parallèles, et une rangée de petits points enfoncés de chaque côté; les quatre pattes postérieures ciliées. 76 ANNALES DKUXIEME SECTION. Pâlies antérieures dépourvues de tarse. Premier Groupe. Deux épines ou appendices articulés à l'extrémité des jambes intermédiaires. Genres CIRCELLIUM, EUCRAP^IUM, GLYPHIDERUS. 4. Genre CIRCELLIUM, LatreiUe, Règne animal, i, p. 535. ScARAB^us, Fabr. , Ent. Syst. , i, p. 64, ]N°5i5. » Herbst., Col. ii , p. 297, NM91. Tab. 19, fig. -'i. » 0/zi;.,Ent.,i, 3,p. 153,lNM86.Tab. 17,fig.l64. » Pallas, Icon., p. 20. A, 23. Tab. B, fig. 23, A. Ateuchus, Fabr. , Syst. Eleuih. , i, p. 57, IN° 12. CoPRis, Oliv., Encyclop. méth. , 1790, p. 171,]N° 120. Ateuchus, Serville, id. 1823, p. 352. CiRCELLiUM , Dejean, Catalogue 1833, p. 136. GiRCELLiuM, Brullé, Ins. Pilloty 1837, vi, p. 295. J CiRCELLiuM, Hope, Coleopterist's Manual, i, p. 55. CiRCELLiuM, Delaporte, Ins. Duménil, 1840, ii, p. 66. PI. V, fig. 4. Palpes. Maxillaire di premier article grêle, renflé au bout, cuculliforme; deuxième triangulaire, de même longueur que le premier; troisième, en cône renversé, moitié plus long que le deuxième; quatrième, aplati, en ovale très allongé, cultri- forme, un tiers plus long que le troisième (Pi. v, fig. 4, b). Labial à premier article en triangle, presque équilatéral; DK LA SOCIÉfF: FNÏOMOLOGIQUE. 11 l'angle exlerno arrondi , l'inlerne nigu, d'une surface égale au quart de la lèvre inférieure. Deuxièmesemi-orbiculaire arliculé près de l'angle externe du premier e' moitié plus petit, tous deux coriaces , extrêmement velus. Troisième ovoïde très pe- tit, corné, glabre, inséré au côté interne du deuxième (PL v, lig. 4, c.) Mâchoire obtuse, garnie extérieurement de longs poils raides et portant au côté interne supérieur deux lobes membraneux superposés, ne descendant qu'au quart de sa longueur (PL v, fig. 4,/;). Lèvre injérieure presque carrée, mi peu rélrécie, antérieure- ment sinuée à sa partie supérieure; sur son disque deux larges fascies longitudinales de très longs poils (PL v, fig. 4, c). Antenneh premier arlicle subcylindrique, aussi long que les suivants réunis, un peu renflé prèsdeson insertion ; deuxième très petit, subglobuleux ^ troisième obconique, deux fois plus long que le deuxième; quaLlv\ènie obconique ^ moitié plus grand que le troisième; cinquième cupuliforme , moitié plus grand que le premier; sixième infundibuliforme, de la hauteur du cinquième; septième, huitième et neuvième en lamelles, for- mant une masse ovalaire, aussi longue que les cinq articles précédents réunis (PL v, fig. 4, cl). Tefesemi-orbiculaire. Bord antérieur de Vépistome hWohé; yeux triangulaires très pelils. Corselet transversal, aussi large que les élylres, et alleignant les { de leur longueur. Bord antérieur échancré profondément pour recevoir la lô'e. Bord postérieur droit, un peu sinuédans son milieu. Côtés arrondis, angles antérieurs et postérieurs obtus. Êcusson entièrement caché. Ailes rudiinentaires, atrophiées. Elytres soudées, embrassantes , moins larges que le corselet à ler.r base. 78 ArsNALES Pattes anténeures assez allongées. Cuisse n'atteignant pas ie bord laléro-postérieur du corselet. Jambe de la longueur de la cuisse, droite en dedans, trilobée en dehors, tronquée car- rément à l'extrémité avec un appendice épais, obtus, arti- culé au côté interne de la troncature. Intermédiaires moyennes écarîées à leur insertion. Cuisse n'atteignant pas le bord ex- terne de l'élytre. Jambe de la longueur de la cuisse, légère- ment arquée en dedans, avec plusieurs dents au côté externe, tronquée carrément à l'extrémilé; angles de la troncature sail- lants, avancés, el deux épines articulées dans son côté interne. postérieures \rès\oï\gues. Cuisse dép^ssixni les élytres du tiers de sa longueur. Jambe un peu plus longue que la cuisse , arquée en dedans avec plusieurs dents au côté externe, tronquée car- rément à l'extrémilé, avec une forte épine articulée au côté interne. Tarses prenant leur insertion au côté externe dans la tron- cature des jambes. Antérieur ni\\ . Intermédiaire un tiers moins longquela jambe, -o ariiclesépais, anguleux : le premier un peu plus long que le deuxième; deuxième, troisième et quatrième presque égaux, très bombés en dessus, déprimés en dessous; leurs angles terminaux avancés de chaque côlé, subépineux. Cinquième subcylindrique, un peu renflé au bout. l'osté- rieur, de la moitié delà longueur de la jambe. Arlicles 1-5, comme l'intermédiaire. Crochets simples. Sternum déprimé, large. 11 esi remarquable que l'insecte qui fait le type de ce genre ne soit pas mentionné dans les Horœ Entomologicœ , de Mac Leay. Serait-ce que son organisation eût dérangé l'économie de son système quinaire, ou qu'il eût considéré cet insecte comme appartenant à un nouveau groupe (1)? (1) On serait disposé à croire cette dernière explication p£fr ce que dit M. Hope de l'opinion de cetauteur, qui prétendait que le Scar. Bac- chus était, suivant Illiger, le type du genre Canthon d'Hoffnnansegg. DE LA SOCIÉTÉ EiNTOMOI.OGIQUE. 79 CmCELLlUM Bacchus, Fabr., Ent. Syst., i, p. 64, IN°212 Id. Id. , Herbst., Col. ii, p. 297, NM91 , PI. XIX, fig. 4. là. Id., 0//^;., En!., 1, 3, p. 153, NM8G, Pi. xvii, fig. 161. Id. HiiMisPH^RiCLS, paliasy Icon., p. 20, A, 23. pl.B, fig. 23, A. Id. Bxccavs , Serville , Encycl. méthod., 1825. Tom. X, p. 352. Id' Id. , Dejean, Catal. 1821 , p. 52. Id. Id., Bmilé, Ins. Pillot^iSSl , lom. vi, p. 293. Id. Id., Ilope, Coleopt. Maniial, i, p. 55> T. Il, pi 66. Id. Id. , De Castelnau , Ins. Duménily 1840. T. Il, p. 66. llab. Prom. Bon.-Spei. Musœo Reiche. PI. V, fig. 4. Subhemisphœricus , niger, nitidus; capite punctato antice me- dio bilobato; ihorace lœvigato lateribus vix punctatis puncto que utrinque medio impressis; elylris sublœvigatis , striis temiibus quinque punctisque raris instruclis; pedibus posticis serrath. Subhémisphériqiie, noir, assez brillant. T^ie couverte de petits points enfoncés, large, semi-orbiculaire; milieu de Té- pistome avancé en deux lobes courts, arrondis. Un tubercule obsolète au milieu du vertex. Corselet d'une largeur égale à deux fois sa longueur, très convexe, légèrement marginé, couvert de très petits points enfoncés, obsolètes sur le disque, avec quelques enfoncements çà et là, principalement sur le milieu des côtés, et une slrie médiane longitudinale très peu marquée. Elytres soudées, allant en s'élargissant un peu jus- qu'au tiers de leur longueur, s'arrondissant ensuite jusqu'à 80 AiNNALES l'exlrémilé; leur conlour foimanl presque le demi-cercle. Su- ture un peu élevée; quelques côtes obsolètes; cinq stries très fines sur chacune, avec de petits points enfoncés très espacés, irrégulièrement placés dans les intervalles, et une carène sub- marginale n'atteignant pas l'extrémité. Epipleiire de la lar- geur du quart de l'élytre, avec une strie longitudinale bien marquée dans son milieu. Pygidium très ponctué, ainsi que la poitrine; les cinq premiers segments de Vabdomen lisses, avec quelques points enfoncés à leur base; le sixième très ponctué. Pattes. Antérieure ciliée en dedans, avec quelques dentelures au côté externe de la jambe avant les trois lobes. Une rangée de tubercules saillants au milieu de sa face inférieure, allant de la base au sommet, et dont les deux premiers sont beau- coup plus gros que les suivants. Intermédiaire ii']SLmhc^oi'ie - ment quadridentée sur ses angles latéro-inférieurs -, ces dente- lures servant d'insertion à des faisceaux de poils. Postérieure à cuisse échancrée en dedans près de la base, avec une touffe de poils dans l'échancrure. Jambe armée de deux dents au côté externe. Tune au tiers, l'autre aux deux tiers de sa lon- gueur, avec de petites dentelures tout le long ; son côté interne est hérissé de tubercules inclinés de bas en haut et d'où par- tent des faisceaux de poils^ et porte une petite carène terminale très velue. Lu (aille de cet insecte varie beaucoup; ne trouvant aucun caractère sexuel extérieur, j'étais porté à croire que les plus gros individus étaient des femelles; mais l'opération très sim- ple de détacher l'abdomen et d'en visiter le dernier segment, m'a fait retrouver le pénis dans tous les individus que j'ai vus, un seul excepté, et qui était !e plus petit (1). (1) Je ne puis trop recommander ce moyen si simple de s'assurer du sexe dans les cas douteux ; la consistance cornée de Torgane mâle le fait résister à la décomposition, qui détruit promptement l'organe membraneux femelle. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 81 Une seconde espèce est signalée par M. Weslwood (Britisli Cyclopedia , lom. ii, p. 55), sous le nom de C. Ly- cens. La seule description qu'il en donne consiste à dire que rette nouvelle espèce diffère du C. Bacclius par sa taille plus grande et la forme différente des lobes de l'épistome. D'après la figure qu'il en donne, je dois dire que je ne vois aucune différence entre l'épistome de res])èce supposée nouvelle et ce- lui des individus bien conservés du Bacchus; quant à la taille, j'ai des insectes de cette dernière espèce aussi grands que le C. Lyceus. 5. Genre EUCRÂMUM , Dejean, Catal. 1833, p. 135. KuCRANiUM, Bmlléy Ins. Pillot, 1837, t. ni, p. 289. Anomiopsis, Weslwood, Zoolog. Soc, tom. n, p. 159, PI. 29, fig. 2. PsAMMOTRUPES, Guéùn , Icon. R. A. Ins. Texte, p. 74. Pachysoma, De Castelnau, Ins. Duménil, !840, t. ii, p. 68. PI. VI, fig. 5. Palpes. Maxillaire : premier article très petit, cuculli forme; deuxième subcylindrique, un peu arqué, renflé vers l'extré- mité, deux fois plus long que le premier; troisième, sembla- ble au deuxième ; quatrième, moitié plus long que le précédent, fusiforme (Pi. vi, fig. 5, b). Labial. Premier article presque semi-orbiculaire, plus grand que les deux suivants réunis; deuxième, suborbiculaire, un tiers plus petit que le premier, tous deux coriaces, très velus; troisième, ovoïde, très petit, corné, glabre, articulé au côté interne du deuxième (PL vi, fig. 5, c). Mâchoire garnie en dehors de longs poils raides, et ponant XI. 6 82 AiNNALES au côté interne supérieur un lobe membraneux, divisé, qui ne descend qu'à la moitié de sa longueur (PI. vi, fig. 5, 6). Labre membraneux, échancré, avec une petite dent au mi- lieu de l'échancrure. Lèvre inférieure conique, convexe, profondément échancrée au sommet, très velue (Pi. vr, fig. 5, c). Antenne à premier article grêle, subcylindrique, un peu sinué, atteignant leborddel'épistome ; deuxième, subglobuleux ; troi- sième, deux fois plus long que le deuxième, cylindrique, un peu renflé au bout; quatrième , moitié moins long que le troi- sième, en cône renversé; cinquième, subglobuleux, sembla- ble au deuxième; sixième, cupuliforme, dilaté en dedans; septième, huitième et neuvième, en lamelles, formant une masse oblongue aussi longue que les cinq articles précédents réunis (Pi. vi, fig. 5, e/). Tête large. Epistome denticulé sur ses côtés, largement et profondément échancré antérieurement, avec deux lobes avan- cés partant du fond de l'échancrure. Yeux très petits, subor- biculaires. Corselet transversal, phis large que \es élytres. Bord anté- rieur échancré carrément en avant jiour recevoir la tête; bord postérieur sinué , rentrant dans son milieu. Côtés arrondis. Ecussou ne séparant pas les élytres à leur base. Point d'ailes. Élytres soudées, embrassantes, semi-orbiculaires, très étran- glées à leur base, ets'élargissant irnmédiatemenî, en s'arron- dissant en arc de cercle jusqu'à l'extrémité. Pattes. Antérieures assez longues. Cuisse atteignant le bord latéro-postérieur du corselet. Jambe delà longueur de la cuisse, droite au côté interne, quadrilobée en dehors; lobe terminal simulant une prolongation delà jambe; troncature oblique, avec une épine articulée au côlé interne. Intermédiaires très rapprochées à leur insertion des postérieures. Cuisse atteignant le bord externe des élytres. Jambe de la longueur de la cuisse. DE \A SOCIÉTÉ RiNÏOMOLOGIQUE. 8:^ un peu déprimée, arquée eu dehors, tronquée obliquement, avec deux épines articulées : l'une interne, aiguë; l'autre ex- terne, spatuliforme (Pi. vi, lig. 5, e). Postérieures. Cuisse dépassant du tiers de sa longueur le bord des élylres. Jambe de la longueur de la cuisse, droite, dilatée à l'extrémité du côté externe, tronquée carrément ^ avec une épine articulée au côté externe (Pi. vi, fig. 5, /). Tarses de cinq articles, aplatis, triangulaires, insérés au côté interne supérieur de la troncature des jambes. Antérieur nul. Intermédiaire de la longueur des jdela jambe. Articles décroissant de longueur : le premier, moite plus long que le deuxième; le cinquième, arrondi à l'extrémité. Postérieur de la longueur des | de la jambe. Premier article deux fois plus long que le deuxième; troisième, moitié moins long que le deuxième, quatrième et cinquième en décroissant; ce dernier arrondi à l'extrémité. Crochets nuls. Sternum aplati, allongé, très développé d'avant en arrière. EUCRANIUM ARACHNOÏDES, Dejean , Catal. 1833, p. 135. Ici. Brullé, îiis. , Pillot, 1837, Tom. Hi, p. 289. Pachysoma Lacoudairei , De CastelnaUf 1ns. Duménil^ 1840, Tom. H, p. 68. Hab, Tucuman , Cordova. J Musœo Desmarest et Reiche Ç . Musœo de Brème. Long., 24-26 mill. Lai., 15-17 milL Pl. VI, fig. 5. Niger, paulum metaUico nitidus; capite ciliato antico bilobatOy postice obsolète carinato y tuberculo obsoleto utrinque instructo; thorace sparsim punctato canaliculato , utrinque puncto impresso, lateribus posticiSy ciliatis; e]yiris convexis puîictato striatis , in- terstitiis punctatis; pedibus ciliatis. Noir, avec un léger reflet métallique. Tête avec des points enfoncés, plus rares sur le verlex; une petite carène peu mar- 8i ANNALES qiiée, et un tubercule peu saillant de chaque côté en avant des yeux. Épisiome découpé en deux lobes avancés et relevés, spiniformes, sub-parallèles dans le mâle, plus larges, ar- rondis et divergenls dans la femelle. Côtés arrondis, si- nueux, bi-anguleux. Corselet d'une largeur égale à deux fois sa longueur, légèrement rebordé, plus large que les élylres, vaguement ponctué; une ligne enfoncée dans son milieu, n'at- teignant pas le bord antérieur, et un gros point enfoncé de chaque côté, au milieu et près du bord latéral. Bord antérieur un peu renflé dans son milieu, et déprimé à chaque angle de Téchancrure; les côtés arrondis, finement denticulés; leur moitié postérieure fortement ciliée. Bord postérieur sinué, à milieu renirant. Elyti^s convexes, ayant chacune huit stries de points enfoncés , dont la première et la deuxième vont se réunir aux stries de l'épi pleure; la troisième à la quatrième, la cinquième à la huitième, et la sixième à la septième. Quel- ques points irrégulièrement placés dans les intervalles. Côte submarginale obtuse, effacée aux deux tiers des élytres. Epi- pleure de la largeur du cinquième de l'élytre, avec une strie tout à fait marginale, et une autre de points enfoncés submé- diane. Poitrine et abdomen vaguement ponctués. Pattes. Anté- rieure ciliée, surtout en dehors, à l'articulation de la jambe. Intermédiaire. Cuisse légèrement ciliée en dehors. Jambe un peu épineuse sur ses angles ; côté externe de la troncature pro- longé en épine. Postérieure avec le genou cilié, ainsi que le côté externe de la jambe, dont les angles sont subépineux. Tarses fortement ciliés; cils plus longs et plus fournis du côté externe. Deux autres espèces appartenant à ce genre sont décrites. 2. EucR. DiosGORiDEs, Westwood, Zool. Soc, t. Il, p. 164. PI. 29. Hab. America Australi. Musœo Patrick Walker. 3. Elch. DENTiFRONS, Guérin , Icon. R. A. Texte, p. 75. Hab. Patagonia (Baie de Saint-Blas). Musœo Reiche. DE LA SOCIKÏÉ tNTOMOLOGIQUE. 8S 4. EucR. /Eli ANUS, Blanchard, Ins. Voy. de d'Orbigny. Hab. Pataqonia. Masœo Reiche. J'en connais une cinquième espèce inédite, étiquetée E, Heteroclytum, dans la Collection du Muséum de Paris. 6. Genre GLYPHIDERUS , Westivood , Zoo!. Soc, t. ii , p. 164. r>l. 29. PL VI, fig. 6. Palpes, maxillaire et labial, comme dans le genre Eucra- NiUM (PL VI, lîg. 6, b, d). Mâchoire (PL vi, fig. 6 , 6). Labre et lèvre intérieure , comme dans le genre Eucranium (PL VI, fig. 6,c). Antennes Tête moyenne, Epistome sinué sur ses côtés, avec deux lobes avancés dans son milieu. Vertex armé d'uiî tubercule conique, vertical. Yeux suborbiculaires. Corselet transversal, plus large que les élytres, canaliculé irrégulièrement; ses an«;les postérieurs aigus, réfléchis. Ecusson ne séparant pas les élytres; point d'ailes. Ely très soiiàées, embrassantes, semi-orbiculaires, très étran- glées à leur base, et s'élargissant immédiatement en s'arion- dissant. Pattes. Antérieures assez longues. Jambe droite au côté in- terne, quadrilobée? au côlé externe, avec une épine articulée dans la troncature. Intemiédiaires non rapprochées des posté- rieures à leur insertion, mais plus écartées qu'elles l'une de l'autre. Cuisses atteignant le bord de l'élytre. Jambe de la lon- gueur de la cuisse, arquée en dehors, tronquée carrément, 86 ANNALES avec deux épines aiguës, articulées, l'une interne, l'autre externe. Postérieures rapprochées l'une de l'autre à leur inser- tion, grêles. Cuisse dépassant l'abdomen de la moitié de sa longueur. Jambe de la longueur de la cuisse, droite aux | de sa longueur, ensuite un peu courbée en dehors, dilatée du côté externe, tronquée obliquement, avec une épine articulée au côté interne. Tarses insérés au côté interne de la troncature, de cinq ar- ticles, aplatis, ciliés : le premier, subtriangulaire, plus long que les autres ; deuxième , troisième et quatrième, en décrois- sant- cinquième, oblong. Crochets nuls. GLYPHIDERUS STERQUILINUS , Westwood, loco citato. Habit. America Austraii. Musœo Patrick Walker. Long., 22 mill. Lat.,i4mill. Pi. VI, fig. 6. Ater y nitidus, punctatissimus , convexus; elytris semi-circula- ribus , siriis sex siwplicibus in simjulo ; thoracis lateribus tibiis que quatuor posticis serrulatis; capite thorace, tarsis que breviter imfo liirtis. Westw. D'un noir brillant, très ponctué, convexe. Tète médiocre, subtrigone. Epistome à deux lobes avancés dans son milieu , et un petit, peu distinct de chaque côté. Vertex avec un tuber- cule conique, aigu, vertical. Corselet d'une largeur égale à deux fois sa longueur, très ponctué; ses côtés arrondis, denti- culés, ciliés de poils roux très court? ; ses angles postérieurs réfléchis; le disque élevé, et dans son milieu une impression large et irrégulière, terminée antérieurement par deux tuber- cules arrondis. Elytres très ponctuées , convexes , avec six DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 87 slries lisses sur chacune. Jambes iiilermédiaiies et postérieures denticulées sur leurs angles. >Vestw. Deuxième groupe. Une seule épine ou appendice articulée à rcxlrémilé des jambes intermédiaires. Genres PACHYSOMA. — MNEMAHUM. *7. Genre PACIiYSOiMA, Kirbij, Mac Leaij. Horae Entomolo- gic3e, t. I, p. 507. Pachvsoma., Kirby, Mac Leay. Horse Enlomologicse; Lequien , 4833, p. 56. ScARAB^L'S, Oliv., Eut., I. 3, p. 154, N" 187, PI. xxiv , fig. 207. CoPRis. Id. Encycl. mélh., 1790, p. 172, ]N° l^il. Ateuchus, Sch. . Syn., Insect. , t. i, p. 60. Pach^soma, Serv. , Encycl. Méth. , Ins. , i823, tom. x, p. 352. Id. Latr. , R. A. Ins. , t. i , p. 534. Id. Dej., Calai., 1833, p. 135. Id. Brullé,lns.PiUot,'[S3'7, t. vi, p. 288. Id. Guérin, Icon. R. A. Texte, p. 74. Id. De CastelnaUy 1ns. Duménil, t. ii, p, 67. PI. VI, fig. 7. Palpes. Maxillaire: premier article petit, subcylindrique, cuculliforme. Deuxième, de la longueur du premier, trian- gulaire, subéqui latéral. Troisième, un quart plus long que le deuxième-, moins élargi au bout, cuculliforme. Quatrième, presque aussi long que les trois premiers réunis, fusiforme (PI. VI, fig. 7, b). Labial: premier article grand , ovalaire. 88 ANNALES Deuxième, oblong, tronqué au bout, aussi long que le pre- mier, mais moins large, tous deux très velus. Troisième, pe- tit, ovoïde, glabre (PI. vi, lîg. 7, c). Mâchoire avec quelques longs poils sur ses angles, et à sou sommet un petit lobe membraneux, cilié, en quart de cercle , ne descendant pas sur le côté (Pi. vi , iig. 1 , b). Lèvre inférieure semi-orbiculaire, échancrée au sommet, avec une touffe de longs poils de chaque côté de l'échancrure (PI. vi» iig. 7, c). Antennes. Premier article grêle, subcylindrique , un peu aminci près de l'articulation et au milieu, aussi long que les suivants réunis. Deuxième, très court, cupuliforme. Troi- sième, trois fois plus long que le deuxième, cuculliforme. Quatrième, subcylindrique, deux fois plus long que ledeuxième. Cinquième, aussi court que le deuxième, mais plus renflé, cupuliforme. Sixième, semblable, mais un peu prolongé en dedans. Septième , huitième et neuvième, en lamelles, for- mant une masse subsphérique, moins longue que les cinq articles précédents réunis (PI. vi, fig, 7, ri). Te^e large, triangulaire. £J;?i5fomebilobé en avant; une pe- tite échancrure externe à la base de chaque lobe. Yeux trian- gulaires, très petits. Corselet transversal , aussi large que les élytres. Bord anté- rieur légèrement échancré pour recevoir la tête; bord posté- rieur sinué, rentrant au milieu, les côtés arrondis. Ecusson ne séparant pas les élytres. Ailes nulles. Elytres soudées, embrassantes, presque orbiculaires, rétré- cies à leur base, et s'élargissant immédiatement en s'arrondis- sant jusqu'à l'extrémité. Pattes. Aîitérieures moyennes. Caisse épaisse , forte, dépas- sant de très peu le bord laléro-postérieur du corselet. Jambe un peu plus courte que la cuisse, aplatie, un peu arquée en dedans, quadrilobée en dehors, tronquée obliquement, avec DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 89 une épine articulée. Intermédiaires moyennes, très rappro- chées entre elles à leur insertion. Cuisse atteignant le bord de l'élytre. Jambe un quart plus courte que la cuisse, droite en dedans , bidentée et sinuée au côté externe , tronquée oblique- ment de haut en bas, avec une seule épine articulée. Posté- rieures moyennes. Cuisse ne dépassant que d'un cinquième de sa longueur le bord de l'abdomen, /a 7?i/?e droite en dedans, bidentée et sinuée en dehors, tronquée obliquement de haut en bas et de dehors en dedans, avec une seule épine articulée au côté interne de la troncature. Tarses insérés au côté supérieur de la troncature des jambes. Intermédiaire de la longueur des trois cinquièmes de la jambe. Articles un à quatre, triangulaires, un peu aplatis, le premier plus long, les autres en décroissant ; cinquième aussi long que le premier, renflé au bout. Postérieur de la longueur des qua- tre cinquièmes de la jambe. Articles un à quatre, triangu- laires, aplatis; le premier article aussi long que les trois sui- vants réunis; deuxième, moitié moins long que le premier; troisième et quatrième, en décroissant; cinquième, delà lon- gueur du deuxième, renflé au bout. Crochets simples. Ster- num nullement saillant. PAGHYSOMA .ESCLLAPIUS , Otiv., Ent. , 1. 3, p. 154, No 187, pi. 24, fig. 207. Id. Kirbij y Mac Leay , Horae En- tom., t. I, p. 507. Id. Serville, Encycl. méth., Ins., t. X, p. 352. Id. LatreiUe y R. A. Ins., t.i p. 534. Id. Dejean, Cat., i833, p. 135. Id. Bruilé, Ins., t. vi , p. 288. Id. Oe Caste/naM, Ins., t. ii,p. 67 90 ANNALES Pacuysoma ^sculapius, Guérin, Icon. , R. A. Texte, p. 74. Hab. Prom. Bon.-Spei. Musœo Reiche. Long., 24-26 millim. Lat., 16-17 millini. PI. VI, fig. 7. Ater, capite punctato; ihorace marginato, subcanaliculato , punctato y lateribus rufo ciliatiSy in medio tuberculo subobsoleto instructis; elytris substriatis, interstitiis irregiilariter punctatis; pedibus rufo ciliatis. Noir, de la forme à peu près du chiffre 8. Tête irrégulière- menl ponctuée, couverte de petites rugosités plus sensibles sur les côtés. Vertex bombé. Corselet d'une largeur égale à deux fois sa longueur , rebordé, irrégulièrement ponctué, sur sa par- tie antérieure et sur le disque, de points enfoncés, accompa- gnés chacun d'un petit tubercule , de petites rugosités très légères sur le reste de sa surface ; une ligne enfoncée, lisse, lon- gitudinale, dans son milieu , partant de la base et n'atteignant que la moitié de sa longueur, et une impression irrégulière au milieu de ses côtés; ceux-ci arrondis, denticulés et ciliés dans leur moitié supérieure. Elytres à six stries, peu marquées sur le disque et effacées à l'extrémité; intervalles irrégulièrement ponctués de points tuberculeux, comme ceux du corselet, et une petite carène dessinant tout leur contour depuis la base de la suture jusque près de son extrémité. Epipleure de la largeur du tiers de l'élytre. Pygidium, poitrine et partie laléro-posté- rieure des segments de l'abdomen , couverts de très petits tu- bercules. Pattes antérieures avec de petites dentelures au côté externe des jambes, avant et entre les lobes; côté interne cilié; dessous des cuisses et des jambes rugueux, une petite carène sur la face supérieure de la jambe ; genoux ciliés. Inter- médiaires à cuisse ponctuée; jambes avec deux petites carènes DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 91 ciliées, obliques, au côté externe, interrompues brusquement, formant dentelures. Postérieures h. cuisse finement ponctuée, avec une rangée de très petits tubercules. Jambe avec trois petites carènes ciliées , obliques au côté externe. Tarses ciliés ; cils plus longs et plus fournis au côté externe. Deux autres espèces appartenant à ce genre sont décrites. 2. Pach. Hyppocrates , Kirby, Mac Leay , Horse Entom. , t. 1, p. 507. Hab. Prom. Bon.-Spei. Musœo Kirby. 3. Pach. Striât l m , De Castelnau, 1ns. Duménii , 1840, t. li, p. 68. Hab. Prom. Bon.-Spei. Musœo Gory. 8. Genre MNEMATIUM, Mac Leay , Horae Ent. , t. i. Ateuchijs, Dejean, Cat. , 1833, p. 135. Mnematium, Kirby, Règ. an. Anglais. Id. Guérin, Icon. , Règ. an., Texte, p. 76. PI. VI, fig. 8. Palpes. Maxillaire à premier article grêle, subcylindrique, cucuUiforme. Deuxième, tiianguiaire, presque équilatéral , de la longueur du premier, troisième, cucuUiforme, de la longueur du deuxième. Quatrième, fusiforme, aussi long que les deux précédents réunis (Pl.vi, fig. 8, b). Labial. Pre- mier article oblong, un peu élargi à l'extrémité. Deuxième, suborbiculaire, presque aussi grand que le premier, tous deux coriaces, très velu:>. Troisième, très petit, ovoïde, corné, glabre (Pi. vi, fig. 8 , c). Mâchoires, ciliées au côté externe, garnies en dedans d'un 92 ANNALES lobe membraneux, parlant du sommet et descendant aux deux tiers du côté interne (Pi. vi, fig. 8, b). Lèvre inférieure, presque semi-orbiculaire, un peu sinuée à la partie latéro-supérieure , échancrée au sommet, rugueuse. Bords de l'échancrure garnis de longs poils (PI. vi , fig. 8,c). Antennes. Premier article grêle, subcylindrique aussi long que les suivants , réunis. Deuxième , très court , cupuliforme. Troisième, une fois plus long que le deuxième, cylindrique, un peu renflé au bout. Quatrième, cinquième, cylindriques» de la longueur du premier. Sixième, cyalhiforme, de la lon- gueur du précédent. Septième, huitième et neuvième, en la- melles formant une masse ovalaire aussi longue que les cinq articles précédents réunis (Pi. vi , fig, 8, rf). Tête semi-orbiculaire. Epistome découpé en six dents ai- guës. Yeux oblongs. Corselet transversal, plus large que les élytres. Bord anté- rieur échancré dans son milieu pour recevoir la tête ; bord postérieur arrondi, ainsi que les côtés; les angles obtus. Ecusson entièrement caché. Ailes nulles. Elytres soudées , embrassantes , convexes , de la largeur de la moitié du corselet à leur base, et s'élargissant immédia- tement en décrivant un arc de cercle jusqu'à l'extrémité; elles ont une carène submarginale qui n'atteint pas l'extré- mité. Pattes. Antérieures très longues. Cuisse dépassant un peu le bord latéro-postérieur du corselet. Jambe delà longueur de la cuisse, légèrement arquée en dedans, quadrilobée en dehors, échancrée carrément à l'extrémité, avec une épine articulée. Intermédiaires grêles, peu espacées à leur insertion. Cuisse dé- passant un peu le bord des élytres. Jambe un tiers moins lon- gue que la cuisse, sinuée en dehors, droite en dedans, tron- quée carrément de dedans en dehors , mais obliquement de DE LA SOCIÉTÉ ENTOiMOLOGIQUE. 93 haut en bas en dessus, avec une épine articulée. Postérieures grêles, longues. Cuisse dépassant l'abdomen du tiers de sa longueur. Jambe de la longueur de la cuisse, légèrement ar- quée en dedans , sinuée en dehors, tronquée obliquement de dehors en dedans et de haut en bas, avec une forte épine ar- ticulée au côté interne. Tarses articulés au haut de l'échancrure des jambes; anté- rieurs nuls; intermédiaires de la longueur des deux tiers de la jambe- postérieurs de la moitié, tous deux, à premier article aussi long que les deux suivants réunis ; deuxième , troi- sième, quatrième, en décroissant de longueur, tous triangu- laires, un peu aplatis en dessous. Cinquième, oblon^, ar- rondi au bout, aussi long que les deux précédents réunis. Crochets simples. Sternum é\e\é y saillant, anguleux (4). MNEiMATÏUM RlTCHll, Mac Leay , Horse Enlom. Ateuchus interruptus, Dejean, Cat., 1833, p. 135. Hab. Africa boreali, Tripoli. Musœo Reiclie. Long., 16-19 mill. Lat. , 11-13 mill. PI. VI, fig. 8. Niger, nitidus; csi^he punctato , elevato , caréna transversa, obsûleta instructo , vertice depresso , tliorace lœvigato , sparse punctato , lateribus seiratis ; e\yiY\s obso lete sulcatis . D'un noir assez brillant. Tête couverte de petits tubercules serrés, un peu bombée, avec une petite carène transversale peu marquée; interrompue au milieu. Vertex déprimé. Epis- (1) On s'élonuera , avec raison , que le genre Mnematium n'ait été cité ni par M. Serville dans l'Encyclopédie , ni par Latreille , dans le Règne animal, ni même par M. De Castelnau, dans son Histoire des Insectes. Ces trois auteurs ont cependant étudié le travail de Mac Leay, et l'ont souvent copié. 94 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. tome avec deux dents aiguës avancées dans son milieu, et deux autres de chaque côté, presque en angles droits. Corselet d'une largeur égale à deux fois sa longueur, lisse, avec des points enfoncés très distants; une petite strie longitudinale enfoncée sur son disque, partant de la base et ne dépassant pas le mi- lieu , et un enfoncement irrégulier au milieu de chaque côté, près du bord latéral; les côtés denliculés. Elytres à six stries obsolètes, les intervalles élevés subsillonnés. Pattes anté- rieures denticulées en dehors, avant et entre les lobes; inter- médiaires et postérieures légèrement ciliées. Jambes avec deux petites carènes obliques, courtes, au côté externe. Tarses ci- liés; pygidium, poitrine et segments de l'abdomen, lisses. Une seconde espèce est décrite. 2. Mnem. Silenus, Kirby f R. A. anglais, t. i, p. 306, pi. 40, f. 2. Hab. Syria. Musœo Reiche. , AIVROWCES. GENERA ET SPECIES CLRCULIONIDUM, CUM SYNONY- MIA HUJUS FAMILI^, a C. J. Schoenherr. Six \oliimes chacun en deux parties sont en vente. C\iQ.z Roret, rue Hautefeuille, \Obis. SPECIES GÉNÉRAL DES COLÉOPTÈRES DE LA COL- LECTION DE M. LE COMTE DEJEAN. Tom- yi, c( nte- nant l'histoire naturelle des Hydrocanthares et des Gyri- niens, par M. le docteur Aube. Chez 3Iéquignon-Marvis fils, rue de l'École-de-Médecine , 3. HISTOIRE NATURELLEET ICONOGRAPHIE DES INSECTES COLÉOPTÈRES , commencée par MM. de Castelnau et Gory, et continuée par M. Gory. Cinquante-deux livraisons contenant des Monographies de Carabiques. La Monographie des Clytus et celle des Buprestes sont en vente. Prix de chaque livraison : 6 fr. Chez Duménil, rue des Beaux-Arts, 10. FAUNE ENTOMOLOGIQUE DE L'ANDALOUSIE, par M. le docteur Rambur. Chaque livraison contient 6 planches et 5 feuilles de texte. La 4^ livraison contenant une partie des Lépidoptères est en vente. Prix de chaque livraison : 6 fr. Chez Arthus-Bertrand y rue Hautefeuille, 23. GENERA Eï INDEX METHODICUS LEPIDOPTERARUM EL- ROP^AlRUM , auclore Boisduval. Chez Roret, rue Hautefeuille, 10 bis. MONOGRA.PHIE DES TRACHYDÉRIDES , par M. Dupont. Un volume in-8o , et 70 pi. coloriées. Chez Artlms-Bertrand , rue Hautefeuille, 23. ESSAI MONOGRAPHIQUE ET ICONOGRAPHIQUE DE LA TRIBU DES COSSYPHIDES (famille des Coléoptères Hé- téromères), par M. le Marquis De Brème. Première partie, un volume in-8o; devant paraître à la fin de juin 1842. Chez Lacheze, rue des Mathurins-Saint-Jacques, 24. Un ancien membre de la Société Entomologique se propose d'entreprendre, de concert avec une autre per- sonne, un voyage dans le but d'explorer, sous le rapport entomologique, le midi de la France. Ces deux Entomolo- gistes doivent parcourir , dans le courant de mai , juin et juil- let, la Lozère, l'Aveyron, le Tarn, l'Hérault, les Pyrénées, l'Aude, la Haute-Garonne, la Garonne, le Cantal , la Corrèze, le Puy-de-Dôme, etc. Ces deux amateurs, pour couvrir en partie les frais de leur voyage, se sont décidés à offrir aux Entomologistes quelques lots de Coléoptères. Chaque lot de 200 insectes est de 20 fr. Il n'y aura pas plus de quatre individus de la même espèce dans chaque lot. On souscrit chez M. Guérin-MénéuiUe, rue de Seine, 13. {Écrire franco). ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 93 BkOTICE SUR LA VIE ET LES TRAVAUX DE Jean-Victor AUDOULN, Clievalicr delà L<Çgion U'honneur, membre de l'Académie des sciences, et d'un grand nombre d'autres sociétés savantes, tant nationales qu'étrangères (1); professeur d'entomologie au Muséum d'histoire naturelle de Paris; décédé le 9 novembre 1841. Lue à la Société eniomologique de France^ dans sa. séance du 6 avril 1842. Par M. DUPONCHEL , archiviste de ladite société'. Messieurs , Ce qui frappe d'abord dans la biographie des savants, comme dans celle des hommes de lettres et des artistes, c'est de voir que la plupart ont eu à lutter, soit contre leur po- sition, soit contre la volonté de leur famille, pour suivre leur vocation; en sorte que ce n'est qu'à force de persévérance qu'ils ont pu embrasser la carrière à laquelle ils se sentaient appelés. Tel fut le sort de celui dont nous avons à nous entre- tenir : il n'a pas tenu, en effet, à ses parents, qu'il ne fût un avocat obscur, au lieu d'être, comme il l'a été, un des natura- listes les plus distingués de notre époque ; mais heureusement (1) On trouvera la li.ste de toutes les sociétés dont M. Aiidouin était membre, à U suite de la partie biographique de cette notice. XI. 7 96 AIN^'ALES pour lui et pour eux, sa constance à poursuivre son but fut plus forte que leur volonté. Jean-Yictor Auclouin est né à Paris, le 27 avril 1797, de parents chargés de plusieurs enfants, et dont la modique for- tune fut tellement réduite par des pertes successives, qu il devint leur soutien pendant les dix dernières années de sa vie. Après avoir commencé ses études au collé[,^e de Reims, il les continua pendant trois ans à celui de Louis-le-Grand (1); au bout de ce temps il alla rejoindre un cousin qui occupait une place assez importante dans la ville de Lacques , gou- vernée alors par la princesse Élisa , sœur de Napoléon. Ce pa- rent le fit entrer dans le collège principal de cette ville, où il ne tarda pas à se distinguer, malgré l'emploi qu il était obligé de faire d'une langue qui lui était étrangère , mais qu'il sut bientôt comme la sienne , grâce à son application et à sa faci- lité pour apprendre. Se destinant dès lors à la carrière de l'enseignement, il espérait terminer toutes ses études classi- ques dans ce collège, et n'en sortir que pour entrer à l'École normale, lorsque les événements de 1813 vinrent déranger tousses projets, en l'obligeant de c[uitter brusquement l'I- talie pour rentrer en France , ce qu'il ne put faire sans courir de grands dangers. De retour à Paris, au commencement de 1814, il reprit ses études à ce même collège qu'il avait quitté deux ans auparavant pour se rendre en Toscane. Ce- pendant, si cette vie nomade dut nuire uii peu à ses études classiques, en revanche elle contribua beaucoup à développer en lui le goût qu'il avait montré dès ses plus jeunes ans pour l'histoire naturelle. La vue des Alpes qu'il traversa deux fois, et son séjour dans un pays dont les productions différaient eu grande partie de celles de sa patrie , durent nécessairement produire cet effet; de sorte que ce goût, qui était modéré (1) C'était alors le Lycée impérial. DE LA SOClKT/i: KNTOMOLOGiOUE. 97 avant son départ pour Tltalie, était devenu un penchant irré- sistible lorsqu'il revint en France. Malheureusement ce pen- chant ne s'accordait guère avec la destination que lui réser- vaient ses parents: en effet, à peine eut-il fini ses études, que son père, qui était avocat, et qui ne voyait rien de mieux pour son fils que de lui faire embrasser sa profession, exigea de lui qu'il fît son droit, et le plaça même chez un avoué pour joindre la pratique à la théorie. Qu'on juge du désappointement du jeune Audouin, obligé de se livrer à des études pour lesquelles il avait la plus profonde antipathie. Aussi, malgré toute sa bonne volonté, n'y faisait-il aucun progrès, et sa position était devenue intolérable , lorsque enfin ses parents , vaincus par ses instances, consentirent à la demande qu'il leur faisait depuis longtemps, de passer des bancs de l'École de droit sur ceux de l'École de médecine. Peut-être auraient-ils refusé ce con- sentement , sans une circonstance que nous mentionnerons plus bas, et s'ils n'avaient fait la réflexion que la profession de médecin n'est pas moins lucrative que celle d'avocat ou d'avoué, lorsqu'on y acquiert quelque renom, car, d'après leurs idées positives , ce qu'ils voulaient avant tout pour leur fils, c'était de la fortune, et ils avaient raison de penser que la carrière des sciences n'y conduit pas, du moins ordinaire- ment. Quant à lui, moins soucieux qu'eux sous ce rapport, il ne vit dans le changement de carrière auquel ils avaient consenti qu'un moyen de se livrer plus facilement à sa passion pour l'histoire naturelle. Ainsi, en abandonnant, à sa grande satisfaction, Justinien pour Hippocrate, son projet n'était pas, comme ses parents le croyaient , de pratiquer un jour la mé- decine, pour laquelle il n'avait pas plus de goût que pour la jurisprudence; mais il savait que les connaissances néces- saires pour obtenir le diplôme de médecin ne le sont pas moins pour devenir un habile naturaliste; et, en effet, si la zoologie a fait de si grand progrès depuis Linné, surtout dans L8 AMnALES les invertébrés , c'est parce qu'on ne s'est plus contenté d'é- tudier les animaux d'après leur organisation extérieure, et qu'on a joint à cette étude celle de leur anatomie et de leur physiologie. Toutefois , pour ne pas contrarier les désirs de sa famille, et lui laisser croire qu'il étudiait la médecine pour elle-même, il entra comme externe chez un des premiers pharmaciens de Paris, où il passa deux ans; il en employa au- tant à servir d'aide à ^I. Yogel, alors préparateur des cours de chimie à l'École de pharmacie, et devenu depuis célèbre pro- fesseur à Munich. Enfin, après quatre autres années consacrées à cultiver les diverses branches de l'art de guérir, il fut reçu docteur en médecine en 1826, à l'âge de vingt-neuf ans. INIais c[u'on ne croie pas que tout ce temps ait été perdu pour sa science favorite : loin de là; nous verrons dans l'analyse que nous donnerons plus bas de ses travaux, que pendant les huit années que durèrent ses études médicales , il publia dix mé- moires, parmi lesquels on remarque celui quil lut à l'Acadé- mie des sciences, le lomai 1820, et qui a pour titre : Recher- ches anatomiques sur le thorax des animaux articules et celui des insectes en particulier. Ce beau travail lui valut les plus grands éloges de la part de l'illustre Cuvier, si bon juge en cette matière , et lui acquit un tel renom, qu'il fut reçu quel- que temps après membre de la Société philomathique (1), et successivement de plusieurs autres sociétés savantes, tant en France qu'à l'étranger, récompense bien flatteuse pour un jeune homme de vingt-trois ans , et bien propre à exciter son émula- tion.Aussile voyons-nous reconstituer, en 1822, conjointement avec quelques jeunes naturalistes, la Société d'histoire natu- relle, et créer en 1824, de concert avec deux de ses amis, de- (1) Ou sait que le nombre des membres résidants de cette société est hmité à cinquante , et que presque tous ceux qui en ont fait partie depuis sa fondation sont parvenus à l'Académie de? sciences, dont elle peut être considérée comme la pépinière. DE LA SOGIÉIÉ ENTOMOLOGIUUE. 99 venus depuis ses beaux - frères , et comme lui membres de FAcadémie des sciences, les Annales des sciences natu- relles, recueil qui continue de jouir d'une juste célébrité. Au reste, sa réputation scientifique était déjà tellement répandue à cette époque, que la place de sous-bibliothécaire de Tlnsti- tut étant venue à vaquer en 1823, il fut choisi par les quatre Académies pour la remplir. Dès lors tous les obstacles semblent s'aplanir devant lui, dans une carrière où tant d'autres sont restés en chemin. Ainsi, en 1825, le célèbre Lamarck, professeur de zoologie pour les animaux articulés, et notre illustre Latreille, qui n'était alors que son adjoint, étant tous deux hors d'état de professer, l'un par son état de cécité, et l'autre à cause de sa mauvaise santé, ce fut M. Audouin que l'admiulstralion du Muséum choisit pour les suppléer, et il faut convenir qu'elle n'eut qu'à se féliciter de sa détermination, car il s'acquitta de cette tâche difficile, avec un éclat qui surpassa l'attente de ceux même qui auguraient le mieux de son aptitude au professorat. Doué d'un bel organe et d'une élocution facile, exposant ses idées avec un ordre et une méthode remarquables, s' expri- mant souvent avec élégance et toujours avec clarté, il prouva, dans cette occasion, qu'il possédait, dans un degré éminent, une qualité indispensaole dans un professeur, l'art de se faire écouter même sur les sujets les plus arides. Aussi son cours eut le plus grand succès, et dès lors il fut jugé digne de devenir un jour titulaire d'une place dont il avait si bien rempli Tintérim. En 1826, le gouvernement voulant enfin terminer le grand ouvrage sur l'expédition d'Egypte, ce fut encore INI. Audouin que l'administration du Muséum désigna au ministre de l'in- struction publique pour donner Texplication des planches rela- tives aux mollusques et aux animaux articulés, dont l'infortuné M. Savigny n avait pas eu le temps de rédiger le texte avant 100 A^\NAL&S de devenir aveugle. Pour bien faire ce travail il aurait fallu avoir sous les yeux les animaux en nature, ou du moins les dessins originaux; mais ni les uns ni les autres ne purent être retirés des mains de M. Savigny, et ]M. Audouin fut obligé de deviner en quelque sorte ce que représentaient les figures en noir. Il en est résulté que son explication est très-som- maire, et laisse beaucoup à désirer, surtout pour les planches qui représentent des insectes. Quoi qu'il en soit, le gouverne- ment, pour l'indemniser de l'emploi de son temps dans ce tra- vail ingrat, lui avait accordé une gratification; mais il la re- fusa, en demandant qu'elle fût remise à^I. Savigny, qui, outre sa cruelle infirmité , se trouvait alors dans une position très- gênée. Son désintéressement et son zèle furent appréciés , et sur la proposition de la commission d'Egypte, le roi le nomma chevalier de la Légion d'honneur. Sans doute cette distinc- tion honorable fut aussi la récompense de ses travaux anté- rieurs. Ce fut dix mois après l'avoir obtenue qu'il devint le gendre de M. Brongniart. La connaissance qu'il avait faite de ce célèbre professeur, dix ans auparavant, a eu une trop grande influence sur sa destinée, pour que nous n'entrions pas à ce sujet dans quelques détails. On sait que ^L Brongniart, aussi bon zoologiste qu'il est profond minéralogiste, s'était beaucoup occupé autrefois d'entomologie , et qu'il est en grande partie l'auteur d'une histoire générale des insectes en dix volumes in-18, publiés en 1802, sous le nom de INL de Tigny. Or, il paraît que, mal- gré ses grandes occupations, il n'avait pas encore entière- ment renoncé à cette science en 1861 , car cette même année il se promenait avec sa famille dans les bois de Meudon, où il se livrait , comme dans sa jeunesse, à la recherche des insectes, lorsqu'il fut rencontré par le jeune Audouin, qui s'occupait de la même recherche. S'aborder , se communiquer récipro- quement le produit de leur chasse et ne se quitter qu'après DE LA SOCIÉTÉ LiNTOMOLOGIQLE. 101 s'être enrichis mutuellement par des échanges, mais sans que Tun^se fit connaître à l'autre, tel fut le résultat de cette ren- contre qui probablement n'aurait jamais eu d'autre. suite pour M. Audouin, si quelque temps après, assistant, par hasard, au cours de minéralogie du collège de France, il n'eût reconnu, dans le professeur, l'entomologiste qu'il avait rencontré au bois de Meudon. La leçon terminée, il s'empressa d'aller le saluer, pour renouveler connaissance avec lui. ^L Brongniart le reconnut à son tour , raccueillit fort bien, le questionna cette fois sur ce qu'il faisait, et lui dit, entre autres choses, que n'ayant pas le temps de s'occuper de sa collection qui deve- nait la proie des dermestes , il voudrait bien trouver un jeune homme auquel il pût se fier pour en prendre soin, moyennant 600 francs par an ; et il finit par lui dem.ander si, parmi ses camarades, il n'en connaîtrait pas un à qui cela pût convenir. ^L Audouin le quitta en lui promettant de s'en informer et de lui rendre réponse sous peu. Effectivement, il revint voir >L Brongniart quelques jours après , et ce fut pour s'offrir lui-même de remplir ce modeste emploi. Cette offre étonna d'abord le célèbre professeur, qui ne la croyait pas compatible avec la position de celui qui la faisait; mais, après les expli- cations du jeune Audouin , il vit bien qu'il pouvait l'accepter, et n'y consentit toutefois qu'après avoir obtenu l'agrément des parents, qui raccordèrent d'autant plus volontiers que l'entretien de leur fils allait leur coûter 600 francs de moins: et ce fut même à cette occasion qu'ils lui permirent de quitter le droit pour la médecine. C'est aiasi que , dès l'âge de dix-neuf ans , ^L Audouin se trouva placé sous le patronage d'un homme qui. par sa haute position dans le monde savant, devait nécessairement lui fa- ciliter l'accès d'une carrière presque inabordable pour ceux qui veulent y pénétrer sans appui. Mais il faut convenir que si M. Brongniart employa son influence dans cette occasion, 102 ANNALES il ne pouvait en faire un meilleur usage : en effet, par les rap- ports journaliers^qui s'établirent entre lui et le conservateur de sa collection , il fut à même d'apprécier les qualités de celui auquel il avait accordé sa confiance, et plus il apprit à le con- naître, plus il conçut pour lui d'estime et d'affection. Ces deux sentiments , fortifiés par le temps , finirent par être par- tagés par tous les membres de la famille du célèbre académi- cien, et celui-ci, après dix ans d'épreuve, jugea le jeune sa- vant qui les avait inspirés digne de devenir son gendre. Or remarquons qu'à l'époque de son mariage , M. Audouin n'était encore que sous-bibliothécaire de l'Institut; mais, d'un autre côté , n'oublions pas qu'il avait donné des gages sur son ave- nir, tant par les nombreux mémoires qu'il avait déjà publiés que par la manière brillante dont il avait fait le cours d'ento- mologie pendant la maladie de Latreille. Cet épisode, sur lequel nous avons dû nous étendre, nous a fait interrompre notre récit ; nous allons le reprendre où nous l'avons laissé. Ce fut un an avant son mariage, c'est-à-dire en 1826 , que M. Audouin entreprit son premier voyage sur les côtes de Bretagne et de Normandie, dans le but d'étudier les crustacés. Il en fit un second en 1828, et un troisième et dernier en 1829. Ces trois voyages, exécutés en commun avec son ami M. Milne-Edwards , eurent pour résultat d'enrichir le Muséum de beaucoup d'espèces rares ou nouvelles, et la science de plusieurs faits nouveaux et curieux, qui sont consignés dans des mémoires publiés en commun par les deux auteurs. Parmi ces mémoires, se trouve celui qui fait connaître la véri- table circulation du sang dans les crustacés, et auquel l'Aca- démie des sciences décerna, en 1828, le prix de physiologie expérimentale , ainsi que nous le verrons plus bas. En 1830, Latreille ayant enfin été nommé professeur d'en- tomologie, M. Audouin le remplaça comme aide-naturaliste, 1 DE LA SOCIÉTÉ EINTOMOLOGIQUE. 103 place qu'il avait remplie gratiiitemeiit pendant la maladie de son illustre maître; celui-ci étant mort en 1833, il devint, sans contestation, son successeur dans la chaire d'entomo- logie. Un an auparavant, en 1832, il s'était réuni à plusieurs en- tomologistes pour fonder, sous le patronage de son vénérable prédécesseur, la Société entomologique de France (1), dont il fut nommé vice-président la première année de sa fondation, président la seconde, et de nouveau président en 1837. Ceux qui Font vu remplir ces honorables fonctions n'ont pas oublié avec quelle noble gravité il s'en acquittait, avec quelle clarté il résumait les débats, et surtout avec quelle précision il posait les questions mises aux voix; ils n'ont pas oublié non plus l'intérêt qu'il savait donner aux moindres commu- nications qu'il faisait à la société. En 1834, la Société royale et centrale d'agriculture, ayant remarqué la direction que M. Audouin avait donnée à ses tra- vaux, le nomma à l'une de ses places d'associé ordinaire, con- vaincue qu'elle était de l'utilité des études entomologi- ques pour le progrès des connaissances agricoles ; et ce fut sur la présentation de cette société que le ministre de l'agri- culture et du commerce, informé des ravages que faisait de- puis quelques années dans les vignobles du Maçonnais la py- rale de la vigne, chargea M. Audouin, en 1837, de se rendre sur les lieux pour étudier les mœurs de cet insecte, et indiquer (1) Nous croyons à propos de rappeler ici que, parmi les membres fondateurs de cette société , M. Alex. Lefebvre est le premier qui en ait eu l'idée, et qu'il a fallu tout son zèle et toute son activité pour surmonter les obstacles qui s'opposaient à sa formation, Ce zèle et cette activité ne se sont pas démentis pendant les quatre premières années qu'il a été notre secrétaire , fonctions que sa résidence habi- tuelle à la campagne l'a force d'abandonner, au grand regret de la société. 104 AiNNALES aux propriétaires et aux vignerons les moyens les plus effica- ces, sinon de le détruire entièrement, ce qui nest pas au pouvoir de l'homme, mais au moins d'en diminuer le plus possible la propagation, et par conséquent les dégâts. Les résultats de cette importante mission ont été consignés, d'abord dans deux notices lues à l'Académie des sciences les 4 et 25 septembre 1837, et ensuite dans un grand ouvrage in-4°, avec planches , divisé en quatre livraisons, dont la pre- mière seule a paru du vivant de l'auteur , et dont les trois autres doivent être publiées par les soins de M. Milne-Edwards, son ami et son successeur à la chaire d'entomologie. Nous reviendrons sur cet ouvrage, ainsi que sur les deux notices qui l'ont précédé , dans l'analyse que nous donnerons plus bas des travaux de M. Audouin sur l'entomologie appliquée à l'agriculture. Enfin M. Audouin, dont la louable ambition était d'arriver un jour à l'Académie des sciences , eut le bonheur de voir ses vœux satisfaits en 1838. Une place dans la section d'économie rurale étant devenue vacante par le décès de M. Tessier , il l'obtint par les mêmes motifs qui l'avaient fait élire quatre ans auparavant membre associé de la Société royale et centrale d'agriculture. Depuis , M. Audouin fit plusieurs voyages scientifiques : Tun en Italie, en 1839, où il assista au congrès de Pise; les autres dans plusieurs parties de la France, pour étudier les in- sectes des divers ordres nuisibles à l'agriculture. Ce fut à son retour de celui qu'il fit l'été dernier dans le Midi, que la ma- ladie, qui le minait depuis longtemps , prit un caractère plus grave et l'emporta par une apoplexie, le 9 novembre 1841 , à l'âge de quarante-trois ans et huit mois. Ainsi mourut dans la force de l'âge, et au milieu de tra- vaux laissés imparfaits, celui dont la carrière était encore si pleine d'avenir. Les causes morales de celte fin prématurée DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. 105 honorent trop le caractère de M. Audouin pour être passées sous silence. Voici Texplication qu'en donne son intime ami, M. Milne-Ed\\ards, dans le discours plein de sensibilité qu'il prononça sur sa tombe : « Comment croire, dit-il, que notre ami, uni à Tune des fa- « milles les plus estimées par tous les hommes de science et les «plus respectées par tous les hommes de bien, associé à une « compagne si digne, par sou caractère et ses vertus, d'embellir «sa vie et de charmer son existence, heureux dans ses en- «fants, n'ayant rien à souhaiter pour lui-même; comment «croire qu'il mourrait le cœur froissé par des chagrins ré- « pétés, si on n'avait vu dans tout le cours de sa vie avec quelle «vivacité il sentait tout ce qui lui arrivait en bien comme «en mal. « Une nouvelle et triste épreuve , ajoutée à bien d'autres , « vint le surprendre au milieu d'une mission qu'il accomplis- «sait dans le INIidi, il y a quelques semaines. Cruellement «frappé déjà, il revint à Paris , et tous ses amis , en le voyant, «furent pénétrés des sentiments les plus tristes. Chaque jour «ses forces semblaient s'éteindre; son estomac rejetait les ali- « ments les plus légers ; les sources de la vie paraissaient atta- « quées. Après trois semaines des soins les plus tendres , les «plus assidus et les plus inutiles, hélas! une apoplexie est « venue mettre un terme à une scène de désolation. «Une intelligence trop ardente, un cœur trop prompt à « s'abandonner aux émotions les plus nobles et les plus pieuses, « voilà le triste secret de cette maladie, qui depuis longtemps « travaillait sourdement à ravir Audouin à notre amitié. C'est à «ces deux causes qu'il faut reporter l'origine de cette attaque «soudaine, quoique lentement préparée, qui vient de nous en- K lever notre collègue, à peine âgé de quarante-quatre ans.» A ces paroles, parties du cœur, ajoutons que la mort de M. Audouin est un événement déplorable, non-seulement iOG AINNALES pour sa famille et ses amis, qu'il laisse inconsolables de sa perle, mais pour la science, envers laquelle il n'a pu remplir tous ses engagements. Toutefois , faisons observer que si la carrière de M. Audouin n'a pas été aussi longue qu'elle aurait pu l'être, elle a été aussi féconde que brillante dans sa brièveté. On en jugera par l'analyse que nous donnons de ses travaux à la fin de cette notice, oi^i l'on verra qu'ils ne sont pas moins variés que nombreux. Nous citerons ici, comme les plus im- portants : 1° son mémoire sur le thorax , dont l'introducticn annonce un esprit généralisateur et qui avait profondément médité sur l'organisation des animaux articulés; 2° ceux qu'il a publiés en commun avec M. Milne-Edwards, sur les crus- tacés, et dont le plus remarquable est celui qui démontre la véritable circulation dans ces animaux (ce mémoire , comme nous l'avons dit, a obtenu le prix Montyon); 3° ses recher- ches anatomiques et physiologiques sur la maladie contagieuse qui attaque les vers à soie, et qu'on désigne sous le nom de mmcardine; 4° enfin, son grand ouvrage sur la pyrale de la vigne, bien que nous pensions qu'il a été conçu sur un plan trop vaste, et qu'il dépasse le but pour lequel il a été en- trepris. Les personnes qui font consister toute l'entomologie dans la méthode ou la classification apprécieront peu sans doute le mérite des travaux de M. Audouin , et regarderont même comme étrangère à cette science la partie de ces travaux qu'il intitule lui-même Entomologie agricole; mais, heureuse- ment pour sa réputation, tous les entomologistes ne parta- gent pas cette manière de voir, et il en est plus d'un qui pense qu'observer les mœurs des insectes dans leurs divers états, et chercher à s'en rendre raison par l'étude de leur anatomie et de leur physiologie, comme l'a fait M. Audouin dans ses ou- vrages, n'est pas moins utile aux progrès de l'entomologie que d'introduire chaque jour de nouvelles divisions plus arbi- DE LA SOCIÉTÉ BMO^ÎOLOGlv^UE. 107 (raires les unes que les autres dans la nomenclature déjà si embrouillée de cette science. Cela suppose au moins des con- naissances préliminaires qui ne s'acquièrent que par des études sérieuses, et dont l'application à des animaux d'une or- ganisation aussi délicate et aussi compliquée que celle des insectes demande autant de patience que de sa{]^acité. Gela suppose, enfin, un génie ou un talent d'observation beaucoup plus rare qu'on ne pense; et la preuve en est qu'on peut compter facilement ceux qui le possèdent, tandis que nous voyons surgir de toutes parts des fabricateurs de genres et des descripteurs d'espèces. Ainsi, pour bien juger M. Au- douin, il faut le considérer comme étant de l'école des Swam- mcrdamm, des Lyonuet et des Réaumur, école si bien con- tinuée de nos jours parles Savigny, les Straus, les Marcel de Serres et les Léon Dufour. Quant à la partie de ses travaux où il cherche à prouver l'utilité des connaissances entomologiquespour la conservation des forêts et les progrès de l'agriculture , comment ne pas lui en savoir gré, quand on voit les hommes les plus éminents en physique, en chimie, en botanique, faire servir leurs pro- fondes théories au perfectionnement de tout ce qui constitue la partie matérielle de la civilisation. Démontrer que l'entomc- logie peut aussi contribuer pour sa part à ce perfectionne- ment, n'est -ce pas le seul moyen de la réhabiliter dans l'esprit des hommes sérieux, qui veulent que les sciences ne servent pas seulement à satisfaire une vaine curiosité , mais qu'elles aient aussi un but d'utilité? Au reste, M. Audouin a suivi en cela l'exemple de Réaumur, qui , après nous avoir intéressés aux travaux des teignes, en nous faisant connaître la manière ingénieuse dont elles s'y prennent pour se nourrir et se vêtir à nos dépçns. termineleur histoire par nous indiquer les moyens de nous préserver de leurs dégâts. Cependant, tout en rendant justice au mérite des travaux de M. Audouin , nous ne préten- 103 ANNALES dons pas les mettre sur la même ligne que les ouvrages de ces savants qui ont embrassé Tentomologie dans son ensemble, et Tont étudiée dans un but purement philosophique , tels que les Fabricius, les Latreille, les Lamarck et les Doméril; mais depuis que les méthodes ou les systèmes de ces célèbres au- teurs ont veilli, et ne sont plus suivis dans la pratique, où sont les ouvrages qui les ont remplacés? Nous avons force travaux partiels sur certains ordres ou certaines familles que les en- tomologistes collecteurs affectionnent plus particulièrement , et pas un seul ouvrage général sur Tentomologie. Or, par là, nous n'entendons pas un species , mais seulement un ge- nejYi, comme celui que Latreiile publia en 1806; car, pour un species , convenons, vuFénorme quantité d'espèces que ren- ferme aujourd'hui la classe des animaux articulés, non com- pris les annélides et les crustacés, convenons, dis-je, que cet ouvrage ne peut être fait par un seul homme , et qu il n en faudrait pas moins de douze qui se partageraient les divers ordres entre eux pour le terminer en un pareil nombre d'an- nées. On peut en juger par la famille des carabiques de ^I. le comte de Dejean, et par celle des curculionides de Schœnherr. On sait que la première se compose de cinq volumes qui ont été édités en dix ans, et que la seconde, dont le premier volume a paru en 1833, en comprend déjà douze, et n'est pas encore finie. INÏais il ne suffirait pas de réunir douze entomologistes assez instruits et assez d'accord entre eux pour concourir à cette vaste composition, il faudrait encore trouver un éditeur assez hardi pour en entreprendre la publication à ses risques et périls. C'est dans cet état de choses que jNÏ. Audouin a trouvé l'en- tomologie, et où elle est encore. Il est à regretter que pendant les huit ans qu'il a professé cette science, le temps lui ait manqué pour faire paraître un nouveau Gênera en rempla- cement de celui de Latreille; mais peut-être attendait-il pour DE LA SOCIr/lÉ EMOMOLOGigUE. 109 cela que riraniense collection confiée à ses soins fût entière- ment classée d'après la méthode qu'il avait adoptée, de con- cert avec M. Brullé , son adjoint , aujourd'hui professeur de zoologie à la Faculté des sciences de Dijon; car nous savons que, malgré la direction particulière qu'il avait donnée à ses travaux, celte classification l'occupait beaucoup, et si elle ne s'est pas trouvée plus avancée à sa mort, c'est à l'insuffisance des moyens dont il pouvait disposer pour cette opération qu'il faut s'en prendre. En effet, que l'on veuille bien considérer que la collection entomologique du ^luséum renferme aujourd'hui plus de 120,000 espèces, tant d'in- sectes que d'arachnides, de myriapodes et de crustacés; que ces 120,000 espèces sont réparties dans 10,000 genres et 2000 tribus ou familles au moins , ce qui fait 132,000 éti- quettes à écrire; que chaque espèce étant représentée l'une dans l'autre par 4 individus, il en résulte 480,000 animaux, grands et petits, à placer dans je ne sais combien de tiroirs , indépendamment des doubles conservés à part pour les échanges; que l'on considère ensuite que pour suffire à tant de besogne le professeur n'a que deux ou trois aides qui ne sont tenus d'y donner que quatre ou cinq heures par jour, on sera forcé de convenir alors qu'il n'y a pas de propor- tion entre cette immense opération et les moyens d'exécu- tion, et qu'il est physiquement impossible, par conséquent, au professeur, malgré toute sa bonne volonté et tout le zèle personnel qu'il pourrait y mettre , de la terminer aussi promptement que le voudraient ceux qui n'en connaissent pas les difficultés. Espérons, néanmoins, que le successeur de ^î. Audouin parviendra à les surmonter, et obtiendra de l'ad- ministration les moyens de mettre fin à un état de choses dont s'étonnent avec raison les entomologistes étrangers qui visitent cette partie importante du premier cabinet d'histoire naîu«- relle de l'Europe , et que déplorent les entomologistes natio- naux qui voudraient pouvoir classer et nommer leurs collée- 110 ANNALES tions d'après celle du Muséum , laquelle , en effet , devrait servir de type à toutes les autres, du moins en France. Cette notice serait incomplète, si, après avoir fait connaître le mérite de M. Audouin comme savant , elle se taisait sur ses qualités morales, qui n'étaient pas moins distinguées que celles de son esprit. Nous citerons d'abord, comme preuve de son bon cœur, sa conduite envers ses parents malheureux, et nous croyons ne pouvoir mieux faire que de rapporter à ce sujet les paroles prononcées sur sa tombe par son ami M. Milne-Edwards : «Audouin, dit cet ami, perd une de ses «sœurs, laissant après elle une nombreuse famille: il adopte «un de ses enfants, qui, dans sa reconnaissance, le pleure «maintenant comme un fils tendre et dévoué. La fortune mo- « dique de ses parents se dérange , et dès lors il redouble d'ef- « forts, il recueille sa mère et sa jeune sœur, et tandis que la «première termine ses jours auprès de lui , dans l'oubli de ses « douleurs, des économies obtenues à l'aide d'un esprit d'ordre «lui permettent d'offrir une dot à cette sœur, dont le mari « était devenu pour lui un véritable frère. Dans sa famille nom- «breuse et privée de son chef naturel, trois frères lui restaient, «et il devient leur chef, leur appui, leur père. Ses conseils, ses «soins, ses secours, au besoin, rien ne lui coûtait pour les «guider dans la vie, pour les soutenir dans l'adversité, pour «les consoler dans leurs malheurs.» Mais voici un fait oublié par M. Milne-Edwards, et qui prouve que cette chaleur de cœur instinctive qui caractéri- sait M. Audouin le portait non-seulement à venir au secours de ses parents malheureux , mais encore à soulager, même au péril de sa vie, des personnes qui lui étaient absolument étrangères. Nous tenons de la bouche même de M. le docteur Rousseau, chef des travaux anatomiques au Jardin des plantes, qu'à l'époque où le choléra sévissait avec le plus de rigueur dansParis, M. Audouin, qui n'a vaitjamais pratiquéla médecine. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOUX^IOL'E. lil se souvint, à cette fatale époque, qu il avait le droit de l'exer- cer par son diplôme. Il vint donc spontanément s'adjoindre à M. Rousseau, qu il accompagna dans toutes les visites que celui-ci faisait chez les cholériques du douzième arrondisse- ment; et, comme, parmi eux, il s'en trouvait de très-pauvres, il aidait de sa bourse ceux qui n'avaient pas le moyen d'exécu- ter les prescriptions du médecin. Cette conduite n'a pas be- soin de commentaires pour être appréciée; elle fut récom- pensée par la"]médaille accordée aux médecins qui montrèrent le plus[ de dévouement dans cette terrible circonstance. DuTreste, M. Audouin joignait aux quahtés les plus solid du cœur etfde Tesprit une grande aménité de caractère et cet esprit de conduite sans lequel il est bien difficile de réussir dans le monde , quelque mérite qu'on ait d'ailleurs. On ne doit pas s'étonner d'après cela qu liait eu pour adversaires ces pré- tendus Alcestes qui se donnent pour des modèles de fran- chise et d'indépendance, parce qu'ils n'ouvrent la bouche que pour dénigrer tous ceux qui les offusquent, et qu'ils ne peu- vent se plier aux moindres exigences de la société , comme si la science, le talent, le génie même, dispensaient du savoir- vivre. Mais, en revanche , il eut pour amis ces hommes judi- cieux qui ne pensent pas qu'on soit dissimulé parce qu'on est prudent et circonspect, ni qu'on soit flatteur parce qu'on a assez de tact pour ménager l'amour-propre des autres. Quant aux personnes qui n'ont eu avec M. Audouin que des rapports scientifiques, elles n'ont pas oublié combien ils étaient agréables , et elles se souviennent également que , possesseur de la plus riche bibliothèque de Paris, en fait d'ouvrages entomologiques, il l'avait rendue accessible à tous ceux qui avaient besoin de la consulter. M. Audouiu était membre de l'Institut de France (Académie des sciences) et de la Légion d'honneur; professeur administrateur au Muséum d'histoire naturelle ; docteur eu médecine ; membre de la XI. 8 112 ANNALES Société royale d'agriculture; de la Société philomathique de Paris; de la Société entomologique de France ; de la Société d'horticulture de Paris; de la Société royale académique de Caen; des Sociétés lin- néennes de Bordeaux et du Calvados ; des Sociétés académiques de la Loire-Inférieure et d'Arras ; de l'Académie des sciences d'Aix ; de la Société des sciences de Lille; de la Société philomathique de Perpi- gnan; des Sociétés d'agriculture de la Drème , de la Marne , de Lyon, de la Charente-Inférieure , du département de Seine-et-Oise et d'Au- rillac;du Cercle médical de Va8sy;de l'Académie de médecine de Marseille; de l'Académie des sciences de Stockholm; de la Société des curieux de la nature de Moscou; de l'Académie royale de Turin; du Lycée des sciences naturelles de New- York; des Sociétés'géologique et entomologique de Londres; de la Société des sciences physiques et naturelles de Genève; de l'Académie des sciences naturelles de Phila- delphie; des Sociétés d'histoire naturelle de Hartford, de l'île Mau- rice et de Halle; de l'Académie des géorgophiles de Florence; de la Société d'agriculture de Turin, et de la Société de médecine de Gand. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUH:. 113 DES TRAVAUX DE M. AUDOUIN. Ces travaux se divisent en deux parties bien distinctes. I.a première se compose des Mémoires , Notices et Notes qui ont pour objet des recherches anatomiques et physiologiques, ainsi que des observations de mœurs, non-seulement sur les crustacés et les insectes , mais encore sur quelques annélides et quelques mollusques. La seconde comprend ceux où l'au- teur n'étudie les insectes que dans un but d'utilité médicale, agricole ou industrielle. C'est à cette partie de ses travaux qu'il a dû son admission , d'abord dans la Société royale et centrale d'agriculture , et ensuite son entrée à l'Académie des sciences, dans la section d'économie rurale, ainsi que nous l'avons dit plus haut. Tous ces mémoires, traitant de sujets isolés et n'étant pas, par conséquent , susceptibles d'être groupés méthodiquement, nous les présenterons dans l'ordre de leur publication. Du reste , comme les bornes d'une notice biographique ne nous permettent pas de les analyser tous , nous ne nous étendrons que sur les plus importants , et nous serons aussi bref que possible sur les autres. 114 ANNALES PREMIÈRE PARTIE. ÂnATO^IIE, PHYSIOLOGIE ET OBSERYÂ.TIO]\S DE M(»:URS. 1818. V Jnalomie dune Larve apode trouvée dans le bourdon des pierres. (Mémoires de la Société d'histoire naturelle de Paris, 1. 1, p. 319.) Ce mémoire, publié en commun avec M. Lâchât, est le premier que M. Audouin ait fait paraître. Il avait alors vingt et un ans. Il a pour objet de démontrer que la larve dont il y est question n'est pas, comme on le croyait, un ver intesti- nal , mais une larve de diptère du genre conops. 1820. 2° Sur les rapports naturels qui existent entre les appendices masticateurs et locomoteurs des crustacés et ceux de même nature chez les insectes hexapodes et les arachnides. (Analyse des travaux de l'Académie des sciences pendant l'année 1820; par M. G. Cuvier.) Ce travail, dont M. Duméril a rendu un compte favorable à l'Académie , a pour but de simplifier l'étude comparative des appendices du corps des animaux articulés. 1 820. 3° Recherches anatomiques sur le thorax des ani- maux articulés et celui des insectes en particulier. Lues à l'Académie des sciences le 15 mai 1820 {Ann. des se. nat.j 1. 1, p. 97 et 416, 1824.) Ce n'est que depuis l'apparition de ce travail, que cette par- tie du corps des insectes, vulgairement appelée corselet, est bien connue. On n'avait auparavant qu'une idée très-incom- DE LA SOCIÉTÉ EiNTOMOLOGlQLlB. 115 plète de sou organisa lion. M. Audouin, en l'analysant avec soin, y a découvert trente-quatre pièces ^ qu'il décrit dans les plus grands détails, et à chacune desquelles il a donné un nom qui en indique la position relative. Par cette nomenclature, aujourd'hui généralement adoptée, l'auteur a fait disparaître l'arbitraire et la confusion qui régnaient dans l'ancienne, laquelle ne s'appliquait d'ailleurs qu'aux principaux segments du corselet , parce qu on avait négligé d'étudier les différentes parties dont chacun d'eux se compose. Ainsi , sous ce rapport , M. Audouin a rendu le plus grand service à l'entomologie. Mais par quelle fatalité ce travail , qui , à notre avis, est un des principaux fondements de la réputation de son auteur comme entomologiste, par quelle fatalité, disons-nous, n'a-t-il été imprimé qu'en partie ? Et cependant il n'est pas douteux qu'il n'ait été lu en entier à l'Institut, puisque Georges Cuvier, en 1821 , en a fait le plus grand éloge dans un rapport très- détaillé à l'Académie , et dont voici la conclusion : «Indépendamment de son étendue et de son exactitude, le « travail de M. Audouin a le mérite d'avoir fixé les idées sur une «partie intéressante de l'organisation des insectes, qui n'avait «été étudiée encore que superficiellement, de l'avoir décrite «avec précision, d'avoir donné aux parties des noms métho- «diques, au moyen desquels tous ceux qui auront à en parler «dans la suite pourront s'entendre aisément; enfin, d'avoir «déduit des faits, et par une méthode rigoureuse d'analyse, «les lois générales observées par la nature dans cette partie «de ses ouvrages. « Sous tous ces rapports, l'auteur nous paraît très-digne des «encouragements de l'Académie, qui nous semble devoir faire « imprimer son mémoire parmi ceux des savants étrangers. » Or, bien que cette conclusion ait été adoptée, jamais le mémoire dont il s'agit n'a été imprimé aux frais de l'Acadé- mie, comme il aurait dû l'être; mais sa première partie seule- 116 ANNALES ment a paru dans le tome i des Jnnales des sciences natii^ relies, sans que nous ayons pu savoir pourquoi le reste n'avait pas été publié. Et ce qu'il y a de bizarre dans cette publication incomplète , c'est qu'elle s'arrête au milieu d'une phrase; de sorte que, sans le rapport de Cuvier, on n'aurait aujourd'hui qu'une idée très-imparfaite du mérite et de l'étendue de ce travail. Le reste du manuscrit aurait-il été perdu ? 1821. 4"" Pxcherc lies sur les rapports naturels qui exis- tent entre les Trilobites et les animaux articulés, ( Ann. gén. des sciences physiques j t. viii , p. 233 , avec planches.) Dans ce mémoire, très-étendu, et où Fauteur fait preuve de connaissances réelles en anatomie comparée , il démontre que les trilobites , qui sont des animaux fossiles, doivent, par la forme de leur thorax , être rapportés aux crustacés, et que , dans l'état vivant, ils ne pouvaient avoir de véritables pattes, mais posséder seulement des appendices branchiaux , servant à la fois à la respiration et à la locomotion. 1821. 5° Obsen^'atious sur les organes copulateurs mâles des bourdons , en commun açec M. Lâchât. (Même ouvrage, t. viii, p. 285.) Ce travail, qui fut l'objet d'un rapport très-favorable de IVI. Latreille à l'Académie des sciences, fait connaître la com- position des organes copulateurs mâles des bourdons. Les au- teurs prouvent qu'on peut y rencontrer des différences bien caractéristiques pour la distinction des espèces. Depuis, on sait que M. le docteur Rambur est parvenu , par l'étude des mêmes organes dans les hespéries, à distinguer d'une ma- nière certaine plusieurs espèces de ce genre, qu on avait con- fondues jusqu'alors, tant elles se ressemblent par le reste de leur organisation. I DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 117 1821. 6° Mémoire sur /'Achlysie, noiweaii genre cl A ra- clinides trachéennes. ( Mém. de la Société d'hist. nat. ^ t. i , p. 98 , avec planche.) Dans ce mémoire, l'auteur décrit très au long un nouveau genre d'arachnides, découvert par lui, et auquel il a donné le nom à'Jchlysia, de celui d'Achlys, déesse de lobscurité , parce qu'il est privé d'yeux. Il appartient, suivant lui, à la famille des holètres, tribu des acarides, et peut être placé à côté des leptes. Mais INI. Dugez , dans ses travaux sur les aca- rides , a démontré depuis que le genre Achlysia n'était autre chose qu'un Hydracne, qui n'avait pas encore atteint son entier développement. 18*21 . 7° Lettre adressée à M. Arago, président de l'Aca- démie des sciences sur la génération des insectes. (^Ann. des se. nat.j t. ii, p. 281.) Quelques anatomistes avaient déjà remarqué , dans les in- sectes et chez les femelles , une vésicule particulière attenant aux organes de la génération , et ils avaient cru que cette vé- sicule sécrétait exclusivement une liqueur visqueuse ou une matière sébacée. L'auteur prouve que , dans plusieurs es- pèces , cette vésicule , qu'il nomme poche copulatrice, rem- plit simultanément ou exclusivement un rcMe essentiel dans l'acte de la génération. C'est elle qui reçoit l'organe mâle et la liqueur séminale , qu'elle conserve pour en imprégner les œufs à leur passage au moment de la ponte. Cette observa- tion explique quelques-uns des faits si extraordinaires que présente la génération chez les insectes. 118 ANNALES 1824. 8" Recherches anatomîques sur la femelle du Drile JAUNATRE (drilusflavescens) et sur le mâle de cette espèce, {Ami. des se. nat.j t. ii, p. 443, avec planche.) M. Mielziiisky , membre honoraire de la Société helvétique de Genève, a le premier signalé^l'existence d'un insecte voi- sin des lampyres, lequel, soit à l'état de larve, soit à l'état parfait, vit aux dépens d'une espèce de limaçon {hélix nemo- ralis) , et subit ses métamorphoses dans l'intérieur de la co- quille de ce mollusque. C'est pourquoi il lui avait donné les noms générique et spécifique de Cochleoctonus vorax. M. Desmarest père, ayant découvert ce même insecte à Alfort, et ayant suivi ses métamorphoses, a obtenu des individus des deux sexes qui l'ont mis à même de reconnaître en lui le Dri- lus flavescens. Or il parait que si M. Mielzinsky en a fait un genre nouveau , c'est parce qu'il n'a trouvé que des femelles qui, à l'état parfait, sont aptères et diffèrent très-peu de leurs arves, comme dans la plupart des lampyres. Depuis, M. Au- douin a confirmé les observations de M. Desmarest en démon- trant par l'anatomie que le mâle et la femelle du Drilus flaves- cd/?^, malgré leur dissemblance énorme à l'extérieur, avaient la même structure à l'intérieur. 1824. 9° ISote sur une nouvelle espèce «i'AcHLYSiE. {Annales des sciences naturelles j t. ii, p. 497.) Voir ce que nous avons dit au genre Achfysie ( 1821, dp 6). 1826. 10° Mémoire sur la Nicothoé, animal singulier qui suce le sang des homards; en commun avec M. Milne- Edwards. Lu à l'Académie des sciences le 13 nov. 1826 {Ann. des se. nat.j t. IX, p. 345). Il s'agit, dans ce mémoire , d'un petit crustacé parasite, d'une forme bizarre, dont la femelle seule s'attache et reste DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 119 fixée pendant toute sa vie aux branchies du homard, où elle acquiert, au moyen de la succion, un développement extra- ordinaire dans ses parties latérales inférieures. Les auteurs comparent ce développement à celui qui s'opère dans l'abdo- men des tiques et des cochenilles femelles, lorsqu'elles sont fixées sur l'animal ou la plante aux dépens desquels elles vi- vent; ce qui n'a pas lieu dans les mâles, parce qu'ils mènent une vie vagabonde. 18*26. Il'' Sur un petit Crustacé isopode, qui vit dans la tête de la Callinasse ; par les mêmes. (^Annales des sciences naturelles, t. ix, p. 359.) Le crustacé qui fait le sujet de cette note a un genre de vie analogue à celui de la nicothoé , et confirme les observations contenues dans le mémoire précédent et les conclusions que les auteurs en ont déduites. 1827. 12° Recherches anatomiques et physiologiques sur la CIRCULATION DAKS LES CRUSTACÉS ; par les mêmes. Premier mémoire lu à l'Académie des sciences le 15 janvier 1827; deuxième mémoire lu à l'Académie le 5 février 1827 [Ann. des se. nat.j t. XI, p. 283 et 352, avec un grand nombre de planches). Ce travail étendu se compose de deux mémoires distincts , dont nous n'entreprendrons pas de donner l'analyse , ce qui nous mènerait trop loin : il nous suffira de dire que , dans le premier, les auteurs font connaître d'une manière très-détail- lée la véritable structure du cœur des crustacés, sur laquelle on n'avait avant eux que des notions imparfaites ; dans le se- cond , qui est purement physiologique , ils rendent compte des nombreuses expériences qu'ils ont faites pour découvrir la marche que suit le sang dans ces animaux. Il en résulte que le sang va du cœur aux différentes parties du corps , de ces 120 ANNALES parties à des sinus veineux, des sinus veineux aux branchies d où il revient au cœur. Ce qui prouve l'importance et le mé- rite de ce travail, c'est que l'Académie lui a décerné le prix de physiologie expérimentale, en 1828. 1828. 13° Recherches anaiomiques sur le système ner- veux des Crustacés; par les mêmes. Lues à l'Acadéinie des sciences, en septembre 1828 {Ann. des se. nat.j t. XIV, p. 75 , avec planches). Il résulte de ces recherches , que les modifications nom- breuses que présente le système nerveux des crustacés, dans la série de ces animaux, se réduisent en définitive à un degré plus ou moins grand de rapprochement et de centrali- sation des noyaux médullaires et des cordons nerveux qui les lient entre eux. Ce mémoire , présenté à l'Académie, a été l'objet d'un rap- port favorable. 1828. 14*' De la respiritioiv aérienne des Crustacés , et des modificatioïis que /'appareil branchial présente dans les crabes terrestres ; par les mêmes. Lu à l'Académie des sciences le 12 mars 1828 {Jnn, des se. nat.j t. XY, p. 85). Les expériences que les auteurs ont entreprises sur la respi- ration des crustacés de nos côtes , et leurs diverses recherches anatomiques sur les espèces exotiques qu'on nomme Crabes terrestres, parce qu'ils vivent longtemps hors de l'eau et font de très-longs voyages à travers des pays chauds et montueux, lesont conduits à découvrir, chez ces espèces intéressantes, une organisation toute particulière, et qui rend parfaitement compte de la faculté dont elles jouissent. En effet, ces crabes ont, comme les crustacés aquatiques, des branchies; mais DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 12i ces branchies sont douées de la faculté de respirer Tair élas- tique , pourvu que cet air soit chargé d'humidité. A cet effet , la nature leur a accordé à tous, tantôt des espèces de réser- voirs en forme de rigoles, et tantôt des corps de forme spon- gieuse, placés dans les cavités respiratoires du thorax. Ces appareils retiennent l'eau nécessaire à l'entretien de ce genre particulier de respiration. Le rapport fait à l'Institut sur ce travail conclut à son inser- tion dans le Recueil des mémoires des savants étrangers, se fondant « sur ce que ce travail expose des faits nouveaux, curieux en eux-mêmes, et importants pour la science physio- logique. » 1828. IS*' Résumé des recherches sur les ammaux sans VERTÈBRES, faites aux lies Cliausey; par les mêmes. Présenté à rAcadéraie des sciences le 29 septembre 1828 [Ann. des se. nat., tome xv, p. 1). Ce résumé a pour objet de faire connaître les faits ci-après, et de constater, eu les communiquant à l'Académie, qu ils sont les premiers qui les aient observés : 1° ils ont découvert le mode de reproduction de plusieurs animaux composés, particulière- ment des ascidies; 2° ils ont décrit et défiguré l'animal dit flustres, sorte de polj-pe dont les loges, réunies les unes aux autres, et excessivement minces , recouvrent divers corps sous- marins, et s'appliquent exactement à leurs surfaces; 3° ils ont fait connaître la structure de différents polypes très-différents des flustres, et beaucoup plus simples qu'eux; 4° enfin ils ont présenté diverses observations nouvelles relatives aux épon- ges ou à d'autres corps singuliers, appartenant à la même famille. Cette communication a donné lieu à un rapport très-favo- rable de G. Cuvier, qui depuis en a mentionné les résultats dans son Règne anitnal. 122 ANNALES 1828. 16° Recherches anatomiques sur le systèî^ie muscu- laire des Crustacés ; par les mêmes. En étudiant la myologie du homard, les auteurs ont dé- couvert dans les muscles de la queue une disposition très- singulière qui donne à cet organe une très-grande force , tout en diminuant considérablement le nombre et l'étendue de leurs poiuts d attache au squelette tégumentaire de l'animal. La plupart de ces muscles se fixent par leurs deux extrémités à la partie qu'ils doivent mouvoir, et prennent leur point d'appui sur le muscle précédent, qu'ils entourent comme une corde autour d'une poulie. Ce travail est encore inédit; mais il en a été publié un extrait assez étendu dans la traduc- tion française du Traité d'anatomie comparée de Meckel (tom. VI, p. 129). 1828. 17° Observations pour servir à l'histoire de la for- mation des Perles. Lues à la Société d'histoire naturelle en juin 1828 {3Iémoires du Muséum d^hist. nat.^ tom. xyu, avec planches). Ces observations , qui ont pour objet d'expliquer la manière dont se forment les perles , sont au nombre de deux. La pre- mière concerne la découverte d'une perle dans une coquille du genre Solen, vulgairement manche de couteau; la se- conde est relative à une monstruosité singulière que présentait une huître de nos côtes , et consistant en un tubercule calcaire énorme qui occupait en entier, à l'intérieur de cette coquille, la place de l'impression musculaire. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQLE. 123 1829. 18° Des poils des Annélides, considérés comme moyen de défense; en commun avec M. Edwards. Lu à rAcadémie des sciences le 18 juillet 1829 i^inn. des se. nat., tom. x\i, p. 31 7\ Les auteurs démontrent dans ce mémoire que les poils qui garnissent les pieds des annélides ne sont pas , comme on le croyait, de simples ornements ou des organes propres à faci- liter la locomotion, mais bien des armes défensives, dont ils décrivent les formes variées. 18*29. 19° Observations sur différents faits relatifs à Tanà- TOMiE DES Crustacés et à la découverte de plusieurs Mollusques nouveaux; par les mêmes. Lues à rAcadémie des sciences le 23 novembre 1829 {Ann. des se. nat.j tom. xsi, p. 317;. Dans ce mémoire, les auteurs rendent compte de leurs nou- velles recherches sur les animaux sans vertèbres de nos côtes, et d'observations nombreuses faites sur les mœurs des diverses annélides et de plusieurs mollusques; ils ont retrouvé YA- plysie verte de Montagu; ils ont découvert deux nouveaux genres auxquels ils donnent le nom de Cribelle et de Dorl- morphe. Leurs excursions fréquentes sur les côtes leur ont fait reconnaître que les animaux qui les habitent sont distri- bués en quatre zones principales, comprises entre les limites des plus hautes et des plus basses eaux. Ces régions sont oc- cupées par des animaux souvent très-différents. G. Cuvier a fait , sur ce mémoire et sur le précédent , un rapport à l'Académie, qu'il termine par la conclusion suivante : a Nous pensons que T Académie ne peut trop témoigner sa satisfaction des efforts heureux par lesquels ces deux habiles naturalistes sont parvenus à enrichir la faune française d"es- 124 ANNALES pèces si nouvelles et si curieuses , et la zoologie , en général , d'observations intéressantes; et nous lui proposons d'accor- der son approbation aux mémoires dont nous venons de lui présenter Tanalyse. » 1829. 20° Observations anatomiqnes et physiologiques sur l'appareil de la généra-tion des Crustacés. Dans ce mémoire, MM. Audouin et Milne-Edwards signa- lent l'existence d'une poche copulatrice placée près de l'ou- verture externe de chaque oviducte : elle est très-apparente chez le Maja squinado, et sert de réservoir à la liqueur spermatique . destinée à féconder les œufs au fur et à mesure de leur passage au dehors. Ils exposent aussi les expériences qu'ils ont faites pour montrer que c'est réellement dans cette poche que la liqueur fécondante, déposée par le mâle pendant la copulation, doit pénétrer. Enfin ils rapportent une obser- vation faite par ^ï. Edwards sur un crabe tourteau femelle , chez lequel il trouva, après la copulation, les verges du mâle brisées à leur base, et restant dans la poche copulatrice, comme cela a lieu, suivant l'observation de M. Audouin, chez beaucoup d'insectes (voir ce que nous avons dit à ce sujet, page 119). 1829. 2P Sur l'animal de la Glycimère , et sur l'anatomie de ce mollusque. Lu à la Société philomathique , mars 1 829 {Ann. des sciences nat. (Revue), 1839, p. 47). M. Audouin démontre , par la description détaillée externe et interne de ce mollusque , qu'il doit être placé près des myes, dans la méthode naturelle. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 125 1829. 2^"" Observations sur l'animal de la Siliquaire. Communiquées à la Société philomathique le 8 janvier 1829 {Jnn. (les se. nat. (Revue), 1829, p. 13). On ne savait à quelle classe rapporter. Tanimal qui habite l'espèce de tube calcaire et plus ou moins tourné en spirale que Ton trouve dans les collections sous le nom de siliquaire. L'auteur a fait connaître que, par son organisation, il appar- tenait à celle des mollusques. G. Cuvier a consigné , en les adoptant, les résultats ci-dessus dans son Règne animal, tora. III, p. 109 et 110. 1829. 23'' Observations sur un mollusque delà Méditer- ranée qui se rapproche beaucoup des Clavagelles. Communiquées à FAcadémie des sciences le 29 avril 1829 (^Ann. des se. nat. (Revue), 1829, p. 78). Les clavagelles sont des coquilles fossiles que jusqu'ici on n'avait pas encore trouvées à l'état vivant. L'auteur a été assez heureux pour s'en procurer un individu provenant des mers de Sicile, et il a reçu en même temps l'animal parfaitement conservé. G. Cuvier, à qui M. Audouin a remis son travail , a noté cette observation dans son Règne animal, t. m, p. 161. 1829. 24^^ Description et classification des Annélides de France; en commun avec ]\1. Milne- Edwards. Présentées à l'Académie des sciences le 19 juillet 1829 (^Ann. des se. nat., t. x\i). Ce travail étendu, qui doit former un volume de 400 pages, accompagné de planches , n'a pas encore été imprimé ; mais nous le mentionnons ici parce que G. Cuvier en a fait le rap- port le plus avantageux à l'Académie, dans sa séance du 14 novembre 1830. 126 ANNALES 1830. 25"" Description de FHypoivoé, nouveau genre d'an- nélides; par les mêmes. {Jnnales des sciences naturelles j, t. xx, p. 156, avec figures.) Les auteurs ont été conduits à rétablissement de ce genre curieux d'annélide par l'étude qu'ils ont faite des espèces exotiques comparées à celles qui sont propres au littoral de la France. L'espèce qui lui sert de type a été envoyée des mers d'Asie au Muséum d'histoire naturelle , par M. Gaudi- chand. 1830. 26^ Note sur le système nerveux des Crustacés; par les mêmes. Lue à la Société d'histoire naturelle de Paris {Ann. des se. nat., t. XX, p. 181), Les observations contenues dans cette note sont une confir- mation de celles qu'ils ont lues à l'Académie des sciences , en septembre 1828 (voir le mémoire n° 13). 1832. 27° Recherches pour servir à I'histoire naturelle du littoral de la France, ou Recueil de mémoires sur ïanatomie, la physiologie, la classification et les mœurs des animaux de nos côtes; par les mêmes. In-S**, avec un grand nombre de planches faites d'après nature. Cet ouvrage devait avoir trois volumes ; le dernier n'a pas paru. Le premier, sous le titre d'introduction, renferme la description des localités que les auteurs ont visitées , dans trois voyages successifs à Granville, aux îles Chausey, à Saint-Malo, et jusqu'au cap Frehel.|On y trouve des recher- ches statistiques. Les chapitres 4 et 5 , qui ont été rédigés par M. Edwards, sont relatifs aux pêches; le chapitre 6, dont DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGI(,)L'K. 127 la rédaction a été faite par M. Aiidouiii, traite des naufrages qui ont eu lieu sur les cotes de France. Le second volume présente, à l'occasion de la description des annélides . un système général de classification pour ces animaux : plus de vingt planches leur sont consacrées. 1832. 28*^ Obsenaticîis sur le .md d*u>e araignée con- struit en terre, et remarquable par une grande perfec- tion de travail. (^Annales de la Société ent. de France _, t. ii. p. 69. pi. it.) Ce nid appartient à une espèce de Migale de la Corse, dont l'industrie . pour le coastruire . est poussée à un grand degré de perfection. En effet elle creuse dans la terre argileuse un tube qu'elle tapisse de soie intérieurement . et qu'elle ferme par un couvercle à charnière. Le côté interne de ce couvercle présente une série de trous rangés en demi-cercle, dans les- quels l'araignée introduit les dents dont ses mâchoires sont armées, et qui correspondent à ces trous. C'est par ce moyen et en opposant une forte résistance, qu" ellese tient renfermée hermétiquement dans son nid. et empêche ses ennemis d'y pé- nétrer. Tous ces détails . et beaucoup d'autres non mohis cu- rieux, sont décrits et figurés dans le mémoire en question. 1832. 29" Lettres pour servir de matériaux à l'histoire des insectes. Première lettre , contenant des recJierches sur quelques Arachmdes parasites . adressée à M. Léon Dufour . correspondant de l'Institut. ( Extrait des Annales des sciences naturelles , mai 1832.) Dans cette lettre . l'auteur passse en revue les genres pié- ropte, caris , argas et ixode; cherche à reconnaître les es- pèces décriles par les auteurs, qui s'y rapportent, et en décrit ïi. 9 128 ANNALES plusieurs de nouvelles dont il donne des figures grossies avec leurs détails génériques. 1832. 30° Obseîxations sur l'accouplement entre des indi- vidus d'espèces différentes du genre Coccoelle. Communiquées à la Société entomologique de France le 4 août 1832 {Annales de ladite société, t. i, p. 232). Il résulte des expériences faites par Fauteur sur les Cocci- nella bipuncta et dispar, que ces deux espèces se sont ac- couplées , mais que les œufs provenant de cet acccouplement sont restés stériles. Ces expériences ayant été répétées jus- qu'à dix fois , M. Audouin en conclut que les cas où ces sortes d'accouplements sont féconds doivent être rares. iXous ajou- terons que , dans ce cas , les hybrides qui en proviennent fi- nissent par rentrer, après quelques générations, dans Fune ou Tautre espèce ; sans quoi il s'en formerait tous les jours de nouvelles, et les primitives disparaîtraient. Or, cette hj'pothèse n'est pas admissible; l'expérience est là, d'ailleurs, pour prou- ver le contraire. 1833. 31° Observations sur le mode singulier d'accouple- ment des Cébrioins. {Ann. de la Soc. ent, de France^ t. ii, séance du 6 nov. 1833.) On sait que la famille du Cebrio gigas possède une ta- rière longue et cornée ; ]\L Audouin en indique le double usage : elle sert non-seulement à l'introduction des œufs dans la terre , mais encore à rendre possible l'accouplement qui se fait d'une manière inusitée et fort singulière. En effet, la fe- melle , cachée entièrement dans la terre , ne laisse poindre à la surface du sol que sa tarière, autour de laquelle on voit plu- si«urs mâles affluer dans leur ardeur. Bientôt l'un deux, plus DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUÈ. 129 heureux que les autres, parvient à introduire son pénis dans ce tube saillant, et raccouplement a lieu, sans que les deux individus se soient vus autrement. L'auteur a été témoin de ce singulier rapprochement des sexes. 1833. 32° Quelques observations sur le Prosopistome, nou- veau genre très-singulier de crustacë. (^Nouvelles annales du Muséum d'Iiist. nat. , t. ii, p. 23.) L'animal dont il s'agit fait le passage des crustacés aux in- sectes , et ressemble bien plus , en apparence , à ceux-ci qu'aux premiers. Aussi plusieurs entomologistes, se méprenant à leur égard, le regardèrent-ils, les uns comme voisins des gyrins , les autres, comme se rapprochant des notonectes. L'auteur, consulté par Latreille, lui présenta sur ce sujet un travail que ce savant fit en partie comiaître , et sur lequel il s'exprime ainsi : « Je dois dire que mon jeune ami M. Victor Audouin « est arrivé aux mêmes résultats que moi , et que ses observa- « tions coïncident parfaitement avec les miennes , quant aux «faits généraux. Ainsi que moi encore, il a reconnu dans le n binocle à queue en plumet de Geoffroy, le prototype de «mon crustacé, et certes bien peu d'entomologistes eussent «été capables de tels rapprochements, car bien peu possè- «dent l'ensemble des connaissances générales sur lesquelles « reposent de telles données. » 1833. 33° Observations sur les phénomènes qui précèdent souvent la reproduction des pattes chez certains crus- tacés. [Ann. de la Soc. ent. de France j, t. i, p. 238, année 1833.) On sait que la reproduction des pattes chez les crustacés et les arachnides n'a lieu qu'à la base même de la patte. Si donc il arrive que la patte soit brisée accidentellement ailleurs que 130 • AiSNALES dans ce point , Tanimal se décide de lui-même à opérer mie nouvelle amputation dans le seul endroit où il est convenable qu'elle soit pratiquée. Pour ce faire , les araignées arrachent le moignon superflu; mais les crustacés, qui , d'après leur con- formation, ne peuvent en agir ainsi, emploient un moyen tout autre et non moins efficace. On les voit , dans cette cir- constance , roidir le moignon de la jambe entière : aussitôt un petit craquement se fait entendre; il est l'indice de la frac- ture qui vient de se faire naturellement et par le seul fait d'une contraction musculaire de certains muscles ; la jambe tombe aussitôt , et le nouveau membre ne tarde pas à se montrer et à croître. L'auteur a fait sur ce point de nom- breuses expériences sur les tourteaux, avec M. ^lilne-Edwards. 1833. 34° Note sur un insecte fossile découvert dans le terrain houiller. Lue à l'Académie des sciences le 25 février 1833 ( Ann. de la Soç. ent. de France,, t. ii, Bulletin , p. 7, et feuilleton du journal le Temps, 27 février 1833). Il s'agit, dans cette note, d'une empreinte d'aile de névro- ptère d'un genre inconnu, mais voisin des corydales, et sur- tout des mantispés , trouvée à Colebroskedale, dans le Shropshire , en Angleterre , au milieu de nombreux fossiles végétaux , dans un terrain houiller. 1833. 3Ô° Description anatomique et zoologique d'un genre de Crustacé vivant, analogue, sous beaucoup de rapports , aux trilohites. Présentée à l'Académie des sciences, séance du 19 août 1833. (Annoncée dans le journal le Temps ^ et par extrait, dans le Compte rendu des travaux des naturalistes réunis en 1835 à Bonn,iVo- tizem dem Gebiete, etc., oct. 1835.) Ce qui rend Tétude de ces crustacés curieuse, c'est la res- semblance qu'ils offrent avec des crustacés du monde antédi- DE LA SOCIÉTÉ ErSTOMOLOGKJUE. ISl luvien ( les trilobites), dont on ne connaissait pas d'analogue vivant aussi voisin. L'auteur en décrit trois espèces , et en donne des figures ave des différents organes. donne des figures avec des détails de forme et de structure 1833. 36'' Observations sur un insecte coléoptère, qui passe une grande partie de sa vie sous la mer. Lues à l'Académie des sciences le "^ juin 1833 {Nouvelles y^nn. du Muséum d'hisl. nat.j t. m , p. 117 ). Ce coléoptère est le blemus fulvescens de la famille des carabiques, et de la tribu des subulipalpes. Ce petit carabique vit sur les bords de TOcéan , où il est alternativement sub- mergé lorsque la marée monte , et mis à sec lorsqu'elle des- cend, sans que, dans le premier cas, il soit asphyxié, bien qu'il ne paraisse pas organisé pour vivre sous Teau; mais il est entièrement couvert de poils, y compris ses antennes et ses pattes, et M. Audouin a remarqué que lorsqu'on le fait passer immédiatement de l'air dans un vase rempli d'eau de mer, ses poils retiennent entre eux de petites bulles d'air qui bientôt se réunissent eu une seule , et forment autour de son corps une espèce d'atmosphère qui lui reste adhérente, mal- gré l'agitation que l'insecte se do mie eu courant dans l'eau, au fond , ou contre les parois du vase où il est renfermé. M. Au- douin ne doute pas que ce qui a lieu dans cette expérience ne se produise lorsque la mer vient submerger cet insecte. Toujours il emporte avec lui cette couche d'air , et quand il se cache sous une pierre , il se trouve momentanément dans les conditions d'un insecte placé librement dans l'air; mais comme cette petite couche d'air doit être promptement viciée, comment s'y prend-t-il pour la renouveler, puisqu'il n'a au- cun moyen de remonter à la surface de l'eau? M. Audouin suppose qualors ce renouvellement s'opère de la même ma- 132 ANNALES nière que l'a expliqué ^M. Dutrochet à Fégard de la chenille du patomogetGii y qui vit également submergée. C'est, en effet, l'opinion de ce^savant académicien, dans le rapport qu'il a fait à l'Académie, le 19 août 1833, sur le mémoire de INÏ. Audouin. Au reste, le Blemus fulvescens n'est pas le seul coléoptère non aquatique qui jouisse de la faculté de respirer sous l'eau pendant un temps plus ou moins long. Suivant une notice de M. W, Spence, insérée dans \^% Transactions de la Soc. ent. de Londres, année 1836, le Staphylinas tricornis et les po- gonus Brullel, Chalecus et Mruginosus seraient dans le même cas. 1833. SQ** Observations sur la manière de vivre de la larve du Sitaris humer alis. CoQimunîquées à la Société enlomologiqiie de France, séance du 2 décembre 1835 [Ann. de la Société ^ t. iv, Bulletin, p. 77). Cette larve , qui a beaucoup d'analogie avec celle des mé- loés et des cantliarides , vit parasite dans le nid des larves d'Anthopliores. 1833. 37"^ Observations sur les coques construites par des larves de Coléoptères, qui subissent leurs métamor- phoses dans la terre. Communiquées à la Société entomologique de France le 4 déc. 1833 [Ann. de la Soc, t. ii, Bulletin , p. 71). Ces observations sont relatives à la larve du Lucanus cervus, et à celle du Copris hispanus. La première, après avoir vécu dans le bois pourri, s'enfonce dans le sol, et s'y construit une^coque ovoïde en terre , dans laquelle elle subit ses métamorphoses. 11 en est de même de la seconde , qui , avant de se renfermer dans sa coque, vivait dans les bouses. Ces observations n'ont rien de neuf. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 133 1833. 38^ Observations sur la faculté que possèdent les Gallidies de ronger des corps très-durs. Communiquées à la Société entomologique de France le 18 déc. 1833 {Ann. de la Société:, t. ii, Bulletin ^ p. 76). M. Audouin a présenté à la Société entomologique une plaque de plomb provenant d'une toiture de bâtiment, et sur laquelle des larves de Callidies ont creusé de profondes sinuosités pour s'y loger, comme dans le bois. Ces larves, après avoir percé le bois de la couverture, ont rencontré le plomb, ce qui ne les a pas empêché de continuer de ronger. Ce fait, dit M. Audouin , ferait supposer que la liqueur que les Callidies dégorgent en travaillant n'est pas exclusivement destinée à amollir le bois afin de Fentamer plus facilement, comme on le croyait jusqu'à présent. 1835. W Analyse de deux Calculs d'acide urioue trouvés dans les canaux dits Canaux biliaires des insectes. Détermination des fonctions de ces canaux. Lettre adressée à rAcadémie des sciences , séance du 7 décembre 1835 (^Compte rendu des séances j 1835, p. 442, etAnn. des sciences nai. , 2^ série). INI. le docteur Aube , ayant trouvé dans le corps d'une femelle de Lucanus capreolus deux petits corps irrégulière- ment arrondis, rugueux, d'un jaune grisâtre, et d'un aspect cristallin, qui obstruaient la portion des canaux biliaires qui rampent à la surface des intestins , il les remit à I\L Audouin , qui, d'après Fanalyse chimique qu'il en fit, reconnut que c'étaient deux calculs entièrement formés d'acide urique. Il conclut, de ce cas pathologique , que les vaisseaux dits biliaires chez les insectes , sont des organes de sécrétion urinaire , ce qui met fin à Fincertitude où l'on était sur leur véritable usage. 134 ANNALES 1836. 41° Quelques remarques sur le développement ex- cessif de la lèvre inférieure dans les Stènes. [^Ann. de la Société entomologique de France , t. iv, p. 166.) Ces remarques ont pour but de compléter les observations anatomiques et physiologiques faites par M. le docteur Tliion sur les organes de la manducation des stènes , et qui font Tobjet d'un mémoire très-intéressant inséré dans le tom. iv, p. 153-166, des Ann. de la Soc. ent. de France. 11 résulte de ces observations que, chez les stènes, la languette de la lèvre inférieure serait remplacée par une trompe , à l'extrémité de laquelle seraient placés les palpes labiaux , ce qui ferait de ces coléoptères des insectes à la fois broyeurs et suceurs; tandis que, suivant feu Carcel, qui a étudié les mêmes insectes, cet organe, qui ne sort de la bouche que lorsque l'animal est pressé entre les doigts , serait le prolongement de la lan- guette (ligula). 1836. 42° Observations sur des Podures (podura nivalis, Lin.) trouvées à la surface de la neige dans les Alpes. (Communiquées à la Société ent. de France, séance du 1 7 févr. 1 836.) Ces insectes ont été recueillis par INIM. Breschet et Bec- querel, sur une montagne couverte de neige, le mont Vélan, dans le col du Grand Saint-Bernard. Ils couvraient la neige dans l'étendue de plusieurs mètres , et à quelque distance , ils ressemblaient à de la poudre noire qui aurait été accu- mulée sur cette surface blanche. Non-seulement il en existait à la surface de la neige , mais encore à plus d'un pied dans son intérieur. M. Audouin, en communiquant ces podures à la Société, pense qu'elles se rapportent à la podura nivalis de Linné. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUK. 135 1836. 43° Examen des Chustacés qui habitent les salines de Marignane. Communiqué à l'Académie des sciences, dans la séance du 7 nov. 1836 ( Compte rendu des séances , 1836 , 2^ semestre, p. 545 ). L'auteur, après avoir déterminé le crustacé qui pullule dans les marais salants du raidi de la France, comme étant le cancer salimis de Linné, a fait connaître une espèce voisine et très- curieuse, qu'on trouve en Egypte dans des lacs dont la tem- pérature s'élève, en été, jusqu'à 60" cent., et dont les eaux contiennent en dissolution du carbonate de soude, du sulfate de soude et des sels magnésiens. Ces lacs ne présentent aucun autre animal que ces petits crustacés à corps mou et pellucide. 1837. 44° Note sur la demeure d'une Araignée maçonne, originaire d€ l'Amérique du Sud. Lue à l'Académie des sciences, séance du 29 mai 1837 [Compte renduj t. iv, p. 853, et Ann. des se. nat., avril 1837). Le but de cette note est de démontrer que les araignées maçonnes de l'Amérique du Sud ne sont pas moins indus- trieuses que celles de nos contrées méridionales dans la con- struction de leur demeure; mais cette démonstration, suivant nous, est sans objet, car pourquoi supposer que l'auteur de la nature aurait accordé moins d'instinct pour leur conservation aux animaux du nouveau monde qu'à ceux de l'ancien? 1837. 45° Mémoire sur un genre nouveau (^'Entomostracé BIVALVE, remarquable par son volume. Lu à la Société entomologique de France, séance du 1^'' février 1837 [Ann., t. VI, Bulletin, p. 9). Les entomostracés , ou branchiopodes , sont de très-petits crustacés revêtus d'un test qui, au premier abord, les fait 136 ANNALES ressembler à des mollusques à coquille bivalve. M. Audouiu, dans son mémoire, en décrit deux nouvelles espèces, qui sont des géants relativement à celles que Ton connaissait aupara- vant. L'une est originaire de la Russie, et l'autre des environs d"Oran : elles n'ont pas moins d'un centimètre de long , et leur test présente des stries d'accroissement tout à fait semblables à celles qu'on voit sur certaines coquilles. L'auteur rapproche ces crustacés des lyncées , et en fait un genre nouveau sous le nom de Cyzique, Cy^ziciis. Ce qu'ils offrent surtout de curieux, c'est la distinction parfaite des sexes , qui n'avait pu être faite dans les autres genres , vu leur petitesse . ce qui les avait fait considérer mal à propos comme hermaphrodites. 1839. 46° Observations sur les écailles de la Pyrale de la viGKE, et sur la structure de la verge de cet insecte. Communiquées à la Société entomologique de France, le 1 6 janv. 1 839 {Bulletin, p. 3). L'auteur a reconnu que la poussière écailleuse qui recouvre les ailes supérieures de ce lépidoptère se compose de couches d'écaillés superposées, au nombre de trois au moins. Il indique le moyen dont il s'est servi pour les obtenir successivement; et il s'est assuré , par le secours du microscope , que les écailles de chaque couche avaient des dimensions différentes, et qu'elles étaient d'autant plus petites qu elles appartenaient à une couche plus profonde. Quant au pénis du même insecte, il résulte de Texamen qu'il en a fait qu'il présente à sa base une série d'épines réunies en faisceaux, au nombre de huit ou dix , qui s'écartent en forme de rosace dans la vulve de la femelle , ce qui empêche le mâle de se retirer après l'accouple- ment. Ces faits sont effectivement curieux, comme le dit M. Audouin; mais il y a lieu de croire qu'ils ne sont pas parti- culiers à la pyrale de la vigne , et qu on les retrouverait dans DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 137 toutes les espèces du même genre, si on prenait la peine de les étudier. 1839. 47° Instructions pour un voyage de M. Lefebvre en Abyssinie. Lues à l'Académie des sciences le 4 février 1839 {Comptes rendus, t. viii, p. 160). Ces instructions , qui s'étendent à tous les animaux inver- tébrés, ne sont pas susceptibles d'analyse. Nous relèverons seulement une légère erreur échappée à leur auteur dans la nomenclature qu'il donne des genres d'insectes qui n'ont pas de représentants en Europe, et parmi lesquels il cite les genres Siagona et Sepidiuni. S'il eût pris la peine de consulter le catalogue de ÎNI. Dejean, il aurait vu que le premier renferme cinq espèces, et le second , quatre, qui se trouvent en Sicile, en Grèce et dans le midi de l'Espagne. 1839. 48° Observations ^wr/'ARTEMiA salina. {Comptes rendus des séances de VJcad. des sc.j t. ix, p. 57.) M. Joly , professeur d'histoire naturelle au collège de Montpellier, avait annoncé à l'Académie que les Artemia sa- tina ne contribuaient que secondairement , et pour ainsi dire en rien, à la coloration en rouge des marais salants; mais qu'il pensait que cette coloration était due à des animaux infusoires. Les observations de M. Audouin confirment cette opinion. Étant à Montpellier, il a observé, dans des ruisseaux salants, dont les eaux étaient incolores, des Artemia salina dont le canal intesti- nal seul était coloré en rouge. Au reste , feu Turpin a lu à l'A- cadémie, dans la séance du 18 novembre 1839, un mémoire pour prouver que la coloration en rouge des marais salants n'est due , en définitive , qu'à un grand nombre de protoco- eus Kermeslnus, végétaux globulaires très-petits, et que les 138 ANNALES artemia salina , qui offrent cette couleur, ont leurs intestins remplis de ces petits végétaux, dont elles se nourrissent. 1839. 49° Observations sur le vol des Cétoines. Communiquées à la Société entom. de France , séance du 4 déc. 1 839 [Bulletin j t. yui , p. 48 ). Dans son voyage en Italie, M. Audouin a observé un fait qu'il croit très-vulgaire , et connu sans doute d'un grand nombre d'entomologistes , mais qu'il n'a vu consigné nulle part : c'est, dit-il, que les cétoines , pendant le vol, tiennent leurs élytres fermés, ce qui n'a pas lieu dans le plus grand nombre des coléoptères. Ce fait est , en effet, à la connaissance de tous les coléoptéristes. Quant à la question de savoir s'il a déjà été consigné quelque part, notre mémoire se trouve en défaut pour la résoudre. 1839. ^O"" Description des espèces nouvelles ou peu con- nues de la famille des Ciciivdelètes, faisant partie de la collection du Muséum. (Paris, Gide , éditeur , rue de Seine-Saint-Germain , n° 6 bis. ) Cette description, faite en commun par M. Audouin et M. Brullé, aide naturaliste, est annoncée comme le commen- cement d'une publication qui doit faire connaître successive- ment toutes les espèces intéressantes dont s'enrichit chaque jour la collection entomologique du Muséum; mais ce projet n'a pas eu de suite. La description dont il s'agit est accompa- gnée de trois planches très-bien gravées et très-bien colo- riées , qui représentent en tout 30 espèces. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQLE. 139 1839. 51° Deiijcième lettre pour senir de matériaux à C/dstoire des insectes, contenant des obsen^ations sur les mœurs des Ody^ères; adressée à >[. Léon Diifour. (Jnnales des sciences naturelles, 2® série, tome ii, p. 104.) Cette lettre, accompagnée cVune planche , renferme plu- sieurs observations curieuses sur les mœurs de trois espèces d'odynères [odynerus spinipes, od.cognatui et od.parie- tum'donx l'auteur est parvenu à suivre les métamorphoses, au moyen de petits bâtons de sureau plantés verticalement en terre . et dans l'intérieur desquels ces hyménoptères sont ve- nus pondre , après en avoir rongé la moelle. Ces observations ne sont pas susceptibles d'analyse, et sont trop longues pour être rapportées ici. 1840. ô2^ Remarques sur la phosphorescence de quelques animaux articulés. ( Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences , t. ii, pagre 747.) Ces remarques sont faites à l'occasion d'une lettre de M. For- ster sur la phosphorescence des lombrics terrestres. M. Au- douin raconte comment, étant à Choisy-le-Roi. il a observé des lombrics phosphorescents qui ne devaient leur lumière qu'à plusieurs myriapodes du genre géophile, attachés à leur corps. Il relate ensuite des observations de M. Moquin-Tandon de Toulouse, quia vu plusieurs fois des lombrics phospho- rescents; ce savant a reconnu que cette propriété résidait uni- quement dans la substance du renflement sexuel ou. clitellum, et qu'elle cessait d'exister immédiatement après l'accou- plement. 140 ANNALES 1841. 53° Description de Crustacés nouveaux ou peu connus j et remarquables par leur organisation, conser- vés dans la collection du Muséum; par MM. Aiidouin et Milne-Ed^Yarcls. [Archives du Bluséum j tome ii , p. 5.) Dans ce mémoire, accompagné de trois planches, les auteurs donnent d'une manière très-détaillée les caractères du genre sérole, mal étudié avant eux , et qui a pour t^-pe Voniscus paradoœus de Fabricius ; ils y rapportent quatre espèces , dont trois nouvelles, qui sont : serolis Gaudichaudii du Qiili; id. Dorbignyi, de la Patagonie; id. Trilobitcïdes , du même pays. Ils donnent ensuite la description d'une nouvelle espèce d'écrevisse originaire de ^iadagascar, asiacus madagasca- riensis. DEUXIÈI\IE PARTIE. ENTOMOLOGIE APPLIQUÉE A LA MÉDECINE , A l' AGRICULTURE ET A l'oDUSTRIE. 1826. 1"" Recherches pour servir à V histoire naturelle des Caintharides. Lues à l'Académie des sciences le 3 septembre 1826 i^Ann. des se. nat.j t. IX , p. 31 ). Ce mémoire a pour objet la Ca:\th aride des boutiques (Ifita vesicatoria, Fabr.). L'auteur l'a observée sous le double rapport de son anatomie et de ses mœurs. Il traite successive- meut de son organisation extérieure et de son organisation in- térieure. Il a suivi les circonstances de l'accouplement, de la fécondation et de la ponte; mais il n'a pas suivi l'éclosion des E. Lu à la Société enloQi. de France le 3 juin 1835 {Ann., t. iv). Les avoines, au moment oiî elles se lèvent, sont sujettes à être attaquées par une larve qui , durant trois semaines ou un mois, se nourrit du liquide visqueux que contiennent la semence et le collet de la jeune plante. 11 en résulte que les racines et les tigelles avortent. Des dé^^àts de cette nature se sont fait remarquer depuis quelques années dans diverses localités. L'auteur les a observés, en 1834 et en 1835 , aux environs de Paris. Cette circonstance lui a fourni Loccasion d'étudier, dans ses habitudes mal connues, cet insecte nuisible. Il a décrit avec soin la larve, auteur des dégâts. Son organisation est très-cu- rieuse : elle a de fortes mandibules , de longues mâchoires et des antennes d'une structure très-bizarre. Ses pattes sont courtes, mais robustes, onguiculées; elle s'en sert pour mar- cher et pour creuser la terre. Une ventouse, située au der- nier anneau du corps, et quelle applique sur le sol. Laide beaucoup pour se déplacer et pour se fixer. Des dessins nom- breux , reproduisant les organes tels qu ils se montrent sous le microscope, permettent de suivre les détails descriptifs dans lesquels il est nécessaire d'entrer. 1835. 6° Note sur les dégâts occasionnés par les insectes dans la forêt de Rouvray. près de Rouen. Communiquée à la Société entomologique de France , séance du 16 décembre 1833 (t. iy). Un curculionite, le pissodes notatus de Schœnherr, ou rhynchenus notatus de Gyllenhall, est la cause de ces dé- gâts : ils ont été tels, qu'en 1835 on s'est vu contraint d'abat- XI. 10 144 ANNALES tre 190 hectares de bois. C'est là une mesure sévère qu'on aurait pu éviter, dit M. Audouin, si, le mal ayant été reconnu, on avait eu la sage précaution d'abattre à temps quelques ar- bres attaqués , et qui ont été la cause du grand développe- ment de l'infection. L'administration forestière a cherché à expliquer par une autre cause le dépérissement de la forêt ; mais de nouveaux renseignements ont prouvé à l'auteur qu'il ne fallait pas la chercher ailleurs que dans la présence des in- sectes, et dans la sécurité où l'on est resté pendant la propaga- tion du mal. 1836. 7° Observations sur les insectes qui depuis plu- sieurs années dévastent le bois de Viivcennes. Lues à la Société entomologique de France, dans la séance du 2 mars 1836 {Ann. de la Société^ t. v, Bulletin, p. 15). 11 résulte de ces observations, que plus de cinquante mille pieds de chêne, âgés de trente-cinq à quarante ans, ont du être abattus dans le bois de Vincennes, en 1835, parce qu'ils étaient morts sur place; que cette mortalité a été causée parla larve du Scolflus pfgmœus^et que la perte énorme qui en est résultée aurait pu être évitée, du moins en grande partie, si l'administration forestière, mieux éclairée sur la véritable cause du dépérissement des chênes dans le bois de Vincennes, qu'elle attribue mal à propos, suivant l'auteur, à la grande sé- cheresse du sol, avait reconnu le mal plus tôt, et s'était ré- signée à faire en temps opportun, et à certaines places, quel- ques abattis. Mais cette opinion a été fortement combattue depuis par M. le baron Feisthamel, dont le frère est garde gé- néral du bois de Vincennes. Il fait observer que la mortalité n'a eu lieu que dans les terrains manquant de terre végétale et où les racines, étant près de la surface du sol, ne pouvaient atteindre à une couche humide; que les arbrci malades ont pu DE LA SOClLTÉ ENTOMOLOGIOUE. 1-15 attirer les scolytes qui ont liàlé leur destruction, mais qu'ils n'en sont pas la cause primitive, puisqu'ils n'ont pas attaqué les arbres sains qui croissent dans les terrains humides. Du reste, le mémoire de M. Audouin renferme des faits très-cu- rieux sur les mœurs et les habitudes du Scolytus pygmœiis. Il en résulterait que cet insecte serait presque aussi nuisible aux arbres dans son état parfait qu'à l'état de larve. Il a dé- couvert que celle-ci, au moment de ses métamorphoses en nymphe , devenait la proie d'un petit ichneumon. 1836. 8^ Obsenat/ons sur des iXRYES D'nsECTES qui per- forent le tronc des hêtres. Communiquées à la Société entomolo^ique de France le 2 mars 1836 ( jdnn. de la Société cnt. de France j t. v, et Bist. nat. des in- sectes ^ par MM. Audouin et Brullé, t. yi). L'auteur a observé, en 1835. dans la forêt de Compiègne, des hêtres âgés de cinq à six ans, dont Taubier était percé jusqu'au centre par de nombreuses galeries parallèles et lon- gitudinales, dans lesquelles vivaient des larves d'une assez grosse espèce de Bupreste Buprestis berolinensis). Il en a fait l'anatomie, il a suivi leurs habitudes, et s'est convaincu que l'ignorance où sont les forestiers, des diverses circon- stances de la vie de ces insectes , et de quelques autres analo- gues, ne leur permet dapporter aucun remède efficace aux dégâts qu'ils occasionnent, et qui menacent de s'étendre cha- que jour d'avantage. 1836. 9° Observations sur le dépérissement de plusieurs chênes, qui a eu pour cause la piqûre faite à l'écorce par des milliers d insectes du genre Coccrs. Communiquées à la Société entomologique de France, séance du 6 avril 18-36 [Jnn. de la Société , t. v ;. Des chênes ^§èi d'environ trente ans , hauts de vingt-cinq pieds, et plantés au bois de Boulogne, dans une bonne nature 116 AxXNALES de sol, ("taieiit tellement malades, que le garde forestier les avaient marqués pour être abattus, ne sachant pas, du reste, à quoi attribuer leur mort prochaine. L'examen que M. Au- douin en fit lui montra que le mal était dû à la présence de milliers de petits coccus, gros comme la tête d'une épingle très-fine, dont le bec, adhérant à Técorce, la transperçait. Là où ces insectes se montraient, Técorce paraissait plus ou moins brunâtre, et comme desséchée ; là où Ton n'en voyait pas, elle était saine. En général, ils étaient en si grande quantité, qu'on n'en comptait pas moins de cinquante à cent dans un pouce carré. Du reste, ces chênes n'étaient attaqués par aucun scolyte, et il est certain que si la cause du mal avait été re- connue plus tôt , il aurait été facile d'y apporter remède en couvrant Técorce d'un lait de chaux. L'expérience a démontre à lauteur l'efficacité de ce moyen fort simple. 1836. 10° Recherciies anatomiques et physiologiques sur la maladie contagieuse qui attaque les vers a soie , et quon désigne sous le nom de MrscARDiKE. Lues à lAcadémie des sciences le 25 juillet 1836. (Par extrait dans le Compte rendu des séances de l'Académie , 1836, 2® se- mestre, p. 82.) L^ muscardine , ce terrible fléau qui réduit chaque année, dans sa source , une des principales branches de notre in- dustrie, n avait guère été étudiée que sous le point de vue pratique. On avait essayé mille moyens pour arrêter la maladie, mais il restait encore à savoir de quelle nature était cette ma- ladie. Plusieurs expériences entreprises par ^L Bassi, de Milan, ne décidaient pas la question; l'auteur en tenta de nouvelles. Après avoir suivi les phénomènes de la maladie dans l'animal , il s'est attaché à observer jour par jour, heure par heure , le développement du végétal qui la produit, depuis l'instant où le germe est déposé jusqu'à celui où, ayant occasionné la DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQLfcL I 17 mort, il se fait jour à travers le cadavre. Il a été témoin de la manière dont se produit cet admirable réseau radicellaire que Ton a désigné sous le nom de ihallus; il a vu comment, en continuant de s'accroitre , il arrivait à remplacer complète- ment le tissu graisseux sous-cutané, et par quelle singulière métamorphose tout cela s'opérait. 1836. 11" Mémoire sur un iinsecte coléoptère qui a fait, en 1836, de grands dégâts dans des farines conservées en magasin. Lu à la Soc. eutom. le 16 novembre 1836 {Ann. de la Soc, t. v.) L'auteur, ayant été consulté par l'administration municipale de Versailles, à Toccasion de farines qui, déposées dans les magasins de cette ville, se trouvaient infectées par des insec- tes, a reconnu que ces insectes étaient de deux espèces d'or- dres très-différents. Il présuma que l'un pourrait bien être la larve de la py rails farinalis de Linné; quant à l'autre, il s'est assuré que c'était celle du plinus fur. Sa présence en quantité prodigieuse dans la farine est un fait que M. Audouin croit n'avoir encore été signalé par aucun entomologiste, et, en effet, tous en ont parlé comme d'un insecte attaquant les col- lections de divers genres, et surtout les peaux et autres sub- stances animales. Quoi qu'il en soit, le calme dans lequel l'ad- ministration était restée, relativement à la conservation de ces farines, avait permis à ces insectes, dont on ne soupçonnait pas la présence, de pulluler. Il n'y eut d'autre moyen de tirer parti de ces farines avariées, que de les utiliser dans l'indus- trie; car elles ne pouvaient plus servir à la fabrication du pain. 148 • ANiNALES 1836. 12° Recherches sur la came de certaines fissures qu'on remarque fréquemment sur la lige des poiriers, et qu'on attribue à la gelée. Communiquées à la Société entomologique de France, dans sa séance du 21 décembre 1836 {Ann. de la Société ^ t. y). Le sieur Diiviliiers, habile horticulteur, propriétaire d'un vaste jardin situé rue de Yarennes, s' étant aperçu que plu- sieurs poiriers offraient à l'extérieur des fissures longitudi- nales, qui, bien qu'elles semblassent superficielles et n'intéres- ser que l'épiderme, étaient un indice certain de la souffrance de ces arbres, et manquaient rarement de les faire périr, con- sulta M. Audouin pour savoir quelle pouvait être la cause de ce phénomène. L'examen que celui-ci en fit ne tarda pas à lui faire reconnaître que cette altération remarquable, qu'il avait déjà eu occasion d'observer ailleurs, et que beaucoup de jar- diniers attribuent, bien à tort, à la nature du sol ou aux intempéries atmosphériques, était occasionnée par des in- sectes. Ayant enlevé i'écorce de plusieurs poiriers sur le trajet des fissures épidermiques , il reconnut qu'il existait au- dessous d'elles autant de sillons pratiqués par des insectes à l'état de larve. Ces sillons, creusés aux dépens de I'écorce et de la couche la plus superficielle de l'aubier, avaient constam- ment leur point de départ là oCi Ton avait pratiqué la taille d'une branche; I'écorce, un peu soulevée vers ce point, par le fait du dessèchement de la partie entaillée, avait permis à l'in- secte femelle de placer ses œufs , d'où étaient éclos les larves qui avaient sillonné la tige des poiriers dans une longueur de deux ou trois pieds. L'auteur conseille, cVaprès cela, de recou- vrir toujours avec une espèce de mastic les entailles prati- quées sur les arbres ; non-seulement on les préserverait de rinsecte en question, mais on les garantirait d'une cvapora- tîon et d'un dessèchement qui leur sont plus nuisibles qu'on ne DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 149 pense. Quant au moyen de remédier aux fissures , il est très- facile quand le mal est pris à temps : il suffit d'enrouler au- tour du tronc fissuré, de la paille , de la filasse, ou mieux , de la laine; on empêche ainsi que la pluie ou la neige ne pénè- trent dans le sillon, et n'opèrent la séparation de Técorce dans une étendue bien plus grande que ne lavait fait l'insecte. Cette écorce, rapprochée de l'aubier, ne tarde pas à s'y unir, et après une saison, la cicatrisation est complète. Ce procédé. Fort simple, dit l'auteur, mis souvent en pratique, a parfaitement réussi à divers agriculteurs. Du reste, M. Audouin nayant pas étudié les métamorphoses de la larve en question, ne dit pas à quel genre d'insecte elle appartient ; il aurait pu dire au moins à quel ordre. 1836. 13° Recherches sur C organisation et les habitudes des COCHEMLLES. Lues à la Société enlomologique de France , séance du 2 1 décembre 1836 [Ann. de la Société , t. v). Lauteur annonce, dans ce mémoire, qu'il est parvenu à pro- pager la chenille du nopal [coccus cacti, L.) dans les serres du Muséum, depuis l'année 1833. Les tentatives qu on avait faites auparavant pour l'élever avaient mal réussi; depuis lors on eu a obtenu plusieurs générations successives, qui l'ont mis à même d'en étudier les deux sexes. Ayant observé les femelles au moment où elles mettent bas, il a reconnu qu'à l'instar de nos pucerons, elles engendraient successivement des centaines de petits, qui sortent de leur corps à Tétat d'insecte parfait dune ténuité excessive, pourvus de six pattes, et déjà dun beau rouge. D'abord très-agiles, ils se répandent à la surface des tiges du nopal, et après avoir fait choix d'une place convenable, ils y enfoncent leur bec. Si les individus sont du sexe féminin, ils s'y fixent à jamais, et leur abdomen acquiert, comme on le 160 ANNALES sait, la grosseur d'an petit pois. Les mâles sont bien différents par leur forme : ils ont des ailes, tandis que les femelles en sont constamment privées, et le volume de leur corps est si petit, que pendant longtemps ils ont échappé à Tobservation. En effet, ils n'ont guère, à l'état adulte, qu'un millimètre de lon- gueur, tandis que les femelles, avec lesquelles il est curieux de les voir s'accoupler, n'ont pas moins d'un demi-centimètre. Le corps de ces mâles est rouge, sans duvet, et leurs aîles, semi-transparentes, sont couvertes d'une sorte de poussière blanchâtre. Au temps de l'accouplement, ils sont agiles et se promènent sans cesse à la surface des nopals ; leur activité augmente beaucoup quand ils sont exposés directement aux rayons du soleil. C'est dans le courant de décembre que les mâles se voient en plus grand nombre, et c'est aussi à cette époque qu'on observe le plus grand nombre déjeunes femelles parcourant les tiges du nopal pour s'y fixer; dès cette époque elles sont couvertes de cette sécrétion blanche qui sainte des pores de leur peau, 1837. 14° Recherches sur la manière dont les Scolytes nuisent aux arbres forestiers. Communiquées à la Société entomologique de France, dans la séance du 4 janvier 1 837 ( Annales de la Société, t. vi). On a vu, p. 144, que les agents forestiers pensent que le dépérissement des chênes d'une certaine partie du bois de Yin- cennes doit être attribué principalement à la sécheresse et au peu de profondeur du sol , et que les scolytes , qui les atta- quent de préférence aux arbres sains, ne font qu'accélérer leur destruction , au lieu d'en être la cause primitive. D'après les nouvelles recherches auxquelles s'est livré M. Audouin , il persiste à penser que ces insectes sont la seule et unique cause de la maladie des arbres qu'ils attaquent et auxquels ils nui- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 151 sent, non-seulement à l'état de larve , mais aussi à l'état par- fait. C'est à tort, suivant lui , que l'on croit que les scolytes à l'état parfait no prennent aucune nourriture, et qu'ils s'occu- pent uniquement de s'accoupler et de pondre. A celte époque de leur vie ils sont très-affamés et se précipitent en grand nombre sur les troncs des arbres pour y puiser un suc nour- ricier. Ils y parviennent en perçant l'ccorce à l'aide de leurs mandibules, et en creusant au-dessous une petite galerie plus ou moins profonde qui entame la couche la plus récente du bois, laquelle contient , comme on sait, une grande quantité de sève visqueuse ou camhium. Mais bientôt les scolytes sor- tent de cette galerie et laissent béante une ouverture arron- die; alors il eu résulte un premier état de souffrance pour l'arbre, à cause du suintement qui a lieu par ces cavités, sur- tout au temps de l'ascension de la sève d'aolit. Plus tard , ces petites ouvertures facilitent l'introduction de l'eau de pluie ou celle qui provient de la fonte des neiges; en s'infiltrant et sé- journant sous l'écorce. elle amène la désorganisation des tis- sus dans une étendue de quelques pouces. Or, il est curieux de voir que ce sont ces arbres malades et rendus tels par les scolytes, comme l'auteur s'en est assuré, qui l'année sui- vante seront envahis par les scolytes femelles , lesquelles, se dirigeant toutes sur eux comme vers un point de mire , y dé- poseront des milliers d'œufs d'où sortiront autant de larves. L'auteur ajoute . à l'égard de ce même scolyte , que cet in- secte, indépendamment de ce qu'il perfore à l'état parfait l'é- corce des chênes, attaque souvent, et dans le seul but d'y puiser de la nourriture, les jeunes pousses de l'année, lors- qu'elles sont encore vertes ; il les coupe à leur base. Certaines espèces de chênes paraissent plus exposées que d'autres à être ainsi taillées. L'arbre finit par en souffrir, et c'est encore un moyenqucla nature emploiepour préparer ces sujets à recevoir des œufs. Les chênes du Jardin des plantes, et surtout un chêne 152 ANNALES de Portugal {qiiercus lusitanîca) situé dans i'École de bota- nique, sont dépouillés ainsi chaque année de tous leurs jeunes rameaux , vers le milieu de juin ou à la fin de ce mois. M. Au- douin, qui a été souvent témoin de Tinvasion, s'est assuré que les scolytes auteurs de ce dégât provenaient des chantiers qui avoisinent le Muséum d'histoire naturelle. 1837. 15° Xotîce sur les ravages causés dans quelques cantons du Maçonnais par la Pyrale de la vig^e. Lue à rAcadéniie des sciences, dans sa séance du 4 septembre 1837. (Par extrait dans le Compte rendu de l'Académie ^ et en entier dans îes Annales des sciences naturelles.^ Chargé par le ministre du commerce , d'après la désigna- tion de la Société centrale et royale d'agriculture , de se ren- dre sur les lieux pour étudier les ravages de la pyrale de la vigne dans le Maçonnais et le Beaujolais , et aviser au moyen d'y remédier, ^I. Audouin rend compte, dans cette notice, du résultat de cette mission. Après un séjour d'un mois au milieu de la population victime de ce fléau, après avoir visité les vi- gnobles les plus ravagés par la pyrale et qu'on pouvait consi- dérer comme le centre de l'infection , après avoir bien étudié les mœurs de cet insecte destructeur ; enfin, après avoir réuni autour de lui les personnes les plus éclairées et les plus in- fluentes du pays, pour leur faire part de ses observations , voici les deux moyens qu'il leur a indiqués comme lui parais- sant les plus efficaces, sinon pour arriver à l'entière destruc- tion de la pyrale, au moins pour en diminuer singulièrement le nombre. Le premier consiste à placer dans les vignobles , à la chute du jour, au moment de l'apparition de la pyrale, des feux dis- tants de 25 pieds les uns des autres; chacun de ces feux con- siste en une petite lumière haute de 3 à 4 pouces , placée au DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 153 centre d'un plat dont le fond doit être enduit dune couche d'huile d'une à deux lignes d'épaisseur. Les papillons viennent voler en foule autour des lumières, et la plupart se noient dans rhuile. Le second, beaucoup plus simple, consiste à cueillir avec précaution les feuilles sur lesquelles sont groupés par plaques [es œufs pondus par la pyrale; ces plaques , très-apparentes , en renferment un plus ou moins grand nombre dont le terme moyen peut être évalué à 60. Ces deux moyens furent mis en pratique immédiatement par M. Delahante, l'un des plus grands propriétaires du Ma- çonnais , et voxi quels en ont été les résultats. Deux cents feux du genre de ceux dont on vient de parler furent établis, le 6 août , après le coucher du soleil, dans un clos de vigne, sur une étendue d'un hectare et demi environ; ces feux durèrent deux heures environ. A peine furent -ils allumés , qu'un grand nombre de papillons vinrent voler au- tour. Le lendemain on fit le compte de ceux qui s'étaient noyés dans l'huile. Chacun des 200 plats en contenait, terme moyen, 150. Ce chiffre, multiplié par le premier, donna par conséquent un total de 30.000 papillons détruits, sur les- quels on compta un cinquième de femelles ayant toutes l'ab- domen plein d'œufs. Elles n'eussent pas tardé à poudre lôO œufs, terme moyen: ce dernier nombre multiplié par 6,000. cinquième des 30,000, donnerait donc pour résultat définitif de cette première expérience, le chiffre élevé de 9G0.0C0 pyrales dont on aurait arrêté le développement. Le lundi 7 août, un nouvel éclairage fait à la même heure et dans les mêmes lieux, avec 180 feux, ont produit pour chacun d'eux 80 papillons, c'est-à-dire en total 14,400 py- rales. Sur ces 14,400, on a compté, non plus un sixième, mais les trois quarts de femelles. En admettant qu'il ne s'en fût trouvé que la moitié, c'est-à-dire 7.200. et en multipliant ce 154 ANNALES nombre par 160, qui est celui des œufs que chacune d'elles eût pondu, on voit que le résultat de cette expérience est encore plus satisfaisant que celui de la première, puisqu'il donne un total de 1,080,000 œufs détruits. Deux nouvelles expériences furent établies sur un autre point, les 8 et 10 août, et procurèrent ensemble la destruc- tion de 9,260 papillons. Nul doute, par conséquent, que l'usage des feux employés de la manière qui vient d'être indiquée, ne soit un très-puissant moyen d'arriver à la diminution du fléau ; mais il devrait être répété pendant plusieurs jours, et mis simultanément en pra- tique sur toute l'étendue du territoire infecté ; car le pro- priétaire qui en fera usage aujourd'hui ne garantira pas ses vignobles des papillons du voisin, qui le lendemain viendront y déposer leurs œufs. Pourrait-on ensuite déterminer facile- ment ou bien obliger une population entière , pauvres ou ri- ches, à faire la dépense première qui est nécessaire pour opérer? Voilà la seule objection fondée qu'on peut alléguer contre l'emploi de ce puissant moyen. Il n'en est pas de même du second, qui n'entraîne aucune mise première de fonds , et qui n'exige que de la main-d'œu- vre. M. Delahante se décida, sur la proposition de M. Au- douin, à le tenter également. Le 7 août, une vingtaine de vignerons, de femmes et d'enfants, se mirent à l'œuvre sur divers points de son grand vignoble ; l'opération dura jusqu'au 11 août inclusivement. Yoici le résultat qu'on obtint dans cet intervalle de cinq jours : 186,900 pontes ou plaques fu- rent ramassées, lesquelles, multipliées par 60, nombre d'œufs contenus dans chacune , terme moyen , donnent un total de 11,214,000 œufs, qui eussent bientôt donné naissance à au- tant de chenilles s'ils n'avaient été détruits (1). (1) L'auteur fait ici abstractiondes causes naturelles de destruction qui font périr quelquefois beaucoup d'œufs et déjeunes chenilles. DK LA SOCIÉTÉ ENTOMOLiJGIOUE. !.>:, L'opération, continuée, du 12 au 18 août inclusivement, par une trentaine de personnes, a donné pour ces sept journées un total de 482.000 plaques, ou de 28.920.000 œufs détruits. Ainsi, douze journées de vingt à trente travailleurs ont L Desvignes l'aîné, exécutait aussi en grand la recherche des œufs, et obtenait, par ce procédé, la destruc- tion de 31.000.000 d'œufs. dans une propriété beaucoup moins grande que celle de M. Delahante. Or. M. Desvigues. qui en sa qualité d'habile négociant s'entend parfaitement en calcul, a supputé que la dépense de cette opération, répétée deux fois dans le même vignoble, ne s'élevait pas à plus de 20 francs par hectare . somme bien minime, si on la compare au produit delà récolte m.oyenne sur un sol qui se vend jusqu'à 10 et 14,000 francs l'hectare. En résumj , l'auteur considère la cueillette des œufs comme préférable à tous les moyens proposés ou employés jusqu'ici pour la destruction de la pyrale. Il regarde ce pro- cédé comme bien supérieur à celui qui a pour objet la re- cherche des chrysalides, et même à l'opération longue, dif- ficile, et toujours imparfaite de léchenillage: cependant il ne proscrit pas ce dernier moyen, mais il ne l'admet que comme 156 ANNALES la ressource de rimprévoyant vigneron qui ayant vu, Tannée précédente, des pontes sur ses vignes, a négligé de les en- lever. Enfin Fauteur termine sa notice par annoncer qu'il croit être arrivé à la découverte d'un procédé au moyen duquel on pourrait détruire les chenilles qui se cachent l'hiver sous l'écorce des ceps, sans nuire au tissu très-délicat. de cette écorce , et en attendant qu'il ait acquis la certitude entière de son efficacité, il demande à l'Académie la permission d'en faire le dépôt dans les archives, ce qui lui a été accordé. 1837. 16° Considérations nouvelles sur les dégâts occa- sionnés par la Pyrale de la vigive , particulièrement dans la commune d'Argenteuil. Lues à l'Académie des sciences, dans sa séance du 25 septembre 1837. (Par extrait dans le Compte rendu ^ et insérées dans les Annales des sciences naturelles.) Ce nouveau mémoire a pour but de démontrer que si les moyens proposés pour arrêter les ravages de la pyrale dans les vignes du maçonnais sont également applicables aux vignes d'Argenteuil , il existe cependant dans cette localité certaines pratiques de culture qui doivent engager à les mo- difier. C'est ainsi que l'auteur a reconnu que les échalas que l'on emploie à Argenteuil pour soutenir la vigne, servent de refuge aux jeunes larves qui, sortant de l'auf au mois d'août, passent la fin de la saison chaude, et tout Thiver, sous les pe- tites esquilles qu ils présentent à leur surface. 11 en résulte que ces supports qu'on enlève après la vendange, mais qu'on remet en place au printemps , apportent avec eux une certaine dose d'infection. On pourrait éviter ce fâcheux effet en les soumettant à une haute température, soit qu'on les passât dans un four, soit qu'on leur fît subir l'action de la vapeur. DE LA SOCIÉTÉ EiNTOMOLOGKJllK. 157 1837. 17° Observations sur des vers du g^/zré? Gordius, qui font périr un grand nombre de larves de Hannetoiss. C'est en Belgique, aux environs de Lié(jc et dans les prai- ries humides , que l'auteur eut roccasion de remarquer que , dans certains cas , les Gordlus vivent dans le corps des larves du hanneton et qu'ils en détruisent un très-grand nombre. Il a suivi toutes les circonstances du développement de ces cu- rieux parasites, et a communiqué quelques détails sur ce fait nouveau, à M. le docteur Leblond, qui la consigné en 1837 dans sa nouvelle édition de l'atlas des Fers intestinaux de Bremser, p. 57. 1837. 18*^ Nouvelles expériences sur la nature de la ma- ladie contagieuse qui attaque les Vers a soie, et qu'on désigne sous le nom «^^muscaudiive. Lues à l'Académie desscieuces. dans ^a séance du 20 novembre 1837. ;^Par extrait dans le Compte rendu des séances de l'Académie, 2® semestre, p. 712.) 11 résulte de ces nouvelles expériences , V Que la muscardine peut se montrer spontanément et en tout lieu , lorsque certaines circonstances réunies favorisent son développement ; 2° Quelle n'est pas une maladie particulière au ver à soie , mais qu'elle est générale à la classe des insectes à laquelle elle paraît exclusivement propre ; 3^ Qu'elle peut se propager, non-seulement des vers à soie à des insectes d'espèces très-différentes , mais qu'ayant pris spontanément naissance chez une de ces espèces , elle peut , lorsqu'on la transmet à des vers à soie, leur occasionner cette même maladie qui se montre dans les magnaneries, et qu'on désigne sous le nom de muscardine ; 4"" Que dans ce transport, qu'on peut varier et multiplier 158 ANNALES à rinfinî, en l'opérant sur des insectes d'ordres, de familles , de genres et d'espèces différents ou semblables , le crypto- game et la maladie qu'il produit n'éprouvent aucun change- ment ; 5° Que si les sporules disséminées dans l'air sont le seul moyen qu'emploie la nature pour la reproduction delà plante, on peut cependant obtenir son développement d'une inanière artificielle, en greffant certaines de ses parties, par exemple son thallus, sur le tissu graisseux d'un insecte, c'est-à-dire sur ce même sol dans lequel les sporules auraient végété ; G** Enfin, que, par cette voie artificielle d'infection, le cryptogame envahit plus rapidement le tissu graisseux, ce qui amène une mort beaucoup plus prompte. Une commission chargée par l'Académie d'examiner ces faits en a reconnu l'exactitude, et, sur les conclusions de M.Dulrochet, son rapporteur, l'Académie, dans sa séance du 22 janvier 1838, a approuvé l'impression du mémoire de M. Audouin dans le recueil des Savants étrangers. 1838. 19*^ Exposé sommaire de dwerses observations re- cueillies pendant plusieurs années sur les insectes nui- sibles A l'agriculture. Présenté à l'Académie, dans sa séance du 29 janvier 1838. L'auteur s'étant mis sur les rangs pour le fauteuil devenu va- cant , à l'Académie des sciences (section d'Agriculture), par la mort de M. Tessier, le but de cet exposé était de faire connaî- tre à l'Académie les titres sur lesquels reposaient ses préten- tions à ce fauteuil qu'il a en effet obtenu. Il y donne le résumé d'un journal , tenu par lui depuis 1817, de tous les faits qu'il a recueillis, pendant plus de vingt ans, sur les métamorphoses des insectes de tous les ordres , et particulièrement de ceux nuisibles à l'agricullure. Ce journal se compose de 14 volumes DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 159 renfermant plus de 6,000 observations , appuyées de nom- breuses préparations et de dessins qui les représentent ; ce sont , dit-il, les matériaux d'un ouvrage qui devra traiter des insectes sous le double point de vue de l'histoire naturelle et de l'agriculture. Ces observations, rangées dans un ordre chronologique , peuvent être rapportées à dix groupes prin- cipaux , comprenant , savoir : Le 1% les insectes qui nuisent aux grains et aux fruits; Le 2^, ceux qui nuisent aux racines; Le 3®, ceux qui nuisent aux tiges; Le 4% ceux qui nuisent aux bourgeons; Le 5*, ceux qui attaquent les feuilles dans leur entier; Le 6^, ceux qui n'en rongent que le parenchyme ; Le 7^, ceux qui y occasionnent des excroissances connues sous le nom de galles ; Le 8^, ceux qui attaquent les bois employés dans les con- structions; Le 9^, ceux qui sont parasites de l'homme, des animaux do- mestiques et des autres vertébrés ; Le 10^ enfin, ceux qui sont parasites des autres insectes. Les 14 volumes dont nous venons de parler sont restés dé- posés pendant un mois dans une des salles du secrétariat de l'Institut, où la plupart des membres de l'Académie des scien- ces sont venus les examiner. 1839. 20° Remarques sur la Cochenille du nopal. Communiquées à l'Académie des sciences, dans sa séance du 8 juil- let 1839 (Comptes rendus j t. ix, p. 69; ^nn. de la Société entom., t. vui). Sous ce titre , M. Audouin n'a fait que reproduire à l'Aca- démie les renseignements qui lui ont été communiqués par M. Berthelot, sur ses essais pour acclimater la Cochenille du XL 11 160 ANNALES nopal dans les îles Canaries , où il a longtemps résidé. Cet acclimatement a parfaitement réussi, malgré Tinsouciance des habitants, et quelques-uns d'eux en ont fait depuis l'objet d'une industrie lucrative. 1840. 21° Observations sur certains insectes qui atta- quent les bois employés dans les constructions. Lues à l'Académie des sciences, dans sa séance du 4 mai 1840. (^Comptes rendus, t. ix , p. 689; Annales des sciences nai. , 2^ série, t. xiv, p. 39.) L'auteur parle d'abord du Termes lucifugum, qui ravage depuis quelques années les constructions de Rochefort et de La Rochelle , et dont il a été si souvent question. Il annonce ensuite que les boiseries des nouvelles galeries du Muséum d'histoire naturelle sont attaquées par un petit coléoptère , Lyctus canaliculatus, Fab., ce qu'il attribue à ce que le bois employé avait encore la couche d'aubier , dans laquelle les lyctes avaient pondu leurs œufs. Il ne connaît aucun moyen de remédier à ce mal ; mais il pense qu'il s'arrêtera quand tout l'aubier aura été consommé par ces insectes. Il termine en annonçant que INI. Payen s'occupe d'analyses et d'expé- riences dans le but de faire périr les insectes qui rongent le bois et de rendre celui-ci inattaquable. 1840. 22° Sur une éducation, faite à Paris , d'un Ver a SOIE DE LA Louisiane (Bombyx cecropia). (Extrait des Comptes rendus des séances de V Académie des se, séance du 20 juillet 1840.) Dans la séance du 20 juillet 1840, M. Audouin a présenté à l'Académie plusieurs chenilles vivantes du Bombyx cecropia, espèce de lépidoptère de l'Amérique du Nord, analogue à DK LA S(X:lÉTE KNTOMOLOGKjUK. Hii notre grand paon. Il a accompagné cette communication d'ob- servations verbales dont voici le résumé. Ayant reçu, le 19 fé- vrier 1840. seize cocons du bombyx en question, envoyés de la Louisiane, il en a obtenu neuf papillons, du 17 au 20 mai. Des individus des deux sexes s'étant trouvés parmi eux, ils nont pas tardé à saccoupler. et une femelle pondit un cer- tain nombre d'œufs, dont Téclosion eut lieu le 2o du même mois. C'est de cette éclosion que sont provenues les chenilles présentées à l'Académie. L'auteur les a nourries avec les feuilles d'un prunier américain qui est cultivé en pleine terre au Jardin des plantes : mais il s'est assuré qu'elles s'accommo- deraient, au besoin, du prunier d'Europe domestique, et même du prunus spinosa. Ces chenilles ne diffèrent de celles de notre grand paon que par la couleur variée de leurs tu- bercules. Leur cocon diffère également très-peu de celui de ces dernières , quant à la forme et à la couleur: seulement il est moins en poire, et ses deux extrémités se ressemblent. Mais quand on a enlevé la première enveloppe , qui n'est bonne qu'à être cardée . on en trouve une seconde . beaucoup plus fournie de soie que celle du grand paon . et dont le fil se dé- vide aussi facilement que celui du ver à soie. Il paraît que ce lépidoptère abonde dans les forêts de la Louisiane, où les indigènes récoltent les cocons attachés aux branches; ils les apportent ensuite en masse à la Nouvelle- Orléans, où l'on en fabrique des étoffes qu on dit être d'une excellente qualité. Si cela est, ces étoffes doivent être plus solides que belles, vu le peu de finesse du fil, qui ressemble plus à de la laine qu'à de la soie. Dans tous les cas, nous ne pensons pas que l'industrie pût tirer un grand profit de l'éducation domestique du Bombyx dont il s'agit en Europe, attendu que sa chenille produit trop peu de soie , comparativement à la quantité de nourriture qu'elle consomme . du moins d'aprè* ce que nous avons vu. 162 ANNALES 1840. 23° Histoire des insectes nuisibles à la vigne, et particulièrement de la Pyrale qui dévaste les vignobles des départements de la Côte-d'Or, de Saône-et- Loire, du Rhône, de l'Hérault, des Pyrénées-Orientales, de la Haute- Garonne, de la Charente-Inférieure, de la Marne et de Seine-et-Oise. Cet ouvrage in-4° doit se composer de six livraisons et de vingt planches, indépendamment de deux cartes topogra- phiques des vignobles ravagés. La première livraison seule a paru; mais M. Milne-Edwards s'est chargé de publier les cinq autres, d'après les matériaux laissés par l'auteur. Il serait difficile de donner son avis sur un ouvrage avant de l'avoir lu en entier. Cependant, s'il est permis d'en juger par la pre- mière livraison, nous pensons que l'auteur en a trop étendu le cadre pour le sujet qu'il avait à traiter. 11 est vrai que, d'après son titre, il doit y être question, non-seulement de la pyraîe, mais de tous les insectes qui attaquent la vigne, et comme ils appartiennent à divers ordres, l'auteur s'est vu obligé de parler d'abord des onze ordres qui, d'après la mé- thode qu il adopte, divisent la classe des insectes, ce qui l'en- traîne dans une foule de détails scientifiques très-étrangers au but de l'ouvrage : car, d'après la mission dont il a été chargé par le ministre de l'agriculture, il aurait dû se borner, suivant nous , à rédiger un manuel pratique à la portée des intelli- gences les plus vulgaires , et pour indiquer aux propriétaires et aux vignerons les moyens les plus efficaces et les moins coûteux de détruire les insectes nuisibles à la vigne , et prin- cipalement la pyrale , qui à elle seule cause plus de ravages que tous les autres ensemble. Au lieu de cela , l'auteur a fait un livre de science et de luxe , très-propre à orner une riche bibliothèque, et qui ne sera jamais consulté par ceux aux- quels il est censé s'adresser, non-seulement à cause de son DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOCIQUE. 163 prix très-élevé, mais parce que les notions qu'ils pourraient y puiser pour leur usage se trouvent noyées dans une foule de choses qui n'intéressent que les entomologistes. Toutefois, si Ton juge cet ouvrage sans avoir égard au motif qui Fa fait entreprendre, on ne pourra s'empêcher d'en faire un juste éloge : l'auteur y donne de nouvelles preuves de son talent d'observateur , de sa manière claire et précise de rendre compte de ce qu'il a vu, et de l'art qu'il a d'y intéresser le lec- teur par une diction élégante et soutenue. Indépendamment des ouvrages et mémoires dont nous venons de présenter l'analyse, M. Audouin a publié un grand nombre d'articles entomologiques dans le Dictionnaire clas- sique cC histoire naturelle, et a concouru à la rédaction d'un ^tûi Manuel d'entomologi ejahânt partie de Y Encyclopédie portative. On lui doit aussi l'article Arachnide , publié dans le Cyclopœdia of anatomy and physiology, ainsi que l'ar- ticle Abeille dans le Dictionnaire universel dlùstoire na- turelle, publié par M. Charles d'Orbigny. Enfin, il laisse quatorze volumes manuscrits d'observations faites par lui pendant vingt ans sur les mœurs et les méta- morphoses des insectes, ainsi que nous l'avons dit plus haut; mais il est à craindre que ces matériaux ne soient perdus pour la science, car lui seul pouvait en tirer parti pour l'ou- vrage général qu'il se proposait de publier sur les insectes, considérés sous le double rapport de l'histoire naturelle et de l'agriculture. P. S. Pendant que cette notice était à l'impression, M. le comte de Castelnau, qui fut présent à sa lecture le 6 avril, nous a remis, sur l'opinion émise par M. Audouin , relative- ment aux Trilobites (v. p. 116), des observations que nous croyons devoir transcrire ci-après, dans l'intérêt de la science : «M. Goldfuss publia, dans le tome xv des Annales des fi sciences naturelles, une note sur les Trilobites, et en fi- 164 ANNALES «gura, pi. Il, quelques fragments qu'il crut reconnaître pour «des pattes. Cependant ce fait était encore des plus obscurs, « lorsque M. de Castelnau rapporta d'Amérique des Caly mènes «qui lui présentèrent , au moyen de sections longitudinales et « transversales, des séries bien distinctes de pattes lamelleuses, «larges et en forme de rames. Cet auteur, dans un mémoire «lu à l'Académie des sciences, et dont un extrait se trouve «dans les comptes rendus de 1841, termine son travail par les « réflexions suivantes : . « Ces observations peuvent changer considérablement l'idée «que nous nous formons des Trilobites : effectivement, sont-ils «toujours des êtres à corps discoïdal beaucoup plus élargi que «la tête , et divisé en trois lobes ? ou ce corps ne doit-il pas être «décrit comme allongé, plus étroit que la partie céphalique, «et muni de chaque côté d'appendices mobiles, tentaculaires , «supportés par des arcs, et recouverts en partie ou en totalité « par une sorte de membrane ou de manteau ? Peut-être ces «appendices n'étaient-ils destinés qu'à porter des organes res- « piratoires ayant la forme d'arbuscules ; ce qui les rapproche- « rait encore des oscabrions , dont ils formeraient le passage «aux crustacés.» DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQLE. 166 SUR t^ MÉMOIRE ET 1>E NOTICE DE M. R0BÏ>EAU-DESV01DY, lusérés dins les Annales de la Société enlomologique de France, 1841, 4^ trimestre. Par M. iMACOUART. ( Séance du 6 avril 1842. ) Dans un mémoire sur trois espèces nouvelles de Malaco- mydes, et dans une notice sur XHerhine des Us, M. Robineau- Desvoidy fait plusieurs observations critiques sur mon His- toire naturelle des diptères, faisant partie des Suites à Buf- fon, édition Roret. J'estime trop celui qui m'attaque pour ne pas chercher à me justifier à ses yeux et à ceux des entomolo- gistes. Ces observations sont , les unes générales , les autres parti- culières. Commençons par les premières. M. Robineau-Desvoidy me critique de baser, ainsi que les diptérologistes allemands , la classification sur l'organisation, au lieu de prendre, comme lui. pour base, les mœurs des dip- tères. Nous ne saurions être de son avis quand il dit que tout bon travail sur les insectes sera dorénavant établi sur les mœurs des individus. Nous sommes convaincu que la zoolo- 166 ANNALES gie systématique , cette première partie de la science, qui consiste à distinguer les êtres animés les uns des autres, et à les classer dans l'ordre naturel, n'a de base solide que l'orga- nisation. Quand nous avons un animal sous les yeux, nous avons toujours ses organes pour nous apprendre ce qu'il est ; mais nous n'avons pas toujours la connaissance de ses mœurs. De plus, quoique les mœurs aient des rapports intimes avec les organes, l'étude de la zoologie nous offre un grand nom- bre d'exemples, tels que le loup et le chien, qui, avec une or- ganisation fort semblable, ont des mœurs très-différentes. Nous ne voulons pas dire par là que l'étude des mœurs ne soit pas une partie importante de la science : nous la considé- rons, dans l'état actuel de nos connaissances , comme un auxi- liaire utile pour la classification. En voyant , par exemple , une muscide sortir, au lieu d'un papillon, de l'enveloppe d'une chrysalide, nous jugeons, avec raison, qu'elle appar- tient à la tribu des Tachinaires. Mais combien plus souvent ne devons-nous pas reconnaître les membres de cette tribu à leurs caractères organiques ? et , tandis que, relativement aux mœurs parasites de ces muscides , nous ne connaissons guère que le fait principal , accompagné d'un petit nombre de mo- difications , nous voyons l'organisation de ces mêmes diptères se modifier à l'infini, et fournir seule les éléments de la classi- fication la plus complexe. M. Robineau-Desvoidy nous blâme encore « d'avoir affecté «la prétention de chercher à concilier ce qui a paru en Alle- « magne et en France presque en même temps, sur des insectes «(les muscides) qui avaient exigé des méthodes particulières «d'études, et qui, par conséquent, avaient dû conduire à «plusieurs résultats différents.» Telle a été, en effet, notre intention. Lorsque , sur la proposition du célèbre Latreille , nous entreprîmes cet ouvrage, tout nous commandait d'avoir égard aux travaux antérieurs, et surtout à ceux de Meigen, DE LA SOCIÉTÉ EiMO MO LOGIQUE. 167 le véritable fondateur de la diptérologie : Tesprit de justice, rinsuffisance de nos propres observations, futilité pour la France d'y faire connaître Texcellent ouvrage écrit en alle- mand de ce grand entomologiste, autant que le permettait le cadre étroit qui nous était donné. Pour toutes les familles supé- rieures des diptères, cette marche était la seule que nous eus- sions à tenir. Arrivé aux muscides (les myodaires de M. Ro- bineau-Desvoidy), devions-nous abandonner celte direction et détruire Funité de notre travail pour suivre une route nou- velle, ou devions-nous continuer cette ligne de conduite sans ac- cueillir les découvertes importantes de M. Robineau-Desvoidy? L'un et l'autre de ces partis me parurent injustes et préjudi- ciables au mérite que pouvait avoir mon ouvrage. Je fus en- core amené à utiliser les observations de M. Robineau-Des- voidy par la nécessité que je trouvai à modifier la classifica- tion que RIeigen avait adoptée pour les muscides. En premier lieu, il n avait pas subdivisé cette immense famille en tribus, et cette omission rendait plus longue et plus difficile la déter- mination des genres et des espèces; en second lieu, plusieurs genres formés par Meigen, tels que les Tachines, les Antho- myies, étaient devenus extrêmement nombreux, et présen- taient en même temps des modifications assez importantes ; de sorte qu il était nécessaire de les élever au rang de tribus et de former des genres de leurs subdivisions. Comme Touvrage de M. Robineau-Desvoidy satisfaisait à ces exigences de la science, je dus le consulter, et j'y trouvai des matériaux pré- cieux à employer. Cependant je ne pus le suivre que d'assez loin : le cadre restreint de mon travail et la marche suivie 4)our les familles supérieures m'en faisaient la loi. D'ailleurs , les subdivisions en tribus et en genres m'y paraissaient plus nombreuse^; que l'état de la science ne le réclamait, et j'avoue que, malgré l'étude approfondie que je fis de cet ouvrage, j'en trouvai l'emploi très-difficile pour la détermination des 168 ANNALES genres et des espèces. L'absence de figures, de synonymie, et, si ce n est pour les muscides supérieures, des caractères si utiles que fournissent les nervures des ailes, le peu d'impor- tance souvent des caractères génériques et spécifiques, et leur énonciation fréquemment sous la forme comparative qui exige la connaissance des espèces et des genres voisins , toutes ces difficultés m ont souvent interdit la faculté de puiser à une source aussi féconde. M. Robineau-Desvoidy ne considère le second volume de mon ouvrage, contenant , en grande partie , les muscides, que comme une compilation Je conviendrais que c'en est une, si, en signalant et en employant les travaux antérieurs , comme la justice Fexigeait dans un travail de cette nature, je ny avais joint des observations qui me fussent propres; si je navals fait connaître des espèces nouvelles, des genres nouveaux ; si je n'avais renforcé les éléments de la classification par l'emploi approfondi des nervures des ailes; si je n'avais fait mes ef- forts pour opérer cette conciliation entre les deux systèmes de classification dont M. Robineau-Desvoidy me fait un grief. M. Robineau-Desvoidy me reproche d'avoir répandu de la confusion dans la classification , en comprenant quelquefois dans les mêmes genres et les mêmes tribus des espèces qui ont des mœurs différentes. Ayant pris l'organisation pour base de la classification, cet inconvénient s'est, en effet, présenté quel- quefois , quoique l'harmonie qui règne entre les organes et la manière de vivre le rende rare. Je pourrais dire, par la même raison, que ^L Robineau-Desvoidy y a mis une confusion sem- blable, en plaçant dans les mêmes groupes des diptères de con- formations différentes. Tout consiste à savoir quel système doit prévaloir, et , d'après les raisons que j'en ai données plus haut, je persiste dans le mien. Venons maintenant aux critiques de détail. ^L Robineau-Desvoidy m'adresse le reproche d'avoir changé DE LA SOCIÉTÉ EINTOMOLOGIQUE. 169 le nom Leria, qu'il a donné à un genre de diptères vivant dans les terriers des mammirères fouisseurs, contre celui de BlepJiariptera, qui est de moi. J'alléguerai, pour ma justifi- cation, que je considère le genre Blepliaripiera comme diffé- rent du genre Leria, quoique les espèces de ce dernier fassent partie du premier. M. Robineau-Desvoidy dit lui-même : « Plusieurs des espèces décrites par INI. Macquart , sous le nom «de Bléphariplères, sont susceptibles de ne pas appartenir à «nos Léries. D'après la description de cet auteur, nous « sommes porté à penser que quelques-unes de ces mêmes es- «pèces peuvent appartenir à notre genre Herhîna.^^ D'après cette assertion de M. Robineau-Desvoidy lui-même, j'ai donc pu considérer ces deux genres comme n'étant pas identiques , et les Léries comme une fraction des Bléphariptères. Ce genre Lérie , tel que l'a formé M. Robineau-Desvoidy, offre un exemple de l'imperfection de son système de classifi- cation, puisqu'il se trouve obligé de l'enfreindre en compre- nant le L. fiinglvora, qui vit sur les champignons, avec les espèces qui se tiennent sur la fiente des blaireaux et des lapins. Les genres Leria et Blephariptera sont des démembre- ments du genre Helomyza, de Meigen; ils ont les plus grands rapports avec lui, et ils s'en rapprochent surtout par les soies qui garnissent dans toute sa longueur le bord extérieur des ailes, caractère que l'on ne retrouve dans aucun autre dip- tère ; ils ne se distinguent des autres espèces de ce genre que par des différences légères : leur place naturelle est donc à côté de lui , et cependant , dans le système de M. Robineau- Desvoidy, ils doivent en être éloignés ; ils doivent même ap- partenir à une tribu différente , parce qu'ils n'en ont pas les mœurs. M. Robineau-Desvoidy m'engage à ne pas confondre XHe- leromyza atriconiis, de Meigen, avec son Thelida filiformis. 170 ANNALES Je ne Ty ai rapporté qu'avec un point de doute ; c'est proba- blement une espèce voisine. M. Robineau-Desvoidy me reproche d'avoir supprimé son genre Dyctie, et même d'avoir placé les espèces qui le consti- tuent parmi les Sciomyzes de Meigen et de Fallen. Ayant reconnu l'identité du Dyctia herbaram, Rob.-D. , avec le Scîomyza cinerea, Meig., et présumé celle du PJierbelUa vernalis^ Rob.-D., avec le Sciom. monilis; ayant reconnu que le genre Arina^ Rob.-D., différait pendes Dyctia et des Pherbelliaj]'aii cru devoir les réunir en un seul, en celui des Sciomyzes, Meig., dont ils faisaient partie. M. Robineau-Desvoidy me blâme d'avoir placé ce genre Sciomyze dans ma tribu des Scatomyzides , dont la manière de vivre est différente. Les rapports d'organisation m'y ont engagé. 11 s'est soumis lui-même à cette loi , malgré le sys- tème différent qu'il a adopté, lorsqu'il a réuni dans une même tribu les Scatophages , qui vivent sur les excréments , les Thyréophores, qui habitent les cadavres de quelques mam- mifères, et les Dryopes (Dryomyzes), Fallen, qui vivent sur les champignons pourris , les fruits gâtés et les bouses des vaches. Il me fait un grief d'avoir placé son genre Minettie dans cette même tribu des Scatomyzides. Il dit de ce genre : «Par «les antennes et le chète (c'est-à-dire par ses principaux ca- «ractères différentiels), il serait peut-être impossible de le « distinguer des Suillies ; mais les mœurs exigent absolument « leur séparation. » Par cette insuffisance des caractères orga- niques, je l'ai réuni aux Suillies et aux autres genres de la tribu des Térénides, sous le nom générique de Sapromyze, Meig., qui les comprend tous. M. Robineau-Desvoidy croit que je me suis trompé en avan- çant que le Cordylara spinimana est commun dans les bois humides. Je puis l'assurer que je l'ai pris communément dans DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 171 un bois fort humide, dépendant de mon jardin, à Lestrem. Je ne suis pas également certain que cette espèce soit la même que son Norellia pseiido-narcissL Après cette longue revue des critiques de M. Robineau- Desvoidy, contre lesquelles je devais me défendre, je con- viendrai avec lui que mon ouvrage présente de grands dé- fauts, les uns résultant du cadre trop étroit qui m'a été donné, les autres, de mon insuffisance. Les caractères des genres, par exemple, et les descriptions des espèces, sont gé- néralement trop restreints , et ne suffisent pas convenable- ment à la détermination. Ce n'est qu un abrégé; mais Tenlo- mologie française réclamait un traité sur les diptères : je Tenlrepris avec dévouement; et, quoique je doive convenir de la faiblesse de cet ouvrage, je crois cependant qu'il n'a pas été sans utilité, en facilitant en France Tétude difficile de cet ordre d'insectes , et j'en ai reçu des assurances qui me sont précieuses. J'apprends avec plaisir que M. Robineau-Desvoidy va nous donner le complément de son ouvrage. Je verrai même avec plaisir qu'il relève les erreurs dans lesquelles j'ai pu tomber, car j'aime trop la vérité pour ne pas applaudir à son triomphe, même aux dépens de mon amour-propre. -^r.,» . . .^^^r-^ ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 173 IVOTE POUR SERVIR A l'histoire DES MÉTAMORPHOSES DES Coléoptères. Par M. GOURE AU. (Séance du 20 avril 1842.) L'insecte qui fait Tobjet principal de cette notice est la Pyrochroa coccinea. Ce coléoptère a été étudié par deux entomologistes distingués, qui ont publié dans des recueils scientifiques leurs observations sur la larve , la chrysalide et rinsecte même. Le premier, ^I. le professeur Alirens, a inséré, dans la sixième livraison du tome i^'' de la Revue entomolo- gique de ]\L Silbermann, une description de la larve, accom- pagnée de bonnes figures représentant cette larve, la chrysa- lide et l'insecte ailé. Ce qu'il dit des mœurs de ce coléoptère, qui se développe sous les écorces de bouleau ou de chêne dans les régions du Nord, me paraît très-exact; au moins, je nai rien observé qui y soit contraire. Le second, ^L Léon Dufour, a communiqué à l'Académie des sciences, dans la séance du 29 juin 1840, un beau mémoire sur le même insecte, avec des planches faisant connaître non - seulement sa structure exté- rieure sous ses deux premières formes, mais encore son anatomie dans l'état de larve et d'insecte parfait. Ce savant 174 ANNALES célèbre, qui fait refleurir l'école de Réaumur trop longtemps délaissée, na rien omis de ce qu'il a été à même d'observer dans ses savantes investigations sur les métamorphoses; mais ces changements s'opèrent ordinairement avec une telle promptitude, que l'observateur n'a pas toujours le temps de voir tout ce qui se passe dans ce moment, si curieux à étudier. J'ai eu l'avantage d'assister à la métamorphose d'une larve de Pyrochroa coccinea en chrysalide et à celle de la chrysa- lide en insecte parfait , dans des circonstances très-pénibles pour l'insecte , mais très-favorables à l'observateur, qui m'ont permis de le voir se dépouiller lentement de ses vieilles tu- niques pour revêtir ses enveloppes nouvelles. C'est de l'his- toire de ces métamorphoses que je vais entretenir la Société. La première fois que je trouvai la Pyrochroa coccinea à l'état de larve, de chrysalide et d'insecte parfait, fut le 13 mai 1833, dans les environs de Besançon. Elle était sous l'écorce d'un vieux noyer à demi détachée du tronc. A cette époque de l'année , la larve avait acquis tout son développe- ment, et ne paraissait pas très-agile. La chrysalide, placée dans du tan ou de la vermoulure, se tenait verticalement, la tête en haut, et se mouvait avec beaucoup d'agilité, surtout en avan- çant. Enfin l'insecte parfait, qui n'avait pas encore pris son essor, restait dans une complète immobilité. Les chrysalides sont ordinairement immobiles lorsqu'elles sont emmaillottées comme celles des Coléoptères et des Hymé- noptères , et l'on en voit peu qui changent de place. Cepen- dant celle de la Pyrochroa coccinea peut se transporter d'un lieu à un autre avec rapidité. Elle n'exécute pas ce mouvement avec ses pattes, qui sont emmaillottées, repliées et appliquées contre le corps, mais à l'aide des petites épines qui le garnissent. Ces petites épines, distribuées en grand nombre autour des anneaux de l'abdomen, et sur le corselet, sont un peu courbées, et leur pointe est tournée du côté de la DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 175 tête. Lorsque l'insecte imprime à son abdomen un mouvement vermiculaire , les épines trouvant des points d'appui dans le tan qui l'enveloppe , il peut avancer avec une rapidité d'au- tant plus grande que le mouvement vermiculaire est plus vif. Les épines ont encore une fonction qui me parait beaucoup plus importante pour l'existence de l'insecte; car sans elles il ne pourrait probablement pas se dégager de son enveloppe de chrysalide, ou s'il y parvenait, il en sortirait estropié et déformé. Aussi la plus grande partie des chrysalides des coléoptères, toutes celles, je crois, qui ne sont pas envelop- pées dans une coque , en sont pourvues plus ou moins abon- damment ; ces épines sont, en outre, placées de manière à faci- liter la sortie de l'insecte et à retenir sa vieille dépouille, qui se trouve accrochée à des points fixes, tandis que l'insecte s'élance au dehors. Le 13 avril 1835, je trouvai pour la seconde fois, sous une vieille écorce de chêne , une larve et une chrysalide de la Pyrochroa coccinea, que je plaçai dans une boîte pour les observer à mon aise. Je ne tardai pas à m'apercevoir que la larve se contractait, que sa longueur diminuait, que la peau de l'extrémité postérieure devenait vide et chiffonnée; il sem- blait que l'insecte s'en retirât insensiblement et sans effort. Bientôt après la peau se fendit sur le dos des premiers an- neaux ; l'ouverture s'agrandit sans mouvement brusque , et la chrysalide se dégagea de son enveloppe. Dans cette opération, qui paraît se faire sans effort , il s'opère cependant un dépla- cement notable de plusieurs parties de l'insecte : les antennes, les élytres, les ailes et les pattes sont entraînées dans les posi- tions où on les voit dans la chrysalide, par les frottements qu'elles éprouvent contre la vieille peau et contre les bords du trou par lequel sort l'animal; ces parties prennent aussi de l'accroissement en devenant plus libres. La métamorphose ci-dessus ne m'a pas laissé voir le dépla- XI. 12 170 AiNNALKS cernent dont je viens de parler, à cause de la rapidité avec laquelle elle s'est opérée; mais une autre circonstance me Ta fait connaître. Le 3 avril de la même année , j'avais retiré d'une pièce de chêne sèche une larve couchée dans une galerie creusée dans l'aubier, et fermée par de la sciure de bois à ses deux extré- mités. Elle avait vingt millimètres de long ; sa forme était ronde, plus grosse du côté de la tête qu'à l'extrémité opposée, sa couleur, jaune. Elle était formée de douze anneaux bien séparés; le bord antérieur de la tête, ainsi que les parties de la bouche, étaient bruns , ces dernières extrêmement resserrées ; cepen- dant on y distinguait, à la loupe, deux petites antennes, deux mandibules, une lèvre inférieure et quatre petites palpes. Elle était pourvue de neuf stigmates de chaque côté, dont les deux antérieurs plus grands que les autres. A sa forme générale, on reconnaissait qu'elle appartenait à la famille des longicornes. Je la plaçai dans une boîte sur de la sciure de bois. Comme elle était dans un état de contraction et de léthargie , elle passa quelques jours sans me présenter aucune circonstance remarquable; mais le 18 avril elle commença à se raccourcir, à se détacher de sa peau , dont l'extrémité postérieure resta vide et ridée. Elle n'eut pas la force d'achever sa métamor- phose, et périt dans ce travail. Le 20, voyant qu'il ne s'opérait plus de changement, et que la vieille peau était presque tota- lement détachée, et formait comme un sac dans lequel l'insecte était renfermé, je l'enlevai, et je vis les parties de l'insecte telles qu elles sont placées au moment même de la métamor- phose. Les antennes étalent roulées autour des yeux, sans for- mer cependant une volute régulière; les pattes étaient pliées en paquet chiffonné, et placées sous la poitrine ; les ailes et les élytres, très-courtes, étaient appliquées sur les côtés, entre les pattes antérieures et les intermédiaires. Toutes ces parties pouvaient se développer facilement à l'aide d'une épingle. Il DK L\ SOCIÉTÉ EiNTOMOLOGlQUE. 177 est naturel de penser, d'après celte disposition, qu'en sortant de Touverture dorsale, la chrysalide éprouve des frottemenls qui étendent les anlennes, les ailes et les pattes, et les placent régulièrement, comme on les observe après la métamorphose. La position des antennes que l'on vient d'indiquer semble nous faire connaître la cause de la grosseur de la tète des larves des Longicornes : elle tient à ce qu'elles sont placées comme deux paquets chiffonnés sur les côtés , ce qui doit né- cessairement en augmenter la largeur. La chrysalide ci-dessus ne m'a pas donné son insecte; mais, en l'examinant avec soin , j'ai cru reconnaître qu'il en serait sorti le Cfytus arcuatiis. Je reviens maintenant à la chrysalide de la Pyrochroa coccinea. Placée dans une boîte, elle est moins vive que celles qui se trouvent sous les écorces dans leur position naturelle, et ne change pas de place aussi facilement. Elle est garnie d'un plus grand nombre d'épines qu'on n'en voit ordinaire- ment sur celles desa utres chrysalides de coléoptères. Chaque anneau est armé de plusieurs groupes de deux et trois poils roides, recourbés du côté de la tête, qui lui donnent le moyen de se mouvoir en remuant vivement son abdomen. Elle se tient habituellement sur le dos. Sa couleur est blanc jaunâtre, mais au bout de quelques jours les ailes brunissent, puis les pattes, puis les deux derniers anneaux de l'abdomen, enfin le tour des stigmates prend cette dernière couleur. On remarque bientôt que l'extrémité de l'abdomen se retire, et laisse vide une partie de la peau. Ce vide augmente insensiblement, et l'abdomen se raccourcit en grossissant. La peau se fend ensuite sur le corselet, et glisse un peu vers la partie inférieure. L'in- secte, dans ce travail, se tient sur le ventre, remue son abdo- men, étend et agite ses pattes. Ces mouvements contribuent à agrandir l'ouverture et à dégager le corselet. Aussitôt qu'il est libre, on observe les stigmates du thorax, qui s'ouvrent et 178 ANNALES se dilatent considérablement; l'insecte se gonfle d'air, ce qui produit une extension extraordinaire et successive des an- neaux de l'abdomen, qui semblent s'ouvrir sur le dos, et laissent voir le vaisseau dorsal. Cette dilatation est suivie d'une contraction, et celle-ci, d'une dilatation nouvelle, dont le jeu alternatif fait descendre la peau vers la région infé- rieure. Lorsqu'elle est arrivée au milieu du corps , la tête se découvre comme le ferait un homme encapuchonné, dont on ouvrirait le capuchon sur les épaules pour le rabattre sur la poitrine. L'insecte, en relevant sa tête, dégage ses antennes de leurs fourreaux, comme on déchausse un bas en le retournant; il dégage les pattes antérieures de la même manière , et s'en sert ensuite pour repousser la peau et faciliter la sortie des autres pattes et des ailes : celles-ci s'allongent par les tiraille- ments qu'elles éprouvent en se dévêtissant, et se placent sur le dos. Lorsqu'elles sont dégagées de leurs fourreaux, elles ont acquis toute leur longueur, ce qui n'a pas lieu, comme on sait, pour les Lépidoptères et les Diptères, dont les ailes sont courtes, gonflées et humides dans la même circonstance. Le travail que je viens de décrire est extrêmement pénible pour linsecte sorti de sa position naturelle et placé dans une boite : privé des points d'appui que lui donnent les nom- breuses épines qui garnissent son corps , il se débat dans des espèces de convulsions, et ne parvient à se métamorphoser qu'avec la plus grande difficulté. Lorsque les épines sont en- gagées dans les parois de sa loge naturelle , le plus léger effort suffit pour lui faire quitter sa dépouille , et il parait à la lumière dans tout son éclat; au lieu que dans les boites il avorte le plus souvent, ou bien ne vient au jour qu'estropié et difforme. Presque toutes les chrysalides de coléoptères que j'ai exa- minées m'ont offert des épines, ou des crochets placés à l'ex- trémité de l'abdomen, ou sur les anneaux du corps , ou sur la DK LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGK^CE. 179 partie antérieure du corselet , et bien souvent sur toutes ces rêjjions à la fois. Je ne doute pas que leurs fonctions ne soient de faciliter la dernière métamorphose, comme je viens de le dire pour la Pyrochroa coccinea. Les épines ou crochets qui terminent l'abdomen servent à fixer la peau de la chrysa- lide en arrière, afin qu'elle ne soit pas entraînée par la sortie de l'abdomen; celles qui arment le sommet du corselet ont pour but de faciliter le dégagement de la tête et le rabatte- ment du capuchon; enfin, celles de l'abdomen, tout en contri- buant pour leur part à la métamorphose , servent prhicipale- ment à la locomotion. Un fait qui mérite bien d'être remarqué, c'est le changement considérable qui s'opère dans les dimensions de la plupart des insectes au moment où ils subissent leur métamorphose. Lors- que la larve d'im coléoptère est sur le point de passer à l'état de chrysalide , elle cesse de manger, se retire à l'écart, et se tient en repos pondant quelques jours : alors elle se contracte, sa longueur diminue quelquefois prodigieusement, et sa grosseur augmente; il y en a qui se réduisent au tiers de leur longueur primitive; elles ne sont plus reconnaissables. Il s'opère à Tintérieur des changements non moins surprenants , qui sont signalés par M. Dufour dans les descriptions anato- raiques comparées de la Pyrochroa coccinea, et d'autres espèces étudiées par lui sous les deux formes primitives. Ln changement analogue, mais beaucoup moins considérable, a lieu chez la chrysalide au moment où elle devient insecte ailé. Un grand nombre d'hyménoptères porte -aiguillon nous présentent des changements en sens contraire , c'est-à-dire , que le travail qui s'opère dans la larve au moment de sa mé- tamorphose a pour résultat d'allonger la chrysalide, et que celui qui a lieu dans la chrysalide produit un allongement dans l'insecte. Lorsqu'une chrysalide de coléoptère est sur le point de se métamorphoser, certaines de ses parties changent de couleur. 180 ANNALES et deviennent brunes , comme je l'ai dit pour la Pyrochroa coccinea; c'est même un signe certain du prochain change- ment qui doit avoir lieu : mais Ion est tout étonné de voir l'insecte, à sa sortie, entièrement blanc; les nuances brunes ont complètement disparu. Je ne connais pas encore l'explica- tion de ce phénomène. Les larves des coléoptères qui vivent à couvert arrivent ra- rement à une heureuse transformation lorsqu'on les transporte dans des boîtes où elles se trouvent en contact avec l'air. Les insectes qui en sortent sont ordinairement estropiés , et sont longtemps à prendre leurs couleurs naturelles ; le plus grand nombre ne la prend jamais ; ce qui tient, à ce qu'il me semble, à la circonstance de leur naissance. Le contact immédiat de l'air dessèche promptement les téguments de leur corps, et les durcit avant que la matière colorante ait eu le temps de s'y infiltrer. Dans leurs positions naturelles, se trouvant dans des loges privées du contact de l'air, ils conservent pendant quelques jours un état de molesse qui permet à la matière co- lorante de se répandre dans leurs téguments. Ce n'est qu'après s'être complètement affermis qu'ils s'occupent à s'ouvrir un passage pour arriver à la lumière. Les deux auteurs qui ont écrit l'histoire de la Pyrochroa coccinea , et que j'ai cités au commencement de ce mémoire , ne parlent pas affirmativement des aliments dont se nourrit la larve. Je n'ai pas eu non plus l'avantage de les reconnaître ; je suppose, d'après les divers gîtes qu'elle se choisit, d'après son agilité et sa forme aplatie propre à glisser sous les écorces, et surtout d'après la forme de ses mandibules , qu'elle pour- rait bien ne pas se contenter de bois en décomposition, mais qu'elle dévore les autres insectes qui habitent comme elle sous les écorces à demi détachées des arbres de nos forêts. M. Léon Dufour pense qu'elle vit des détritus du bois. Ces conjectures ont besoin d'être confirmées par l'observation directe pour acquérir le degré de certitude qui leur manque. DE LV SOCIÉTÉ KNTO.MOLOGIQUE. 181 Je lermiiie ces observations en rapportant l'opinion de cet entomologiste célèbre, sur les fonctions des épines qui gar- nissent la chrysaliîle de la Mordella fasciata. Elle est consi- gnée dans un beau mémoire qu'il a adressé à l'Académie des sciences le 3 août 1840. dans lequel il fait connaître la larve , la chrysalide, les métamorphoses, et l'anatomie de la larve et de Tinsecle ailé. Après avoir signalé les épines et les crochets qui arment l'extrémité de labdomen, les segments du ventre et le sommet du thorax de la chrysalide , il dit qu'elle « sou sert « comme moyens ambulatoires pour avancer dans ses galeries, «et pour faciliter son changement de peau lorsqu'elle va ' passer à l'état d'insecte parfait ). ce qui est exactement l'opi- nion que j'ai émise en parlant de la Pyrochroa coccbiea. J'ai trouvé des larves et des chrysalide^ de Mordella fas- ciata , dans le mois de mai 1835. Elles étaient couchées dan-; du bois de chêne en décomposition, réduit presque en terreau, et recouvert par l'écorce à demi détachée du tronc. Celles que M. Léon Dufour a décrites habitaient le peupliernoir en décom- position, ce qui semble indiquer que la nature du bois leur est indifférente. Les observations que j'ai faites sur cet insecte étant conformes à celles publiées par ce savant, je n'en par- lerai pas ici; je dirai seulement que la iarve et la chrysalide paraissent incommodées par le contact de l'air, et que lors- qu'on les retire de leurs galeries, elles se remuent vivement et tournent continuellement sur elles-mêmes comme une bro- che. Je ne pense pas que le dernier segment corné, conique et acuminé , hérissé de pointes et d'aspérités, qui termine la larve . lui serve de râpe et de tarrière pour agrandir sa de- meure ou pour se frayer un passage en arrière . ainsi que le dit M. Léon Dufour: je crois que cet appareil sert de pied anal à l'iasec^e pour se pousser en avant dans sa galerie. Cette larve ne paraissant pas organisée pour marcher, il est proba- ble quelle se nourrit du détritus du bois en décomposition. ANNALES DE LA SOGÉTÉ ENTOMOLOGigUE. 183 ]VOXe: SUR LE GENRE CERATITIS DE M. MAC LEAY ORDRE DES DIPTERES. Par le Marquis de BRÈME. (Séance du 4 mai 1842.) Le genre curieux qui fait le sujet de ce mémoire est, je crois , bien peu connu encore des entomologistes , et les laits qui s'y rattachent me semblent dignes de fixer leur attention. En étudiant quelques diptères recueillis récemment en Andalousie par M. Ghiliani , je fus frappé de l'aspect extra- ordinaire et bizarre d'une petite muscide : je crus y recon- naître de grandes analogies avec les Tëphrites ; mais la sin- gularité des appendices dont son front est orné, ainsi que la structure et la coloration particulière de ses ailes, me firent aisément comprendre que ce singulier diptère devait certai- nement appartenir à quelque nouvelle coupe générique. Je ne tardai pas à faire des recherches à ce sujet, et grâce à lobligeance de M. Guérin, je fus assez heureux pour trouver une Téphrite à peu près semblable dans les nombreuses et in- téressantes collections rapportées de Tile de France par feu 184 ANNALES M. Desjardins. M. Giiérin a bien voulu mettre le comble à sa complaisance , en me communiquant quelques notes de ce sa- vant naturaliste. Ces précieux renseignements et ces objets de comparaison m'apprirent que la diptérologie européenne venait de s'enrichir d'un genre nouveau, et que la singulière muscide trouvée en Espagne appartenait au genre Ceratitis de Mac Leay, créé par cet entomologiste sur une espèce très- voisine de celle que je viens de recevoir, et observée jusqu'ici seulement à l'île de France et aux Açores. C'est dans le Zoological journal, n*' xvi, année 1829, que M. Mac Leay fait connaître sa Ceraiitis citriperda, par une lettre adressée à M. Vigors, où l'on retrouve des détails curieux sur les dégâts causés aux oranges par cette petite muscide. Ce mémoire est accompagné d'une figure exlraordinaire- ment amplifiée et peu exacte de l'insecte mâle. Malheureu- sement M. Mac Leay ne nous donne pas une description bien détaillée de l'espèce , et ne dit rien des caractères qu'il assigne à son nouveau genre. Nous tâcherons donc de suppléer à cette omission , et nous lui empruntons, en attendant, quelques dé- tails sur les dégâts causés par cet insecte. Les observations de l'entomologiste anglais portent sur des individus qu'il s'était procurés à Londres , et qui provenaient de larves importées dans les oranges même que reçoivent les marchands de cette ville. Ce sont surtout les oranges venant de l'île Saint-Michel ( Açores) que l'on trouve généralement attaquées par cette larve, et les dégâts dont elle est cause sont immenses. Un individu femelle, d'une espèce de Téplirlte qui attaque également les oranges , au dire de M. Cattoire , a été apporté de Maurice à M. Mac Leay, par cet ancien payeur des troupes françaises à l'île de France, ce qui a mis à même M. Mac Leay de se convaincre de l'identité de cette espèce avec celle ob- servée par lui, provenant des oranges de Saint-MicheL De mon côté, j'ai pu constater également les mêmes rapports, en DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 185 comparant les individus de la collection de M. Desjardins, avec la figure donnée par M. Mac Leay. Dans le cinquième volume du Règne animal , page 534, M. Latreille fiiit la remarque suivante, à propos du genre Téphritis : « Les colons de Tile de France ne peuvent presque ftpas, d'après les observations communiquées par M. Catloire, «obtenir des citrons sains et en parfaite maturité, à rai- «son de l'extrême multiplicité d'un diptère du même sous- « genre qui y dépose ses œufs.» Quoique ces renseignements ne soient pas tout à fait d'accord avec ceux que ^L Cattoire a fournis à INL Mac Leay, il est à présumer que c'est la même espèce de muscide dont il est question , et qu'elle attaque in- distinctement les citrons et les oranges , ou bien encore que l'observateur de qui Ton a ces vagues renseignements, a con- fondu la nomenclature de ces deux espèces de fruits, comme cela arrive assez souvent dans le pays où ils sont cultivés. D'ailleurs, M. Desjardins nous annonce dans ses notes que les individus des Ceratitis citriperda, qu'il a trouvés à ^laurice, furent presque tous recueillis sur les feuilles des orangers. Il n'est guère possible non plus d'admettre la remarque suivante, que le même M. Cattoire adresse à INI. Mac Leay : « Cet insecte «dépose sa larve dans l'ovaire de la fleur d'oranger, et en dé- «truit le fruit.» Ces détails me semblent inadmissibles et contradictoires avec ceux donnés ci-dessus par M. Latreille ; car on ne saurait croire, après l'examen fait d'une orange gâtée de Saint-Michel, que la mouche mère ait déposé ses œufs sur la fleur plutôt que dans le fruit même, puisque la piqûre produite par sa tarière est toujours visible au centre de la partie la plus mûre du fruit,^ et qu'elle décèle constamment la présence du ver destructeur. De l'ensemble de ces observations et renseignements divers, il est aisé, je crois, de conclure que l'espèce observée à l'île de France par MM. Cattoire et Desjardins attaque probable- 18C ANNALES ment les oratiges, de préférence aux citrons , ou peut-être Tun et l'autre de ces fruits , et qu'elle est identiquement la même que celle observée par M. Mac Leay, provenant des oranges de Saint-^Iichel. Il est, en outre, évident que, conformément aux observa- tions données par M. Latreille , cette mouche introduit ses œufs dans les fruits au moyen d'une piqûre qu'elle fait avec sa tarière , d'une manière analogue à celle déjà observée à l'égard de beaucoup d'autres diptères. Il est très-aisé de reconnaître l'aspect d'une orange renfer- mant le germe destructeur, à la partie plus ou moins grande de son écorce présentant des indices évidents de corruption , c'est-à-dire par le peu de consistance de son tissu, et par la teinte jaune opaque et olivâtre qui remplace en ces parties l'éclat de la couleur ordinaire. La dimension de l'endroit pré- sentant de telles apparences extérieures, dépend de l'étendue du dégât causé dans l'orange par la larve qui s'y trouve ren- fermée : cet espace peut varier de 2 à 3 centimètres environ , et on observe toujours au centre un petit orifice blanc, qui est la piqûre de la mouche mère , et qui servira aussi probable- ment de sortie à la larve, au moment de sa métamorphose. En ouvrant un fruit tel que nous venons de le décrire , on trouve toute la partie qui environne la larve dans un état complet de putréfaction. Le jus a tout à fait disparu, et les fibres sont dé- composées et couvertes d'une moisissure d'un blanc bleuâtre. Quant au reste du fruit, il est généralement desséché, quoique sain. L'examen attentif de l'espèce retrouvée en Andalousie m'a prouvé qu'elle est tout à fait distincte de celle dont il a été question jusqu'ici, opinion que j'ai eu le plaisir de voir con- firmée par notre savant diptérologiste M. Macquart, auquel j'ai communiqué le joli insecte qui nous occupe, ainsi que l'es- pèce de nie de France. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 187 Je propose dénommer Hispanfca cette nou\e\\e Ceratilis, dont je présente ici la description détaillée, et la figure des deux sexes , considérablement grossie. Cette muscide a été retrouvée aux environs de Malaga, localité qui abonde en orangers , comme presque tout le littoral de la Méditerranée : je puis donc supposer, par analogie, qu'elle doit y vivre sur les mêmes fruits; malheureusement nous n'avons pu nous procu- rer encore des détails positifs à ce sujet; M. Gliiliani sera peut- être à même de nous en fournir à son retour d'Espagne. Je conçois également la probabilité de retrouver cette espèce, ou quelques-unes congénères , dans le midi de la France, dans la Provence, l'Italie, la Sicile, la Sardaigne, et à Malte, et je m'empresserai de publier plus tard l'ensemble des observa- tions que j'aurai pu réunir sur ces localités , pour compléter l'histoire de cet insecte, destructeur d'un fruit si précieux. D'après ces observations , il sera peut-être aisé d'aviser au moyen le plus efficace de mettre un produit aussi important à l'abri des dégâts auxquels il est sujet. M. Wiedman {Jnalecta entomologica,^. 55) donne, sous le nom de Tephrltis capitata, la description d'une mouche fort singulière, du musée royal de Copenhague, qui nous semble être identiquement notre muscide de l'île de France , quoiqu'il y soit dit qu'elle a été prise par Daldorf dans l'océan Indien. C'est sur cette même espèce, signalée par Wiedman, que ]\I. IMacquart a créé son genre PetalopJiora ( Suite à ^m/To/z^ Diptères, vol. ii, p. 454). Nous croyons devoir adop- ter le nom gêné rique proposé par Mac Leay (1 ), qui a la priorité sur celui de M. Ttlacquart, et, pour la même raison, nous con- servons à l'espèce de Maurice le nom spécifique de M. Wied- (1) Le nom de Ceraiites^ donné par M. Servilleà un genre nou- veau de la famille des Longicornes, devra également être changé, comme postérieur au mémoire de M. Mac Leay. 188 ANNALES man , quoique celui donué par Tauteur anglais nous paraisse plus significatif. CERATITIS. Mac Leay. Petalophora. Macquart. Tephritis. Wiedman. Les caractères de cette coupe générique sont, à peu d'ex- ceptions près , ceux assignés par les auteurs au genre Te- phritis. Face plane et nue. Front assez large, muni de chaque côté d'une saillie longitudinale , formant un léger tubercule an- térieurement, sur lequel est insérée une soie terminée par une lamelle rhomboïdale très-mince. Écusson renflé, arrondi, et relevé postérieurement en forme de bosse. Antennes inclinées à troisième article oblong et comprimé : style légèrement pubescent à la base , le mâle. — Oviducte saillant et tronqué, la femelle. Ceratitïs mspANiCA de Brème. PI. vu, rf I , fig. 1 , 2, 4 et 5. Tête blanche, trombe et antennes ocracées; palpes blan- châtres. Front d'un blanc rougeâtre, présentant de chaque côté une élévation ou tubercule couleur d'ocre, légèrement allongé, et un peu dilaté antérieurement, en forme de mamelon, sur le- quel est insérée une soie blanche très-fine, et moins longue que le style. Chacune de ces soies se termine par une petite la- melle rhomboïdale, noire , très-mince,. Yeux bruns. Thorax déprimé, un peu pubescent, surtout en dessous, entièrement blanchâtre : sur le dos, plusieurs bandes noires, luisantes, interrompues, forment divers compartiments symétriques. Flancs blancs, écusson noir, luisant, et bordé an- térieurement d'une ligne jaunâtre : abdomen très-large , à bandes alternatives de jaune foncé et de gris; région de l'anus d'un brun foncé. Ailes larges, hyalines, pointillées et striées de DE LA SOCIÉTÉ EMOMOLOGIOL'E. 189 brun à la base : celle-ci offrant une légère tache couleur d'ocre. Au milieu de lalle. une bande assez large, transversale, jaunâ- tre, atteignant à peine le bord intérieur, où elle se termine par deux autres taches, confluentes. plus petites et foncées. Près du bord extérieur, une autre bande jaune, parsemée de petifs points noirs longe la nervure marginale jusqu'à Texl rémité de l'aile, où elle rencontre une toute petite tache brune et ronde. Enfin, une tache brunâtre et ovale suit la direction transversale de la nervure qui s'étend entre les nervures sous- marginales et interno-médiaircs. Balancier et pattes couleur d'ocre. — La femelle est tout à fait semblable au mâle, mais elle est privée des deux soies paiellifères, et son front ne pré- sente pas de trace de tubercule. Observations. — Les lamelles qui terminent les soies dont nous venons de parler, m'ont semblé .'examinées au micros- cope; composées de deux membranes très-minces superposées et ridées, ce qui me ferait croire que dans l'insecte vivant cette lamelle doit être gonflée et arrondie ; les soies paraissent s'articuler à l'endroit de leur insertion sur le front, à la ma- nière des antennes : l'insecte a probablement la faculté de les mouvoir. La Ceratitis hispanica diffère essentiellement de la ci- triperda de Tile de France , par ses soies qui sont plus courtes que celles de l'espèce exotique, et insérées beaucoup plus bas au bord des yeux, comme on peut le voir dans le dessin que je donne de la tête grossie du C. citriperda (pi. vu, n° 1 , fig. 3'; en outre, les lamelles de celle-ci sont blanchâtres, tandis qu'elles sont d'un noir foncé et luisant dans l'espèce trouvée en Andalousie. Sa larve doit avoir les plus grands rap- ports avec celles de plusieurs Téphrites qui vivent d'une ma- nière analogue à la muscide que nous venons de décrire, mais je ne sais rien de précis à cet égard. 190 ANNALES Explication des figures de la planche VU, n** 1 , 1. Ceratitis hispanica mâle de Brème. 2. id. id. femelle. 3. Tête du Ceratitis citriperda mâle de Mac Leay. 4. Antenne du Ceratitis hispanica. 5. Lamelle rhomboïdale du Ceratitis hispanica. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGKJUE. 191 histoire: DES METAMORPHOSES DU TRIPLAX NIGRIPENNIS : Par M. Léon DUFOUR. (Séance du 4 mai 1842.) Le Réaiimur suédois, de Géer, donna, le premier, dans ses célèbres mémoires , une description exacte de ce petit coléop- tère, accompagnée de figures qui laissent peu à désirer. 11 l'appela Anthribus ruber, mais il ne dit rien, ni sur son habi- ' tat, ni sur son genre de vie. Avant lui, Linné l'avait signalé sous le nom de Silpha russica. Ce même insecte fut , plus tard, placé parmi les Erotylus , les Ips, les Tritoma, enfin, PaykuU et Fabricius lui assignèrent un rang définitif dans le genre Triplax, adopté généralement aujourd'hui. Quoique cet insecte soit assez commun dans les diverses contrées de l'Europe, personne jusqu'ici n'a parlé de ses mé- tamorphoses , et je m'estime heureux de pouvoir combler cette lacune de la science. A la mi-août 1841, je rencontrai dans un jardin, sur les troncs de quelques pommiers languissants, des bolets sessiles, se rapportant au Boletiis hispidiis àe^v\\Y\2i\!à. Je m'empressai XI. 13 192 ANNALES cFen explorer r intérieur, et je u'y trouvai que des larves assez nombreuses d'une même espèce. Je reconnus qu'elles appartenaient à un coléoptère , mais elles différaient de toutes celles que j'avais étudiées jusqu'alors. Ces larves me parais- sant pour la plupart adultes, je fis les recherches les plus scrupuleuses pour découvrir leurs nymphes , mais ce fut en vain. Plusieurs de ces bolets, criblés de galeries pleines de dé- tritus, avaient été abandonnés par les larves, et je présumai, ainsi que je l'avais bien des fois observé pour d'autres larves fongivores, qu'elles devaient s'enfoncer dans la terre pour cette transformation. J'emportai donc soigneusement dans mon laboratoire un certain nombre de ces bolets peuplés de larves. Je les plaçai dans un grand bocal de verre, dont le fond était garni d'un mélange de terreau et de sciure de bois. Dans les premiers jours de septembre , je constatai dans le terreau plusieurs nymphes en bon état, et, deux semaines après, je vis éclore, à ma grande satisfaction, une multitude de Triplax nigripennis. Voici les résultats de l'étude des trois formes de cet in- secte : La-Rva hexapoda, cephala, antennata, oblonga, villo- sula, pallide rufa; caplte rotundato siihcorneo; corporis segmentis fascia dorsali transversa obscura sublente as- perula, uliimo emarginato angulis antrorsum iincinatis. Hab. in Boleto hispido Bull. Long. 4 lin. Larve formée de onze segments , la tête non comprise. Neuf paires latérales de stigmates placées sur la membrane inter- segmentaire , savoir : huit abdominales et une thoracique ; ceUe-ci entre le premier et le second segment. Tète bien cir- conscrite, c'est-à-dire à contour libre, avec quelques poils rares, et dans son milieu un espace rond plus foncé, entouré d'une dépression. De chaque côté, à l'endroit correspondant aux yeux, quatre ou cinq petits points noirâtres, saillants, qui DE LA SOCIKTÉ ENTOMOLOGIOUE 1D3 ne sont pas des organes de la vue. Antennes fort petftes, la- térales, conico-subulées, insérées un peu en arrière de Tarti- culationdes mandibules, de trois articles, dont le dernier très- fin. Labre demi-circulaire. Mandibules cornées , robustes , bifides à leur pointe, et munies en arrière d'un angle denti- forme. Mâchoires oblongues pressées contre la lèvre, à extré- mité obtuse. Palpe maxillaire latéral, externe, de trois arti- cles. Lèvre bifide h lanières aiguës. Palpes labiaux invi- sibles. Premier segment du corps plus large que les suivants, à bord antérieur arrondi , les autres à peu près égaux entre eux, transversalement oblongs, poilus sur les côtés. Région dorsale de ces segments avec une bande transversale plus foncée, interrompue à la ligne médiane par un trait fin, pâle : ces bandes , avec des aspérités d'autant plus prononcées . qu'elles sont plus postérieures. Le dernier segment échancré et terminé, de chaque côté, par un petit crochet corné, courbé d'arrière en avant. Ce segment a des aspérités spinu- leuses et pilifères. Anus saillant, conoïde, comme dans les larves des Elater, des Mordella , etc. Pattes courtes, débordant à peine le corps, terminées par un crochet simple assez fort : malgré leur brièveté, la larve a une marche assez agile. Nympha mida , obvoluta, ohlonga, postice attenuata , albida , ociiUs solis fuscis , parce villosa, segmentls abdo- rninalibus utrinque triangiifaribus , ultnnoin spinas diias graciles siibrectas diviso. Hab. in terra. Long. 2 1/2 lin. On sait que les larves de plusieurs coléoptères non- seule- ment s'enfoncent dans la terre pour subir leur transformation en nymphe , mais que plusieurs d'entre elles s'enferment dan-i des espèces de coques. Celle du Triplax est tout à fait à nu el libre au milieu du terreau. Au moment de Tcclosion de Tin- 191 AiNNALES secte parfait , la peau de la nymphe s'ouvre par la région dor- sale du thorax, et demeure une dépouille informe. Dans les premiers jours de sa naissance, le Triplax est d'un marron vif uniforme. Après une semaine environ, les élytres deviennent noires , et passent enfin au noir bleuâtre. Triplax nigripennis. Fabr., Syst. El. Il , p. 581. Silpha ritêsica. Lin. Anthrihus ruber. De G. , INIém. Tom. v, p. 283. PL viii , fig. lâ-15. Erotylas russiciis. Oliv., EncycL, Tom. vi, p. 438. Ips nigripennis. Panz. Faun. Fasc. 60, tab. 7. Trïtoma nigripenne. Latr., Gen. cr. et ins. Tom. m, p. 70. Rufo rubra nitida, glabra;elftris nigro-cœruleis obiter striato-punctatis ; antennis, oculis, scutello , metathorace- que subtils y nigris. Hab. in Boletis parasiticis . Long. 2 1;2 lin. Ce signalement distingue cette espèce du T. œnea, qui a l'écusson , une partie des antennes et le métathorax rougeâ- tres, et du T. rufipes, dont le corps est noir, avec les anten- nes, les pattes et l'écusson rougeàtres. Dans le bocal où j'ai élevé le Triplax nigripennis , je me suis assuré qu'il fait sa nourriture du champignon, comme dans son état de larve. Cet insecte recherche l'ombre. Il n'est pas rare de trouver, soit sous le chapeau du bolet, soit sous d'autres abris, des troupeaux de quinze à vingt individus con- tigus et comme entassés ; mais, au moindre rayon du soleil, ils se désunissent, courent en s'agitant, et s'envolent avec pres- tesse pour regagner l'ombre. Cette habitude de se dérober à l'éclat de la lumière vient à l'appui de l'observation déjà faite par Latreille dans son Histoire nat. des crust. et des ins. , que cet insecte vole le soir et se rencontre parfois, sous les écorces. Les sexes de notre Triplax n'offrent extérieurement aucune DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 196 différence appréciable, taudis que dans le T. rufipes les palpes maxillaires du mâle sont infiniment plus développées que celles de la femelle, et allongées, caractère remarquable qui n'avait point encore été observé. Lorsqu'on manie le Triplaxnigrîpennis, et surtout lorsqu'on le pique, il exhale une odeur de pomme de terre crue, que j'avais déjà signalée dans les Coccinelles (1), et qui se retrouve dans les Endomyques, et même dans quelques Galéruques. Ce trait, en apparence insignifiant , n'est pas sans valeur à mes yeux : il justifie de la place assignée au Triplax par Latreille, dans son admirable Gênera. La famille des Erotylènes , qui le renferme, termine la section des coléoptères tétramères, et le Triplax, colloque précisément à la fin de cette famille, se trouve ainsi contigu, dans la série générique, aux Coccinelles, qui commencent la section des coléoptères trimères. Qu'il me soit permis, à cette occasion, d'émettre une réflexion qui a quelque portée. Si l'on voulait donner aux considérations prises des habi- tudes et du genre de vie des insectes une valeur de classifi- cation qu'elles sont loin de mériter, il faudrait, violant tous les principes fondés sur l'étude si philosophique de la struc- ture de la bouche et des tarses , comprendre dans un même groupe les Dacne, les Cis, les Tetratoma, les Diaperis, les Triplax, et autres coléoptères fongivores; il faudrait consti- tuer ainsi une famille des plus hétérogènes avec des penta- mères, des hétéromères, des tétramères et des trimères, enfin bouleverser la méthode naturelle si heureusem^ent établie par Latreille , et retomber dans le chaos. C'est pourtant un sem- blable pêle-mêle qu'a consommé M. Stephens dans son précieux catalogue systématique des insectes de l'Angleterre. Sa famille (1) Recherches anatomiques sur les coléopt. {Annales des sciences naturelles ^ t. iv, p. 120 (1825). 196 ANNALES des Engidce j où se trouve égaré le Tiiplax, est iine compo- sition indigeste de vingt-cinq genres enlevés arbitrairement à dix familles différentes. Explication des figures , toutes fort grossies. PL VII, n°ii. 1. Larve du Triplax nigripennis, avec la mesure de sa lon- gueur naturelle. 2. Antenne isolée. 3. Mandibule isolée. 4. Lèvre , mâchoires et palpes maxillaires. 5. Extrémité postérieure de l'abdomen , détachée, et vue de côté, pour mettre en évidence les crochets et les aspérités pi- lifères. 6. Nymphe vue par sa face inférieure , avec la mesure de sa longueur naturelle. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLO<;igUE. 19] DESCRIPTION DE DEUX LÉPIDOPTÈRES KOUTEAUX RECUEILLIS E7i BARBARIE PAR LE CAPITAINE CHARLOîV, Décrits et publiés par M. Hlgles DONZEL. (Séance du 4 mai 1842.) JnUiocharîs Charlonia cf. PI. Tiii, fig. 1. Largeur 36 millira. Âlis concolorîbus sulphiireîs; anticis , aplce punctoque discoldali nigris;posticis, subtils griseo-nebulosis, macu- lis flavidis ; capite thoraceqiie nigrîs ; antennis abdoml- nequeflmidis. Hab. prope Emsilah [Barbariâ]. Cette charmante petite Anthocharis est fort curieuse , en ce sens quelle est en jaune ce que ses congénères A. bella, et autres de la même série, sont en blanc. Toutes les ailes sont d"un jaune-soufre. Les supérieures ont ran,;le apical et un point discoidal noirs. Ce dernier est fait en forme f!e rein; il est surmonté d'un petit trait, noir aussi, qui touche la côte. Le noir dont est chargé l'angle apical forme 198 ANNALES une sorte de triangle; il est coupé transversalement par une bande maculaire d'une jaune pâle , peu marquée. Ces mêmes ailes offrent en dessous les mêmes caractères, si ce n'est que le noir de l'angle apical est très-pâle et sablé de jaune, et que la côte , à l'extrémité , est marquée de quatre petits points blancs. Les ailes inférieures, en dessous, sont d'un jaune pâle, semé d'atomes grisâtres; vers le milieu , le bord antérieur est mar- qué d'une tache étroite , un peu arquée , jaunâtre ; viennent ensuite deux petits points de la même teinte. Au milieu, on voit un petit point rond ; puis plus bas , dans la direction de l'angle anal, une paire de petites taches rondes, confluentes, également jaunâtres. Les antennes , les palpes , la poitrine , les pattes et l'abdo- men, en dessous, sont jaunes. La tête, le corselet et l'abdo- men , en dessus , sont noirs. Il serait intéressant de savoir si la femelle est de la même couleur. Comme elle est arrivée en compagnie des A. belia. belemia et glauca , il est à présumer qu'elle vole à la même époque que ces espèces , c'est-à-dire en février et mars. Prise du côté d'Emsilah, en Barbarie, par M. le capitaine Charlon, à qui elle a été dédiée. — De la collection de M. Dardoin. Bombyx Philopaliis. PL VIII , fig. 2. Larg. : 55 millim. Alîs reversis; anticis griseo-fascecentibus, costa nervis- que albidis; posticis albicantibiis ; antennis late pectl- natis rufescentîbus; thorace pilosissimo , griseo-fusce- cente; abdomine albido rufescente. Hab. : Prope Constantinam , Barbaria. Il a à peu près le port et la taille du Bombyx Dumeti ; ses m LA SuCli^.TK KLNTOMOUXilOUli:. 199 ailes supérieures sont d'un brun grlsàlre, pâle; elles out, près de rexlrémité, une bande blanchâtre, peu sensible, parallèle au bord terminal, qui part de la côte, et vient se perdre dans le milieu de Taile, au bord interne. La côte, qui est fort large, et touîes les nervures, qui sont sensiblement dilatées, sont d'un blanc pâle un peu roussàtre; une sorte de tache orbiculaire de la même teinte touche la côte et clôt la cellule discoïdale. Les ailes inférieures sont d'un blanc roussàtre, pâle, avec un limbe terminal enfumé; sur ce limbe , les nervures sont très-dilatées, et conséquemment très-apparentes. Le bord in- terne est char^^é de poils d'un brun roussàtre , pâle; toute la frange est d'un blanc roussàtre; tout le dessous est semblable au dessus, si ce n'est qu'il est plus pâle. La tête est d'un blanc roussàtre ; les antennes sont rousses et fortement pec- 1 inées ; le corselet est brunâtre et très-velu ; l'abdomen est d'un blanc roussàtre. Cette espèce remarquable, qui ne se rapproche d'aucune de celles d'Europe, a été prise aux environs de Constantine, par M. le capitaine Charlon , je ne sais à quelle époque. Je l'ai dédiée à un excellent ami du pauvre capitaine, à M. Philopal , de Marseille , qui prend un vif intérêt à tout ce qui concerne l'entomologie, mais qui ne s'en occupe que pour son ami, ^L Dardoin. — De la collection de ce dernier. XI. U ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 201 »E^CRIPTIO]!ir d'lINE iXOUVELlE ESPÈCE DE LÉPIDOPTÈRES; Par M. DARDOIN. (Séance du 4 mai 1842.) Niimeria agaritharia. PI. VIII, fig. 3 et 4. Jlis aiiticis cinerascenti-obscuris , fascia média fusca utrinque sinuata medio puncto nigro signala; alis posticis dilutio- ribus api ce cinereis. Elle est un peu plus grande que la A^. capreolaria ; ses ailes supérieures sont d'une teinte grisâtre un peu bistrée, par- semées de quelques atomes plus obscurs , traversées dans leur milieu par une large bande plus obscure, un peu trapézoïdale, sinuée des deux côtés, et légèrement lisérée de blanchâtre, ce qui la détache de la couleur générale. L'extrémité de ses mêmes ailes a, ainsi que la frange, un reflet d'un gris foncé. Les ailes inférieures sont d'un gris blanchâtre avec l'extré- mité d'un cendré obscur; la frange estj luisante et un peu plus pâle. 202 ANNALES DE LA SOCIETE ENTOlMOLOGiOLE. Le corselet participe de la couleur des premières ailes , el Tabdomen est de la même teinte que les secondes. Le dessous des quatre ailes est blanchâtre avec un petit point central noir, précédé, sur les ailes antérieures, dîme raie semi-noirâtre c La femelle, que je crois mal développée, est plus petite que le mâle, et doit voler très-peu. Elle offre la même teinte, mais la bande médiane de ses premières ailes est peu distincte. J'ai élevé cette espèce sur un Ulex, dont le nom botanique m'est encore inconnu , mais que je suppose être le proiin- cialis. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 203 %%%«%« V««V««V%«V^%V%^«««V« %^««« DE^CRIPTIOIV d'cxe espèce koutelle de Prionien du ge^re Derobrachus (Dejean, Serville ); Par M. Lucien BUQUET. (Séance du 4 mai 1842.) Derobrachus Levoiturieri , Buq. (PL ix, fig. !.)• Brunneus ; thorace tridentato; elytris elongatis ,ferru- gineis , marginatis ; pedibus spinosis. Long. corp. feminae, 11 millim. Lat. 27 millim. Habitat : in Colombia ( Mus. nost. ) Communie, dom. Lei'oiturier. Cet inseete est beaucoup plus grand que le D. brevicollis décrit par notre collègue, M. Audinet Serville, dans le t. i^'*, p. 155 de nos Annales; il est dun brun marron, un peu plus clair sur les élytres seulement. La tête , assez petite , est gra- nulée ; les mandibules, fortes et peu avancées, sont dentées in- térieurement ; et sur le côté interne, près de leur courbure, on voit une autre petite dent faiblement marquée ; les yeux sont grands et très-saillants. XI. 15 204 ANNALES Le corselet, du double plus large que long, un peu échan cré antérieurement, a, sur chaque bord latéral, trois fortes épines , longues et très-aiguës ; il est couvert , particulière- ment sur les côtés, de rugosités assez profondes, et l'on voit, en outre, en dessus, deux élévations arrondies, assez grandes, placées transversalement , et peu éloignées Tune de Fautre. Quelques poils fauves et courts, qui s'échappent de dessous le corselet, atteignent Técusson à sa base. Celui-ci est grand, cordiforme, plus large que long, et lisse. Les élytres, plus larges que le corselet, pris dans sa plus grande dilatation^ sont allongées , convexes , rebordées , presque lisses , arron- dies à l'extrémité, et munies d^une petite épine à Tangle su- turai seulement; les angles huméraux sont arrondis; et l'on voit un peu au-dessous de ceux-ci des rugosités profondes qui n'occupent qu'un assez petit espace. On remarque, de plus, sur chacune d'elles, deux lignes longitudinales peu éle- vées, mais distinctes, qui n'atteignent ni la base, ni l'extré- mité ; enfin , on voit çà et là quelques petites rides sinueuses faiblement indiquées. Les pattes sont allongées, assez grêles, et toutes les jambes sont épineuses au bord interne. Le corselet, en dessous, et la poitrine sont couverts d'un duvet fauve, court et soyeux; Vabdomen est d'un brun rougeàtre et luisant; le dernier seg- ment dépasse les élytres de toute sa longueur. Je dois le dessin de cet insecte intéressant au pinceau de madame Fanny de Longuemare , à qui la science est déjà re- devable de travaux remarquables, tant par la chaleur du coloris que par l'exactitude scrupuleuse avec laquelle cette dame a traité les différents sujets qui lui ont été confiés. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. 205 ]%[OXi€i: SUR DIVERS FAITS OUI COIXFIRMEÎNT LA PROPRIÉTÉ VENIMEUSE DU Latrodectus tnalmignalus Walkenaèr ; Par M. le docteur GRAELLS (1); Traduite en français par M. Léon FAIRMAIRE. ( Séances des 4 mai et 1^" juin 1842.) Quand, le 6 mai 1834, je pris la liberté de communiquer à la Société entomologique les détails de quelques accidents causés en Catalogne par \t Latrodectus malmignatus ,\^ crus qu'on Connaissait déjà bien les effets que produit le venin de cette araignée sur l'homme; et, pour cette raison, je fus forcé de me borner à montrer que ces accidents se sont fait sentir sur certains points de la province que j'habitais alors. Plus tard, je vis, par la lecture de quelques ouvrages modernes, entre autres, le Traité des Aptères , par le baron Walke- naër, dans les suites à Buffon , et aussi par les notices que (1) Le titre en espagnol est le suivant : Noticia de varias hcchos que conjinnan la propiedad ponzonosa del Latrodectus malnii- gnatus fj^alkenaer , por et doctor don Mariano de la Paz Graëlls j professor de zoologia en et real Museo de ciencias naiurales de Madrid, miembro de varias corporaciones cienti- ficas. 206 ANNALES m'ont données différents entomologistes d"im savoir émment, que. sans données bien positives sur ce sujet, il n'était pas suf- fisamment démontré que les accidents observés en différentes occasions, et en différents pays, fussent réellement produits par l'araignée en question. La circonstance de vivre une partie de Tannée , et d'avoir beaucoup de relations dans une province dans laquelle, de- puis quelque temps, on observe, par malheur, que cet être suspect abonde . m"a mis en main des faits certains ; et comme déjà la Société entomologique â pris en considération mes no- tices de Tannée 1834, en les publiant dans ses Jnnales (1), je crois de mon devoir de lui communiquer maintenant les résul- tats de mes investigations sur cette matière : que si ses obser- vations sont en partie du ressort de la médecine, je ne vois cependant pas d'inconvénients à les faire connaître à mes sa- vants collègues, parmi lesquels plusieurs, comme moi, parta- gent leurs moments entre Tétude des deux sciences. De toutes manières , si mon mémoire paraissait à la Société étranger à ses occupations, je la laisse libre d'en faire ce qui lui plaira, en lui rappelant seulement que mon but en lui com- muniquant ce travail a été uniquement de compléter Thistoire d'un animal intéressant sous un certain point de vue , qui est compris dans le ressort de Tinstitution de notre association. Avant Tannée 1830, on ne connaissait dans la campagne de Tarragone ( petit département de la Catalogne', aucune araignée dont la piqûre fût suivie d'accidents graves et alar- mants. Les hommes les plus âgés de différents endroits du canton, consultés sur cette particularité, s'accordèrent à dire que jamais ils n avaient connu, ni entendu parler à leurs (\)Annales de la Société entomologique de France j t. m, Bul- letin , p, x:s?i. DE L\ SOCIÉTÉ KiNTOMOLOGlOUE. 207 pères des accidents déterminés par les araignées, qui se sont montrées dans les années 1830, 1833 et 1841. Cependant, ce n'en est pas moins une chose étrange, et pour moi incroyable, que le Latrodeciiis en question n'ait jamais existé dans ce pays, et qu'on doive le considérer dans ces années comme envoyé du ciel, ainsi que les plaies d'Egypte. Il est bien connu que les circonstances atmosphériques ne sont pas toujours favorables pour le développement de certains êtres, et c'est pour cette raison que nous voyons manquer plus ou moins pendant certaines années des insectes qur sont dans d'autres années très-abondants , et deviennent de véritables fléaux, comme, par exemple, la sauterelle. Mais comment com- prendre que les conditions nécessaires à la propagation du Latrodectas qui nous occupe ne se soient pas reproduites de- puis un temps immémorial , motif par lequel on ne conservait aucune connaissance de son existence dans la campagne d€ Tarragone ? J'ai observé que l'apparition de cette araignée coïncide communément avec celle de la sauterelle; et j'ai reconnu que ces orthoptères se multiplient prodigieusement dans les années où à un hiver doux et un peu pluvieux succède un printemps tempéré et sec. Ces circonstances réunies sont aussi favorables au Latrodectus , surtout si elles continuent quelques années de suite ; et je ne crois pas, puisqu'elles se sont reproduites trois fois en une décade , qu'elles aient manqué dans un siè- cle, de telle sorte que l'existence d'un ennemi si dangereux sortit ainsi de la mémoire des hommes du pays. Du reste , je puis assurer que le Latrodectus malmîgna- tus est une araignée que depuis plusieurs années je connais et vois constamment plus ou moins abondamment tous les étés , avec d'autres espèces du même genre dans les environs de Barcelone, principalement dans les terrains arides et sa- blonneux qui se trouvent entre la montagne de Monbuy et 208 ANNALES Castell-de-Fels. Heureusement, ces lieux sont presque aban- donnés à cause de leur stérilité; et c'est sans doute la cause de ce quon n'a pas observé là, comme dans la campagne de Tarragone, des cas d'individus piqués par ces araignées. Ayant d'entrer dans la relation des faits qui prouvent la propriété venimeuse du Latrodectiis malmignatiis , je de- mande, quoique cela ne serve que de confirmation, à rap- peler les particularités que j'ai remarquées dans ses habi- tudes. Les mois de l'été sont principalement ceux pendant lesquels l'araignée dont nous parlons se rencontre le plus abondam- ment : il n'est pas si facile de l'avoir en abondance dans les autres mois ; car, à mesure que la température de l'été baisse, à l'automne, elle va en disparaissant, de manière que, pen- dant l'hiver, il est impossible d'en trouver une seule à la sur- face de la terre, ce qui ferait croire qu'elle passe tout ce temps de Tannée dans des retraites souterraines , à la pro- fondeur de quelques pouces, et en partie garantie du froid par la tapisserie dont elle garnit ses quartiers d'hiver. Au commencement du printemps, j'ai vu constamment ces araignées aux aguets dans leurs toiles, qui s'étendent ordi- nairement à peu de hauteur du sol, et en général sur les ornières que les voitures tracent dans les champs, ou dans les trous faits par les pieds des chevaux , ou bien dans d'autres endroits analogues; car c'est son habitude de placer avec soin ses pièges, sans doute pour empêcher la fuite de sa vic- time, dans le cas où elle tomberait à terre avant d'avoir reçu le coup mortel. Le Latrodectus place les fils de ce filet au pied des végé- taux voisins, à peu de hauteur; la forme qu'il lui donne n'est pas régulière, et ne mérite pas le nom de véritable toile; car il consiste en plusieurs fils dirigés de diverses manières , et destinés à envelopper les imprudents qui se heurtent con- DE LA SOCIETE ENTO>ÏOLOGIOUE. 209 tre eux, et à soutenir uue loge plus ou moins centrale, qui est sou véritable nid aérien, ou, si Ion veut, son habitation d'été. Cependant, en examinant avec attention cette rési- dence aranicole. on remarque certaine adresse dans sa dispo- sition; et quoiqu'il y ait bien moins dart que dans la con- struction des demeures de beaucoup d'araiguées, néanmoins la loge n'est pas mal faite intérieurement : elle est ordinaire- ment de la grandeur d'une coque de noix, garnie en dehors des différentes dépouilles dinsectes dévorés par le Lcitro- dectiis; et sa présence est dissimulée par quelques feuilles sèches de végétaux voisins, de sorte qu"à la première vue on pourrait croire que c'est par hasard quelles sont tombées sur une vieille toile daraiguée. Au mois de juillet, époque à laquelle je rends mes visites à cette araignée , j'ai toujours trouvé deux individus dans cha- que nid : l'un, ordinairement la femelle, placée sous la loge, très-bien cachée; l'autre, souvent le mâle, de côté en em- buscade , caché sous quelques feuilles de plantes auxquelles sont attachés les cordages de sa demeure. En un mot, on peut dire qu'il est en observation, sans se laisser voir; la so- litude de son piège fait croire facilement qu'il est aban- donné par le chasseur qui l'a construit; mais c'est tout le contraire : le moindre choc qui fait trembler cette habitation aérienne avertit les surveillants perfides, qui accourent im- médiatement pour en connaître la cause, et saisissent étroite- ment l'insecte imprudent qui a osé s'aventurer dans ce re- paire d'assassins. Si l'étranger est robuste, et si ses armes défensives peuvent l'aider à se sauver dans un combat corps à corps, le Latrodectus commence par faire trembler ses fils, pour que sa proie s'embarrasse davantage; et aussitôt, sans perdre de temps, il s'avance d'un air intrépide, et l'enveloppe avec tant d'agilité et d'adresse, que je l'ai vu dompter en un peu plus d'une minute la Cicada plebeia^ XOEdipoda cœ- 210 ANNALES rulescens, et d'autres insectes non moins robustes. Les deux individus s'aident mutuellement; et dès que la première man- œuvre est finie, quand les mouvements du prisonnier ne sont plus que de vains efforts contre ses liens , Tune des arai- gnées s'approche et le frappe de mort. Si Tinsecte est grand, à la première piqûre, il parait éprouver une forte convulsion, qui passe bientôt pour faire place à un état d'abattement tel , qu'il peut se remuer à peine , et périt en peu de temps. Dans ce cas , il n'est pas rare de voir l'araignée répéter ses coups ; mais quand l'insecte est faible, ou elle saute brusquement sur lui en lui donnant une mort prompte , ou elle l'enveloppe auparavant si ses armes lui sont suspectes. La place que le Latrodectus choisit pour frapper sa victime ne paraît pas être indifférente; car j'ai remarqué qu'il s'attaque aux join- tures des segments , en donnant la préférence à celle de la tête avec le thorax, bien que, dans quelques cas, je l'aie vu frapper en d'autres parties. Les acridiens, mantes, cigales, melolonthes, abeilles, et jusqu'aux cicindèles, sont fréquemment la proie de la vora- cité de cette araignée. Quelquefois je me suis amusé à tour- menter ces adroits chasseurs en remuant leurs toiles avec une paille ou un petit morceau de bois ; et d'ordinaire , après le choc d'un corps quelconque sur son habitation, il sautait aussitôt pour venir en reconnaître la cause, et se retirait précipitamment en voyant que l'agresseur était d'une force supérieure. Si on tourmente ces araignées , en les touchant avec une paille, elles se laissent tomber à terre en ramassant leurs pattes et en faisant le mort ; mais si l'on continue à les tourmenter, elles recommencent à fuir, en se défendant de temps en temps par une piqûre dirigée contre l'instrument qui les incommode. 11 est à remarquer que cette araignée paraît en abondance dans les mêmes années que le genre Acridiwn {OEdipoda)) DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. 211 et je vois que cette observation a été faite par les laboureurs de la campagne de Tarragone. qui ont porté leur attention sur la destruction que font les Latrodectus parmi ces insectes; car. sous leurs nids . on voit le sol couvert des restes de ces orthoptères, quoique, comme je l'ai déjà dit. ce ne soit pas leur seule nourriture, puisqu'ils dévorent aussi des espèces d'autres genres. La coque dans laquelle la femelle dépose ses œufs est d'une couleur brunâtre, très -serrée, sphéroidale. atténuée à ime de ses extrémités . de 7 à 8 ligues de diamètre, et elle contient dans son intérieur 200 à 300 œufs, différence qui provient de la force de la femelle, ou plutôt de la différence des pontes, ou du moment de la ponte: car je ne crois pas me tromper en disant que cette araignée forme chaque année deux co- ques: car différentes fois je les ai vues dans un même nid, sans y trouver plus d'une seule femelle. C'est dans ce cas que j'ai remarqué la plus grande différence dans le nombre des œufs que chaque poche contenait, et qui variait pour le moins de plusieurs douzaines. Ces œufs paraissent adhérer les uns aux autres par des soies très-fines: car en voulant les séparer de la poche, on les voit réimis en chapelet, dont la cou- leur ressemble à celle de la paille sèche. Je n'ai pas encore pu voir naître le Latrodectus en question: et bien que je l'aie souvent rencontré très-petit, il vivait déjà seul, et établi dans une toile particulière. Outre ce Latrodectus, j'ai trouvé dans les mêmes localités, si je ne me trompe, le Z. oculatas Argus. Savigny) et le L. erebus {Lugubre, Léon Dufour 1 . quoique le baron Walkenaër dise que le premier soit d'Afrique : mais cela seul (l) Serait-ce cette espèce que le naturaliste cité plus haut appelle Theridion iinitolor, la seule qu'il dit avoir trouvée dans le royaume de Valence, dans une lettre qu'il a bien voulu m'écrire à ce sujet . il y a déjà quelque temps ? 212 ANNALES ne serait pas un obstacle, parce qu'il y a beaucoup d'insectes de la côte africaine de la Méditerranée que j'ai trouvés sur celle d'Espagne, et même dans l'intérieur de ce pays. Les mœurs de ces espèces sont très-semblables à celles que j'ai décrites du L. malmîgnatus. Les accidents dangereux causés dans l'été de 1830 par une araignée y clans le canton appelé le Plà , dans la campagne de Tarragpne , fixèrent l'attention de l'Académie royale de mé- decine et de chirurgie de Barcelone, qui envoya, pour exami- ner le fait, deux de ses membres qui, par malheur, étaient peu versés dans l'entomologie. De cette manière , le résultat de la mission ne remplit pas les vues de l'Académie, puisque ses envoyés participèrent aux préventions du vulgaire contre toutes les araignées en général, et que leur imagination, déjà pleine de tarentules, ne se représenta cet être fameux que d'une manière fantastique, et virent, dans les malades qu'ils visitèrent, la célèbre maladie de Tarente de l'illustre Baglivi; car je ne crois pas qu'ils aient quitté un instant l'idée C[ui les dominait en quittant Barcelone pour leur mission : tant la pré- vention est funeste pour pouvoir juger sainem.ent des choses ! Quand cette commission rendit compte à T Académie de ses recherches , elle présenta un flacon de cristal , presque rempli d'araignées, conservées dans l'alcool, leur paraissant toutes des tarentules, et des plus venimeuses. Cette collection d'arai- gnées me fut communiquée par la Société , pour que je don- nasse mon avis sur les diverses espèces qui la composaient; et je pus m'assurer qu'il ne s'y trouvait pas une seule tarentule, et que dans ces genres et espèces diverses, les seules qui me parussent suspectes étaient celles du genre Latrodectiis (autrefois Theridion)^ qui formaient une partie du contenu du flacon. Cette année-là, on reconnut positivement les accidents, mais sans pouvoir vérifier quelle araignée les causait. DE LA SOCIÉTÉ EiNTOMOLOGIOUE. 213 Eu 1833, cette plaie se répéta pour la seconde fois dans cette môme campagne de Tarragone, et les pays attaqués furent en plus grand nombre; car on remarqua- des accidents à Vendrell, Belbey. CalaCell, Sauta-Oliva, Feras, Albinana et San-Viccnte-de-Qilders. L'Académie de médecine, inté- ressée à vérifier le fait d'une manière positive , commissionna de nouveau un de ses membres , et choisit à cet effet le mé- decin de Vendrell, don Esteban Andreu, homme laborieux, qui réunit des faits très-exacts, scrupuleusement dépouillés de tous préjugés, et fruits d'une sévère observation. Ce corps scientifique me chargea de nouveau de Texamcn des araignées que le docteur Andreu avait envoyées avec ses observations; et je vis que presque tous les individus ap- partenaient au Latrodectiis malmignatiis ; le reste était composé des L. ociilatus et erebiis. Je pouvais alors, avec quelque probabilité, présumer que cette araignée était la véritable cause des graves accidents qui s'étaient reproduits deux fois en quatre ans dans la cam- pagne de Tarragone : je résolus de m'assurer de la constance des faits qui devaient me prouver la propriété venimeuse du Latrodectiis dont nous parlons, et ses suites funestes pour l'homme, annoncées déjà par plusieurs naturalistes d'époques différentes : et en donnant mes recherches à l'Académie, je pus rassurer que les araignées réunies par le docteur An- dreu étaient la cause des désagréables accidents observés dans le pays déjà cité. Plus tard , la lecture de quelques ouvrages modernes , comme je l'ai indiqué au commencement de ce mémoire, m'a fait connaître les doutes qui existent encore sur ce sujet, et que . bien que divers observateurs aient assuré que la mor- sure du Latrodectiis malmignaius produit sur Tliomme une plaie empoisonnée, suivie de dérangements considérables, comme nous l'avons observé en Catalogne, quelques auteurs, 214 ANNALES parmi lesquels le célèbre entomologiste baron Walkenaër, révoquent en doute les rapports cités sur ce sujet , et attri- buent les effets observés à la mauvaise disposition dans la- quelle se trouvait le sujet attaqué en recevant la morsure , qu'ils regardent comme la cause accidentelle et non produc- trice des phénomènes morbides qui la suivent immédiatement. L'importance de tirer à clair cette question est évidente; et, bien que je ne me reconnaisse pas doué d'un savoir suffi- sant, j'essaierai cependant de le faire, sans autre prétention que de soumettre ma manière de penser au jugement des savants qui, avec plus de talents et de connaissances, peuvent être compétents dans cette matière. Avant tout, je déclare que je n'ai jamais ajouté foi à toutes les fables que j'ai entendues sur les araignées, y com- pris celles qu'on raconte de la Tarentule, qui est si commune en ce pays , et que je me suis si souvent amusé à observer dans ses nids mêmes ; mais je ne puis pas non plus accorder une parfaite innocence à des êtres dont la classe renferme les scorpions, dont le venin est bien prouvé, et dont beaucoup ont des qualités venimeuses suffisantes pour tuer leurs vic^ times par la plus légère piqûre. La propriété de donner des blessures envenimées n'est pas douteuse dans certaines arai- gnées , et M. Walkenaër lui-même, en parlant du venin de cer- tains animaux, avoue son existence. Une simple expérience lui en aurait prouvé la certitude. Si Ton blesse avec une épingle un insecte qui ne soit pas très-délicat, à peine se manifestera- t-il une légère altération qui ne menace nullement sa vie d'une prompte mort; mais si on livre cet être à \m Latrodectus , nous verrons que la simple piqûre faite par un instrument aussi délicat que les mandibules dont il est pourvu, détermine dans l'insecte une mort instantanée. Cette blessure a donc quelque chose de particulier, puisque, immédiatement après sa production, périt l'animal qui l'a reçue. DE LA SOCIKTÉ ENTOMOLOGIOtJE. 21^, Puisque l'existence du venin n'est pas douteuse dans certai- nes araignées, pourquoi ne croirait-on pas que, dans quel- ques-unes, son activité pût nuire à l'homme même, en étant la cause des différents accidents qui suivent son inoculation? La simple piqûre d'une épin{jle pourrait-elle causer les graves symptômes que l'on voit constamment survenir chez l'homme à la suite de la morsure du Latrodectus malmignatiis ? Je ne le crois pas ; et à moins de trouver le sujet dans la pire disposi- tion, la piqûre insignifiante d'une épingle ne pourra pas avoir de suites plus qu'à l'ordinaire. Dans ma pratique médicale, j'ai eu une foule d'occasions de voir que les simples blessures des téguments observées sur des personnes malades amènent à peine d'autres résultats que les solutions ordinaires de conti- nuité , durant généralement peu de temps , à moins qu'elles ne soient très-étendues^ ou qu'il ne vienne s'y compliquer quelque vice de constitution du malade. Pendant ma longue fréquentation de l'amphithéâtre anatomique de l'École de mé- decine de Barcelone, j'ai observé bien souvent que les bles- sures et piqûres faites par les scalpels dont on se sert pour la dissection des cadavres n'avaient ordinairement aucune suite , tandis que d'autres fois je les ai vues en avoir de fa- tales; et dans ces cas, dont il m'intéressait de connaître la cause , j'ai reconnu , à n'en pas douter, que le mal occasionné ne provenait ni de l'insignifiante blessure, ni même de la seule disposition du sujet, mais bien de l'inoculation d'une humeur vireuse produite par la maladie qui a fait succomber l'individu dont la dissection a amené un tel résultat. Ainsi, non- seulement j'ai vu s'inoculer certaines maladies, mais aussi se produire une inflammation spéciale du système lymphatique, qui, dégénérant en suppuration , a fini avec la vie de l'individu attaqué. En réfléchissant donc sur ce qui vient d'être dit , nous voyons que de simples blessures dans les téguments, surtout quand 216 ANNALES - elles sont aossi minhiies que celles produites par de légères pi- qûres d'épingle, ne sont pas suivies d'accidents alarmants comme dans le cas où l'instrument est envenimé. Maintenant, puis-je supposer un moment, avec lesnatura^ listes qui ne croient pas au venin de notre Latrodectus, qu'une piqûre d'épingle, ou une autre blessure analogue, peut produire sur une personne mal disposée, la fièvre, et ensuite le délire, sans qu'il soit nécessaire de recourir, pour ce phénomène, à l'ac- tion d'aucun venin, et que ce sont les seuls symptômes qui carac- térisent la maladie produite par la morsure de notre Latro- dectus? La reproduction constante d'une même série de sym- ptômes , toujours déterminée par les mêmes causes , peut-elle être regardée comme fortuite et dépendante seulement de la mauvaise disposition individuelle? Il serait superflu de réunir tous les accidents, qui , aussi bien , ne sont pas ordinairement très-fréquents. Boccon , Rcysler, Rossi , Totti , Abbot , Cauro , etc. , ont parlé de l'envenimement produit par la piqûre du Latrodec- tus , et l'on a mis en doute les assertions de ces observateurs, sans en citer d'autres qui aient prouvé expérimentalement le contraire , en se contentant de dire : « qu'on a beaucoup exa- «géré la chose; que toutes ces observations sont très-ancien- «nes; qu'on ne s'est pas donné la peine de bien examiner si la «maladie observée était véritablement produite par la piqûre «de l'araignée en question, et que l'on n'a présenté ni faits «ni observations qui le démontrent.» Je suis convaincu que s'il est utile de n'être pas trop crédule , il est peu prudent d'être incrédule sans fondement, et pour cette raison, je me suis décidé à réunir toutes les données possibles, sur les faits arrivés dans la campagne de Tarragone , pendant les trois années 1830, 1833, 1841, pour connaître ainsi la vérité. Les fruits de cette résolution sont les observations faites par le docteur Andreu , dont l'authenticité est facile à prou- DE LA SOCIÉTÉ KiNTOMOLOGIQUE. 217 ver en consultant T Académie de médecine de Barcelone, les médecins de Veudrell, Velbey, CalatcU, Santa -Oli va, Feras, Albinana , San-Vicente-de-Calders et le Plà, ainsi que les habitants de ces endroits, et surtout ceux qui ont ressenti les effets d'un semblable envenimement. Symptômes que détermine la morsure du Latrodectus malmignatus. D'après les observations faites sur les personnes piquées par cette araignée, la maladie à laquelle une telle blessure donne lieu est caractérisée par les symptômes suivants, expo- sés ici dans ce qu'ils ont de plus important, et dans l'ordre où ils se présentent et se sucèdent. Dans l'action de la morsure, le sujet sera une piqûre assez désagréable, qui, bien examinée , est double , puisqu'elle pro- vient de la morsure faite par les deux mandibules de l'arai- gnée ; cela se manifeste ensuite plus ouvertement par deux cercles rouges, qui, se réunissant ensuite, forment une aréole œdémateuse qui marque le siège de la tumeur et qui se dé- veloppe plus tard à l'endroit blessé. La douleur, devenue brûlante, occupe la longueur du mem- bre attaqué, et gagne même les glandes axillaires ou ingui- nales , suivant la région à laquelle appartient le membre : ces glandes se tuméfient et deviennent douloureuses, et l'espace entre elles et l'endroit piqué se marque de taches livides qui semblent désigner le passage des vaisseaux lymphatiques. La douleur continue successivement, en gagnant du terrain, jus- qu'aux cavités abdominale et thoracique, avec une sensation de chaleur brûlante , forte constriction ou mal de gorge , ten- sion du ventre , ténesme , sans pouvoir répandre une seule goutte, et prurit douloureux sur le sommet de la glande. Une douleur aiguë ne tarde pas à occuper la tète, se fait sentir 218 ANNALES tout le long de Tépiiie dorsale, et aussitôt surviennent des convulsions générales, et plus particulièrement aux extrémi- tés, dans lesquelles se sent un fourmillement très-incommode, suivi quelquefois d'une insensibilité notable , surtout aux pieds, qui sont ordinairement livides, pendant que tout le corps est enflé. Cet appareil imposant de symptômes fait voir une faiblesse d'esprit très-marquée chez les malades , par leurs expressions de désespoir, d'affliction profonde , de craintes sur le retour de leur santé, car ils se croient menacés d'une mort pro- chaine; on les voit changer continuellement de place dans leur lit, pousser des soupirs et des cris plaintifs, porter machina- lement les mains à leur tête , où ils disent qu'ils se sentent piquer le cerveau par des épingles; la figure est quelquefois crispée et brûlante, d'autres fois pâle. On remarque de la diffi- culté dans la respiration, le pouls est très-bas, fréquent, irré- gulier, la peau froide et rendue humide par une sueur abon- dante , froide et visqueuse ; en même temps le patient se plaint que ses entrailles brûlent, et demande avec avidité de l'eau fraîche. Dans quelques cas, la vue s'obscurcit au point de ne plus distinguer les objets, la conjonctive est injectée; dans d'au- tres, la voix s'affaiblit, ou bien le tintement des oreilles devient très-marqué. On a vu quelquefois des taches livides paraître sur le corps entier. L'intensité de ces symptômes varie suivant la délicatesse de l'individu, la force du Lairodectus , et aussi le nombre des piqûres qu'a reçues le patient. La décadence du mal s'annonce au bout de plus ou moins de temps , suivant la force du malade , l'énergie des moyens employés, et la promptitude de leurs effets : dans tous les cas, on la voit s'annoncer par la sueur, qui, de froide et visqueuscj devient chaude et vaporeuse, par l'élévation et la régularité DK LA SOCIÉTÉ EMUMOLUGKJLK. 21i) du pouls, la facilité de respirer, et d'urliier,«la cessation du prurit des glandes , et de la douleur aiguë du cerveau et de Tcpine dorsale, qui passe à ua engourdissement très- marqué ( je soupçonne que cet état léthargique est un effet du laudanum qu'on donne au malade, et non un sym- ptôme de la maladie ; car 1-1 faut remarquer qu'il apparaît quand cessent les phénomènes nerveux qui précèdent, pen- dant lesquels le patient prend une bonne quantité d'opium); tous les symptômes baissent d'intensité , se dissipent successi- vement d'une manière complète , et la convalescence s'annonce par une lassitude générale, beaucoup de tristesse, constipa- tion, douleurs dans les mollets, qui diminuent à mesure que l€ patient passe à l'état normal. L'endroit malade offre, comme nous l'avons dit, une tumé- faction qui , dans quelques cas , se change en une véritable tumeur qui suppure , ordinairement, au grand soulagement du malade : dans d'autres cas, l'inflammation locale cède sans suppuration, et pendant quelque temps l'endroit piqué reste marqué par une tache livide remplaçant la tache rouge qui marquait le point de la piqûre. Explication des figures 1 et '2 , n'' II de la planche X. Fig. 1. Latrodeclus malniignalus , Walk. grossi. Fig. 2. Id. id. grandeur naturelle. XI. 16 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOlilQL'E. 221 DEISCRIPTIOX d'l.\e nouvelle espèce du ge^re Dasytes , Par M. le docteur GRAELLS (t); Traduite ea français par M. Léon F AIRMAIRE. ( Séances des 4 mai et l^^ juin 1842.) Dasytes ciliatus. Graells. (PI. x,.^°II,fis^ 3 à 6). Virldis^ temiissime piinctaliis , graaiilatus , granuUs pllo nîgro erecto ter.ninatis , marglnibas protlioracis et ely- troriim clliatis , ciliis prolîioracis prorsum, elytroriim retrorsnm versis. Habitat ad aquas calidas de Monleleobinn, in floribua Cisti mo/ispeliensis et albidi. Long". 3 lig. Larg. 1 lig. La couleur générale de ce Dasytes est d'un vert de pré, avec quelques reflets cuivreux sur la tête et le protliorax. bronzés (1) En espagnol, le litre de ce Mémoire est le 'suivant : Descrip- rioii de una espccie nuaa del ge/iero Dasytes ^ por cl doctor Graëlls , etc. etc. 222 ANNALES sur les pattes, et violets sur les antennes, les palpes et les der- niers segments abdominaux; les yeux sont noirs. La tête a, sur le vcrtex, un enfoncement très-marqué, au milieu duquel on voit, entre les yeux et les antennes, une petite élévation contiguë à Fépistome, et très-bien circon- scrite dans tout son pourtour : cette élévation, comme le reste de la tête, est marquée de points très-fins enfoncés; au-dessous et devant les yeux, se voient deux autres pe- tites élévations, desquelles naissent les bases des antennes. Le dessus du prothorax est transversal, un peu déprimé, plus large tacés. La poitrine est quelquefois noirâtre . et couverte de forts points enfoncés. Il a été découvert aux environs de Varsovie par M. Waga . qui a bien voulu me le communiquer ; il doit être placé à coté du Pici/jes. AbR-ÏUS ATOMARirS. Long, -/o millim. Larg. ^ .-> millim. Ovalaire. légèrement convexe. d"uu noir de poix très-bril- lant. Tète petite . lisse : antennes ferrugineuses, avec la massue testacée. Corselet lisse . plus étroit antérieurement, légère- ment arrondi en arrière. Écusson à peine visible. Élytres une fois et demie aussi longues que le corselet, lisses et sans au- cune trace de strie. Pattes étroites: les jambes de devant à peine dilatées. Il ressemble beaucoup au Xigricornis; mais il est un peu plus allongé ; la massue des antenne> est testacée, et l'œil armé de la meilleure loupe ne peut apercevoir trace de ponctuation. Je n'ai jamais pris qu'un seul individu de cette espèce, mais 232 ANNALES je ne pais indiquer dans quelle circonstance : je l'ai trouvé à Fontainebleau ie 29 juillet 1 837. Aer^us pukctum. Long. 1 y^ niillim. Larg. -/^ millim. Ovalaire, un peu allongé, légèrement convexe, et d'un noir de poix asssez brillant. Tête petite, très-finement poin- tillée , et presque lisse ; antennes noires. Corselet un peu plus étroit en avant, légèrement arrondi en arrière, et couvert de Irès-petits points enfoncés assez rapprochés. Écusson très-pe- tit, triangulaire. Élytres une fois et quart plus longues que le corselet, un peu ferrugineuses, et couvertes de petits points enfoncés un peu plus forts et plus écartés que ceux du corse- let. Pattes étroites ; les jambes de devant très-légèrement dila- tées à partir de leur naissance , arrondies en dehors , et très- finement dcnticulées. Il ressemble au Nigricornis , mais il est plus grand , plus allongé ; la ponctuation du corselet et des élytres est plus forte et moins serrée, et, en outre , il n'offre pas sur le corselet la petite ligne transversale qu'on observe chez ce dernier. J'ai reçu cet insecte d'Italie. Abr^us parvclus. Long, 1 1/3 millim. Larg. Vg millim. Suborbiculâire , très-convexe, noir de poix un peu ferru- gineux. Tête très-finement pointillée ; antennes ferrugineuses, avec la massue testacée. Corselet ferrugineux et luisant , plus étroit en avant , légèrement arrondi en arrière, et couvert de très-petits points enfoncés, assez écartés. Écusson à peine vi- sible. Élytres une fois et quart plus longues que le corselet , couleur de poix , et couvertes de petits points enfoncés très- rapprochés, souvent confluents, et qui les font paraître ternes DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGlOUt:. 233 et granuleuses. Pattes étroites ; les jambes antérieures forte- ment dilatées, à partir de leur tiers supérieur, et arrondies en dehors. Il ressemble au Globosus, dont il diffère par la ponctuation relative des élytres et du corselet, qui est plus serrée sur les premières, tandis que c'est le contraire dans le Globosus ; en outre, les pattes antérieures sont arrondies extérieurement, tandis qu'elles sont anguleuses chez ce dernier. Il a aussi quelque analogie avec le Granulum Erichson , par la dilatation des pattes antérieures ; mais il est deux fois plus grand, et ses élytres sont couvertes d'une ponctuation beaucoup plus serrée. Je l'ai pris à Fontainebleau , dans un chêne pourri. SCYDM^ÎVrS lATICOLLIS. Chevrier in liit. Long. 1 1/3 millim. Larg. 2/3 millim. Oblong, très-légèrement convexe, et d'un noir de poix brillant. Tête petite, enfoncée dans le corselet jusqu'aux yeux , rougeâtre, brillante et couverte d'un duvet très-léger. Antennes assez longues, testacées; les trois derniers articles formant la massue. Corselet très-large en avant , rétréci en arrière , assez convexe au milieu , noir de poix assez brillant , et couvert d'une légère pubescence. Écusson cordiforme. Ëlytres ova- laires, plus étroites en avant que le corselet, et formant avec lui un angle rentrant très-sensible, arrondies en arrière, de la couleur du corselet, et comme lui couvertes d'un duvet léger ; elles offrent chacune, à la base, une impression fortement enfoncée. Dessous du corps brun, avec l'abdomen d'un testacé ferrugineux. Les pattes testacées; les cuisses légèrement ren- flées. Il ressemble considérablement au fhoraciciis , à côté du- i: . 'Il 234 ANNALES quel il doil être placé ; mais cependant il s'en dislingue par une taille double en grosseur, par sa forme plus trapue , sa convexité plus grande , et ses antennes relativement un peu plus longues. Il a été pris dans le Jura par M. Ghevrier, de qui je tiens im exemplaire. SCYDM^.Nl]S MIINUTISSIMUS. Long. 2/3 millim. Larg, y^ millim, Ovalaire, allongé , déprimé, entièrement d'un testacé pâle, et couvert d'un léger duvet. Tête très-petite, enfoncée dans le corselet jusqu'aux yeux; les trois derniers articles des an- tennes formant la massue. Corselet très-large en avant, rétréci en arrière , où il est très-légèrement rembruni. Écusson cor- diforme; élytres ovalaires, un peu allongées, plus étroites en avant que le corselet , et formant, à leur point de réunion avec lui , un angle rentrant très-sensible ; elles sont arrondies en arrière, et offrent chacune à leur base une impression enfoncée. Pattes plus pâles; les cuisses légèrement renflées. Cet insecte, également très-voisin du Thoracicus , n'en diffère que par sa taille , beaucoup plus petite, moitié moin- dre , et sa forme plus étroite et plus élancée. Je ne sais si sa couleur est constante, n'ayant vu qu'un petit nombre d'indi- vidus tous pris en même temps et dans les mêmes circon- stances. Découvert en mai dernier par M. Langeland, dans l'île Louviers, sous une bûche couverte de champignons; il en a pris six exemplaires. I OCYPUS SICULUS. Long. 18 à 20 millim. Long. 4 millim. Allongé , subcylindrique, noir et brillant. Tête suborbicu- laire, couverte de points assez forts, assez écartés, et de quel- D2 LA SOCIETE ENTOMOLOGIOUE XVy ques autres beaucoup plus petits daus les intervalles; antennes et palpes ferrugineux; mandibules noires. Corselet à peu prés de la largeur des élytres. aussi long qu'elles, ponctué comme la tête, maÎN un peu plus fortement, avec une ligne longitu- dinale au milieu, lisse et lui et trés-serrés. Abdomen couvert en dessus et en dessous de points enfoncés assez forts, mais moins serrôs que sur les élytres. et présentant, en outre, d'au- tres points épars . beaucoup plus forts, et d"oi!i sortent autant de cils noirs. Pattes ferrugineuses; les hanches antérieures également ferrugineuses , les intermédiaires et postérieures noirâtres. Il est très-voirin du Pedator, mais il est \)\\\^ grand: la ponctuation des élytres est plu> forte et plus serrée, et celle de Tabdamen également plus forte, mais beaucoup plu^ lâche. Rapporté de Sicile par M. Ghiliani, OCVPUS PLAMFEZSMS. Long. 15 millim. Larg. 3 ^ o millim. Allongé . déprimé . noir et brillant. Tète assez large . subor- biculaire . couverte de points assez forts et écartés . et de quel- cjues autres beaucoup plus petits dans les intervalles; antennes et palpes ferrugineux : les premières plus pâles à la base et à lextrémité. et assez longues; mandibules noires. Corselet un peu plus étroit et un peu plus court que les élytres. ponctué comme la tète, avec une ligne longitudinale au milieu, lisse et luisante. Écusson couvert de points îrès-serrés. Élytres d'un noir bleu , un peu terne, avec h suture très-étroltement fer- rugineuse; elles sont déprimées et couvertes de points peu serrés. Abdomen couvert en dessus et en dessous de points enfoncés assez forts, n peine moin> serrés que sur les élylre>. XI. 17 ''. I\ -' ; 236 ANNALES et présentant, en outre, quelques autres points épars, un petï plus forts, et d'où sortent quelques cils noirs. Pattes rougeà- tres; toutes les hanches noires. Il diffère essentiellement du précédent , par sa taille plus petite, sa forme plus déprimée, la légère ligne rougeàtre à la suture des élytres , et la couleur noire de toutes ses hanches; il diffère aussi du Pedator, dont il se rapproche davantage par ses antennes et ses élytres plus longues ; celles-ci sont moins rugueuses , un peu plus brillantes et plus déprimées , et la ponctuation générale est beaucoup moins serrée. Rapporté de Sicile par M. Ghiliani, PuEDERUS LUSITAKICUS. Long. 10 millim. Larg. 1 2/3 millim. Allongé et subcylindrique. iTête assez forte, noire, luisante, avec quelques points enfoncés sur les côtés et en arrière ; an- tennes noires ; les trois premiers articles et la base du quatrième testacés; palpes maxillaires testacés; le dernier article presque entièrement noir, les labiaux noirs ; mandibules noires. Corse- let rougeâtre, suborbiculaire , un peu allongé, et légèrement rétréci en arrière , marqué en dessus de deux lignes longitu- dinales de points enfoncés , et de quelques autres points épars sur les côtés. Écusson noirâtre. Élytres un peu plus courtes que le corselet, d'un bleu verdâtre, couvertes de points assez forts et écartés. Abdomen rougeâtre, avec les deux derniers seg- ments noirs ; il est marqué de très-petits points épars. Poitrine noire. Pattes noires ; les cuisses testacées dans leur tiers supé- rieur; les tarses d'un brun ferrugineux; les hanches anté- rieures testacées, les intermédiaires et postérieures noires; il est tout couvert de petits poils noirs et rares. Il a beaucoup d'analogie avec le LUtoralis, dont il doit être bien certainement séparé, et s'éloigne beaucoup des variétés DZ LA SOCIÉTh FNTO-.ÎOrOG-QcE. 2.17 méridionales de cette espèce dont parle M. Enichson. La forme de son corselet est moins globuleuse. Ses élytres sont un peu plus allongées . et couvertes de points un peu plus enfonces. Ses pattes sont presque entièrement noires, et les hanches intermédiaires sont également de cette couleur, tandis qu elles sont testacées dan^ le Liîtoralis. Il a été pris en Portugal par M. Deyrolle, qui en a rapporté environ quinze exemplaires identiques. Explication des figures 2 à 6 de la planche IX. 2. Langeiandla anoplithalma très-grossi. 3. Mesure de sa grandeur naturelle. 4. Bonche vue en dessous, représentant le menton a , les mâchoires h, les palpes maxillaires c, la languette d , et les palpes labiaux e. 5. Dessus de la tète représentant l'épistome a, le labre h , et la naissance des antennes c. 6. Mandibules. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ EiNTOMOLOGlQUE. 230 XOTE SUR LES Callimorpha do miaula et donna; Par M. AcH. COSTA. (Séance du 3 août 1842.) M. Dujîonchel , dans le supplément à son Histoire naturelle des Lépidoptères ou Papillons de France (1), a éîabli d'une manière assez tranchée les caractères par lesquels la Callimorplia donna se distingue de la variété jaune de la Callimorpha dominula. AL Boisduval , ajoute-t-il, pense que la donna pourrait n'être qu'une variété locale de la do- minula , et qu'il faudrait examiner la chenille pour décider si c'est une espèce ou une variété locale. Nous ne sommes pas à même de remplir ce vide; car il nous a été impos- sible de trouver la chenille dans les environs de Naples; mais nous voulons parler seulement des variations que nous offre la C. donna dans les différents endroits de notre royaume, pour en conclure que celte prétendue espèce, quelle qu'en soit la chenille, ne peut pas être considérée comme espèce distincte. (1) Tome m, page 46, 240 ANNALES Dans la Calabre, la Caliimorphe est tout à fait semblable au type de la donna décrit et figuré par M. Duponchel; seulement, au lieu d'avoir les deux points jaunes sur le collier, elle a sur le corselet deux traits longitudinaux du même jaune, comme dans la dominula, La Caliimorphe des Abruzzes, au contraire, s'éloigne de la donna, et s'approche de la dominula^ comme nous le ferons remarquer après en avoir donné la description. Le dessin des ailes antérieures est le même que celui de la dominula (pi. ix, fig. 7); mais la tache oblongue près de l'ori- gine du bord interne est toujours plus petite , et manque souvent tout à fait. Il y a même des individus dans lesquels manque quelqu'une des taches ordinaires (pi. ix, fig. 8); mais le défaut de la basiîaire n'accompagne pas toujours celui des discoïdales. Le dessin des ailes postérieures est aussi le même que celui de la dominula; mais le noir est plus ou moins prédo- minant. Le plus souvent, les deux taches irrégulières noires, qui , dans la dominula ordinaire , sont près du bord externe, dans la Caliimorphe en question sont réunies, et forment une seule bande occupant tout le bord, et chargée d'une tache près de l'angle antérieur, une lunule plus ou moins allongée vers l'angle postérieur, et quelque intenPiédiaire, jaunes. La tache qui est au milieu du bord antérieur communique , par une nervure noirâtre, avec la base, qui est aussi légèrement de cette couleur (pi. ix, fig. 7). On trouve encore des individus dans lesquels le noir est plus étendu et la bande du bord est plus large et chargée d'une seule tache jaune (pi. ix, fig. 8 ). La tête et le corselet sont noirs-verdàtres : ce dernier a de chaque côté un trait longitudinal jaune, plus ou moins long, qui se réduit même quelquefois à un simple point. L'abdomen est de la même couleur que le corselet, le plus souvent sans tache, rarement avec un point jaune bien marqué aux côtés DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 241 de chaque sejjiiient, comme Tavait dOjà observé M. Boisdiival, ce que nous avons eu le soin de représenter dans la fi(»uro huitième de la planche neuvième. D'après cette description, on voit que la Callimorphe des Abruzzes doit se rapporter à la doininula pour le dessui des ailes , et à la donna pour la couleur de Tabdomen. De ce que nous venons d'exposer il résulte qu'il n'y a prs un caractère constant pour distinguer les deux espèces, et que, quelle qu'en soit la chenille, l'insecte parfait présenter j toujours tant de variations formant les passages interm^'diairrs, qu'il est impossible d'élablir une limite entre les deux Calh- morphes, à moins qu'on ne veuille prendre en considL^ralion la patrie de chaque individu. Enfin, il parait convenable de dire, pour cette espèce, que le mélanisme augmente dans les lieux chauds et plus méri- dionaux et vice versa. Explication des fi g. 7 et S de la planche IX. Fig. 7 et 8. Variétés de la Callimorpha donna. ANNALES DK LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOlilOUE. 2Î3 SUR l'ennomos Illnnaria; Par Î\I. GUExNÉE (de Châteaudun). (Séance du 7 septembre 1842.) Tous les entomologistes connaissent maintenant la cause de Textrême différence qu'on remarque entre la Vanessa prorsa et sa variété levana , et ce fait est devenu un des mieux constatés , et un des plus curieux dans l'histoire des Lépidoptères. Tout porte à croire que ce n'est pas là un fait isolé, et que plusieurs Lépidoptères exotiques se trouvent dans le même cas. La variation extraordinaire qu'on remarque dans la Cyrestis hylas? de Java, qui est tantôt fauve et tantôt d'un blanc pur, n'a peut-être pas d'autre cause. Mais, sans aller chercher des exemples parmi les espèces exotiques, nous en trouvons qui ne sont guère moins frap- pants parmi les Lépidoptères de nos pays, et il ne s'agit que de multiplier les observations à ce sujet. Déjà M. Duponchel a consigné dans notre Iconographie des chenilles un fait de celte nature à loccasion de VEnnomos illiistraria;\t viens en apporter aujourd'hui un nouveau, puisé dans le même genre. VEnnomos illiinaria (Wien-Verz.) a aussi sa variété œsti- valc, et elle est quelquefois Icllcment tranchée, qu'on serait U4 ANNALES tenté d'en faire une espèce. Les individus provenant de che- nilles prises à Farrièrc-saison et qui éclosent au printemps de Tannée suivante, sont, comme on sait, d'un gris un peu verdàtre, surtout dans la femelle. Cette dernière est marquée, aux ailes inférieures, d'une bande médiane sombre violâtre ou d'un vert olive , sur laquelle se dessine la tache semi-lunaire qui, en dépit de son nom, existe chez cette espèce comme chez ses congénères. Le mâle est fortement sablé d'atomes ferrugineux; et ces atomes se multiplient en dessous, de manière à former un fond d'un violet-verdàtre , sur lequel se détachent des lignes d'un blanc terni. Dans la variété œstivale , c'est-à-dire chez les individus provenant de chenilles élevées en mai et éclos en juillet de la même année , le mâle n'est que légèrement sablé d'atomes , et le fond de la couleur tire visiblement sur le jaune lavé de rose. En dessous, la différence est encore plus marquée, et les lignes claires sont roses au lieu d'être blanches. La femelle n'est pas moins distincte : le gris-verdâtre est remplacé chez elle par un jaune d'ocre franc, et la ligne des ailes inférieures est ferrugineuse et souvent réduite à quelques traits à peine visibles; enfin toutes les ailes sont liserées de ferrugineux vif. Il est à remarquer que presque toujours cette variété œsti- vale est plus petite, et à ailes proportionnellement moins allongées que chez les individus printaniers. J'ai observé la même chose chez ï Illustra ria. D'après ces deux faits , je pense que toutes les espèces du môme groupe sont sujettes à cette modification. Je ne l'ai pas encore observée chez la Liinarfa; mais je ne serais pas éloigné de croire que la Deliinaria d'Iïubner, que M. Boisduval con- sidère comme une espèce distincte, n'est que le résultat d'une différence dans l'époque de l'éclosion , à moins toutefois que M. Boisduval n ait élevé la chenille, et qu'elle ne lui ait offert DE LA SOCIÉiÊ KNTO «lOLOGlOUli:. 2iâ des différences constantes; et encore en^jagerais-je notre collègue à répéter son expérience; car on sait, d'une part, combien la chenille de Liuiaria est sujette â varier, et, d'au- tre part, combien sont légères les différences spécifiques des chenilles dans ce genre : il n y a qu à citer à Tappui de cette observation celles iXIUunaria et dilUustraria, celles ù\4n- gularia et d'Jl/iiaria, etc, etc. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. 217 ]\OTltE SUR LES AMHICUS RECUtlLLIS AL'Ï E.WIROAS DE PERPIGNAN, ET DESCRIPTION DE OCELOUES ESPÈCES ?.OUVELLES; Par M. le Marquis de la FERTÉ-SÉNECTÈRE. (Séance du 7 septembre 1842.) En rangeant les Hétéromères de ma collection , et en y in- tercalant une belle suite de types de lancienne collection Dejean, que je dois à l'obligeance de i\L le marquis de Brème, j'ai été conduit à reconnaître quatorze espèces dCAnthicus bien distinctes, recueillies par moi en deux chasses , au mois de juin 1840, dans la seule localité de Canette, petite mais très-ancienne ville du Roussillon. située à deux lieues de Per- pignan, et à une petite lieue de la mer. sur la rive droite du Têt. La réunion d'un si grand nombre d'espèces du même genre , sur un même point , m'a paru un fait assez intéressant pour être communiqué à la Société. J*ai d'abord voulu n'en donner que la liste, et j'ai été entraîné non-seulement à dé- crire les espèces que j'ai supposées nouvelles . mais à donner quelques caractères spécifiques pour les espèces du catalogue Dejean. non décrites par Fabricius. Je réclame l'indulgence des entomologistes pour ce travail, en quelque sorte impro- Zm ANNALES visé, mais qui pourra nétre pas inutile à quiconque voudrai! entreprendre un jour la monographie complète de ce genre. 1. Anthicus antherlnus. Fabr. S} st. Eleuter. 1, p. 291. 2. J. hirtellus. Fabr. id., id., p. 292. 3. J. giitiatiis. Hoffmansegg. Dej. Catal. Hlrius , piceus , thorace cordato, elytrls macuJis basait et posteriori ferruglneis. Entièrement d'un brun foncé , hérissé de longs poils comme Vhfrtelhis, avec deux taches jaunes ou ferrugineuses sur chaque élytre, Tune vers la base, transversale, obliquant un peu de l'angle antérieur vers le centre , et moins large que la tache correspondante dans Xliirtellus, l'autre arrondie vers l'extrémité. Les élytres , légèrement arrondies sur les côtés , ont une forme plus ovalaire que celles de Xhirtelliis. Sans cette différence on pourrait considérer l'espèce de Fa- bricius comme une variété du guttatus, dont les taches pos- térieures auraient disparu. 4. A. a (finis. Dejean, Dej. Gâtai. Brunneus, tenue pubescens^ capite nigro thorace cor- dato elfiris fascia posteriori flavescenle subparallelis. Plus petit que Yhirtellus, d'un brun foncé, avec une bande jaunâtre large et distincte sur les élytres, vers les deux tiers de leur longueur. La têt^ est noire, luisante, les antennes sont jaunes, avec les quatre derniers articles obscurs. Le cor-- selet est cordiforme , peu bombé antérieurement, rétréci à la base, qui est jaunâtre ; il est peu brillant, et laisse apercevoir une pubescence très-fine qui existe aussi sur les élytres. Celles- ci sont peu arrondies sur les côtés, et coupées carrément à la base. Les pattes sont entièrement jaunes. Très-commun dans DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQ'JE. 24» les prairies près de Candie, j'en ai pris un seul individu dans les monta{;nes des Albères, dernier anneau de la chaîne des Pyrénées orientales. 5. J. brunneiis, mihi. (PI. x, n° i, fig. 1.) Nigro hrunneus j nitidiis, glaber, caplte brevi postlcê fjiiadrato, thorace ad basim pariim coarctato, elytris subparallelis , dislincte punctulatis , concoloribiis , im- pressionls hiimeralls colore dîliitlore. Cet insecte est voisin de XÀ. fenestratiis, Dej. Il s'en rap- proche par la forme de la tête, qui est large , courte et carrée postérieurement, par celle du corselet qui est peu rétréci à la base, enfin par sa couleur, généralement brune; mais il lui manque les taches grises qui ornent le Fenestratus, et qui sont dues à une pubescence régulièrement distribuée en deux bandes : l'une qui couvre toute la base des élytres, l'autre qui les traverse par delà la moitié. Le Brunneiis , en outre, a les élytres moins arrondies sur les côtés; elles sont plus brillantes^ plus distinctement ponctuées , et on remarque près des angles antérieurs une impression humérale bien distincte et assez longue, que l'on n'aperçoit pas dans le Fenestratus. La cou- leur, en cette partie, est un peu plus claire que le fond des élytres. Les pattes et les antennes sont rougeâtres. 6. A, Anloniœ , mihi, ( Fig. 2, pi. x, n** i.) Fernigineus , tenue piibescens , capite fiisco , efytris ovatis , fasciis média et apicali ni gris. Cette jolie petite espèce, que j'avais déjà trouvée en 1838 dans le département du Gard, a pour caractère principal l'absence presque totale d'angles huméraux aux élytres, dont la base paraît envelopper celle du corselet, et dont les côtés sont arrondis de manière à donner à l'ensemble des élvtres 2r>0 ANNALES la forme d'un ovale allongé. La têle est d'un brun foncé, sans être tout à fait noire, luisante, avec les antennes rouges, à l'exception des quatre derniers articles, qui sont plus ou moins obscurs. Le reste de l'insecte est d'un rouge ferrugineux assez clair. Le corselet cordiforme, et médiocrement bombé, est teint de noir à sa partie antérieure, et inégalement couvert d'une pubescence soyeuse argentée. Les élytres présentent la même pubescence : elles sont rouges avec l'extrémité noire, et une bande transversale de même teinte vers le milieu de leur longueur; quelquefois la tache terminale n'atteint pas le bord postérieur des élytres. Les individus recueillis près de Perpignan sont beaucoup plus foncés que ceux du département du Gard, et les taches y sont agrandies de manière que les élytres paraissent brunes avec la base rougeàtre, et une bande de même lein'e vers les deux tiers de leur longueur. J'ai même un individu dont la base est entièrement brune, et cette dernière variété, réduite à une seule bande rouge, pourrait bien être identique avec XJ. unifasciatiis, Dej. Malheureusement, l'unique indi- i B vidu que j"ai reçu comme type de cette espèce est en si mau- vais état, que je n'ose rien affirmer à cet cgard. Iv^ 1 . A. plumbens , Dej. Cat. Totus nîger, piibe sericea argentea vesfitiis , elytiis ovalis j i edibiis feirugineis. |;j Semblable au précédent pour la forme du corselet et celle ; des élytres, très-différent par la couleur. Tête noire, luisante; ■\ antennes obscures. Corselet et élytres d'un noir plombé, lui- (| sant, sans apparence de taches, et uniformément couverts fl d'une pubescence soyeuse argentée. Pattes rougeàtres. Peu ^^ commun à Canette, mais excessivement commun près de Montpellier, en fauchant les hautes herbes le long d'un rivière. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 251 8. A. tenellus. Hoffmaasegg, Dej. Cat. ISigro piceus , pariun puhescens , eJytris maculis d'ia- bus basait et posteriori obliquis pallide ferrugineis. De la taille du Floralis, plus étroit, ce qui le fait paraître plus allongé, généralement dun brun foncé, tête noire, large et carrée, corselet oblong très-cordiforme. Élytres en ovale très-allongé, brunes, légèrement pubescentes, avec quatre taches d'un ferrugineux pâle , les deux antérieures placées au quart de la longueur forment un chevron très-ou- vert , la pointe tournée vers le centre. Les deux autres for- ment un chevron moins ouvert, en sens inverse du premier, vers les deux tiers des élytres. On distingue à la base de chaque côté de la suture une petite élévation ou nervure comme dans le Floralis , et une dépression sur tout l'empla- cement qu'occupe la tache antérieure. Antennes et pattes fer- rugineuses , à l'exception des cuisses qui sont de la couleur du corps. 9. A. gracilis. Panzer. Je me permettrai de décrire cette espèce , ne pouvant re- produire ici le texte de Panzer, que je n'ai pas à ma dispo- sition. Elongalus , brunneo-ferrugineus , capite postlce subro- tundato, thorace cordato , elytris flavescentibus y sutura margine laterali et macula marginali fuscis. VA. gracilis est de la taille du Floralis; la tête est un peu arrondie postérieurement, brune, peu brillante, distincte^ ment ponctuée. Le corselet est cordiforme, un peu aplati sur le disque et dilaté latéralement à sa partie la plus anté- rieure. Les élytres sont allongées, rétrécies antérieurement, coupées carrément à la base, distinctement ponctuées, beau- coup plus claires que le corselet , avec la suture et les bords II. 18 252 ANNALES plus foncés. La Icinte foncée du bord se dilate vers le milieu de la lon(jucur et forme une tache obscure qui s'avance en pointe vers la suture qu'elle atteint presque, de manière que la seconde moitié des élylres présente, sur certains indi- vidus, une tache d'un brun clair, entourée de brun plus foncé; les pattes et les antennes participent à la couleur claire des élytres (1). 10. J. Bremel. ( PI. x , nM , fig?. 3 et 4.) Cette espèce , que j'ai été heureux de dédier à un de nos plus zélés entomologistes, varie, pour la couleur, depuis le roujje testacé clair jusqu'au brun le plus foncé , pour ne pas dire jus([u'au noir. Je considère les individus les plus clairs, sinon comme le type de l'espèce , du moins comme le point de départ des différentes variétés. \àv.a. (PI. x,nM, fig. 3.) Lœte ferrngineus , parce pubescens , capiie concolore, iliorace strangulalo torquato , elytris lateribus parum rotundatis , fasciis média apicallque nlgris. Cette variété est entièrement d'un rou^je testacé clair; la tète, les antennes, les pattes, le corselet, tout se confond dans cette teinte vive et brillante; les élytres seules, sur un fond également rouge, présentent deux taches noires, l'une qui les coupe transversalement vers le milieu de leur lon- (1) Depuis que celte notice est terminée, j'ai trouvé la descrip- tion de VAnthicus gracilis dans deux ouvra(jes : 1*^ dans V Ency- clopédie méthodique, t. vni, 2*^ partie, p. 396, à l'article Notoxus, et dans V Histoire naturelle des Coléoptères , de M. le comte de Caslclnau, t. n, p. 258. L'un et l'autre ouvrage citent Panzer. Faun., ins. germ. initia, 35, 3. La description du second ouvrage me paraît fautive; celle du premier diffère peu de la mienne, que je n'ai pas cru devoir supprimer. DE L.\ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 253 g;ueur, et qui est souvent interrompue sur la suture, l'autre tout à fait terminale et remontant un peu le long de la suture. Ces deux taches s'épanouissent sur les bords latéraux et s'y réunissent le plus souvent : voilù pour la couleur. Quant aux formes, ÏJ. Bremei a la tète arrondie postérieurement, sé- parée du corselet par un col apparent; le corselet allongée, très-bombé antérieurement, très-rétréci ou plutôt étranglé postérieurement aux deux tiers de sa longueur, puis se dila- tant un peu à la base, de manière à offrir l'apparence d'un collier garni à sa partie supérieure de deux très-petits tuber- cules rugueux, plus ou moins apparents. Les élytres ont des angles huméraux sufisamment prononcés pour que cette va- riété se distingue facilement de XJ.Antoniœ ci-dessus décrit, auquel il ressemble au premier coup d'œil par la couleur et la forme des taches. Var. b. Variahilis. Chevrolat in litteris. ( PI. x, n° 1, fig. 4.) Nigropiceus , thorace strangiilato torquato , efytris laieribus parum rotiindatis , maculis basait et posteriori ferrugineis. Entièrement d'un brun rouge plus ou moins foncé; les élytres présentent chacune deux taches ferrugineuses sur un fond brun, disposées à peu près comme celles du Tenellus ( voyez ci-dessus ). Quelquefois les deux taches postérieures , moins arrêtées dans leurs contours, n'en forment qu'une seule arrondie et commune aux deux élytres. Cette variété et la suivante existent sous le nom de Variabilis dans la collec- tion de M. Chevrolat, auquel je les ai données, et qui les a considérées comme une espèce distincte de la variété précé- dente. Var. c. Entièrement d'un brun très-foncé ; on aperçoit à peine sur les élytres quelques traces des taches basilaires : les postérieures ont entièrement disparu. 254 ANNALES Ces deux dernières variétés ont sur les élytres une ponc- tuation constamment plus grosse et plus profonde que n'est celle de la première; mais ce caractère ne m'a pas paru suffi- sant pour établir deux espèces , d'autant plus que j'ai pris au même lieu un individu dont les taches font transition de la première variété à la seconde. Il est d'ailleurs probable que les individus les moins foncés sont les plus frais éclos, et il ne serait pas impossible que la ponctuation plus profonde des autres fût le résultat d'un contact plus prolongé avec l'air. Je ferai observer encore que les individus varient entre eux sensiblement pour la largeur du corselet et celle des élytres. En comparant la variété a à corselet large avec la variété 6 ou c à corselet étroit , on a de la peine à croire que ces deux in- sectes appartiennent à la même espèce; mais j'ai recueilli des uns et des autres dans les trois variétés , et je suis tenté de croire que le plus ou moins de largeur du corselet et des élytres n'est qu'un caractère sexuel. Les trois variétés ci-dessus ont été trouvées à Canette, dans une même chasse ; j'ai pris aussi les variétés 6 et c à Mont- pelUer, et la variété b dans les Hautes-Pyrénées. Je dois ajouter que XAnthicus ici décrit se rapproche tel- lement du Riparius Dej. , cité au Catalogue avec une longue synonymie, qu'il me serait fort difficile de dire en quoi les formes de l'un diffèrent de celles de l'autre; mais les taches du Bremei manquent entièrement au Riparius, qui a les élytres uniformément d'un jaune brun plus ou moins clair. C'est du moins tout ce que j'ai pu observer sur les trois indi- vidus bien conservés que M. de Brème a extraits pour moi de l'ancienne collection Dejean. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 256 11. ^. minutas , mi/iL ( PL x, n® 1 , fig. 5.) Ferrugineiis , niUdas, parce piibescens, thorace stran- gulalo torquatOj elytris ovalis , brunneis, hasi sutura- qae sensim ferrugineis. Cette espèce est voisine de la précédente et du Riparius; elle a , comme ces deux espèces , le corselet oblong , très- bombé antérieurement, étranglé aux trois quarts de la lon- gueur, avec le collier bituberculé à la base ; mais elle en dif- fère par sa taille, qui est constamment ; plus petite; par la forme de la tête , qui est carrée postérieurement , et surtout par celle des élytres, qui sont en ovale allongé, avec les an- gles antérieurs arrondis. Quant à la couleur, les individus que j'ai pris ont la tête, les antennes, le corselet et les pattes d'une couleur ferrugineuse , moins claire que la variété a de XAnthicus Bremei. Les élytres n'ont pas de taches distinctes, elles ont la base de la couleur du corselet; mais au delà elles se rembrunissent peu à peu, excepté sur la suture, qui reste ferrugineuse. 12. A. melanophtJialmus, mihi. (PI. x , n" 1 , fig. 6 et 6 a.) Totus flai^o-testaceiis , oculis nigris , thorace bilobato, elytris parallelis antice subpunctato-striatis. Cette espèce n'est pas la moins curieuse de celles que j'ai recueillies à Canette ; elle est entièrement d'un jaune testacé clair, et les yeux seuls, gros et saillants, se détachent en noir sur cette teinte uniforme, ce qui lui a valu le nom que lui a donné M. Chevrotât en la recevant de moi , et sous lequel je l'ai envoyée à plusieurs entomologistes. La tête est courte et large, peu ou point détachée du corselet; les antennes sont courtes , un peu raoniliformes , et grossissant vers l'extrémité plus que cela n'a lieu dans les autres espèces; le corselet est 256 ANNALES très-dilaté antérieurement, aussi large que la tête, y compris les yeux, étranglé brusquement aux deux tiers de sa longueur, puis dilaté de nouveau jusqu'à la base, qui est aussi large que la tête, non compris les yeux; son disque, en outre, est partagé en deux par un sillon longitudinal bien marqué, qui ne se prolonge pas tout à fait jusqu'à l'étranglement. Cette forme bilobée du corselet rapproche cet insecte du Piilchellus du Catalogue, mais plus encore des espèces américaines Inter- ruptiis et Bilobus; seulement, dans ces espèces, le corselet étant beaucoup plus long et beaucoup moins large , la stran- gulation n'est pas aussi choquante. Les élytres sont très- allongées, comparativement à la forme courte et trapue des parties antérieures ; elles sont aussi parallèles que possible , coupées carrément à la base, et couvertes jusque par delà la moitié de gros points enfoncés , rangés en stries presque ré- gulières. Cette espèce n'a pas été recueillie comme les autres à l'aide du filet faucheur, je l'ai prise courant très-vite à terre sous des amas de joncs desséchés que la rivière du Têt , pendant les inondations, avait charriés et déposés sur la grève. Ces joncs , en conservant de l'humidité au sable brûlé tout autour par le soleil, étaient devenus le rendez- vous d'un grand nombre de Coléoptères. 13. J. pedestris. Fabricius. Syst. éleut. 1 , p. 291. 14. J. pulchellas. Dejean, Rodriguei, Latreille. (Dej. Gat.) Piceus, nîtldus, sub hirsutus, thorace elongato bilobato, elytris fasciis basait et posteriori flavescentibus. Très-petite espèce digne du nom qu'elle a reçu de M. Dejean. Tête noire, très-luisante, corselet bilobé beaucoup plus long et moins large que celui du Melanophthalmus , d'un brun rouge foncé antérieurement, plus clair vers la base. Elytres 'DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. 257 très-brillantes, iin peu arrondies sur les côtés, coupées car- rément à la base, parsemées de longs poils jaunes, brunes, avec deux bandes transversales jaunâtres, l'une très-près de la base et interrompue sur la suture . l'autre vers les trois quarts de la longueur. Antennes jaunâtres, pattes testacées, à l'exception des cuisses qui sont brunes. Cette espèce, que j'ai prise moi-même à Bordeaux, à Auch, à Montpellier et à Canette, se tient constamment sous les pierres ou dans le sable, au pied des arbres. Elle a été prise aussi en abondance à Malaga . par M. Ghiliani . habile chasseur, voya- geant pour le compte d'une société, dans l'hiver de 1841 à 1842; mais les individus de l'Andalousie sont encore plus petits que ceux du midi de la France. Parmi les quatorze espèces, les A . melanophthalmus et Pulchelliis sont les seuls dont je puisse indiquer positivement la station, suivant l'expression de M. Lacordaire. Quant aux douze autres, elles se tiennent toutes sur des fleurs ou des graminées; mais mon ignorance en botanique ne m'a pas permis de reconnaître les plantes auxquelles certaines espèces s'attachent de préférence. Je dois donc me borner à dire que toutes ces espèces ont été recueillies à l'aide de la fauchoire . dans les terrains vagues et incultes , et dans les prairies qui séparent la 'sille de Canette de la mer. Gyllenhal , dans son Histoire des insectes de la Suède , signale aussi les bords de la mer comme l'habitation particuhère de plusieurs espèces de ce genre. Dans le centre de la France, le nombre des espèces à'Jn- thiciis est beaucoup plus restreint. Le Catalogue de M. Dejean n'en attribue que trois aux environs de Paris : Antherinus , Floralis et Hirtellus; et dans la campagne que j'habite en Touraine, au milieu delà forêt de Chinon, je n'ai rencontré depuis six ans que les espèces suivantes : Antherinus , assez commun sur les fleurs; sur les murs , près du fu- mier. 253 ANNALES Floralls , très-commun Hirtellus y moins commun 4 PustulatuSy un seul individu Rufipes une seule fois , dans la forêt , au bord d'une fosse. Instahilis (pi. x, n^ 1, fig. 7 et 7 à)^ commun, courant sur la terre , dans les vignes. A propos de XÂnthicus instahilis, bien qu'il n'entre pas dans mon plan d'en parler ici, je ne puis résister à signaler une singularité que je crois être particulière à cette espèce; car je ne l'ai remarquée dans aucune autre, et il n'en est fait mention dans aucun des ouvrages que j'ai pu consulter. Cette singularité consiste dans une dilatation ou épanouissement en forme de palette ou de spatule à la partie externe des tibias postérieurs : cette espèce d'appendice tibial doit être un caractère sexuel; car tous les individus de l'espèce n'en sont pas pourvus ; mais il m'est impossible de dire à quel sexe il appartient , bien que l'analogie me porte à l'attribuer au mâle. J'ai dessiné dans des proportions assez grandes la patte postérieure droite des deux sexes , afin qu'on puisse éta- blir la comparaison. La patte est figurée dans la position na- turelle au repos , appliquée contre l'abdomen. On voit ainsi la face supérieure de l'appendice, qui est légèrement convexe, avec un sillon longitudinal vers le milieu ; la face inférieure, au contraire , présente une concavité correspondante , ce qui laisse à Fappendice une très-mince épaisseur. Après avoir appelé l'attention des entomologistes sur VAn- thicus instahilis , il n'est pas inutile d'en donner la descrip- tion qui, peut-être, n'existe encore nulle part. Cette espèce porte trois noms différents dans le catalogue de M. Dejean ; je lui conserverai le premier, donné par Hoffmansegg : ce doit être le plus anciennement répandu, puisqu'il figurait dès 1821 dans la première édition du Catalogue. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 259 A. instabilis, Hoffmansegg., Dej. Cat. (PI. x, n" i, fig. 7 et 7 a.) Colore aiit brunneo aut flavescente varlabUi, capite postlce siibqiiadrato j thorace cordato, elylris concolo- rlbus, iinmaculatis sat profanée piinctatis , tibiis posticis sexus unius in formam spatulœ extrinsecm dilatatis. Cet Anthicns étant très-voisin du Gracilis de Panzer, il suffit de si(jnaler les différences. Il est constamment un peu plus grand ; la tête, au lieu d'être arrondie, est presque carrée postérieurement; le corselet, également cordiforme, est un peu plus large et moins bombé antérieurement. Les élytres ne sont pas rétrécies antérieurement , elles sont de la même couleur que le reste de l'insecte, sans aucune tache, et cou- vertes d'une ponctuation plus grosse et plus profonde; elles n'ont pas d'impressions humérales , ce qui distingue cette es- pèce du BrunneuSy décrit ci-dessus. Les pattes sont un peu plus claires, et les tibias postérieurs de l'un des sexes, pro- bablement du mâle , sont dilatés extérieurement en forme de spatule mince et plate. Cette dilatation commence à peu près au quart de la longueur du tibia, et augmente graduellement jusqu'à l'extrémité, qui est arrondie et aussi large que la plus grande largeur de la cuisse. La couleur générale de l'insecte est, ou le brun ferrugineux, ou le jaune testacé assez pâle; je n'ai pas remarqué de nuances intermédiaires. J'ai reçu de M. le marquis de Brème deux individus pâles de l'Espagne, avec appendice , et un individu foncé de la Dalmatie , sans appendice. Je trouve les deux variétés en Touraine. Explication des figures de la planche X, n"" \, 1. Antliicus briinneus. 2. — Antoniœ, 3. — 5r6/72^/ (femelle? ), Var. A, 260 ANNALES If 4. — 6. — 6. — 6 a. — 7. — 7 a. — 1 Bremei (mâle? ), Var. B. [variahilis , QhtyYoXdX. mimitus. melanophthalmus. id. anteune grossie. ùutabilis y Dej. (mâle?); patte postérieure grossie. instahilis, Dej. ( femelle? ); patte postérieure grossie. DE LA SOCIÉTÉ EiNTOMOLOGlQUE. 261 IVOLVEIiliE ESPÈCE DE CRUSTACÉS DU GEKRE DES BRAKCUIPES ; Par M. WAGA. (Séance du 7 septembre 1842.) Branchipus ton^icomis. (PI. xi, fig. 1 à 4.) Cornibus cephalicis maris validissimis , tortaosis , in pliirimos processus ramiformes divisis ; ovario feminœ elongato , conico. Long. mar. 1 p. ; fem. circa 14 1. Cette espèce est la plus remarquable de celles que Ton connaît jusqu'à présent. Non - seulement elle semble sur- passer par le volume de son corps les quatre espèces que M. ^lilne-Edwards décrit dans son ouvrage sur les crustacés ( Suites à Bu f fort ) , mais encore elle étonne dans le mâle par un énorme développement des cornes céphaliques , qui , éten- dues, égalent en longueur le corps entier. Ce qui, dans les cornes des espèces connues , n'était qu'un rudiment en forme de dent , est une branche dans celle-ci. Ces cornes procèdent des deux côtés du front , qui se prolonge entre elles en un gros et assez long mamelon (pi. xi, fig. 3, f). Grosses et char- 2G2 AN.NALES nues à leur base, elles avaucent d'abord tout droit, poussant en dessous [ib., g g) une branche grêle en forme d'un fil de i la longueur des antennes antérieures, et encore plus forte l que ces dernières ; puis elles se brisent en coude (/6. , h h), l et leur partie succédant à la fracture offre à sa surface inté- I rieure de nombreuses rides tranversales, une série de petites \ dents {Ib. , i) et une autre pareille ( îb., k k) qui monte de la partie radicale à la suivante, traversant le coude. Ensuite elles se brisent une seconde fois {ib., l /), mais de bas eu haut, présentant sous cette fracture une courte mais forte I pointe ou dent {ib., o ). Cette troisième partie des cornes, la \ dernière, se fourche presque à sa base {ib.^ m //?), en deuxbran- I ches courbes, disposées à l'instar des deux bras d'une lyre, un peu comprimées, et se rétrécissant graduellement vers le bout, jusqu'à passer en longues pointes. Ces deux branches ne sont pas égales. La plus petite {ib., n n) présente sur ses cour- bures , et du côté interne , une dentelure , et outre cela , un mamelon court et grêle; mais l'autre, plus grande {ib.,p p), se divise, en dessous, en plusieurs apophyses, dont le plus grand (/^.^ r r) h base élargie comme une empaumure des bois de cerf, est une lame triangulaire, très-mince et trans- parente, à extrémité longue et pointue. La partie extrême de cette branche terminale (/6., q q), recourbée en forme d'une faux, prolongée et pointue , offre dans toute la longueur de sa tranche intérieure une dentelure serrée. Telle est l'armure du mâle. La femelle, encore plus grosse que le mâle, se distingue, en outre, par le front avancé en deux lames amincies aux bords, et qui se dirigent sous la tête ( pi. IX, fig. 4, ^ ^ ). Son ovaire a une couleur bleue et la forme d'un cône allongé. Les deux nageoires qui terminent la queue dans les deux sexes sont allongées , couvertes de cils, et presque les mêmes que dans le Branchipe des étangs. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. 263 Jai trouvé cette espèce si remarquable, le 13 juillet ISîO, dans une eau assez profonde, mais excessivement trouble, formant un petit marais, et remplissant une fosse où était au- trefois un puits au milieu d'un jardin rustique à Odolany, petit village aux environs de Varsovie. L'opacité de cette eau ne permet pas de voir les animaux: mais ils se laissent abon- damment pêcher au moyen d'un crible. Il n'y a pas de doute que leur existence dépend de l'opacité du milieu où ils vivent; car si l'eau où ils se trouvent était transparente . les canards et les grenouilles les extermineraient totalement dès le prin- temps. Ils y habitent eu société des Li/nnadies tétracères de Krynickl; lesquelles, en outre, se trouvent abondamment dans les autres petites mares des environs, où il n'y a pas de Branchipes. 2G4 ' AÎNNALES DESCRIPTION d'un insecte aptère qui se trouve en quantité aux environs de varsovie; Par M. WAGA. (Séance du 7 septembre 1842.) Achorutes (1) bielanensis . (PI. xi, fig. 5 à 8.) Cinereo-cœrulea , albido pilosa, tarsis furcaque albis y antennarum artlcalo ultimo longitudine trium prœce- dentium. Long. 2 millim. ^2* Crass. 1 millim. Le dessus de tout le corps de ces animaux présente une couleur et une conformation très - uniformes : la couleur est cendrée -bleuâtre, ou plutôt bleue, mais tirant au cen- (1) Je ne veux pas augmenter la nomenclature en multipliant les noms génériques. Laissant donc à des entomologistes plus habiles que moi l'appréciation du genre auquel doit appartenir mon insecte , je le rapporte, en attendant, au genre Achorutes Templ. (probable- ment Hfpogastrura^ Bourlet ), avec lequel il s'accorde , excepté le caractère que lui assigne M. Burmeister, le dernier article de l'an- tenne le plus petit ; car cet article est, au contraire, dans mon espèce, le plus grand. M. Burmeister ne fait pas non plus mention des yeux à son genre Achorutes; mon espèce n'en a point. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 265 ciré, à cause d'une multitude de poils blancs très -petits, très-courts et très-serrés, qui couvrent toute la surface du corps. Ce genre de tégument destiné à garantir Tanimal de riiumidité, fait que le corps, partout à sa surface , est mat et comme pruineux. Les plus manifestes de ces poils couvrent les articles des antennes , les tarses et les incisions du corps , surtout en dessous. Le dessous du corps présente plus de variété , tant sous le rapport de la conformation que de la couleur. Les segments du corps offrent de nombreuses plicatures, et vers leur centre, où la peau qui les couvre est la plus mince, ils changent gra- duellement leur teinte bleue , pour paraître enfin tout à fait blancs. Un grand cône déprimé constitue la tête, sur le sommet de laquelle sont placées les antennes (pi. xi, fig. 7, ff)^ très-rap- procliées à leur base, chacune enchâssée dans une proéminence annuliforme, très-semblable au premier article de Tantenne. Chaque antenne est composée de quatre articles : les deux pre- miers, courts, sont égaux; le troisième, un peu plus long, joint un peu obliquement au dernier, qui est le plus long, cylindri- que , et faisant avec lui un coude. La longueur de ce der- nier article est presque égale aux trois autres pris ensemble. Ces antennes sont grosses, et ne dépassent pas la longueur de la tête. Il n'y a aucune trace d'yeux. La tête, en dessous, vis-à-vis de la base des antennes, se prolonge et se rétrécit en bouche, comme, par exemple, dans la larve des Libellules. Ce rehaussement aboutit, par une ou- verture circulaire, à la cavité buccale, fermée en haut par la lè- vre supérieure (pi. xi, fig. 8, g), et du côté opposé, par la lèvre inférieure. Le bord antérieur de la première a trois échancru- res symétriques, d'où résultent trois sinus ronds, le mitoyen, le plus grand , et quatre dents ou lobes pointus. Les sutures 266 ANNALES sous la gorge {ib.,h) marquent les deux aires triangulaires, par- ties immobiles qui composent le mentum. La lèvre inférieure, composée elle-même de deux pièces, est, à ^on bord antérieur, ciliée, dure, et pousse des côtés deux mamelons charnus {ib., ii)^ que l'on peut regarder comme des palpes labiaux. Nous voyons donc que cette organisation de la bouche a une analo- gie frappante avec celle de quelques Myriapodes, et nommé- ment du genre des Iules. Entre ces deux lèvres, reste une ouverture trilobée , par où l'animal fait échapper de temps en temps , avec une grande vitesse , les parties intérieures de sa bouche, qui, dans leur état d'inactivité, se cachent totalement dans le fond de la cavité buccale. On voit en haut deux man- dibules assez fortes, chacune terminée par un crochet blanc, analogue à celui qui termine chaque patte. Immédiatement au-dessous de ces mandibules, se laissent apercevoir deux au- tres parties égales, que je crois être les mâchoires, mais dont l'organisation assez compliquée, à cause de la mollesse de leur substance et de la profondeur de leur gisement, m'a pré- senté jusqu'aujourd'hui de grandes difficultés dans l'étude spéciale (1). Pendant que ces instruments masticaux restent dans leur situation neutrale, on voit dans les endroits [k A", pi. XI, fig. 8) deux points blancs : ce sont les extrémités des crochets qui terminent les mandibules. Le reste du corps se compose de huit segments (pi. xi, fig. 7 et 8), savoir : Le premier segment ( prothorax ) est très-court : c'est à lui que s'attache la première paire des pattes. Le deuxième segment (/72e^o^/zor<2^), auquel s'attache la deuxième paire des pattes , est plus large que le premier, et deux fois plus long. (1) Je me propose de donner plus tard une description plus com- plète de cette organisation. DE LA SOCIÉTÉ EMOMOLOGIQUE. 267 Le troisième segment {metathorax), qui sert d'attache aux patles de derrière , resseml)le tout à fiiit au deuxième. Les pattes sont plutôt semblables à celles des crustacés ou des aranéides, qu'à celles des insectes propres. Chacune est composée de cinq articles, et enchâssée dans une proéminence anuuliforme du sternum, plus basse toutefois que celle de Tantenne. Le premier article (C0cr<7 ), pi. xi, fi{j. 8, /, est court, presque sphérique, et a en partie la couleur blanche du dessous du corps. Le deuxième {féiniir^^ ib., m, le plus long, et grossi à sa base, présente en dehors une double plicature, où entrent les articles qui suivent quand la patte est pliée. Le troisième (tibia)^ ib.,n, et le quatrième [metatarsiis), ib., presque égaux, sont plus grêles et plus courts que le précédent. Enfin, le cinquième {tarsus), ib.,p, allongé, conique, se rétrécissant vers le sommet, est terminé par un seul ongle ou crochet blanc, qui s'articule à la patte. La première paire des pattes est la plus courte et la plus faible; la plus forte est la dernière. Ces pattes se distinguent encore par quelque singularité de leur direction. Quand ra- nimai les meut pour marcher, les fémurs des pattes opposées se dirigent parallèlement vers eux-mêmes, et ce ne sont que les jambes qui s"écarquillent. Les cinq articles suivants du corps composent l'abdomen , savoir : Le quatrième segment , plus large , mais un peu plus court que le précédent, a, en dessous, et au milieu, une peau blanche qui s'élève assez haut pour former un cylindre de cette cou- leur ' zylinder, zylindrische Warze, Burm.; tube gastri- que, Bourlet), ib., q q, mais dont le bout rétractile, hémisphé- rique, comme bouffi et fendu longitudinalement, se distingue du corps par une couleur bleuâtre. Nous parlerons plus bas de l'usage de cet organe. XF. 19 2f.S ANNALES Les segments cinquième et sixième , qui sont blancs eu des- sous, et vers leur milieu, ne présentent rien de particulier. Le dessous du septième segment présente une nombreuse plicature. Son centre sert de base à la fourche déprimée, fb.,rr, qui aide Tanimal à sauter, et qui est propre à la plupart des insectes de cette famille. Dans l'état de repos , cette fourche reste appliquée à la partie ventrale des deux segments précé- dents. Sa large base , ib.^ rr, est entourée par un pli de la peau de ce segment. A la base . la fourche a une couleur presque '. bleue, comme tout le corps ; plus loin, elle est blanche-bleuà- I tre; enfin, les dents sont blanches, quelquefois rougeàtres. i,\ Le huitième et dernier segment du corps est le plus grand I de tous. L'n pli semi-lunaire, ayant Tapparenoe dune incision ; ou d'une suture, et qui part tant au-dessus qu au-dessous du segment, près de son bout postérieur, sépare cette partie anale de manière quelle paraît constituer le neuvième seg- ment caudal, s s, pL xi, fig. 7 et 8, dont le bord posté- rieur, qui termine à la fois tout le corps en arrière , est alter- nativement échancré et denté. Il y a six dents , dont les deux du milieu sont les plus grandes. La surface inférieure de cette partie finale du huitième segment présente deux espaces pro- tubérants, pi. XI, fig. 8, 1 1, ovoïdes , d'une forme très-régulière, dirigés et rapprochés par leurs bouts antérieurs vers eux-mê- mes, et au point où est Tanus. Je regarde ces protubérances comme le siège des organes de la génération de l'animal. Quoique la surface supérieure, soit de la tète, so-t de tous les segments du corps , ne présente , au premier coup d'oeil , quune uniformité parfaite, cependant il y a dans certains endroits, sur cette surface, de petites rides ou fentes stigmati- formes. A la base du cône qui constitue la tète , ces fentes sont rangées en deux séries transversales et parallèles, u u, pi. xi, fig. 7. Huit d'entre elles, c'est-à-dire quatre de chaque série, sont les plus visibles, et deux extérieures, dans la série la plus 1 l)F. LA SOCIÉTÉ EMOMOLOGIQUE voisine de la base , sont les plus grandes. Chaque segment du corps porte également, à sa surface supérieure, quatre pareilles fentes, deux latérales, /7>.,ti'c<'. près des côtes, et presque dans le lieu ordinaire des véritables stigmates, deux mitoyennes, ib., x x\ entre ctUes-lâ, ei plus rapprochées vers le dos. Par chacune de ces fentes ou pores, l'animal, inquiété, laisse sortir des gouttes d'une liqueur épaisse, blanchâtre, opaque, amère. ayant une odeur qui tient le milieu entre celle que répand le Poly- desmus complanatiis et celle qu'exhalent les Coccinelles ou plusieurs autres insectes Hister bipustulatus , ClytJira tridenlata y Lyciis sanL;uineus , etc.,. Jai observé que même les plus grands pores situés aux angles postérieurs de la tète ont également la faculté d'exhaler des gouttes répul- sives, comme le font ordinairement les myriapodes. La mar- che de l'animal est lente. Attaqué, il se roule un peu. en rap- prochant sa tète jusqu'au ventre, et à l'instant même il fait sortir les gouttes du liquide dont ou vient de parler. Dans cet état d'enroulement, les dents de la fourche embrassent le ma- melon cylindrique et s'y fixent. Quand on touche avec le bout d'une petite baguette l'animal qui marche sur du papier, il saute au moyen de sa fourche: cependant, à cause de la pe- santeur de sou corps . il ne se prête que très-rarement à ce mouvement rapide, et le saut qu'il fait alors ne le porte jamais bien loin. Une quantité étonnante d'individus de lespèce que je décris se trouvent dans les parties basses du bois de Bielanv. situé sur le bord de la Vistule, et tout près de Varsovie. Il est bien singulier que. dans les forets situées précisément vis-à-vis. sur le bord opposé de ce fleuve, on n'y ait jamais trouvé un seul individu de ces insectes. J'en ai rencontré, il est vrai . mais très-rarement dans les parties basses du parc de Jablonna. à deux lieues de Varsovie, également sur la Vistule. A l'endroit de leur habitation. il> ^ont dispersés 270 ANNALES parmi les feuilles mortes qui pourrissent sur la terre ; ils s*at troupent et se cachent sous cle grands corps abandonnés, comme des planches, des copeaux, etc., pour y chercher de Thu- midité. Ils existent pendant toute l'année ; car, même en hiver, après avoir remué la neige et les feuilles, on peut en trouver en abondance. Ils ne peuvent pas vivre longtemps hors de Thumidité. Il paraît que le tube gastrique, qui se trouve sous le premier segment de Tabdomen de ces insectes, et que Latreille a pré- sumé être l'issue de leurs organes sexuels (1), contient Tou- verture par où ces animaux reçoivent l'air pour respirer. Cette conjecture n'aurait-elle pas quelque rapport avec celle de M. Guérin, à l'égard des vésicules qu'il a observées {Ànn, des se. nat. y 1 836 , Zoologie , p. 374 ) dans le genre Machilis ? Sous le rapport de cette restriction du nombre des stigmates, leur respiration aurait une analogie parfaite avec celle des aranéides , et relativement au besoin de la médiation de Thu- midité, à la respiration des crustacés. Les cloportes qui fré* quentent même les endroits assez secs, afin de pouvoir retenir l'eau à leurs ouvertures respiratoires, ont ces dernières mu- nies d'opercules , observés par Ws\. Lereboullet et Duvernoy {X Institut , 1840, n° 312). Aussi les Achorutes, qui n'ont point ces opercules , ne peuvent-ils rester qu'un temps très- court dans des endroits secs. On reconnaît très-facilement cette destination de leur tube gastrique, lorsque, après avoir été isolés dans un endroit sec , ces animaux , pressés de res- pirer, sont placés sur un verre dont la surface a été hu- mectée; alors l'action de leur tube augmente; ils se collent, pour ainsi dire , au verre humecté , ce qui a probablement (l) De l'organisation extérieure et comparée des insectes Thysa- noures {Nouvelles Annales du Muséum d'hist. nat. j t. l^'", p. 185 ). DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. 271 fait supposer ù quelques cnlomologistes que ee tube est des- tiné uniquement à soutenir lanimal, lorsqu'il marche sur un plan vertical. Dans un vase rempli de feuilles pourries et humectées , on peut non-seulement les conserver vivants pendant plusieurs années, mais même encore les envoyer en état de vie dans des lieux très-éloignés. J'ai observé sur les individus élevés par moi, qu ils muent très-souvent. Leurs dépouilles sont blanches et toujours chiffonnées. Je n'ai jamais vu ni leur copulation ni leurs œufs , quoique chaque année , au commencement du mois de mai, il apparaisse dans le vase une multitude de petits. Le corps de ces derniers offre exactement la conformation de celui des adultes, excepté : V qu'il est presque cylindrique ; 2° qu'il est tout à fait blanc ; 3"" qu'il ne présente aucune trace de la fourche; en un mot , ce sont des individus qui portent tous les caractères du genre Lipiira, Burm. Il est donc facile d'arriver à cette conjecture que les espèces Podiira amhulans , et Po- dura alba, Lin. {fimetaria, Schrank ), que ^L Burmeisler dé- tache pour former son genre Lipiira , ne sont que des indi- vidus imparfaits des espèces qui appartiennent à son genre Achorutes. Dans les plus jeunes individus de mon espèce, on aperçoit le rudiment du tube que M. l'abbé Bourlet ( An- nales de la Soc. ent. de France, 1841 , Bidl. Lviii) refuse à l'epèces Podiira fimetaria, tandis que M. Burmeisler {Ma- nuel^ t. II, p. 447 ) approuve, au contraire, son existence dans le genre Lipura. Avant la mue, la couleur du corps des individus adultes devient plus foncée. S'il se manifeste alors au-dessus des seg- ments postérieurs des taches blanches, c'est une marque qu'ils ne supporteront pas leur maladie : aussi, dès l'instant que ces taches ont paru, l'animal est-il à peine en état de faire quel- ques pas; bientôt il devient immobile, il se tuméfie, et prend une couleur bleu-violet, quelquefois toute brune, mais alors 272 ANNALES il n2 vit plus. Quelquefois le corps de ce cadavre éprouve un singulier changement; un article quelconque de ses antennes ou pattes s'enfle au point qu'il se transforme en une vessie grosse, transparente et pleine d'eau , au milieu de laquelle des millions d'infusoires fourmillent. DE LA SOCIÉTK ENTOMOLOGIOL'E. 273 DESC'RIPTIOA d'o IMSECTE COLtOPTEllE I>D1GÈ>E DE LA Cai>E TROLVi: DA>S DU THE DE COMMERCE; Par M. WAKA. (SéaDce du 7 septembre 1842) AnisopUa theicola. PI. xi. fig. 9 Pt 10 Livida , glabra , panctiilata , thorace laferibiis margi- nato macula magna cordiformi viruîi splendente , ely- tris piinctato-striatis , macula circa scutelhim, sutura , margine exteriori , punctoque apicali violaceo sp-^n- dentihus , pectore vlridi. Descriptio. v Clypeus transversus . margine antico reflexo, tfintegro, cupreo resplendens . punctalissimus. Caput antice v(quoad colorera et superficiem ch'peo simillimiim , postice «viridi splendens . laeve. Oculi nigri. Auteiins nifcB capitiilo «nigro. Thorax antice et lateribus marginatus immargina- «tus postice . nitidissimus. subpimctatu^. glaber. lividus: «disco ejus macula magua cordiformis. viridi splendens. nullibi margines thoracis nLsi medio marginis po^tici adversus scu- tellum attingens. SciUellum lividum. Elytra magnam partem 271 ANNALES «abdominis non obtegentia, punctato-striata, singulo striis «circiter VIII; glabra , livida ; macula trapezoidali sciitellimi «cingente, sutura, margine exteriore et puncto/i lineolaapi- «cali intense violaceis, splendentibus. Corpus lividura , niti- «dum, glabrum. Abdomen parte elytris non obtecta puncta- «tum, segmento ultimo/! anali yix dignoscibile pubescentiae «vestigium ostendens. Pectus totum viride; metasterno cana- «liculato. Pedum femoralivida , tibiae fuscae, anticae extra bi- « dentatae. Longitudo totius insecti , lin. 3. » Habitat procul dubio in China. Unicum exemplar dessicca- tum apud mercatorem russicum in tliea bohea commerciali Varsoviee repertum , musaeo Cel. Aube praestantissimi Galliae entomologi obtuli. m LA SOCIÉTÉ KN'rOIV10LO(;!()UK. 27:> DIRAPIIIA ROVUM INSECTOUUM GEKUS LIVI^ PROXIMUM. ( Àphidii y Ilomopiera. ) Par M. WAGA. (Séance du 7 septembre 1842.'^ A ntcnnac graciles , thorace breviores , avticulo secundo reliqiiis majori, ovato (non conico ut in Livia). Caput qiiadratiim, siilco medio longitudinali divisum , processlbus anticis rotnudatis. (Observ. Reliqua ut in Livia, cuj us forte alterum sexum esse tempus docebit.) (1). D. Limbata y alis anticis linibo apicali fusco. (PL xi, figf. 11 et 12.) Cet insecte est tellement analogue à la Livia jnncorum , Latr., qu'il n'y a que quelques modifications assez graves dans (1) Dans la séance du 5 octobre 1842 , de la Société entomologi- que, ainsi que dans la Revue zoologique (1842, n° 9, p. 293), M. Guérin-Méneville a annoncé que M. Waga lui ayant envoyé deux individus delà Diraphia liinbaLa, en même temps qu'un individu de la Livia juncorum ^ il a pu les étudier avec soin , et qu'il a reconnu que ses deux individus du genre Diraphia étaient de sexes différents; 276 ANNALKS la conformation des antennes , qui ne permettent pas de le placer dans le genre des Livies. Il a la grandeur, la couleur, la conslruclion des pattes et des yeux, la substance des ailes, tout à fait comme dans la Liviajiincorum. L'aile supérieure est à son bout plus large et plus arrondie que dans l'autre. Les nervures de cette aile s'accordent parfaitement avec celles de la Livia juncorum , excepté que , comme plusieurs autres détails de l'organisation du corps, elles sont ici plus prononcées. Dans la LWia junco- rum , l'aile supérieure, vers son extrémité, a une liture noi- râtre, peu visible, tandis que dans la Di rapide, tout autour de la partie antérieure arrondie de cet organe, s'étend une bande marginale noire très-manifeste, de sorte quelle constitue une bordure de l'aile du côté de son bout. On aperçoit , sur le mé- sothorax, quelques légères taches brunâtres qui n existent pas dans la Lh'ia juncorum. Cependant la seule différence essentielle consiste dans la tête et les antennes. La tête est plus large que celle de la Lwia : un sillon longitudinal très-manii^ste la divise en deux portions égales , dont chacune s'avance en un prolongement antérieur qui n'est pas terminé en angle aigu, comme dans la Lh'ia, mais qui est arrondi en arc. celte observation doit lever tous les doutes que M. Waga pouvait avoir .sur la validité de son genre et même de son espèce. D'après M. Gué- rin-Méneville, la Diraphia limbata mâle a son abdomen terminé par un appareil destiné à saisir sa femelle , et composé de fortes pinces relevées, comme celles que présentent les mâles des Psjila, tandis que dans la femelle il y a plusieurs valves en forme de sabres , réunies en pointe en arrière. Enfin, M. Guérin-Méneville a remarqué à la base des hanches postérieures dans les deux sexes , une épine saillante assez forte ; l'épine de chaque hanche est très-rapprochée à sa base de celle qui lui est opposée, ce qui produit une espèce de fourche divergente sur la ligne médiane. K. D. DE LA SOCIÉTÉ FNTOMOLUGlOrE. 277 Tandis que toute la siructure de la Diraphie est plus tbrto que celle de la Lhia jiincoriun , les antennes, au contraire, de la première, sont beaucoup plus faibles que celles de la dernière. Leur deuxième article 1 . qui, dans a Lhiajunco- iii/n, a une énorme [;ro>seur, est. dans la Dilapida, beau- coup plus petit, dune forme plu^ régulière, et au lieu d'être conique, ventru à la bii-e. nest que simplement ovale. Dans la L\ia , cet article constitue la moitié de l'antenne, tandis que. dan> la Diraplda, il ne fait que le quatrième de s;î longueur. Le reste de l'antenne, aussi bien dans la Livie que dans la Diraphie, ne diffère en rien, même pour la couleur '2 . Cet insecte saute, mais je ne lai jamai> vu se servir de ses ailes pour voler. Je l'ai trouvé aux environs de Varsovie, dans une localité couverte de buisson^ isolés, non loin d'une foret. 11 y en avait sou> un buisson une société nombreuse . tous en- fouis dans la terre à une profondeur de deux pouces environ, comme le font quelques espèce^ du genre L'iopa. C'était en automne. Il serait possible que ce ne fussent que des femelles qui s'y seraient abritées avant l'hiver. Il est singulier que. dan> quelques-ua> de ces individus, les nervures de l'aile supé- rieure gauche offraient, dans la bifurcation apicale de la ner- vure du milieu, une troisième branche trifurcation \ quoique l'aile droite ne présentât pas cette anomalie. ;1) M. Bunneisler [ Manuel, t. ii. p. 96) l'appelle le premier, quoique, malgré cela, il assigne un juste nombre d'articles ;^dis': aux antennes de la D\ia. 2 Deux articles apicaux des antennes, tant dans la Ln-ia que dans la Diraphia, sont noirs . et les cinq qui précèdent ( les 4®, 5^, 6^, 7^ et 8^;, également chez toutes \t?^ deux, sont blancs, comme rouverts de farine, ce qui disparaît cependant après la mort de l'insecte. Les articles l^^ 2^ et 3^ s'accordent pour la couleur avec la tète et le corselet. 278 ANNALES Le mot Diraphia, employé originairement parllliger, pour désigner le genre que Latreille avaitnommé auparavant Livia, fait allusion à deux stylets ou soies inégales qui terminent ïapex de l'antenne , circonstance qui se rapporte également à ces deux genres. DE LA SOCIÉTÉ ENTO.MOLOGIOL'E. 279 ADAPSIIilA GE3iRE DE DIPTÈRES APPARTEÏN'AINT A LA SOlS-TRIBU DoUcJlO- cères de ]>iacocart, voisin vf. Sepedon et Tetanocera ; Par M. WAGA. (Séance du 7 septembre 1842.) caractères du geare. Antennae porrectœ, prodiictlone anteriori capitis inser- tœ, basi approx'imalœ , articulo secundo tertio diiplo longioriy secundo obconico, setoso, tertio elUpsoidcdl integenimo; seta nuda. ( PI. xi, fig. 17. ) Hypostoma perpendiculare, subdescendens , nudum, laci- dum, macula orbitalis Infra oculuin. (PL xi, fig. 16) (1). Oaili OK'ati. Abdomen basi angnstatum , mari ovatuni, depresswn , feminaî collapso-conicum (2). AIcT incumbentesy abdomlne longiores. Face presque perpendiculaire , carénée , très - luisante , épistome saillant, front déprimé. Tête triangulaire. Antennes de la longueur de la tête ; deuxième article velu et en cône (1) In Telanoceris plurimis macula hœc sub fronte j, intcr oculo et basi antennarum sila. (2) Je ne peux m'exprimer autrement à l'égard de la forme que représente la figure. 280 ANNALES oblique renversé, deux fois plus long que le troisième; celui ci ellipsoïdal, sans échancrure; style nu. Addoraen à pre- mier segment le plus long , rétréci à la base en un pédicule. Adapsilia coarctata. Long. 4 lig. (Pi. xi, fig. 13 à 17. — 13 le mâle, 14 la femelle.^ Tout le corps et les pieds ferrugineux, yeux verts en état de vie. Ailes variées de cinq taches noirâtres. La tète est de la couleur la plus claire, deux lignes brunes le long de locciput ; le vertex est un peu élevé, le front plat, sans lueur, faiblement caréné longitudinalement , couvert de poils très-courts. Elle se rétrécit et se prolonge en avant, ce qui lui donne une forme triangulaire. Sur le sommet de ce prolon- gement, sont fixées les antennes, très-rapprochéesàleurbase. Leur premier article est très-menu ; le deuxième, le plus long, velu, très-rétréci à la base, grossissant vers le sommet, et tronqué obliquement : il reprend vers son extrémité , qui est creuse; le troisième, celui-ci est plus de deux fois plus court que le deuxième, ovale, sans aucune échancrure, à sommet terminé en pointe obtuse , nu. De son dos prend naissance le style, de la longueur de l'antenne entière, noir, nu. Les yeux ont une forme ovale , peu convexe ; ils sont verts pendant la vie. La face est nue, partout très-luisante, comme vernissée, à carène saillante , longitudinale. Immédiatement sousToeil, sur les joues, s'étend en bas une tache foncée, linéaire. Le corselet est luisant , muni de soies fortes , mais très-dis- persées, noires. Quatre lignes obscures, mais peu distinctes, partent le long du corselet, les mitoyennes rapprochées vers elles-mêmes, les extérieures à quelque distance de celles-là, et interrompues. L'écusson arrondi, obtus, porte près de son extrémité deux soies , les plus fortes , noires. 11 n'y a que les rudiments des cuillerons. Les balanciers sont triangulaires, de couleur jaune-citron. DE LA SOCIÉTÉ ErsTOMOLOGKJUE. 281 Les ailes sont un peu plus lonp,ues cpic Tabdomen. La deuxième nervure transversale est droite. Sur chaque aile il y a cinq taches foncces, qui, dans la femelle, sont moins dis- tinctes. La première tombe sur le point de la bifurcation de la seconde nervure sous-marj^inale; la deuxième, sur la réu- nion transversale en forme d'^ de la nervure intermédiaire avec Tanale et Taxlllaire, plus petite que la précédente, et qui devait composer avec elle une bande interrompue. La troisième tache couvre la première nervure transversale, et, s'élargissant vers le haut, occupe la cellule noire sligmatique ou le punctum alœ , et atteint le bord extérieur de Vaile. Cette troisième tache présente également la disposition d'une bande, car elle se prolonge comme Tombre, jusqu'à la cel- lule anale. La quatrième tache est un parallélogramme assez régulier, répandu sur la deuxième nervure transversale. La cinquième, la plus grande de toutes, obscurcit \apex de l'aile, et présente deux échancrures sinueuses du côté interne. Entre cette dernière et la deuxième tache, en haut, vers le milieu , on voit un trait noir le long de l'aréole marginale , mais il ny a qu'une trace ombrageuse sur l'aile de la femelle. Les pieds présentent une couleur uniforme; cependant les tarses sont un peu cendrés, les pelottes jaunes. Les jambes intermédiaires sont terminées par des pointes. L'abdomen , composé de cinq segments, est à sa base nota- blement rétréci, presque en pédicule; et ce rétrécissement ne consiste que dans le premier segment. L'abdomen du mâle est déprimé, ovale, à incisions noirâtres. La surface des seg- ments est luisante, couverte de soies dispersées, qui, surtout aux côtés, sont longues et fortes. Le dernier segment, le cin- quième, se recourbe et se cache sous l'avant-dernier. L'abdo- men de la femelle est conique, et un peu fléchi en bas. Son pre- mier segment rétréci a la forme d'un chandelier rond ou d'un pavillon de trompette. Son bord dilaté est roide, recouvert ?. 2S2 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ EMOMOLOGIOUE. de soies noires touffues, tandis que tous les segments qui suivent sont presque nus . et si faibles, qu'après le dessèche- ment de Finsecte. ils se plient et perdent entièrement leur forme. Je n'ai trouvé qu'une unique paire de ce diptère en au- tomne . aux environs de Varsovie . sur un buisson de chêne qui croissait au bord d'un chemin à une petite distance dune forêt, et je présume que c'était au moment où l'insecte venait de sortir de terre après sa dernière métamorphose. Le nom Adapsilia se rapporte à la rareté de l'insecte. Explication des figures de la planche XL Fig. l à 4. B ranci d pus foiTÎcorms. I Mâle. 2 Femelle. 3 Tète grossie du mâle, à corne droile détachée. 4 Tête grossie de la femelle. Fig. ô à 8. JcJiorutes bielanensis. 6 Insecte augmenté. 6 Sa grandeur naturelle. 7 Dessus du corps très-augmenté. 8 Dessous du corps. Fig. 9 et 10. Anisoplia iheicola. 9 L'insecte grossi. 10 Sa grandeur nalurelle. Fig. 11 et 12. Diraphia linibata. II L'insecte grossi. 12 Sa grandeur naturelle. Fig. 13 à 17. Adapsilia coarctata. 13 Le màle. 14 La femelle. 15 Leur grandeur naturelle. 16 Tête grossie. 17 Antenne grossie. ^ ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 283 DESCRIPTION^ d'l^e espèce ivol velle de Liicanide, apparte>a?»t au geare Dorcus de Megerle; Par M. Llcien BUQUET. ( Séance du 5 octobre 1842.) Dorcus Lessonii, Buq. (PL xii, n° 1 , fig. 1.) Nigro-piceas ; ?7iandibiills exsertis, incurvis, iiitiis biden- tatis; caplte bicorniito, excavato; thorace Icei^lgato, medio impresso , teiiuiter marglnato ; elytn's oblongo- ovatis j confertissime punciatis , rufo-cinctis . Long. corp. mâle, mandib. inclus, millim. : 17. Lat. millim. 6. — femelle. — d''. — 13. — d^ 5y^ Cet insecte est d'un brun noir assez brillant. La tête , d'un tiers plus large que longue , fortement creusée antérieure- ment, et lisse dans cette partie, est légèrement et finement pointillée en arrière. Les yeux sont gris, peu saillants, et l'on voit à côté de chacun d'eux une petite corne assez élevée, légèrement penchée en avant et tronquée à l'extrémité. Les mandibules , plus longues que la tête chez le mâle , courbées XI. 20 I 284 ANNALES en dedans et fortement élargies à leur naissance, s'amin- cissent vers leurs extrémités, c[ui sont arrondies du bout. Elles sont armées de deux dents : l'une, très-forte . longue et aiguë, se trouve à la base; l'autre, très-petite, est placée un peu au-dessus de la précédente. Le corselet, finement pointillé, d'un tiers plus large que long, légèrement rétréci en arrière . presque parallèle . re- bordé sur les côtés, et coupé carrément à la base, est forte- ment échancré en avant . près des angles antérieurs : il a en dessus une large impression ovale . profondément marquée, et l'on voit au milieu du bord antérieur un petit tubercule assez saillant, dirigé en avant. L'écusson est triangulaire . plus large du double que long , finement pointillé dans le milieu, et arrondi au bout. Les élytres. en ovale allongé, de la largeur du corselet, coupées carrément à la base, à angles huméraux saillants et arrondies au bout, sont fortement rebordées, et ponctuées surtout antérieurement : on voit sur chacune d'elles une bande d'un rouge de brique, assez étroite, un peu en relief et comme veloutée . qui part de l'angle humerai et descend jusqu'au bord suturai , sans toucher à la bordure. La femelle , d'un tiers plus petite que le mâle , est moins brillante que lui. La tête . aplatie et fortement ponctuée , a un petit tubercule placé sur le milieu du bord antérieur. Le cor- selet est couvert d'une ponctuation très-serrée; l'impression du milieu . très-large et profonde . est encadrée . excepté à la base, par une côte assez saillante, lisse et brillante. Les élytres sont relativement plus ovalaires, et la ligne rou- geàtre dont elles sont ornées est un peu plus large . et placée à une plus grande distance de la bordure que dans le mâle. Cette espèce remarquable a été découverte au Chili par M. Adolphe Lesson, chirurgien de la marine royale, qui a bien voulu en enrichir ma collection, et à qui je l'ai dédiée. DE LA K-MOETÉ DltOMOLOGIQOB. 285 OBSERVATIONS SUR LA Monographie des Érotyliens de M, Th Lacori>aire Par M. . ._ . Il.ï.\\ ( Séance dn 2 norembre 1842. M. Tb. Lacordaire vient de faire paraître on ouvrage du premier ordre, sorla famille des Épotyliea-i . et si je possédais encore ma collection, je c" " '^ -^ ::: :: devoir de vo;. p^ présenter une analyse dé:a. ce; '^c.:- n ne pciit erre eaio- mologiste sans collection, et je suis contraint de me borner à quelques courtes observations. M. Lacordaire a réuni auxÉrot\liens les insectes que j'avais placés dans la famille des Clavicomes. et dont j'avais fait les genres Encan tes et Ephcapha , et il en a sêf»aré le genre Thalassiaà^ M. Chevrolat. ceux démembrés de Tancien genre Languria, le genre Phalacrus, et ceux qui le suivent dans mon dernier cataJogue. Lorsque je me suis défait de ma collectîoQ, je possédais 305 espèces d'Éroty liens . y compris les genres Encans tes et Episcapha , dont ^o? citées dans la dernier- 'on de mçm catalc^oe. et 48 que je m'étais procurées dc^ui- on impres- sion. Ces espèces étaient réparties dan- '2.5 genre>. ii ï 286 AiNNALES M. Lacordaire décrit dans son ouvrage ô71 espèces qu'il a vues , et cite en outre 19 espèces décrites par différents au- teurs , en tout Ô90 ; c'est presque le double de celles que je possédais. Ces espèces sont réparties dans 28 genres. M. Lacordaire , tout en se servant de mon catalogue, y a fait, avec raison, beaucoup de changements, car le travail que j'avais présenté ne pouvait être considéré que comme un premier jet, qui avait besoin d'être modifié et sérieusement examiné. En entomologie , comme en beaucoup d'autres choses , il est impossible de bien faire du premier coup, et ce n est qu'à force de travail, et de revoir ce qui a été fait, que l'on par- vient à faire quelque chose de passable. I\ï. Lacordaire a fait beaucoup mieux que moi; ceux qui viendront après lui feront encore mieux , et je crois pouvoir indiquer d'avance son genre Brachrsphœnus , composé de 148 espèces, qui, comme le genre Feronia de mon Species des carabiques, me paraît contenir des espèces de genres très-différents, et qui proba- blement sera par nos successeurs divisé en plusieurs nou- veaux genres. Ainsi que je l'ai dit, il m'est impossible , sans collection, de faire une analyse détaillée de cet ouvrage; mais, tout en approuvant complètement pour l'ensemble et les détails la marche suivie par son auteur, je ne puis cependant m'empê- cher de lui adresser quelques observations; car plus un ou- vrage a de mérite , plus il est nécessaire de relever ce qu'il peut avoir de défectueux. Je commence par quelques observations générales. Lorsqu'un auteur fait un ouvrage du genre de celui-ci, il se trouve souvent , pour beaucoup d'espèces , entre deux dif- ficultés. Est-il plus convenable de rapporter l'espèce dont il est question à une espèce décrite par un ancien auteur, sans être bien certain que ce soit cette espèce, ou vaut-il mieux DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. 287 la décrire comme espèce nouvelle, quoiqu'elle puisse avoir été décrile antérieurement? Je me suis toujours prononcé pour le dernier système, et je crois qu'il y a beaucoup moins d'inconvénients à décrire un insecte comme espèce nouvelle, que de le rapporter à une espèce décrite par un ancien auteur, sans être bien certain que cette espèce soit bien réellement celle dont il est ques- tion, et dans le Species des carabiques, et dans le catalogue de ma collection , j'ai toujours donné comme nouvelles les espèces sur lesquelles je n'avais pas la complète certitude qu'elles fussent décrites antérieurement. M. Lacordaire me paraît avoir suivi le système contraire; il dit souvent : J'ai la conviction complète , ou je ne doute pas que cette espèce ne soit celle décrite par tel auteur, et j'avoue que je suis loin de partager ses convictions, d'autant plus qu'elles ne sont ordinairement basées que sur l'examen de descriptions ou de figures. Ainsi que je l'ai dit plusieurs fois , dans l'état actuel de l'entomologie, il est impossible de déter- miner d'une manière certaine un insecte avec des descriptions et des figures ; c'est à peine si on peut le faire avec les insectes eux-mêmes , et pendant de longues années , pendant lesquelles beaucoup d'entomologistes venaient nommer des insectes sur ma collection, j'ai vu souvent , je ne dirai pas de simples ama- teurs, mais des entomologistes de noms connus, commettre de graves erreurs , bien qu'ils eussent les insectes eux-mêmes sous les yeux. Je crois donc que M. Lacordaire aurait mieux fait de n'avo r pas eu autant de confiance dans les descrip- tions et les figures des anciens auteurs, et je crois surtout que lorsqu'une espèce était connue sous un nom récent, il a eu tort de changer ce nom, pour lui attribuer un nom plus ancien, sans être parfaitement certain que ce fût l'espèce décrite sous ce nom. Dans le Siècles des carabiques et dans mes catalogues , 288 ANNALES j'ai toujours eu le plus grand soin d'indiquer en synonymie tous les noms sous lesquels une espèce avait été désignée, quand bien même ces noms n'auraient été imprimés nulle part ; je crois avoir, en agissant ainsi, rendu un véritable service à tous les entomologistes, et je regrette beaucoup que tous ceux qui ont écrit après moi n'aient pas suivi le même système et se soient bornés à citer seulement les noms im- primés, dédaignant même souvent ceux de catalogue. En effet , quel est le but de la synonymie ? Ce n'est nullement de constater ce qui a été imprimé, ce qui en ferait un simple renseignement bibliographique, mais c'est surtout de faci- liter les recherches des entomologistes qui veulent déterminer dans un ouvrage les insectes de leur collection ; et rien ne fa- cilite autant les recherches que la désignation de tous ces noms inédits , même de ceux entièrement abandonnés , sous lesquels un insecte a été désigné. Je crois donc, qu'autant il est inutile de multiplier la synonymie lorsque les noms sont identiques, autant il est utile de donner tous les noms qui ont pu être appliqués à une espèce, et qu'il est surtout utile de faire connaître les noms qui n'ont pas été imprimés. M. Lacordaire, à l'exemple de beaucoup d'autres auteurs, n'a pas suivi ce système , et je le regrette vivement. Il néglige aussi souvent de faire connaître quel est l'entomologiste qui a donné le nom adopté pour telle espèce , et si souvent il dit, par exemple, Lacordaire in Dej. catal.; Reiche in DeJ. catal., il Toublie pour beaucoup d'autres espèces, et particu- lièrement pour celles décrites par M. Guérin, qui, ordinaire- ment, n'a pas nommé les insectes qu'il décrit. Dans une famille dont les genres ne sont pas encore bien déterminés, et dont beaucoup d'espèces passeront probable- ment d'un genre dans un autre, je crois qu'il aurait été con- venable de ne pas répéter plusieurs fois les mêmes noms spé- cifiques. De LA SOCIÉTÉ EMOMOLOGKJLE. 280 M. Lacordaire ne s>st pas astreint à cette règle. Trente-un noms, angiistatus, annulalus, apiatus.brasiliensis , cinc- telliis, cinctipennis , cruciatus, decempunctatus , dimi- diatiis y dorsonoiatus, Diiponchelii , elongata, giganîeus , incertus , intenuptus , limbatus, livldiis , maculiventris , melaiiopteriis, melanopus , tiigropuiictatus, ocidatiis, pic- tus, pulicarius , quadrunacidatus , quadvisignatus , scu- tellaris y testaceus , trifasciatus , unicolor et violaceus, sont répétés deux fois, et bicolor est répété trois fois. Je ferai observer, à cette occasion, que, si j'ai quelquefois changé des noms adoptés, c'était pour éviter ces doubles emplois : je lai fait, entre autres, pour XJpiatus de M. Chevrolat. Je dirai aussi un mot sur le mode adopté par M. Lacordaire pour les variétés. Quelquefois l'espèce est à peu près con- stante, et Ion rencontre des variétés qui s'en écartent: alors on peut suivre la marche adoptée par >L Lacordaire, décrire d'abord l'espèce et ensuite les différentes variétés ; mais ordi- nairement cela n'est pas ainsi : il n'y a pas de type . pour me servir de l'expression de >L Lacordaire; mais tous les indivi- dus sont plus ou moins différents, et dans ce cas il vaut mieux . ainsi que je l'ai fait souvent dans le Species des cara- biques, décrire les variétés extrêmes, et dire que l'on trouve tous les passages intermédiaires de l'une à l'autre. Je passe maintenant aux observations particulières. Pag. 40. Encaustes javana. Je crois que cette espèce est la Cnienta de mon catalogue: mais je n'en suis pas certain, et M. Lacordaire n'a pu s'en assurer, n'ayant pas eu sa pos- session es Encaiistes et Episcapha de ma collection qui, avec les autres nécrophages , sont entre les mains de AL le marquis de la Ferté-Sénectère. P. 51. Episcapha glabta. La dernière édition de mon catalogue a été publiée par livraisons: à l'époque où a paru 290 ANNALES celle qui contient les nécrophages , je croyais que cet insecte devait être rapporté à YEi^otyliis 4. pustulatiis de Fabricius; mais depuis, ayant reçu ce dernier insecte de INI. Wester- mann, je Fai placé , dans la dernière livraison, dans le genre Julacocheiliis , et c'est ce qui fait le double emploi signalé par M. Lacordaire. P. 63. Genre Dacne. Je ne puis partager Topinion de INI. Lacordaire sur Fadoption de ce nom générique. Bien qu'on ait adopté le nom d'Engis pour les Dacne de Latreille , et que, comme le dit ^L Lacordaire , ce dernier nom se trouve maintenant sans emploi, je ne crois pas que l'on puisse pren- dre un ancien nom générique abandonné pour le donner à un nouveau genre, et je crois que INL Lacordaire aurait mieux fait de créer un nouveau nom. P. 67. Dacne Héros. INL Say m'a envoyé , sous le nom de Héros , un insecte qui ne m'a pas paru différer de la Pas- data, et que j'ai désigné comme simple variété dans mon catalogue; je ne crois donc pas que cette espèce soit YEngis Héros de Say. P. 95. Ischyrus columbianus. \\ y a ici une faute d'im- pression; il faut écrire colombianus. P. 163. Mrcotretus polyophtalmiis. INL Lacordaire écrit toujours de cette manière tous les noms ayant la même ori- gine ; il me semble cependant qu'il faudrait polyophthalmus. Je ne répéterai pas cette observation. P. 186. Mycotretiis sohrlnus. ^L Lacordaire dît qu'il a trouvé dans ma collection un individu que j'avais confondu avec mon Brachymerus simplex; il y a évidemment erreur, car il n'y a pas diusecte portant ce nom dans mon catalogue ; et il fallait dire avec son Brachymerus sobrfniis, qui est le Brachysphœnus simplex de ^L Lacordaire. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQIjE. 291 P. 215. Triplax bicolor. ]\I. Dahl m\i envoyé iles indivi- dus de cette espèce, pris par lui en Hongrie, sous le nom de Sciitellaris ; n'y aurait-il pas confusion avec la précédente, qui n'en serait qu'une variété , dans laquelle les élytres seraient de la couleur du reste du corps? car je ne vois rien dans la description qui justifie le nom de Sciitellaris. P. 218. Tritoma flavicollis. Cet insecte a été décrit par Fabricius , dans son Systema eleutheratorum , sous le nom de Telratoma dimidiatum , et comme venant de la collec- tion de M. Bosc, qui Tavait rapporté de la Caroline. Le pre- mier individu que j ai possédé m'avait été donné par M. Bosc , et cette espèce de certitude est bien plus certaine que toutes celles tirées des descriptions et des figures; je Tai reçu depuis de M. Leconte. Cette synonymie existe dans mon catalogue , et j'ignore ce qui a pu empêcher M. Lacordaire de la citer. P. 227. L'insecte que Paykull a décrit sous le nom de Tri- toma glabra, qui a été longtemps inconnu, même des ento- mologistes suédois, mais qui est bien connu maintenant , ap- partient au genre Agyrtes ; il est très- voisin du Siibniger, et il est cité, p. 133 de mon catalogue, sous le nom à'J- gy^rtes glaber. P. 247. Aiilacochellus 4. pustulatus. Ainsi que je l'ai dit ci-dessus, ce n'est que postérieurement à l'impression des premières livraisons de mon catalogue , que j'ai reçu cet in- secte de M. Westermann, comme le véritable Erotylus 4. piistulatus de Fabricius. P. 249. Julacocheilus cuniferus. Il y a probablement ici , soit une faute d'impression, soit une erreur de M. Guérin. Cet insecte avait été nommé Laniferas par M. Chevrolat, ainsi qu'il est indiqué dans mon catalogue, et d'après la des- cription, ce nom lui convient beaucoup mieux que celui de Cuniferus. il i 292 ANNALES P. 251. Aulacocheilus violaceus. J'ai trouvé communé- ment cet insecte sous des écorces , dans le lieu indiqué par M. Lacordaire; j'en ai pris aussi un individu en Dalmatie , entre Makarsca et Vergoraz. P. 259. Cfclomorphus Beauvoîsi. M. Lacordaire , en di- sant qu'il avait conservé à cette espèce le nom qu'elle portait dans ma collection, a oublié de dire que je l'avais placée à tort dans le genre Delphus de mon catalogue, ainsi que le Globosiis décrit plus loin, et quatre autres espèces, toutes de la Colombie, envoyées par M. Lebas, et que M. Lacordaire a probablement décrites sous d'autres noms que ceux que je leur avais assignés. P. 314. BracJiysphœnus détritus. M. Lacordaire dit que j'avais placé cet insecte dans ma collection parmi les Iphiclus; mais il ne dit pas sous quel nom spécifique. Il y était nommé Iphiclus nebulosus, et ce nom lui avait été assigné par moi, ainsi que ceux de tous les insectes envoyés de Colombie par M. Lebas , et non par ^L Guérin. P. 333. Brachysphœnus annularis. ]\L Lacordaire dit aussi que j'avais nommé cet insecte Circumdatus; mais il ne dit pas où je l'avais placé. J'en avais fait"à tort un Oligo- corrnus , genre de M. Chevrotât, composé de deux espèces, que M. Lacordaire place dans les genres Zonarius et Prio- telus. Cet insecte avait été envoyé en très- grande quantité par M. Lebas , et le nom de Circumdatus avait été adopté par les nombreux souscripteurs aux insectes qu'il récoltait. P. 372. Brachysphœnus simplex. C'est cet insecte qui est mon Brachymerus sobrinus, et c'est un individu du Myco- tretus sobrinus de M. Lacordaire , que j'avais confondu avec lui; voyez ce que j'ai dit ci-dessus. P. 470. Zonarius indicus. Pendant longtemps j'ai par- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 293 tagé Topinion de M. Lacordaire, et j'ai regardé VErotylus fasciatiis de Fabricius comme un Helops ; ie le croyais en- core lors de Timprcssion des premières livraisons de mon ca- talogue, ainsi qu'on peut le voir p. 229; mais depuis j'ai reçu rinsecte décrit ici, de M. Weslermann, qui habite Copenha- gue , et qui peut voir journellement l'ancienne collection de Fabricius , comme étant le véritable Erotyius fasciatiis de cet auteur. Je ne puis donc partager les convictions de M. La- cordaire, par la raison que je viens d'énoncer, qui me parait bien plus positive que toutes celles tirées de descriptions et de figures. Cet insecte étant extrêmement rare dans les collec- tions, ^L Lacordaire et moi n'ayant jamais vu que cet indi- vidu, je ne crois pas non plus qu'il puisse être rapporté à VErotflus indiens d'Olivier. En terminant ces observations, je ne crois pas devoir répé- ter ce que j'ai dit plusieurs fois sur l'adoption des noms les plus anciennement publiés et sur la valeur des noms de cata- logues ou de collections ; mais bien qu'il me paraisse assez singulier de voir M. Lacordaire adopter, par exemple , des noms tels que ceux de Oocyanus et de Omoiotelas de préfé- rence à ceux dUEprtus et à' Ellipticas , tout en disant que ces noms ont été changés par M. Hope, sans motif et sans né- cessité , je dirai ce que j'ai dit sur l'ouvrage des Curculio- nites de ]M. Schônherr, et si je possédais encore une collection, bien que ne partageant pas toutes les idées de M. Lacordaire sur beaucoup de noms génériques et spécifiques , et qu'il me parût préférable d'en prendre d'autres, je les adopterais, parce queje crois qu'un ouvrage comme la Monographie des Ero- tf liens doit faire loi, et que tous les entomologistes doivent adopter ce qui y est établi. i ANNALES DE LA SOCIÉTÉ EMOMOLO(ilQUE. 295 OB^ERVATIOiy^ SUR ON ivouvEAU GENRE DE L\ TRIBU DES NymphaUtes ; Par M. H. LUCAS. (Séance du 16 Dovembre 1842.) Le genre des Nymphales , tel que l'avait établi Latreille, renfermait une foule d'espèces offrant entre elles une grande variation de formes, et était devenu fort difficile à classer mé- thodiquement. >L le docteur Boisduval, auquel la science est redevable d'un très- grand nombre de travaux sur l'ordre des Lépidoptères, a senti combien les espèces qui composaient ce genre étaient confuses entre elles, et a pensé avec raison qu'il était nécessaire , afin d'établir une concordance avec ces es- pèces, de créer de nouvelles coupes génériques. Déjà ^L Hors- field (1) avait formé, avec les Nymphalis paraletha et Lu- bentina, deux genres , qui sont désignés sous les noms de Fapliia et ^ Aconthea , mais dont les caractères génériques sont encore inédits. Parmi les nouvelles coupes génériques que >L le docteur Boisduval a créées , nous citerons les Cys- (1) Descrip. Catal. ofihe Lepidopt. Ins. contain. in the mus. oj'the honor caslc-Ind. Comp., part. 2 (1 829), pi. v, fig. 5 ; pi. vi, fig.4. 29(5 ANNALES tineiira (1), les Cyrestis , les Aterica, les Crbdelis, les Te- rinos , les Catagramma , les Limeniiis , les Diadema , les Heterochroa , les Siderone, les Adolias , les yymphaUs , les Jganistlîos et les Prepona. auxquelles il faut joindre les ISeptis, les J pâtura et les Charaxes, dont les premiers ont été établis par Fabricius et les deux derniers par Ochsen- heimer. Tous les genres que nous venons de désigner étaient autant d'espèces qui , autrefois , appartenaient au genre ?sym- pJialîs de Latreille et de Godart. ^,l. Boisduval, sans aucun doute, ne se serait pas arrêté là, car la création de ces nouvelles coupes génériques , quoique commençant à rendre déjà plus rationnel ce genre Latreillien, l'aurait conduit à en établir d'autres; mais malheureusement de graves occupations obli- gent encore ce lépidoptérophile à remettre à un temps plus reculé la continuation de son Species dont les caractères des genres que nous avons cités plus haut auraient été sans au- cun doute exposés. M. Blanchard, suivant l'impulsion déjà donnée par M. le docteur Boisduval, crut devoir établir quatre autres nouveaux genres , dont les caractères ont été donnés dans le tome 3^ de X Histoire naturelle des insectes , faisant suite au Buffon-Duménil (2); ces genres sont désignés sous les noms de Megalura , Victorina , Phillophasis et Roma- leosoma. A notre retour d'Afrique, où nous fîmes un séjour de plusieurs années, comme membre de la commission scien- tifique de TAlgérie, rappelé ensuite au Muséum, nous nous mimes à classer de nouveau la collection des Lépidoptères (1) Pour ces nouvelles coupes génériques, consultez les pi. vu, yiii et IX de V Histoire naturelle des insectes lépidoptères , par M. le docteur Boisduval, des suites à Buffon . publiées par le libraire Roret. (2) Dans ce même ouvrage , on trouve l'exposition des caractères génériques des Cyrestis , des Catagramma , des Neptis, des Lime- nitis j des Diadema, des Charaxes et des ^ganisthos. i)K LA s(x:iÈrrF knto.mologiouk. 297 dont tous les diurnes, tant exotiques qu'européens, avaient déjà été rangés et déterminés par nous en 1839, d'après la classification de M. le docteur Boisduval. Dans ce nouvel arrangement, nous avons adopté tous lesiuouveaux genres que nous avons cités plus haut , et dont le nombre se monte déjà à plus de vingt. Tel était l'état actuel du genre .\rm- phalls, dont on a fait un groupe sous le nom de IS'ym- p/ialites , et dans lequel il reste encore beaucoup à faire, quoique cependant nous ayons été conduit à former sept ou huit coupes génériques dont nous exposerons plus tard les caractères: parmi ces dernières , il en est une à laquelle nous avons donné le nom de Godartia [\\ qui se distingue de toutes les autres par la coupe arrondie de ses ailes . et c'est ce nouveau genre qui fait le sujet principal de cette notice. Genre Godartia, Lucas. (PI. xii, n" 2, fig. 2 et 3.) Larva chrysalisque ignotœ, Ociili prominentes; palpl distîncti , capiit superantes. Antennœ breviusculœ , citrà segmentiim primum abdominale. Thorax validas , com- pressliisculiis. Alœ prlmœ anterlàs rotandatœ , exterlùs pariter rotundatœ , sed subdentlciilatœ ; alœ secundœ (l) En nous servant du nom de Godart, pour désigner une coupe générique . c'est afin de rendre hommage à cet homme modeste, vic- time de son zèle pour Tentomologie. et ensuite pour rappeler que c'est ce même lépidoptérophile qui, le premier, à Tarticle Papilio de Y En- cyclopédie méthodique j a retiré de la confusion dans laquelle elle était plongée la famille des Lépidoptères diurnes, et que c'est encore lui qui eut Theureuse idée de jeter les premiers fondements d'une his- toire naturelle des Lépidoptères de France , laquelle . après sa mort , a été étendue, comme on le sait . aux espèces d'Europe, travail qui a été consciencieusement continué et achevé par notre savant collègue et ami M. Duponchel. 298 ANNALES exteriiis posteriùsque rotundatœ , fortlter denticalatœ . Abdomen brève , paruin robustum. Pedes brèves ^ va- lidi, La tête est de moyenne grosseur ; les yeux sont très-gros et saillants ; les palpes, écartés entre eux , hérissés de poils courts et serrés, sont grêles, et dépassent de beaucoup le cha- peron. Les antennes sont courtes, assez robustes et grossissent graduellement vers leur extrémité: cette dernière est en massue fusiforme ; ces organes , repliés le long du corps , dé- passent le premier segment de l'abdomen. Le thorax est peu robuste et légèrement comprimé. Les ailes supérieures ont leur bord antérieur très-arrondi, ainsi que le bord externe; ce dernier est légèrement dentelé ; la sommité de ces organes forme un angle arrondi; le bord interne est presque coupé droit avec sa partie médiane , cependant légèrement concave. Les ailes inférieures sont arrondies avec les bords externe et postérieur légèrement dentelés; ces dernières, pendant le repos , embrassent complètement l'abdomen. Les pattes sont courtes, robustes. L'abdomen est court, peu robuste. Tels sont les caractères que nous pouvons assigner à cette nouvelle coupe générique, vraiment remarquable par la coupe arrondie de ses quatre ailes. La place que cette der- nière doit prendre dans la série des genres qui composent la tribu des Nymphalites, n'est pas très-facile à assigner, ce- pendant nous croyons qu'en la plaçant entre les Romaleo- soma et les Leptoptera , c'est réellement le rang qu'elle doit occuper. Les caractères qui empêcheront de confondre les Godartia avec les deux genres entre lesquels nous les pla- çons, sont faciles à saisir; ainsi, dans les Romaleosoma, le thorax est toujours robuste; les antennes sont presque aussi longues que le corps, et les organes du vol, quoique arrondis, ne présentent jamais la forme bizarre de ceux des Godartia. On ne pourra pas non plus la confondre avec les Lepto- m LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 209 plera (I), parce que dans ces derniers la coupe des ailes est bien moins arrondie que dans notre nouveau ^enre; ils en diffèrent encore par la lon^^ueur de leurs antennes et la briè- veté de leurs palpes. La seule espèce que l'on connaisse de ce genre est propre à Tile de INLidagascar, et a été rapportée par M. Jules Goudot au nombre de deux individus, dont un est dans les collections du Muséum et Tautre, qui a appartenu aussi à cet établisse- ment, a été échangé à M. Lacordaire. Ce second individu main- tenant fait partie de la collection de IM. le docteur Boisduval. Godartla madagascariensis , Lucas. Enverg. 83 millim. G. AUs suprà ?iigris , macuUs virescentibus ornatis ; posficis ad marginem analem nifo tlnctis ; alis infrà ru fis , macuUs siibvirescentibiis ornatis , anticis in medio nigrescentlbus ; antennis nigris; palpis caplteqiie ni gris, albido maculatis ; thorace nigro, infrà albido maculato; abdo mine saprà airo-ferrngineo , infrà nigro- ferrugineo annulato ; pedibiis nigris , albldo-ornatls , artlcalls iar- soriim albido annulatls (Marum tantum novi). Les ailes supérieures en dessus sont noires, ornées de trois bandes transversales maculaires cVun vert clair, et dont la dis- position peut être ainsi exprimée : la première ne se présente que sous la forme d'une tache plus longue que large, ayant le coté externe fortement échancré; la seconde, composée de sept taches aussi plus longues que larges, est remarquable en ce que ces dernières affectent toutes une forme différente; (1) L'espèce type de ce nouveau genre est le Leploptera dccora, Boisd. ( Inédit.) xr. 21 300 ANNALES enfin, la troisième, ou celle qui est située près du bord externe, n'est constatable que par la présence de six taches plus ou moins arrondies, et qui diminuent de grosseur à mesure qu'elles atteignent la partie postérieure du bord près duquel elles sont placées. Le dessous diffère du dessus par une teinte ferrugineuse fortement prononcée, avec le centre, cependant, de couleur noire ; ce dessous présente aussi les mêmes dessins qu'en dessus, mais ces derniers sont beaucoup plus prononcés; ainsi la première bande est une tache non interrompue, la se- conde ne diffère en rien de celle du dessus; quant à la troisième, les points ou taches sont beaucoup plus prononcés et au nombre de huit. Le dessus des ailes inférieures est également noir, orné d'une large tache d'un vert clair , plus ou moins ova- laire , et qui semble être divisée en trois par la partie saillante des nervures. Près du bord externe, on aperçoit six taches également d'un vert clair, affectant une forme plus ou moins arrondie, et dont la dernière ou sixième n'est consta- table que par la présence de quelques atomes verdâtres ; le bord anal est fortement teinté de ferrugineux. Le dessous de ces mêmes ailes est entièrement ferrugineux avec la nais- sance des nervures d'un noir brillant ; près de ces dernières sont deux points arrondis très-rapprochés , d'un vert clair ; vers le bord antérieur on aperçoit aussi deux points de même forme et de même couleur que ceux que nous venons de dé- crire, mais beaucoup plus éloignés entre eux; vers le centre, on remarque la même tache ovalaire qu'en dessus , mais dont les séparations sont beaucoup plus prononcées ; près de cette dernière sont quatre autres taches oblongues, dont la qua- trième, tout à fait située près du bord anal, n'est représentée que par quelques atomes verdâtres : outre les six grandes taches plus ou moins arrondies que l'on voit aussi en dessous, et dont la cinquième est la plus prononcée, on aperçoit près du bord externe deux rangées de points arrondis, lesquels DE L\ SOCIÉTÉ F.NTOMOLOGIQliE. 301 sont au nombre de treize dans la première rangée , tandis que la seconde, ou celle qui est située tout à fait près du bord externe, n'en offre que sept; les points qui forment cette se- conde rangée diminuent à mesure qu'ils gagnent le bord externe postérieur. Les antennes sont noires. La tête de cette dernière couleur est ornée de six taches d'un beau blanc, et ainsi disposées : quatre en dessus et deux derrière les yeux, lesquels sont d'un ferrugineux foncé. Les palpes, de même couleur que la tête , sont ornés de six taches blanches , dont les intermédiaires, ou celles qui sont situées sur le second ar- ticle, sont beaucoup plus prononcées que les autres. Le thorax noir, hérissé de longs poils de cette dernière couleur, présente de chaque côté, en dessus, deux points blancs; en dessous, il est également noir et parsemé de taches blanches plus ou moins arrondies. Les pattes, de même couleur que le thorax , sont tachées de blanc avec les tarses annelés de cette der- nière couleur. L'abdomen en dessus est d'un noir ferrugineux, hérissé de longs poils soyeux noirs; en dessous, il est annelé de noir et de ferrugineux. Cette espèce remarquable a été rencontrée à IVLadagascar. Explication des figures de la planche XII , n"" 2. 1. Godartia madagascariensis , vu en dessus. 2. id. id. vu en dessous. 3. Tête vue de face. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 303 IVOTICE sviXLA.Stilbia slagnicola, et descriptioiv de cette espèce sous SES DIFFÉRENTS ÉTATS; Par M. GRASLIN. (Séance du 7 décembre 1842.) Voiei une espèce qui , par la conformation de l'insecte par- fait , a dû nécessairement dérouter les entomologistes adonnés à Fétude des Lépidoptères ; ne connaissant point sa chenille , les uns en ont fait une Ophiusa, d'autres une Caradrinei; et ]\L Boisduval , dans la nouvelle édition de son Index métho- dique , l'a reléguée à la fin de ses noctuo-phalénides. Il était presque impossible , en effet , avant de connaître les premiers états de la Sttlbia stagnicola , de la classer d'une manière naturelle , parmi les nombreuses noctuelles de Linné. Le peu de consistance et la largeur des ailes du mâle , ainsi que son corps effilé , auraient même fait croire à des entomologistes que cette espèce était plutôt une phalène qu'une noctuelle, s'ils n'avaient pas trouvé que sa tête était trop grosse pour admettre cette opinion. Dans tous les cas, quelque idée que l'on eût de la Stilbia stagnicola, on ne pouvait guère se figurer qu'elle fût produite par une chenille aussi bien nourrie 304 ANNALES que la sienne, si je puis m'exprimer ainsi, enfin , par une vé- ritable chenille ^Hadena ou diOrthosia. J'espère ne pas déplaire à ceux de mes collègues qui s'oc- cupent de Lépidoptères , en leur communiquant une descrip- tion et une figure de cette espèce sous ses différents états ; elle n'est pas encore très-connue, puisqu'elle n'existe pas dans toutes les collections; et je crois que la femelle et la chenille n'ont point été observées jusqu'à présent. Les premiers états de la Stagnicola étant connus , il me semble , d'après les caractères de l'insecte parfait et de la chenille , que l'on doit placer le genre Stilbla dans la tribu des Orthosides. Stilbia stagnicola ( PI. xiii, fig. 1 à 7 ). Mas : alis anticis latis , cineraceîs lucidis j ad basim in- ter maculas solitas et ad apicem ohscurioribus ; in tertia parte antica et in tertia postica , duabus lineis, vicinis , cinereo-fuscis j sinuatis , notatls. Maculis solitis ala dilu- tioribuSy deflectentibus ; antica elongata. Jlis posticis albido-rafulis , ad margineni subobsciirioribus. Corpore gracili, longiusculo. Femina : alis anticis angustioribas , fere ni gris, strigis maie notatis; macula solita antica an- gusliore. Abdomine crasso. Antennœ maris et feminœ , ciliato-dentatœ. Larva : instabilis orthosiœformis, viridis^ aut pallidain casiam desinens , aut fuWo-subrubra, etc.; linea dorsualè-albida , linea lateralidorsualè , subam- pli ore , aïbido-flavida; fit scia latérale- albida vel subfla- vida,ad extremitalem posteriorem acuta. Puppa : parva, brevis, priîis atténuât a , relrà-conica , cinereo-subftavida ad ochram desinens ,perlucida; in cavo agglulinato an- gustè sepulta. Un caractère distinctif de cette espèce , la seule du genre Stilbia jusqu'à présent, c'est qu'à l'état de repos ses ailes sa- DE LA S^XJÉTÉ ENTO.MOLOGIOUE- 30S baissent le loo{j du corps cq formant un toit très-iacliiié. et que celles d'uQ côté recouvrent en piirtie les autres. Les ailes supérieures vont en s'élargissant de la base à lex- trémité, où elles sont légèrement arrondies, et finissent en pointe obtuse à l'angle apical: elles sont d'un gris cendré luisant . largement lavées de gris brun noirâtre à la base et le long de la côte jusque vers leur milieu: dans cette partie, et vers leur extrémité, cette teinte s'adoucit et se mêle avec la couleur du fond. >'on loin de la base, on aperçoit un petit trait blanchâtre, délié, sagitté, renfermant un autre petit trait noir. L'aile est traversée, vers son tiers interne, par deux raies sinueuses, rapprochées, parallèles, fortement den- telées dans ti^is endroits, d'un gris brun noirâtre: la pointe des trois dents de la ligne externe est lavée de brun noir: deux autres raies semblables, également rapprochées, tra- versent le tiers externe de Laile : mais celles-ci décrivent une courbe très-saillante . dont la partie convexe, tournée en de- hors . est finement dentelée, et forment, avant d'atteindre le bas de l'aile, deux grandes dentelures dont les dents de la raie interne sont lavées de brun noir. Les taches ordinaires . placées entre les deux raies doubles, sont très-apparentes, divergentes, d'un gris plus clair que la couleur du fond, L'orbiculaire. située obliquement, est très-allongée, cerclée de brun noir, et offre, dans sou milieu, un trait longitudinal . délié, d'un gris noir: la réniforme. qui justifie parfaitement son nom par sa figure . est de la même couleur que l'orbicu- laire. finement cerclée de brun noir extérieurement, plus largement à son côté interne, et renferme un petit trait délié longitudinal, d'un gris brun. Une bande, de la même teinte que la partie obscure de l'aile, descend de la tache réniforme un peu obliquement en dedans: cette bande est sinueuse, forme deux dentelures, et se fond, sur ses bords, avec le gris de Laile: la partie marginale de cette dernière est traversée 306 ANNALES par une raie sinueuse, très-dentée , d'un gris brun noirâtre; les dents de cette raie sont liserées de gris clair extérieure- ment , et les deux supérieures sont plus grandes et plus fon- cées que les autres. L'angle apical est ombré de gris brun noirâtre; la côte est marquée, en approchant de cette partie, de quatre petits points espacés, d'un gris clair. La frange est de la couleur de l'aile, dont elle est séparée par une ligne déliée, interrompue , d'un gris brun noirâtre; en outre , cette frange est liserée, extérieurement, de gris brunâtre, et offre, dans son milieu , un rudiment de raie longitudinale de cette même couleur. Les ailes inférieures sont larges, d'un gris pâle roussâtre, qui s'obscurcit en approchant du bord termina] ; les nervures se détachent légèrement en gris roussâtre. La frange est sé- parée de l'aile par un liseré brunâtre; elle est large, de la couleur de l'aile, et présente, dans son milieu, une ligne longitudinale un peu plus foncée et à peine visible. Les palpes sont bruns, très-courts, droits, un peu écartés. La spiritrompe est assez longue. Le thorax est arrondi, de la couleur des ailes ; le collier est plus foncé et de la même teinte que leur partie la plus obscure. L'insertion du coi^elet à l'ab- domen est cachée par une petite touffe de poils, d'un gris blanchâtre, placée, de chaque côté, au-dessous de l'épaulette; ces petites touffes ont au-dessus d'elles un petit trait noir longitudinal, et sont séparées, à leur partie inférieure, par une autre touffe plus grosse, arrondie , d'un brun noirâtre , qui s'avance sur l'abdomen; celui-ci est grêle et de la cou- leur des ailes inférieures. Les antennes sont brunes, légèrement dentées et ciliées, ce qui ne s'aperçoit facilement qu'au moyen de la loupe. En dessous , les ailes supérieures sont d'un gris roussâtre , avec les quatre points blanchâtres de la côte bien marqués.; les ailes inférieures sont comme en dessus. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOIE. 307 La femelle diffère notablement du mâle ; ses ailes supé- rieures, beaucoup plus étroites, sont presque noires; leur couleur foncée ne laisse apercevoir que des rudiments des raies transverses , et absorbe en partie la tache réniforme ; la tache orbiculaire est beaucoup plus étroite et presque linéaire; ses antennes sont presque noires et un peu moins dentées. En outre , la teinte générale de la femelle est plus foncée que celle du mâle; mais ce qui l'en sépare encore plus facilement , au premier coup d'œil , c'est son abdomen qui est énorme, surtout avant la ponte, et se trouve en dispro- portion avec la faiblesse du thorax. Les œufs sont fort gros, relativement à la taille de cette espèce; Tabdoraen n'en con- tient guère plus de quinze à vingt ; ils sont sphériques, aplatis aux pôles , légèrement cannelés dans le sens de l'axe ; d'un rose pâle jaunâtre; la femelle les dépose sur la terre, entre les herbes , sans les coller à aucun végétal. La chenille, dans sa première jeunesse, est d'un gris jau- nâtre, ou roussàtre, ou verdàtre, selon les individus, avec une bande latérale blanchâtre; sa peau, à cette époque, est parsemée de poils noirâtres assez longs; lorsqu'elle est par- venue à toute sa grosseur, elle varie beaucoup pour la cou- leur du fond; je vais décrire et donner la figure de trois de ses variétés , auxquelles les autres se rapportent plus ou moins. Première variété. Elle est légèrement atténuée aux deux extrémités, d'un vert clair tirant sur le jaune roussàtre. Une ligne déliée, blanchâtre, un peu rétrécie aux incisions, fine- ment liserée de vert plus foncé, couvre le vaisseau dorsal; cette ligne est nulle sur le dernier segment, et peu visible sur le premier, où elle n'est pas liserée de vert. Une ligne longi- tudinale , un peu plus large que celle du vaisseau dorsal , d'un blanc vert jaunâtre, liserée en haut et eu bas de vert plus foncé que la couleur du fond, longe le côté du dos à partir 308 ANNALES du commencement du deuxième anneau , s'élève légèrement sur le onzième anneau , en formant un angle obtus peu appa- rent, et va mourir sur la partie postérieure du douzième, en se rapprochant insensiblement du vaisseau dorsal. Les côtés , immédiatement au-dessous de cette ligne, sont d'un vert plus foncé que le dos. Une bande longitudinale assez large, atté- nuée aux extrémités, longe les côtés au-dessus des pattes; cette bande , qui est d'un blanc teinté de bleuâtre inférieu- rement , finit en pointe à la partie anale , où elle semble pres- que se réunir à la ligne descendue des côtés du dos. L'espace, d'un vert plus foncé , qui sépare la ligne latéro-dorsale de la bande latérale , est teinté de noirâtre à sa partie inférieure. Les stigmates , qui paraissent noirs à l'œil nu et sont peu vi- sibles, excepté le dernier, s'appuient sur cette même bande latérale. Le dessous du ventre est à peu près de la couleur du dos, avec une raie confuse un peu plus foncée, sur laquelle sont placées les pattes; les membraneuses sont de la couleur du ventre, excepté la dernière paire qui est plus foncée; elles ont la couronne de crochets d'une couleur de chair grisâtre ; les écailleuses sont de cette dernière couleur et ont la pointe noirâtre. La partie anale est plus foncée que le corps , légèrement teintée de roussàtre à son extrémité , et le premier anneau est faiblement lavé de vert jaune roussàtre ; on aperçoit , en ou- tre, un petit point dorsal noirâtre , à partir du quatrième an- neau jusqu'au dixième inclusivement. La tête, de grandeur moyenne et de forme arrondie, est d'un vert gris roussàtre pâle, luisante, et très-finement ponc- tuée de noir sur les côtés. Enfin, la peau est un peu transparente et jaunâtre aux in- cisions. Deuxième variété. Le dos est d'une couleur de cannelle DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOCaoUE. 309 grisâtre claire . avec la ligne vasculaire blanchâtre, liserée de bistre brunâtre: ce liseré, qui devient noirâtre aux inci- sions, offre lapparence d'un point noirâtre sur le milieu des anneaux. La ligne latéro-dorsale est d'un jaune pâle grisâtre, liserée en bas et en haut de bistre brunâtre : lespace des côtés qui suit cette ligne est un peu plus foncé que le dos. dans un intervalle à peu près de la largeur de cette même ligne . et forme , en s'obscurcissant à sa partie inférieure . une bande dun brun de bistre, plus foncée sur ses bords, et qui s'appuie sur la bande qui précètle les pattes. Cette dernière bande est d'un jaune-paille qui est légèrement lavé d'orangé sur les premiers anneaux. Les ligues et bandes sont disposées comme dans la variété verte, à l'exception de lextrémité de la ligne vasculaire et de celle de la ligne latéro-dorsale. qui se dis- tinguent facilement sur le premier anneau. Le dessous du ventre est un peu plus foncé que le dos et tire sur le rous- sâtre: ses côtés sont longés par une large bande d'un bistre foncé, qui devient presque noir sur les anneaux postérieurs: cette bande, à partir du troisième anneau, contient un espace de la couleur du fond qui longe à l'extérieur les pattes mem- braneuses, et finit en pointe à chaque extrémité. La dernière paire de pattes membraneuses est de couleur de bistre; les autres sont de la couleur du ventre, avec la couronne de crochets, comme dans la variété verte: les écail- leuses sont d'une couleur semblable . aussi avec la pointe brune. La tête . couverte sur les côtés de points noirâtres presque imperceptibles, est d'un roux grisâtre, pâle et luisante. Les mêmes points dorsaux se retrouvent comme dans la première variété. Troisième variété. Le fond de sa couleur est d'un gris cendré pâle . légère'î:ent rosé. La raie vasculaire et son liseré, ainsi que les points dorsaux, sont comme dans la seconde va- 310 ANNALES m. riété. La raie latéro -dorsale est d'un blanc sale, finement liserée en bas et en haut de gris brunâtre. L'espace des côtés, situé au-dessous de la ligne latéro-dorsale , est de la couleur du dos , et lavé de gris brunâtre au-dessus de la bande laté- rale; celle-ci est blanche, très-légèrement teintée de rose. Le dessous du ventre est d'un gris rose. D'autres variétés forment le passage de l'une à l'autre de celles que j'ai décrites. Mais, depuis que mes dessins sont ter- minés, j'en ai Irouvé deux autres assez remarquables : l'une d'elles 5 semblable à la deuxième pour la couleur, en diffère par l'espace , situé entre la raie latéro-dorsale et la bande latérale , qui est entièrement d'un bistre foncé ; l'autre , d'un gris verdâtre, offre une bande presque noire, qui longe la bande blanche latérale , en dessus. Cette chenille vit exclusivement de graminées ; elle habite les clairières des bois ; elle semble affectionner certaines loca- lités , où elle se cantonne ; car il s'en faut qu'on la trouve répandue indistinctement partout , comme il arrive pour cer- taines espèces qu'on rencontre même plus rarement; elle se tient le long des feuilles de graminées à rez de terre, et tombe à la moindre secousse ; au repos , elle prend assez sou- vent une altitude singulière en élevant et arrondissant la partie antérieure de son corps, comme le font beaucoup d'es- pèces de chenilles; mais au lieu de replier, comme elles, la tête sous le ventre , elle la soulève en avant. Parvenue à toute sa grosseur dans le courant du mois de février, elle entre en terre où elle se forme une petite cavité agglutinée, dans laquelle il n'entre point de soie. La chry- salide, qui s'y trouve étroitement logée, est petite, relative- ment à la taille de la chenille, assez courte, atténuée anté- rieurement , conique à sa partie postérieure; elle est d'un jaune d'ocre grisâtre transparent, plus clair sur le dessus de l'abdomen, avec les trois dernières incisions des anneaux DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOl K. 311 lavées de brun roup,e el les autres d'un gris pâle roussàtre. Le milieu du dessus de Tabdomen est longé par une bande , amincie à ses extrémités, d'un gris roussàtre. Les stigmates sont d'un brun noirâtre. La pointe de l'anus est d'un brun roussàtre , armée de quatre poils crochus , placés transversa- lement à sa partie inférieure; ces poils , visibles seulement à la loupe, ont leurs crochets tournés par en bas. L'insecte parfait éclôt à la fin du mois d'août, ou dans le courant de septembre; on se le procure, quelquefois, en secouant les jeunes arbres et les branches ; il tombe alors en voltigeant faiblement pour aller s'abattre presque aussitôt ; mais il se tient plus habituellement dans les herbes, près de terre. Je pense que la femelle , gênée par le poids de son ventre, ne vole guère que pour pondre. Explication des figures 1 à 7 de la planche XIIl. 1 et 2. Stilbia stagnîcola mâle et femelle. 3 , 4 et 5. Diverses variétés de sa chenille. 6. La même chenille jeune. 7. La chrysalide. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. 313 HISTOIRE DES MOEIRS ET DESCRIPTION DE LA CHEMLLE DE LA Dianthœcia lufeogo; (PL XIII, fig. 8, & et 10). Par M. GRASLIN. (Séance du 7 décembre 1842.) On ne doit pas être surpris que le Lépidoptère dont la larve fait le sujet de ce mémoire ait déjà figuré dans plu- sieurs genres, avant que ses premiers états eussent été obser- vés, puisqu" aujourd'hui , que je vais les faire connaître, les auteurs de classification pourraient encore hésiter. Des obser- vations, faites pendant plusieurs années, m'ont mis à même de connaître complètement les premiers états et les mœurs de la Luteago, et de lui assigner une place , que je crois natu- relle; je ne pense pas qu'elle puisse former un genre nouveau; il est vrai que ses mœurs s'écartent de celles des autres Lépi- doptères qui font partie du genre dans lequel je la fais entrer; mais ne semble-t-il pas que, dans les genres, même les plus homogènes , la nature se soit plue à mettre des exceptions ? La plupart des entomologistes sont convaincus aujourd'hui , je le suppose, de l'utilité, de la nécessité de la méthode dite naturelle; c'est-à-dire de la méthode qui tient compte de 314 AÎSNALES tous les caractères des insectes , sous leurs divers états , ainsi que de leurs mœurs et de celles de leurs larves , pour arriver à les classer; la classification, dérivant de cette méthode, groupe les espèces, d'une manière ordinairement satisfaisante, après qu'on a examiné, comparé les divers caractères dont l'analogie peut Içs rapprocher et les réunir, ou les dissem- blances qui doivent les séparer ; mais Tabus de la méthode naturelle , car l'abus marche souvent à la suite des améliora- tions comme une ombre importune, l'inconvénient de cette méthode, serait dans la multiplicité des genres : il est tel na- turaliste qui donnerait une si grande valeur à des différences seulement suffisantes pour séparer deux espèces , qu'il ferait de chacune d'elles un genre différent ; en suivant cette mar- che, nous aurions bientôt autant de genres que d'espèces, ce qui ne simplifierait pas beaucoup Vétude de l'entomologie, si l'on n'y prenait garde. C'est surtout dans le genre Noctiia, de Linné , si abondant en espèces, que cet abus pourrait se pré- senter : à l'exception d'un assez bon nombre de groupes très- naturels, ces nombreuses espèces offrent des caractères si peu tranchés, qu'elles forment comme une matière pre- mière, élastique et ductile , que l'on pourrait allonger, rac- courcir et couper sous la forme d'une multitude de genres. Pour en revenir à l'espèce qui nous occupe, je ne crois pas, d'après les détails donnés ci -après, qu'on doive lui faire les honneurs d'un genre nouveau. La chenille de la Liiteago offre des mœurs fort singulières, et qui diffèrent de toutes celles que j'ai été à même d'étudier; sa conformation et sa manière de vivre la rapprochent de celle de la Gortyna flavago, espèce que je n'ai pas encore été à portée d'observer moi-même ; cependant , malgré ce côté de ressemblance , la Luteago doit , à mon avis , entrer dans le genre Dianthœcia , l'un des plus naturels qui aient été créés aux dépens du genre Noctua de Linné. Les antennes. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGigUE. 315 les palpes , le dessin des ailes , le corselet , le long oviducte de la femelle, la chrysalide surtout, et la plante même qui sert exclusivement de nourriture à la chenille, font de la Lu- teago une véritable Dianthœcia. Cette masse de caractères doit l'emporter, ce me semble, sur la légère différence qui distingue la chenille de celles de ses congénères, et même sur la singularité de ses mœurs qui, à les examiner de près, ne s'éloignent pas tant qu'on pourrait le croire de la manière de vivre des autres Dianthœcia. Lana cylindracea, ad extremitates paulnhim atte- nuata. Cinereo-rufula aut livida, palUdissima. A tertio segmenta , pellis perlucida, venam dorsiialem violaceo- fiiscam os tendit. Punctis solitis perpaidulum notatis; ex his punctis, pili j valde tenues, exeunt. Sub abdomine pnppœ ,involucrum pedum , linguœ alarumque valde proniinens. Voici maintenant , ab ovo , l'histoire de la chenille de ce Lépidoptère : L'œuf est d'un blanc un peu jaunâtre, sphérique, aplati aux deux pôles; examiné à la loupe, on voit qu'il est légèrement chagriné et cannelé dans le sens de Taxe. Dans la première quinzaine du mois de juin, la femelle de la Luteago pond un œuf sur une tige de Silène inflata, non loin d'un nœud, et plus fréquemment sur une feuille, en dessus ou en dessous, ordinairement à peu de distance du pétiole. L'œuf se trouve collé sur la plante par une liqueur gom- meuse dont il est enduit en sortant de l'oviducte ; circonstance qui se retrouve dans beaucoup d'autres espèces de Lépi- doptères. Cinq jours après la ponte, la petite chenille sort de Tœuf , se rend au nœud le plus voisin, le perce et s'introduit dans la tige. Mais, soit que linstinct qui veille à la conservation 316 ANNALES des êtres fasse éloigner la larve éclosanle du lieu de sa nais- sance, pour dérouter certains ennemis, soit par toute autre cause, elle descend assez souvent à un ou deux nœuds, ou monte à une égale distance de Tendroit où Tœuf était déposé ; dans tous les cas , elle perce le nœud dans l'articulation. Pen- dant les premiers jours, elle vit ordinairement dans cette partie la plus tendre et la plus succulente de la plante ; elle y est d'autant plus en sûreté , que l'ouverture qui lui a donné passage est fermée par ses excréments, et s'oblitère si bien par la végétation de la plante , qu'on distingue seulement à sa nuance différente le chemin qu'elle a parcouru. Lorsqu'elle a quelques jours, la petite chenille monte à l'extrémité du petit tube qui la contient; elle en ronge les parois qui lui fournissent une nourriture tendre et en rapport avec ses forces naissantes ; peu à peu elle descend en rongeant l'intérieur de cette tige, dans laquelle on voit çà et là ses excréments , qui ressemblent à de la sciure de bois blanc très- déliée, et qui restent attachés à ses parois; quand elle est par- venue à un nœud, elle mange une partie de sa substance et le perce assez souvent pour ronger les parois de la même tige au-dessous. La jeune chenille subit sa première mue dans le brin qui lui sert de logement; lorsqu'elle habite un pied de Silène peu vigoureux , elle est forcée de traverser intérieurement jusqu'à deux et trois nœuds pour trouver une nourriture suf- fisante avant de quitter la tige. Cependant, l'espace situé entre deux nœuds suffit ordinairement à la chenille , encore fort petite, qui en sort avant de changer une deuxième fois de peau; il existe, néanmoins, quelques exceptions à cette règle, car j'ai trouvé plusieurs fois la dépouille de la seconde mue dans un brin qui contenait celle de la première. Lorsque la chenille est sortie de sa tige, en la perçant, elle descend à la racine du Silène infiata, qui est très-grosse, DE LA SOCIÉTÉ KNTOMOLGGIOUE. 317 ferme et succulente; elle s'y introduit et fait une gfalerie en rongeant sa substance au-dessous de la peau. Comme cette racine est souvent dure à sa partie qui avoisine la surface du sol, la chenille descend à une certaine distance en terre, afin de lentamer. J'ai trouvé des chenilles qui, pour attaquer les racines dans leur partie la plus tendre, s'étaient enfoncées sous terre jusqu'à 1 pied et même 1 pied y.i, profondeur à laquelle atteignent quelquefois ces mêmes racines de Silène inflata. Quoique j aie observé deux œufs sur la même feuille , et une fois, cinq sur différentes feuilles de la même tige, jamais je n ai trouvé qu'une chenille dans chaque brin. Les autres chenilles sentent peut-être que la tige est occupée et vont en chercher une autre, ou elles descendent, immédiatement après leur éclosion, à la racine de la plante. Cette seconde hypo- thèse semblerait assez probable , attendu que j'ai trouvé plu- sieurs fois, sur un pied de Silène, un plus grand nombre d'œufs éclos qu'il n'y avait de liges attaquées, et même sans qu'il y eût aucun brin d'attaqué ; mais il pourrait bien arri- ver aussi que les jeunes chenilles devinssent la proie de quel- que ennemi, avant de pouvoir entrer dans une tige. Un fait ma prouvé que leur manière de vivre presque toujours à couvert ne les préservait pas de tout danger. Un jour, j'ai trouvé une de ces chenilles . parvenue à la moitié de sa gros- seur, que la larve d'un carabique était occupée à dévorer, et cela à plus d'un pied sous terre. Lorsque la chenille de la Luteago est entrée dans une ra- cine , elle la parcourt, soit en montant, soit en descendant; elle remplit entièrement le vide quelle laisse après elle, avec ses excréments , qui sont si pressés, et offrent la substance de la racine si peu dénaturée, qu'on pourrait croire qu'elle l'a simplement broyée pour boucher la galerie qu'elle a par- courue. 318 ANNALES Plusieurs chenilles habitent quelquefois la même racine ; mais une seule l'occupe plus habituellement. La substance in- terne de cette racine fait ordinairement le fond de sa nour- riture, quoiqu'elle ronge aussi parfois la peau épaisse qui la recouvre. On est surpris, en voyant les mutilations, les ra- vages auxquels le Silène inflata résiste ; une ou deux années de végétation comblent les blessures profondes qui ont détruit le tiers ou la moitié de sa racine. Parvenue à tout son accroissement dans le courant du mois d'août , cetie chenille abandonne la racine qui Ta nourrie et remonte à peu de distance de la surface du sol, pour se former une coque de terre agglutinée , dans laquelle il entre fort peu de soie. Voici maintenant la description de la chenille de la Lu- teagOj qui est à peu près exactement, dans sa jeunesse, la même que lorsqu'elle est parvenue à toute sa grosseur : elle est cylindrique, légèrement atténuée aux extrémités, en- tièrement d'un gris livide roussâtre, très -pâle; sa peau, luisante et transparente , laisse apercevoir, à partir du troi- sième anneau, le vaisseau dorsal qui se détache en brun violâtre. Les stigmates, vus à la loupe, sont ovales, de couleur de chair, cerclés de noir. Examinés à l'œil nu , ils sont de cette dernière couleur. Les points dorsaux ordinaires sont peu visi- bles, pilifères et de couleur brune ; d'autres points semblables, un peu plus apparents , se trouvent au-dessus et au-dessous des stigmates. Les petits poils qui partent des points sont très-peu visibles, et paraissent grisâtres à l'œil nu; au moyen de la loupe, on les voit d'un gris brunâtre transparent. Le premier anneau offre un écusson corné, d'un gris fauve très-pâle, luisant; et le dernier, une plaque anale, également luisante , mais plus pâle. DK LA SOCIFTÉ ENÏOMOLOGIQUE. 319 La tête est dim fauve rouge luisant, armée de mandibules robustes d'un brun noir. Les pattes, écailleuses, sont un peu plus pâles que la tète, et ont leurs pointes de la même couleur; les membraneuses, de la couleur du corps, ont les crochets bruns. La chrysalide de la Liiteago a de tels rapports avec toutes celles du genre Dianthœcia, que je connais, qu'elle ne s'en distingue que par la taille; si elle n'était un peu plus grande, on ne pourrait la séparer des chrysalides des Dianthœcia compta, conspersa, silènes, carpophaga, cucubali, cap" sincola, etc.; elle est cylindrico-conique, un peu allongée, d'un brun rouge foncé luisant, ou un peu plus pâle et tirant sur le fauve, suivant les individus; ses anneaux sont légère- ment chagrinés. L'enveloppe des ailes est un peu plus claire; l'extrémité de cette enveloppe, ainsi que de celle qui recou- vre la trompe et les pattes , s'avance en pointe obtuse et re- courbée sous l'abdomen. L'extrémité de l'anus est saillante, aplatie, d'un brun noir, armée de deux petites épines divergentes. L'enveloppe des palpes forme , comme dans quelques espèces congénères , un petit tubercule arrondi, brunâtre, situé entre les yeux. La grande affinité, la parfaite ressemblance entre elles, des chrysalides des diverses espèces du genre Dianthœcia , qui vivent sur les caryophyllées , tiendrait-elle à l'influence de la nourriture sur les chenilles ? On serait tenté de le croire en voyant la chenille de la Luteago former une chrysalide complètement semblable à celles de ses congénères , quoique sa manière de vivre, sur l'une des plantes de la famille exclu- sivement recherchée par les Dianthœcia, ne soit pas la même que celles des autres espèces ; et d'ailleurs , toutes les Dian- thœcia ne se nourrissent pas uniquement des graines des caryophyllées : la chenille de la cucubali se contente très- souvent des feuilles du Silène inflata. Une autre singularité , 320 ANNALES que je ne puis ra'empècher de faire observer, c'est l'oviducte saillant dont Tabdomeu delà femelle de la Luteago est muni. Il semble que certaines espèces sont comme rébauche d'un genre , dun groupe de Lépidoptères très-voisins entre eux , ou font le passage d'un genre à un autre. Oui ne croirait, en voyant le longoviducte d'une femelle pleine d'analogie, pour le reste de sa conformation avec les autres espèces du genre Dianihœcia, que cet oviducte ne fût destiné à introduire dans les capsules naissantes l'œuf qui doit y éclore? Cette ressemblance d'organe m'a fait ouvrir des milliers de capsules de Silène inflaia, espérant toujours y trouver la chenille de la Liiteago dont j'avais surpris la femelle pondant sur cette plante. Quoique ce mémoire ait peut-être déjà paru trop long, je saisis l'occasion qui m'est offerte ici pour citer un cas de lon- gévité d'Boe chrysalide de Dianthœcîa; c'est le plus re- marquable que je connaisse. J'avais élevé, dans le royaume de Grenade, en Andalousie, au mois de juin 183o- plusieurs chenilles de la Dianthœcia silènes. De retour chez moi, toutes les chrysalides, à l'excep- tion d'une seule , me donnèrent leur papillon au mois de mai de l'année suivante; celle qui restait à éclore ayant conservé son poids et sa flexibilité, je la visitai l'année suivante à l'épo- que de l'éclosion de la silènes , dans l'espoir de piquer cette jolie espèce; ce fut en vain, la chrysalide était toujours vi- vante: je continuai chaque année à l'examiner. Enfin, le 21 mai 1839, quatre ans après sa métamorphose, la silènes pa- rut ; elle était un peu plus pâle que celles de la première année, mais très- bien conformée. Trois journées d'orages continuels avaient précédé son éclosion. Les années précédentes avaient offert des journées aussi chaudes, mais sans orages, et la silènes n'était pas éclose. L'électricité jouerait-elle un rôle dans l'éclosion des insectes ? C'est im problème que les ento- DE LA SOCIETE EMOMOLOGIQUE. 321 molo(jistes , qui s'occupent de physique, devraient bien ré- soudre. Explication des fig. % à 10 de la planche XI II. 8. Chenille de la Dianthœcia liiteago. 9. La chrysalide. 10. OEufs collés sur une feuille, et tige du Silène inflata , occupée par une jeune chenille. ANlNALB:S de la société ENTOMOLOGIOIE. 323 RECHERCHEIS SUR LES Helluonides , ou Rtvisio:^ dc genre HeUiio , Bonelli et Dejean ; Par M. REICHE. (Séance du 4 janvier 1 843.) En m* occupant tout récemment du travail dont la publi- cation est commencée dans la Re^'iie Ciwierienne, 1842, 8^ livraison et suivantes, c'est-à-dire de la description de tous les coléoptères de la Colombie inédits que renferme ma collection, j'arrivai à étudier un Carabique. appartenant au genre Helliio, tel que Ta formulé le comte Dejean. En com- parant les caractères que possède cette espèce avec ceux de YHelluo costatiis, que Bonelli donne comme le t^-pe du genre, je fus frappé des différences importantes qu'ils présentent , et fus ainsi amené à étudier tout le genre. Il résulte, pour moi, de cette étude , que ce genre ne peut être conservé , comme l'a conçu le savant auteur du Species des Carabique s , et que les éléments hétérogènes qu'il renferme peuvent être divisés et recueillis en plusieurs groupes, que j'ai pensé de- voir être appelés genres (1). (1' M. le comte Dejean [Sycc. gén. des rolcop., t. i. p. 284) reconnaissait qu'il existait de^ différences génériques entre les cinq 324 ANiNALES Je sais qu'on est assez mal venu , en ce moment , quand on présente au monde naturaliste un travail qui , au lieu d'un genre à étudier, en présente plusieurs, et quime des plaies de la science est cette multitude de genres introduite avec plus ou moins de raison , dans la nomenclature ; mais il y a ici lieu de distinguer entre des divisions de cette nature établies isolément, sans comparaison avec les autres de la même fa- mille, sans l'étude préalable approfondie des relations, et des genres provenant d'un travail fondamental, et dont l'établis- sement n'est fait que pour faciliter la connaissance de l'espèce, et son classement rationnel dans Tordre naturel , par ses affi- nités. Tous les naturalistes reconnaissent que c'est là le but que doit se proposer tout classificateur, et conviennent que dans un genre nombreux en espèces les divisions sont néces- saires , indispensables. Mais ici commence la querelle. Les uns, pour éviter la difficulté d'avoir à retenir une foule de déno- minations, souvent barbares, veulent qu'on s'en tienne aux grands genres de Linné ou de Fabricius. Ces naturalistes ré- trogrades, dont la paresse redoute le moindre travail, ne ten- dent qu'à immobiliser la science et ne veulent pas reconnaître que les divisions linnéennes ou fabriciennes, suffisantes quand lentomologie était bornée à la connaissance de o à 6,000 es- pèces, ne le sont plus à présent que nous en comptons dix fois plus; les autres (et malheureusement ce sont ceux qui écri- vent le plus ) embrassent l'extrême opposé : ils élèvent les moindres divisions à la dignité de genre, et nous amèneront peu à peu à avoir autant de genres que d'espèces. Entre ces deux extrêmes, il y a un milieu où, en multipliant les divi- sions autant qu'il le faut pour faciliter l'étude, on ne baptise }ALES Écusso^ triangulaire, très-court, ne dépassant presque pas îa base des élytres. ÉLYTRES plus larges que le corselet, plus ou moins allon- gées, striées, tronquées à Textrémité, et laissant à découvert tout ou partie du dernier segment de l'abdomen en dessus. ÉPiPLECRES très-étroits , s'effaçant aux trois quarts de la longueur des élytres. Abdomein à segments entiers dans les deux sexes. Pattes généralement courtes, robustes; cuisses mutiques; jambe antérieure échancrée profondément en dedans vers le milieu de sa longueur avec une dent et une épine articulée au sommet de Téchancrure; toutes les jambes tronquées à Textrémité avec deux épines articulées au côté interne de la troncature des intermédiaires et postérieures, et une seule aux antérieures; tarses à pénultième article plus petit , échancré, bifide ou bilobé ; dernier article en massue, de la longueur du premier; les antérieurs à articles épais sub- triangulaires; les intermédiaires et postérieurs à articles sub-cylindriques plus grêles ; crochets très-espaces , séparés par une lame arron- die, saillante, membraneuse; ils sont simples, sans dents, ni épines. On ne possède aucune donnée sur les premiers états de ces insectes , et tout ce qu'on sait de leurs mœurs , c'est qu ou les trouve à terre. Ils paraissent posséder la faculté explosive des brachines, comme les Galerita, les Anthia, etc. L'Europe est la seule partie du monde qui n'offre aucune espèce faisant partie de ce groupe. Les Helluonides se divisent en neuf genres, classés dans l'ordre suivant : 1 Omphra , 2 Helluo, 3 ^nigma, 4 Ma- crocheilus y 5 Jcantfiogenius , 6 Ptanetes, 7 Dailodontus^ 8 Pleur acanil LUS , 9 Helluomorpha. Le tableau suivant fera embrasser d'un seul coup d'œil le plan que j'ai suivi pour cette classification. UE LA SOCIÉTÉ EMOMOLOGIOUE. 32) H t. CI3 o Oi ^ >* c/5 S O i * Ô O I 'I — c^ « s: -■s O Qi «. CJ 3 - P :; o ■- .^ *: o « î: S "= "SS > s - ^ C "» c î' « .2 rs S; o o :^ - ^ 5 " "ï œ s 3 ^ .S "û- ^. % 2 O S ^ 330 AÎNNALES V G''. OMPHRA. Leach. Palpes. Maxillaire à deuxième article aussi long que le quatrième, aplati, tronqué obliquement à Textrémité ; le troi- sième moitié moins long, conique; le terminal en triangle allongé; labial à pénultième article sub-cylindrique, le ter- minal aplati, sub-triangulaire , allongé, sécuriforme, un peu plus long que le pénultième. Lèyré nFÉRiFXRE carréc, ses angles antérieurs arrondis, très-avancée et cachant les mandibules. Me?iTO?i' à lobes très-larges, les latéraux arqués en dedans, recouvrant entièrement les mâchoires et les mandibules . Tin- termédiaire un peu moins long, en angle peu aigu, avancé entre les points d'insertion des palpes labiaux. Labre /r<^^?6'('er6'e^ très-court, presque droit, laissant à découvert une grande partie des mandibules. ÉPiSTOME à articulation bien marquée. AivTE^i^'ES à premier article aussi long que les deux sui- vants réunis, deuxième, troisième et quatrième égaux, sub- cylindriques. Tète peu rétrécie postérieurement. Corselet convexe, ses angles postérieurs non relevés. Écussoix large, triangulaire. Élytres soudées, ovalaires, Tangle humerai à peine mar- qué, leur extrémité tronquée un peu obliquement: elles sont d'un cinquième plus longues que la tête et le corselet réunis. Ailes atrophiées. Pattes courtes, robustes; jambes tronquées carrément à l'extrémité, troncature des antérieures profondément échan- crée ; tarses de la longueur des jambes à pénultième article bifide , à premier article aussi long que les deux suivants réu- nis, deuxième, troisième et quatrième presque égaux. Patrie, Asie continentale inter-tropicale. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 331 [hirla, Fàhr. Syst. El. \ . 2\ A. De']. Spec. \ . 2Si. • '^ tristis , Leach. 2.0. — pilosa, Klug. Jarb. dei infect. 1. 71. 3. 0. — airata, id. id. 1. 72. 4. 0. — complanata, Reiche , hiijus operis, p. 342. •2^ G'^^HELLUO. Bonelli, Obseru. entomol. Mëm. acad. imper., Turin, 1811-1*2, 4o.5. Palpes — maxillaire à deuxième article un peu plus long que le quatrième: troisième moitié moins long, conique: le terminal aplati sub-triangulaire presque carré: labial à pé- nultième article sub-cylindrique plus long que le terminal . celui-ci aplati sub-triangulaire. Lèvre inférieure arrondie, tuméfiée, très-avancée sous les mandibules. Memo" à lobes latéraux avancés, larges, arqués en de- dans, recouvrant les mâchoires et les mandibules; Tintermé- diaire sub-aigu , beaucoup plus court et n'atteignant pas le point d'insertion des palpes labiaux. Labre avancé , cachant les mandibules . aussi long que large, ses côtés droits et parallèles jusqu'aux deux tiers de sa longueur et se rejoignant en angle obtus , antérieurement. Epistome à articulation peu distincte. Amendes à premier article un peu moins long que les deux suivants réunis . les deuxième , troisième et quatrième presque égaux sub-cylindriques. Tète peu rétrécie postérieurement. Corselet presque plane, sub-cordiforme . ses angles posté- rieurs un peu relevés, saillants. Éccsso\ petit , cordiforme. Élytres soudées, en carré allongé. Tangle humerai marqué, l'extrémité tronquée presque carrément, arrondie latérale- XI. 23 332 ANNALES ment ; elles sont d'un sixième plus longues que la tête et le corselet réunis. Ailes atrophiées. Pattes assez allongées , fortes ; cuisse antérieure avec une dent obtuse au tiers de sa longueur en dedans, les autres mvi- l'iqnes; jambes tronquées carrément à l'extrémité; tarses de la longueur des jambes à pénultième article échancré; l'anté- rieur a les trois premiers articles presque égaux; les intermé- diaires et postérieurs ont le premier article plus long , les deuxième, troisième et quatrième presque égaux. Patrie : Australie. Type 1. Helluo costatus , Bonelli, loc. cit.; Klug, Jarb. derinsect., 1, 75. 3^ G'^ iENIGMA. Newmann, Entom. mag., 1836, n*^ 15, 499. «^ Palpes — maxillaire à deuxième article allongé , le troi- sième plus court que le terminal , qui est aplati , tronqué , claviforme ; labial à pénultième article plus long que le ter- minal , qui est robuste et tronqué. Lèvre inférieure profondément échancrée au milieu , ses côtés distants , allongés , aigus ? Menton Labre arrondi, avancé, cachant les mandibules. Tète presque trigone , plus étroite que le corselet. Corselet cordiforme, tronqué. Élytres libres, allongées, presque linéaires, tronquées, striées, ayant postérieurement une membrane marginale dia- phane. Ailes développées, propres au vol. Pattes courtes; tarses plus courts , simples, cylindriques. Ce n'est que conjecturalement que je place ici ce genre, dont je n'ai pas vu le type; j'ai été guidé par la forme du labre ; il DE LA SOClÉlt. EiNTOMOLOGlOL E. 3;^3 reste à coiinaitre la forme du menton et des antennes, pour lui assigner sa place exacte. l>a forme insolite de la lèvre infé- rieure l'éloigné de tous les autres genres . mais j'ai lieu de craindre quà cet égard la description ne soit inexacte. Patrie: Australie. Type 1. -E.MGMA iris, Newmann. /oc. cit.; Hope . Col. Man.A.nO. 4^ G'■^ MACROCHEILUS. Kirby. Mss.Hope. Coleop. Man., •2. 166. Palpes — maxillaire à deuxième article un peu plus lonp^ que le quatrième, celui-ci un peu allongé; /.$/. £/. 1. 192. 121. texte Hope, Col. M an. 1 . 40. J'ai donné les caractères de ce genre d'après un Helliionide qui, dans la collection de M. le comte Dejean, portait le nom de Planètes bimaculatus sous lequel il l'avait reçu de M. Bo- hemann. Ces caractères diffèrent en quelques points de ceux que lui a assignés M. Mac Leay : l"* je n'ai pas remarqué que le labre fût un peu échancré {vix emarginatus) ^ je l'ai vu droit ou très-légèrement ondulé par les points enfoncés qui le bordent; 2° le quatrième article des an- tennes n'est pas aussi long que le premier, et est beaucoup plus court que les deuxième et troisième pris ensemble , quoi- que M. Mac Leay le fasse plus long. Il y a ici erreur mani- feste de la part de cet auteur, car dans la figure qu'il donne du Planètes bitnaciilatns , ce quatrième article nest pas plus long que le troisième, l/insecte que j'ai sous les yeux, et qui appartient maintenant à M. de La Ferté - Sénectère , est évidemment l'espèce typique. r G'■^ DAILODOMUS. Reiche. Ar.Ac, visible; cdVj,-, dent. Palpes — maxillaire allongé . à deuxième article un peu moins long que les deux suivants réunis, troisième obconique , quatrième un peu allongé , une fois plus long que le troisième; labial à pénultième article aussi long que le dernier , celui-ci sub-cylindrique, un peu élargi et tronqué à l'extrémité. Lèvre n'FÉRiEURE oblongue un peu avancée , ne cachant pas les mandibules. Memov à lobes larges , sub-aigus , les latéraux médiocre- ment avancés; l'intermédiaire plus court. Labre court . iransverse , droit , laissant à découvert une partie des mandibules. 338 ANNALES ÉPiSTOME à articulation bicD marquée. Antennes à premier article aussi long que les deux suivants réunis , troisième et quatrième égaux , deuxième un peu plus court; cylindriques. Tête un peu rétrécie en col postérieurement. Corselet déprimé , rebordé , ses angles postérieurs obtus , un peu relevés. ÉccssoN petit , cordiforme. Élytres libres , oblongues , leur angle humerai marqué , leur extrémité tronquée un peu obliquement et arrondie latéralement , un septième plus longues que la tête et le cor- selet réunis. Ailes développées , propres au vol. Pattes moyennes , fortes ; cuisses mutiques ; Jambe anté- rieure tronquée obliquement à l'extrémité , les intermédiaires et postérieures tronquées carrément ; tarses de la longueur des jambes à pénultième article écbancré , bifide, l'antérieur à premier article plus long, les autres en décroissant, les inter- médiaires et postérieurs à premier article aussi long que les deux suivants réunis, les autres en décroissant. Patrie : Amérique méridionale. Type I.Dailodontus ej. Spec. 2. 459. 2. D. — riifipes^ BruUé, V. de d'Orbigny, Ins. 23 8« (^'\ PLEURACANTHUS. Gray Anim. Kingd. Ins. 1. 272. ia32. — Syn. OcfpnsÇ^x^ÛSfst.Ins. ^Whtvm.' Revae Entom. Ô-333.-1837. Palpes — maxillaire à deuxième article un peu moins long que les deux suivants réunis , troisième obconique , quatrième renflé, tronqué, moitié plus long que le pénultième; labial DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 339 à pénultième article un peu moins long que le terminal , non sécuriforme , cylindrique , tronqué à Textrémité. Lèvre inférieure lé(jèrement arrondie en avant , avancée , ne cachant pas entièrement les mandibules. Menton à lobes très-larges, aigus, les latéraux avançant autant que la lèvre inférieure, l'intermédiaire plus court, at- teignant à peine le point d'insertion des palpes labiaux. Labre court , laissant voir les mandibules, son bord anté- rieur coupé carrément avec une forte dent saillante dans son milieu. Épistome à articulation bien marquée. Antennes à premier article presque aussi long que les deux suivants réunis, sub-cylindrique, le deuxième très-court, sub-conique, le troisième une fois plus long que le deuxième, et un peu plus que le quatrième , cylindrique. Tête peu rétrécie postérieurement. Corselet peu convexe , ses angles postérieurs un peu re- levés avec une petite crénelure latérale. ÉcussoN petit, triangulaire. Élytres libres, en carré long, l'angle humerai bien mar- qué , tronquées obliquement à l'extrémité , un tiers plus lon- gues que la tête et le corselet réunis. Ailes développées, propres au vol. Pattes courtes, fortes; cuisses muliques, Jamè^ anté- rieure tronquée obliquement à l'extrémité , intermédiaire et postérieure tronquées carrément ; tarses un peu plus courts que les jambes , à pénultième article profondément bilobé, lantérieur à premier article un peu plus long que le suivant, deuxième , troisième et quatrième , presque égaux , les inter- médiaire et postérieur à premier article aussi long que les deux suivants réunis, les deuxième, troisième et quatrième presque égaux. Patrie : Amérique méridionale. 340 AiNNALES Type 1 . PleuracAîhthus sulcipennis j Gray, ^//?. R'ingd. Ins. 1.272 2. P. — brasiliensis j Dejean, C6'. 1.288 3. P. — brcficollis j ibid. 5.403 4. P. — Lacordairei j ibid. 5.404 O.P. — cribraluSj ^e\che. Bet^ue Ciiuier. 1842 6. P. — anthracinuSj YAu^, Jarb. der Inscct. \. 7^ 7. P. — sanguinolentuSj ibid. 1.74 8. P. — ferrugitieus i ibid. 1.75 9^G'^HELLU0M0RPHA. Delaporte, £/m^. E/z/ow.: l,p.53. Palpes — maxillaire à deuxième article plus long que le quatrième , et presque aussi long; que les troisième et qua- trième réunis , troisième conique embrassant le suivant, qua- trième un peu plus long que le troisième , presque carré , tron- qué en hache , l'articulation de ces deux derniers articles non marquée par un étranglement; labial à dernier article, plus grand que le pénultième ou l'égalant , en cylindre aplati ■> tronqué. Lèvre inférieure avancée, un peu arrondie en avant, ne cachant pas les mandibules. Mezntov à lobes latéraux larges , obtus . moins avancés que la lèvre inférieure, intermédiaire sub-aigu, plus court, attei- gnant le point dinsertion des palpes labiaux. Labre arrondi antérieurement, entier, un peu avancé, recouvrant les mandibules. Épistome à articulation peu marquée. Aatex?ies à premier article aussi long que les deux suivants réunis, deuxième un peu plus court que le troisième, les sui- vants allant plus ou moins en s'élargissant vers Textrémité. Tète un peu rétrécie en col postérieurement. Corselet peu convexe , rebordé , ses angles postérieurs obtus, un peu relevés. 1 DE LA SOCIÉTÉ ENTO.MOI.OGIQUK. 341 ÉcussoN petit, cordil'orme. Élytres en carré long, à troncature peu sensible, Tangle humerai bien marqué. Ailes développ.'os, propres au vol. Pattes courtes, fortes; cuisses mutiques; jambe anté- rieure tronquée un peu obliquement à Textrémité, avec la troncature largement échancrée, les intermédiaires et posté- rieures tronquées carrément; tarses à pénultième article échancré, bifide, Tantérieur à premier article plus long, les deuxième, troisième et quatrième, en décroissant; tarses in- termédiaires et postérieurs plus grêles, à premier article aussi long que les deux suivants réunis , ceux-ci égaux, le pénul- tième moitié moins long. Patrie , les deux Amériques. Ce genre , qui termine la famille des Helluonides , est com- posé d'espèces assez dissemblables , et pourra peut-être plus tard être divisé en deux genres , Fun comprenant les espèces de l'Amérique boréale, l'autre celles de l'Amérique intertro- picale et australe. Les premières se distinguent par la dilata- tion plus forte des articles quatrième à onzième des antennes , les palpes plus grêles , et la forme du corps plus allongée. Je n'ai pas cru ces différences assez importantes pour servir de base à l'établissement d'un genre nouveau , et n'en ai fait qu'une division. A. Antennes allant en s'élargissant modérément du qua- trième article à l'extrémité , corselet plus large que long. Insectes de l'Amérique du Sud. 1. Helluomorpha héros , Gory, Ann. Soc. eniom. 2. 197 2. H. — agathjrrnus , V»w({\\Gt ., ibid. 4.618 3. H. — ■ bell'icosa ^ Delaporte , J^/m^. entom. 'i . S'a 4. H. — unicolor , Brullé, z;c»j.ded'Orbigiiy, /«^. 22 o. H. — uielanaria , Ki^khe , hujus operis, p. 3î5 342 ANNALES 6. RELimyiOMïikJèmorataj Dejean, Species. 5. 405 7. H. — nigerrima^ Klug, Jarb. der Jnsect. \. 76 8. H. — pubescens, ibid. 1. 77 9. H. — coracina, Mannerh.,Silb. i?cf. cn^ 1837.211 10. H. — sparsa , Brullé , ^o^ . de d'Orbigny, /n5. 22 B. Antennes allant en s'élargissant fortement du quatrième article à l'extrémité, corselet plus long ou aussi long que large. Insectes de l'Amérique du Nord. 1 1 . Helluomorpha /;r/./. /^"^zie . 3ord intérieur ■ V '^ie t "^ â.^ '•^•s.^ -^ -d.Ztfitvrt dd' -Pte'roi/ raj^/ue dej^ Ze'pidoptereo^ .tn/i. lie /a J'oc. Entonioltfgiifue Je /•'nuice ■ /// TunuM. Pi. u. -^ I^if^ne «^ i- O. Cti^inui . / y 2. (r. JùiiriHj/oj'j'a . //^^tur y 3. G.^pia/lU'./Eumuà.y ^. O. C?/aUCOpÙr. ■' Pol^.nr,,^./ /. (^. OrArhku.p . / An/i . de la, Soc. £n/omo7oujncnÂZ mc Pter-oçrapAie iA' l'ranct' To„u' A7 . r/ . 6 . Eida/ie de SridùtL de/ ■ -■i-J>umèni/ jv ■ â.Eucranitun arachnordes. 7 ■ I^ar/ty,ro/tta (ic\rci//apf/i,F . 6'. ûli/pAà/erffir ,rrer{/u/ù}ias . 6- Mne//taùaf/i Aùe/u/ . ^/tui .//<• Af ,i'of/f/f A/i/i'//u/A'i////f/i' f/t' /'/yi/irt' ./.' /'. /. .l/,„,u.-, ,/,/. n . ■>^ -d. . J ■ /f/fon-n/i .'/////> /.fan /hi/piir .M ]. /. ('r/fl///f.r /lf.>yHI/l/((T C .,/. /',/;■„„• . 2 . /f/ . -^ :) . 7'r/r ,/// r. '•f//;'ncr/(l o. Jl.u- L,;,; . 4 .l,i/,n>i. ,/„ C. ///.)yja//f( a . ,y /,,r/,„/A' ,■/„./„/,„/,/„/,■ ,/„ (\ /if.i//f//ifrfi c U.J.Lu,n- ,A, 'l'riflJtf.r ///f////H'//flf.r . 2. .l„/n,„.- . ,'> . .U„mA/,„/r . ■/■■ /.,,>j, ,„„„■/„.„;■..■,■/ ^.,,//„„- /luuirïùn/i'^ , O. E.f/rriu//,' ^>,>„lviiiii/,- ,A- /'„/,,/„„„„ . O' V,,,,,,,/,,- /'///../• /./ ,i'ii,if/i- K/i/oiiiofi>j/iiji(t- t/i' /'i-iuiiv To,n.- A7. /'/,•!. ni.uu/..uj ,{./ /. .hi////ir/t/r/f,v r/itf/'/o/inr l)oii\,/ ■ '1 . l'xininj/.r i)/i(/()i>(i/((,f l)„/iui/ . 'J . A /////('// ff fl(jll/l//lfl/f/l ^ /J,i/;/o/f//i 4. /// fW . l I />,un,„,'l ..,„//,. r jinnti/f,f t/f la Soc . Enioniolo^ufiti' i/f fnmce Ta nu- A7./>/..9. Jf^X^nau^'rueJ'c- i Uti^ Cii/o deZ. 1- DerobrucJiUif Leuoifztrren' o . £u^iu/ . 2 a ■ Ijinujchmddi nnoplilliaùiia ..hiùé 7 l'f 3 . Cix/kmorpJuf donna ■ / u,ine/^ Je Lt ) A le ^nv^ie . urc//c ■ i ^inii t/t /il t>oivt/r J'^n/onio/ojfiaiic i/f /"mncc 1. T,w„- M PI. 10. 7. l.Jndacicé' brit/mcior. ±. J. Jn/oniœ . 3.J.J3rt//ie(l^?)rarJ. 4- .J.'/irf/nci d'H rar.3 varmLtIij- C/iev . S.^.muiuàij' . 6 . J . mdiuw^/tdia/ma^ . O n . f^.anérnn.^rar^,^ H.J. La/ro(/ec/uj^ ma//m^/ui/iof WaMi jro^^i 2. if/.^rai,J.iœ ,.^Aa-c//^ . Ô.Diify/cf a/Za/iof Orne//x It^^ jro^^/ . 4 iW. oa r/r ^roji/ . O. fW. /^V^ /,-^^ jroj-^ie . 6- Ù/ . ^aiu/^.^ na/urcOr - ^ A -Jjinalf^ de iti Jûc .£nb>rn4>Ioji^ie t/e Sra/i Tome JL.ÏL.Jl. J a 4- . Briinchipiof lorvtcorma^.H'mffti ô a 8 . ^c/wrTf/r^ àrf/arie/urij'. /Tm^a. . 9 ef- lO . ^ni^opJra Uirtcofa . Jféitrét . II (t lî . Drraphfa hntùafn . ïrafia ■ JJ tr 17 . ^dap,rt/ra roarefntn . //n^éc . -inn de la Soc £nù)moloçiçue del'ntyict Jonur .\7 PI i: 1 M* deZtnguemar* pint II tkiUan/ def et^mcJ V /}iruliot .rculp 2 uti f/i de^r.coii^r 3 7'ete uiir d/- /ace Ann . de la Soc ■Entonio/o(/içue de J'/xt/we Tome J7 PI jJ Graj-fi •lin pini,. Jff J)ouÙot scuip. J. a 7. Suis ta Slaç/U^^la. j e^ 2.$et^. 3, 4 e/ o. Dn>er^e^ varteâir t/e ia CAeml/e. 6. CÂeyu//ejeime . 7. ùt ûuy^a^/de^. 8 à JoJ)ian//l/paW /ulea^O . 8 CAen/^.^. Chrysaàde. 10. Œi//' co//e .w ,me. ANNALES DR I.A SOCIÉTÉ E.NTOMOI.OOIyUE. BlJLLETL^ ErVTOMOLOGIQUE. AMBÎEE 1S4«. PREMIER TRIMESTRE. Membres du Bureau pour l'année 1842. Président , M. le Docteur Aube. rice-Président , 31. Goureau. Secrétaire j M. E. Desmarest. Secrétaire-Adjoint ^ M. Pierret. Trésorier^ M. Ch. Pitois. Trésorier-Adjoint ^ M. L. Buquet. Archiviste, M. Dupoinchel. SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ EiNTOMOLOGIQUE DE FRANXE. (Séance du o janvier 184i2.) Présidence de M le Docteur Aube. Ouvrages offerts. Observations sur les affinités naturelles de la fjimille des Paussidœ; parM. Burmeister. (Extrait du Maga- zin de Zoologie.) Br. in-8o; Paris, 1841 : offert par l'auteur. — Examen critique de la première livraison de l'ouvrage de M. Audouin, intitulé : Histoire nature/le des Insectes nuisi- II. a II ANNALES blés à la Vigne, et particulièrement de la Pyrale; pur un ano- nyme. Br. in-8o^ Lyon, 1841 : envoyé par l'auteur. Communications. M. L. Buquet annonce la mortdeM. Ahrens, professeur de mathématiques à Augsbourg, membre de la So- ciété. Lectures. M. l'abbé Bourlel lit une note ayant pour litre : Observations sur une Notice sur les Podurelles , publiée dans le IS^ 64 de la Bibliothèque universelle de Genève. — M. le Secrétaire donne lecture d'une note de M. Emile Blanchard, intitulée : Notice sur un Insecte de la famille des Longicornes. — M. Guérin-Méneville lit un travail ayant pour tilre : No- tices sur quelques Insectes nuisibles à l'agriculture. L'auteur com- mence par quelques considérations générales sur l'utilité de l'Entomologie pour l'agriculture; il s'occupe ensuite des in- sectes nuisibles aux céréales , passe en revue les principaux travaux qui ont été publiés sur ce sujet, et fait connaître un nouveau genre d'altération produit par la larve de la Musca pumilionis des auteurs. Cette larve ronge la lige du froment, d'un côté seulement, entre l'épi et le premier nœud, et cause l'avortement de tous les grains du côté qui a été attaqué. M. Guérin-Méneville fait ensuite connaître les difîerents états et les habitudes d'un petit Lépidoptère, VElachista cof- feella, Guérin et Perrotet, qui fait de grands ravages dans les plantations de café aux Antilles. Ce dernier mémoire, fait en ""commun avec M. Perrotet, sera publié aux frais du ministère de la marine. Membres reçus. M. Gehein (Jean-Baptiste), étudiant en phar- macie, à Paris; présenté par M. L. Buquet. — M. Langeland (Emile) , de Paris; présentéparM. Pierret. DE LA SOCIÉTÉ EiNTOMOLOGIQUE. m (Séance du 19 janvier 1842.) Présidence de M. le docteur Aube. Ouvrages offerts. ISovorum actorum Academise Ca3sarege Leopoldino-Carolinœ naturae curiosorum. Voluminis duode- vicesimi, supplemcnliim primum. Breslaii, 1844. Un vol. in-4'' : offert par l'Académie. — Verhandliinsfen der k. k. landwirlhschafts Gesellschafl in \Vien. Toni. ix. Vienne, 1841. Un vol, in-S"" : offert par l'Académie. Correspondance. Lellre de M. Boyer, pharmacien à Aix, annonçant que ses occupations ne lui permettent pas de s'oc- cuper d'Entomologie, et priant la Société d'accepter sa démis- sion de membre. — La démission de M. Boyer est acceptée par la Société. Communications. M. Alexandre Lefebvre présente de nom- breux dessins à l'appui d'une méthode qui a pour objet de faciliter la classification et la description des Lépidoptères. Cette méthode repose exclusivement sur des caractères que pré- sente le système nervulo-alairedans les insectes de cet ordre. Lecture. M. Goureau lit une noîice intitulée :iYo?e pour ser- vir à l'histoire du Pissodes Pl^'l. (Séance du 2 février 1842.) Présidence de M. le docteur Aube. Ouvrages offerts. Comptes-rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des Sciences de France, par MM. les Secré- taires perpétuels. Tome xiii, 1841; deuxième semestre, N«' 22 à 26. Br. in-4°^ Paris, 1841 : offert par l'Académie. IV ANNALES Communications. M. Ch. Pilois, Trésorier, fait connaître l'état des recettes €t des dépenses de la Société pendant Tan- née 1841. — M. le Président nomme MM. Berce, Doue et Dupont , membres de la commission chargée de vérifier les comptes du Trésorier pour l'année 1 841 . — La Société charge M. le baron Walckenaër de faire pour les Annales une Notice nécrologique sur Latreille. — M. Pierret est également chargé d'une notice surM. Ahrens, d'Augsbourg. Membre reçu. M. Fairmaire (Léon), étudiant endroit, à Pa- ris, présenté par M. E. Desmarest. (Séance du 16 février 4842.) - Présidence de M. le docteur Aubé. Ouvrages offerts. Comptes-rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des Sciences de l'Institut de France, par MM. les Secrétaires perpétuels. Tome xiv, 1842, premier semestre, N*'* 1 à 4. Br. in-4°-, Paris, 1842 : offert pai l'Académie. — The transactions of the Entomological Society of Lon- don. Vol. m, part, the first. Un vol in-8°; Londres , 1841 : offert par la Société Entomologique de Londres. — Notes on some Insects from king Georges Souad by Adam White. Br. in-8°; Londres, 1841 : ofiert par l'auteur. — Le Secrétaire dépose sur le bureau deux exemplaires du quatrième numéro de 1841 des Annales delà Société. Communications. M. L. Buquet donne lecture de la note sui- vante : (( M. ïlope a publié en 1841 , dans the proceedings of the Entomological Society of London (page 11, août 1840), la description de cinq insectes Coléoptères qu'il regardait comme DE LA SOCIÉTÉ KNTOMOLOGIQUE. y nouveaux, et parmi lesquels il s'en trouve deux que j'avais fait connaître plusieurs mois auparavant. « M. Hope a désigné sous le nom de Dynastes Jupiter le même insecte que j'ai publié en février 1840, sous la déno- mination de Scarabœus Jupiter (Uevue Zoologique, par la So- ciété Cuviérienne, 1840, p. 42). C'est une assez singulière coïncidence que celle qui nous a amenés tous deux, à une épo- que peu éloignée, à assigner le môme nom à cette grande et belle espèce. M. Hope a appelé du nom de HexapkyUum Westwoodiiy une espèce de Lucanide que j'avais publiée en juin 1840, p. 173 de la Revue Zoologique pour 1840, sous le nom d'Hexaphyllum œquinoctiaie. « Bien que je n'attache aucune importance réelle à conser- ver la priorité dans cette occasion, puisqu'il s'agit tout sim- plement delà description d'insectes isolés, j'ai cru devoir néanmoins signaler ce double emploi de nom, afin de prému- nir les Entomologistes contre les erreurs auxquelles cela pour- rait donner lieu. « M. Hope et moi nous nous étions bornés, dans les publi- cations citées plus haut, à donner en latin, et très en abrégé, la description des deux insectes dont il s'agit; mais, depuis, j'ai complété ce petit travail en donnant dans le Magasin de Zoologie, année 1840, pi. 46, la figure de grandeur naturelle de mon Scarabœus Jupiter, de même que j'ai donné, dans nos Annales delà même année, p. 375, l'historique du genre Hexaphyllum, et complété la description de l'espèce que j'avais publiée précédemment sous le nom de H. œquinoctiaie. » Lecture. M. Reiche donne lecture d'un mémoire ayant pour titre : Essai d'une classification méthodique de la tribu des Co- prophag es, famille des Lamellicornes, division des Scarabœides, Coléoptères- Pentamères. Ce premier mémoire comprend la pre- mière division de la sous-tribu des Ateuchides. Yi ANNALES — M. Doue lil le rapport de la commission chargée de \'é- rifier les comptes du Trésorier pour l'année l84d . — La Société décide que ce rapport sera imprimé en entier dans les An- nales. Rapport de la commission chargée de l'examen des comptes DU Trésorier pour l'année 1841. Commissaires: Mes- sieurs BERCE / 1)1 POiST et DOUE, rapporteur. Un an s'est à peine écoulé depuis que le rapport de la corami.-sion chargée de l'examen des comptes du Trésorier pour l'année 1840 avait jeté parmi nous la tristesse et presque le découragement. Le déficit, cette lèpre des finances à laquelle tant de remèdes ineffi- caces ont été si souvent appliqués, le déficit nous avait fait sentir ses atteintes et semblait menacer notre Société d'une prochaine des- truction. La cause première de ce manque d'équilibre entre nos recettes et nos dépenses datait^de loin déjà, mais elle était honorable , elle s'ex- pliquait par le luxe de nos anciennes publications, dont les feuilles de texte et les planches trop nombreuses avaienl entraîné des frais hors de proportion avec nos ressources. Un pareil état de choses dut nous affecter d'autant plus péniblement que sa gravité se révélait d'une manière plus imprévue. En effet, bien que notre dette se fût accrue successivement, nous avions toujours considéré le remboursement des cotisations arriérées comme devant suffire et au delà, pour rétabhr nos affaires; mais le compte rendu venait de mettre fin à l'illusion et la remplaçait par une triste réalité. C'est surtout pour les membres de la Société qui résident à Paris , que les conséquences de celte situation critique étaient à déplorer ; habitués qu'ils sont à ces réunions périodiques, où ils mettent en com- mun leurs propres observations, celles de leurs correspondants et tout ce qui peut contribuer aux progrès de la science , ils ne voyaient qu'avec un regret bien vif arriver le moment oii des séances qui leur offrent tant d'intérêt allaient cesser. Toutefois, un examen plus attentif des ressources qui nous restaient encore naus permitde ne pas désespé- rer entièrement. Le mal était grand, sans doute , mais une adminis- tration prudente pouvait le diminuer successivement, peut-être même le faire entièrement disparaître. UE l.A SCH:1ÉTÉ ENTOMOl.OGIQLi:. vu Essayer de vaincre cette difficulté, c'était pour nous un devoir; nous l'avons rempli , et le succès a répondu à nos efforts plus promp- tement que nous n'osions d'abord l'espérer. Voici, d'après les pièces qui ont été remis'^s par le Trésorier à la commission d'examen , quelle a été la situation financière de la So- ciété pendant l'année 1841. Les ressources actives se sont composées : 4 o Du solde en caisse au 1^»^ janvier 14ofr. 84 c. 2^ De rentrées de cotisations arriérées pour 1840 et années antérioires 1,o32 » » 5'' De recettes sur les cotisations de 1841 1,716 » » 4» De sommes perçues pour affranchissement , etc 82 oO » Formant ensemble la somme de 5,2T6fr. 54 c. Le passif doit èlre établi comme il suit : Dû à notrj éditeur, pour publications antérieures, jusqu'à et com- pris le premier semestre 1840 2,500 i Au même, pour les publications du I , »v.-v ^ deuxième semestre 1840, et celles de 1 an- ( ' née entière l841 2,230* Dépenses diverses en 1841 597 10 Loyer de la. salle des séances pendant la même année 222 • Total 5,369 fr. 10 c. Pour Tatténoation de ce passif, il a été fait emploi d'une somme de 5,147 fr. 10 c. , qui se décompose ainsi : 1° Pour à-compte à l'éditeur des Annales 2,750 fr. » 2** Pour soldes de dépenses diverses 597 40 Total égal 3.147 fr. 10 Il restait donc encore à payer au 51 décembre 1841, à l'édi- teur 2.000 fr. Et pour frais de location 22-2 fr. Total 2.222 fr. Pour combler ce déficit, nos ressources réelles ou apparentes sont : i® Un en caisse de 129 fr. 24 c. 2' Ck)tisations arriérées pour 1840 et années anté- rieures 5.198 9 s ù^ Cotisations à percevoir sur 4841 2.412 » » Total 5.759 fr 24 c, VIII ANN.\LES 11 s'en faut bien que toute cette somme puisse être réalisée; l'ex- périence nous a prouvé qu'on doit peu compter sur le plus grand nombre des membres retardataires, surtout ceux dont l'arriéré date de plusieurs années. Il est cependant permis de croire que ce qui reste dû sur 1841 sera perçu en grande partie, et déjà notre Tréso- rier nous a annoncé qu'il compte sur une rentrée prochaine de 1 ,000 fr. au moins; nous pouvons donc considérer notre passif comme ne s'éle- vant plus qu'à 1,000 fr. environ. Comparativement, cette situation est de beaucoup meilleure que celle de l'année précédente; mais le résultat dont nous devons surtout nous féliciter, c'est d'être parvenus à faire paraître les trois numéros de nos Annales en retard sur 1840 , et les quatre numéros qui se rat- tachent à l'année 1841. En mettant ainsi nos publications au courant, nous avons rétabli les relations qui nous lient à nos nombreux collègues des déparlements et de l'étranger. L'interruption momentanée de ces relations est, n'en doutons pas, la cause principale de la lenteur que beaucoup de mem- bres ont mise à se libérer envers la Société centrale , qui , hors du lieu de ses séances , ne donnait plus , pour ainsi dire , signe de vie. Main- tenant que , libres de toutes fâcheuses préoccupations , nous avons raffermi pour longtemps , nous aimons à le croire, les bases de notre Société , l'avenir nous reste , et il semble n'avoir plus rien que de ras- surant. Mais cet avenir, nous pourrions le compromettre si nous ne persis- tions pas, au moins pendant l'année courante , dans le système d'é- conomie auquel nous devons notre salut. La commission regarde comme un devoir de vous soumettre à ce sujet une importante obser vation. La Société Entomologique de France se composant aujourd'hui de 174 membres, son revenu annuel devrait s'élever à 4,176 francs ; somme plus que suffisante pour couvrir toutes ses dépenses. Mais, sur la totalité de ces membres, six doivent cinq ans de cotisa- tion; treize doivent quatre ans; vingt-six trois ans; dix-huit deux ans et quatre-vingt-dix-huit un an. En ne comptant que les membres qui doivent de deux à cinq ans, leur nombre s'élève à soixante-trois, représentant ensemble cent qua- tre-vingt-seize années de cotisation arriérée, à 24 fr. l'une, ou 4,704 fr. Si l'on établit une moyenne pour les quatre années 1837, 1858, 1859 et 1840 , on trouve que quarante-neuf membres ont fait annuellement DF LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. ix défaut ; ainsi la Société ne semblerait devoir raisonnablement compter que sur cent vingt-cinq membres , versant à la caisse une somme de 3,000 fr., légèrement augmentée par le supplément de cotisation des membres non résidants. Il serait donc plus qu'imprudent d'élever la dépense annuelle au delà de mille écus. Psous pensons que telle doit être la limite des opérations de la Société, et que, ne pas la dépasser à l'avenir, est pour elle une condition d'existence. Nous ne terminerons pas sans donner des éloges au Trésorier, M. Cil. Pitois, pour l'exactitude et la clarté que présenj,entses comptes. Nous devons surtout le remercier du zèle dont il a fait preuve en activant la rentrée d'une partie de noire arriéré. Sous ce dernier rapport, lui et son adjoint, M. Reiclie, ont acquis des droits incontes- tables à la reconnaissance de la Société. (Séance du 2 mars i8i2.) Présidence de M. Goureau, vice-président. Ouvrages offerts. Comptes-rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des Sciences, de l'Institut de France, tom. xiv, 184:2; premier semestre, ]N°' v et vi. Br. in-4° : offert par l'Académie. — Mémoires de la Société royale des Sciences, Lettres et Arts de Nancy, année 4840. Un voL in-8° : offert par la So- ciété. — Observations sur les métamorphoses du Cerceris bupresti- cicla, et sur l'industrie et l'instinct entomologique de cet Hy- ménoptère. — Éludes anatomiques et physiologiques sur une mouche, dans le but d'éclairer l'histoire des métamorphoses et de la prétendue circulation des insectes. — Recherches sur les métamorphoses du genre Pliora, et description de deux nou- velles espèces de ces Diptères. — Mémoires sur les métamor- phoses et l'anatomie de la Pyrochroa coccinea. — Histoire des métamorphoses et de l'anatomie des Mordelles. — Histoire des métamorphoses de VElater rliombeus : par M. Léon Dufour, (Extrait des Annales des Sciences naturelles, 1840-1844 , et X A^'NALES des Mémoires de la Société des Sciences de Lille. Br. in-8*\ avec fig. : offert par l'auteur. Communications. M. E. Desmaresl annonce à la Société la mort de l'un de ses membres, M. Edouard Carreno, décédé à Paris, le 18 février. — MM. Amyot et Dupont annoncent qu'une souscription est ouverte dans le but d'élever un monument à la mémoire de M. Carreno. On souscrit à Paris, chez M. Amyot, rue neuve Saint-Roch, 24. (SéaDce du 16 mars 1842.) Présidence de M. Gûdreal', vice-présideiit. Ouvrages offerts. Histoire naturelle et Iconographie des in- sectes Coléoptères, liv. 51 et 52, contenant la fin du Supplé- ment aux Buprestides; par M. Gory. In-8° avec fig. col.; Paris, 1841 : offert par l'auteur. — Communication verbale sur la Ptérologie des Lépidop- tères, par M. Al. Lefebvre. (Extrait de la Revue Zoologique par la Société Cuviérienne, No de février 1842). ln-8o, avec fig. : offert par l'auteur. Communications. M. Pierret annonce à la Société la mort de M. Adolphe Boisdiival, officier de santé, qui exerçait la médecine à Ticheville (Orne). M. Ad. Boisduval était un ento- mologiste fort zélé pour la recherche des Lépidoptères; on lui doit la découverte de plusieurs espèces rares , entre autres celle de la Chnjsoptera moneta , qui n'avait été rencontrée qu'en Hongrie et dans les Alpes du Dauphiné. — M. Reiche communique à la Société le résultat de ses recherches sur le caractère sexuel apparent des espèces du genre Ateuchus. 11 est parvenu à le découvrir dans l'un des DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. xi groupes de ce genre, comprenant les espèces dont l'épine ter- minale des jambes est soudée. Ce caractère consiste en une fascie longitudinale de poils courts, touffus, formant une brosse veloutée à la partie interne des jambes postérieures dans les mâles; les jambes des femelles sont simplement ci- liées. M. Reiche n'a pu jusqu'à présent trouver aucun carac- tère sexuel dans le deuxième groupe, celui dont l'épine ter- minale des jambes est articulée. — M. de Villiers fait connaître quelquesdétails intéressants sur les premiers états du Lucanus cervus, qui lui ont été com- muniqués par notre collègue, M. Marchand, de Chartres. En f;\isant abattre dans sa maison de campagne un arbre très gros et très vieux, les ouvriers employés par M. Marchand trouvèrent, à une assez grande profondeur, plusieurs boules oblongues, de la grosseur d'un œuf de pigeon, composées de terre, de petits graviers et de sciure de bois. M. Marchand ou- vrit plusieurs de ces boules par un bout, et il fut fort surpris d'y trouver un Lucanus cervus qui aussitôt agita ses énormes mandibules, et chercha à sortir de sa prison, dont les parois étaient lisses el très unies : noire collègue ne put trouver de laives, malgré toutes ses recherches, la saison étant probable- ment trop avancée. M. de Villiers a vu celle espèce de cocon, qui, à la contexlure et à la forme près, se rapproche de ce- lui des Cétoines, que l'on rencontre assez souvent dans les vieux saules. — M. de Villiers fait connaître quelques-unes de ses observations sur les mœurs de certains Lépidoptères noc- turnes. 11 a toujours remarqué que diverses espèces des genres Orthosia et Ceractis ne se servent jamais de leurs ailes pour échapper aux dangers qui les menacent : lorsqu'on va pour les Si\isir, elles se laissent tomber à terre, et puis elles se mettent à courir avec une telle rapidité que l'on a beaucoup I XII ANNALES de peine à s'en rendre maître ; elles ne s'arrêlenl que lors- qu'elles se croient hors de toule atteinte, et au bout d'un laps de temps assez long, elles grimpent après une tige d'herbe pour pouvoir prendre leur vol. En général, les espèces qu'on trouve en automne s'envolent assez difficilement ; mais au- cune d'elles ne court aussi vite que la Ceractis vaccinii. La Scotophila tragopogonis offre également une particularité assez remarquable. En soulevant les écorces des saules pendant le mois de juillet, on trouve ces Lépidoptères réunis en grand nombre : ils sont placés les uns à côté des autres, se louchant le plus souvent, et ayant la tête toujours tournée du même côté. Lorsque l'on veut piquer un de ces insectes, il ne s'envole pas, mais il court en passant sur le dos de ses compagnons sans que ceux-ci en paraissent nullement alarmés, et il va se placer au-dessus d'eux. M. de Yilliers a vérifié ce fait un grand nombre de fois, et toujours la même chose s'est présentée, ■ — M. de Laporte, comte de Castelnau, communique à la Société quelques-unes des observations entomologiques qu'il a recueillies pendant le voyage qu'il vient de terminer. Les insectes de l'Amérique du Nord sont proportionnellement moins communs en individus que ceux d'Europe ; ils sont sur- tout peu nombreux dans les grandes prairies des Illinois , et dans les plaines arides de l'ouest du Wississipi. On peut expli- quer ce fait par le changement si extraordinaire qu'éprouve la température dans un même jour. Les espèces semblent aussi généralement avoir un habitat plus étendu qu'en Europe; ainsi, plusieurs formes tropicales, telles entre autres que [e Phaneus carnifex^ très commun en Floride, s'étend jusqu'au Canada. Au reste, il en est de même pour les autres branches de la zoo_ logie ; le Cougouar s'étend jusqu'à la baie d'Hudson , le Trionyx remonte le Mississipi jusqu'à l'Ohio , et peut- être même plus au nord, etc. Des deux espèces de Méga- DE I.A SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xiii céphales qui se froiivent dans les Étals-Unis, l'une, la Mega- cephala virginica, étend son habitat vers le nord jusqu'en Pensylvanie; elle se trouve dans les loufTes d'herbes : la Me- gacepliala carolina ne semble pas s'étendre beaucoup au nord de Charleston ; on la trouve volant au so'eil , à la manière des Cicindèles. Cesdcux espèces se rencontrent dans tout l'extrême sud jusqu'au Texas. Les Casnonia se trouvent communément sous les pierres; on les rencontre dans la ville même de INew-Yorck. Les OmussQ trouvent également sous les pierres, dans les environs des montagnes rocheuses. I e Rliipicerafulva est rare : on l'a trouvé le soir, volant autour des arbres, àNew- Yorck et en Pensylvanie. Une espèce nouvelle de Melolontha se trouve très communément, au printemps, dans le New-Jersey, sous les algues, au bord de la mer : une autre espèce de Mé- lolonthe se rencontre, dans des circonstances semblables, sur les bords du golfe du Mexique; mais sa recherche est rendue dangereuse par les Crotales , qui abondent dans la même loca- lité. Les Diapères sont assez abondantes, surtout les Oplôce- phala et les Platydema : on trouve ces derniers sous les écorces. MM. Kirbyet Spence, dans leurs Éléments d'entomologie, mentionnent le Reduvius serratus de Fabricius comme étant électrique. M. de Castelnau a parlé de cette observation dans son Traité élémentaire d'Entomologie, en appelant l'attention des voyageurs sur cet insecte, très commun dans l'Amérique méridionale, et sur lequel il a formé un genre Prionotus, dans son Essai d'une classification des Hémiptères. Depuis la publi- cation de ses observations , M. de Castelnau a trouvé aux envi- rons de Philadelphie deux individus qui lui ont semblé en tout devoir faire partie de la même espèce; mais ces insectes ne lui ont ofTert aucuns phénomènes électriques. Le Reduvius seiratîisde l'Amérique du sud serait-il dans le même cas? — A roccasion des observations de M. de Castelnau rela- XIV ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. tives à un insecte éleclriquo, M. de Villiers rapporte un fait dont il a été témoin et qui lui semble du même genre. Se trouvant à Montpellier, en 1837, chez son frère, qui possède beaucoup d'orangers, il remarqua que le jardinier, en bê- chant la terre des caisses dans lesquelles ils étaient plantés, amenait à la surface du sol un très grand nombre de globules phosphorescentes qui s'éteignaient après quelques instants. Curieux de connaître quelle était la cause de ce phénomène, M. de Villiers fit quelques recherches, et il découvrit que les caisses où il se produisait étaient habitées par une très grande quantité de petites fourmis de couleur jaune; mais il ne put savoir avec certitude si c'était ces fourmis elles-mêmes ou leurs nymphes qui possédaient cette propriété phosphorique. — M. le Vice-Président annonce qu'après avoir consulté les membres du bureau , il propose de charger M. le docteur Bois- duval de faire une notice nécrologique sur M. Edouard Car- reno. — Ce choix est approuvé par la Société. Lecture. Le Secréîairedonne lecture d'un rapport delà com- mission de la publication , qui s'est assemblée le 9 mars der- nier, pour régler la composition du premier numéro des An- nales de l'année 1842. — La Société adopte les conclusions rapport. ANNONCES. HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES ou PAPIL- LONS D'EUROPE, commencée parGouART et terminée par M. Duponchel; ouvrage basé sur la méthode de Latreille; modifié d'après les progrès de la science, avec les figures de chaque espèce, dessinées, gravées et coloriées d'après nature, par MM. Duménily Delarue et Acarie Baron. Cet ouvrage, qui devait se borner d'abord aux Lépidoptères des envii'ons de Paris, et qu'on a étendu ensuite à tous ceux de France , pour satisfaire aux vœux du plus grand nombre des souscripteurs, comprend aujourd'hui, au moyen d'un supplément, toutes les espèces d'Europe. Il se compose en ce moment de 2i8 livraisons comprenant chacune deux planches et formant par leur i-éunion 14 volumes, où sont décrites et figiu^ées avec le plus grand soin 2,450 espèces environ, il ne reste plus à publier, pour le terminer, qne le quatrième et dernier volume du supplément, qui comprendra 20 livraisons, dans lesquel- les seront figurées et décrites 250 espèces de nocturnes environ. Ce volume sera tenuiné par urie nouvelle classification de cette famille, mise au niveau de la science. Divisions de Vouvrage : Par GoDART. livraisons. T. I. Diurnes, environs de Paris 15 T. IL Diurnes, montagnes Alpines et départements méridio- naux 14 T. IIL Crépusculaires 6 ï. IV. Nocturnes {Bomhy cites.) 20 T. V. Nocturnes (partie des Tinéites et commencement des Noctuéliles.) 16 Par M. Duponchel. T. VI. Nocturnes (suite des iVocf»/e7/«e5.) 15 M^e partie (suite et complément des T. VIL Nocturnes. \ Noctuéliles.) 15 2^ partie (P/m/émïes.) 19 /li-e partie (suite et complément des T. VIII. Nocturnes, l PhaUnites.) 20 (2e partie (Pî/ra/i7e«.) 15 T. IX. Nocturnes (P/a/yomerfe5. ) 15 T. X. '^ociM^'S.E^lCi^ambites etYponomeutides.) 10 T. XL Nocturnes (suite et complément des Tinéites et Ptéro- phorites.) 14 "192 I XVI ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. Supplément. livraisons . Report. 492 T. L Diurnes 25 T. IL Crépusculaires 6 T. III. Nocturnes. 25 T. IV. Nocturnes 20 Total des livraisons, y compris le supplément. . . 268 Sur quoi il en a paru 248. Récapitulation par familles. Diurnes 500 espèces 54 livraisons d62 fr. Crépusculaires 119 » 12 » 56 fr. Nocturnes 2281 » 202 » 606 fr. Total 2700 268 8Ô4 Pour faciliter l'acquisition de cet ouvrage aux amateurs qui n'y ont pas souscrit dès le principe et trouveraient trop onéreux d'en payer le prix total en une fois, l'éditeur s'est décidé à le mettre de nouveau en souscription , comme s'il ne faisait que de commencer. En conséquence, ceux qui voudront se le procurer par portion, pourront ne prendre que deux livraisons par mois, à raison de 5fr. la livraison , en s'engageant à les retirer toutes successivement jusqu'à la dernière. Ils seront libres de commencer par celle des trois familles qu'ils voudront. Il sera fait une remise de 50 centimes par livraison à ceux qui en prendront dix et plus à la fois. Enfin , à l'égard des personnes qui voudraient posséder de suite l'ouvrage en entier, sans être obligées de payer la totalité comptant au moment où elles le prendraient , elles pourront en devenir acqué- reurs à raison de 2 fr. 50 cent, par livraison, et diviser les payements en huit parties, savoir : la première comptant et les sept autres en bons payables de trois mois en trois mois, à partir de la livraison. Il est bien entendu que ces billets seront négociables et offriront les garanties suffisantes. Toutes les conditions ci-dessus s'appliquent également à V Icono- graphie des chenilles^ qui forme le complément de l'histoire des Lépi- doptères. Cette iconographie, rédigée par MM. Duponchel et Guenée , aura de 60 à 80 hvraisons, dont 51 sont en vente. Chacune se com- pose d'une ou deux feuilles de texte et de trois planches dessinées et coloriées d'après nature , et coûte 5 fr. comme celle des Lépidoptères. On souscrit à la librairie de Méquignon-Marvis fils , rue de l'École- de-Médecine, 5. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ EN! OMOLOGIQUE. xv BULLETIN EISTOMOLOGIOUE. A]%]%KE 1^419. DEUXIÈME TRIMESTRE. SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. (Séance du 6 avril 1842.) Présidence de M. le docteur AUBE. Oui^rages offerts. Mémoires et comptes rendus de la So- ciété d'émulation du Doubs, tome i, mai à décembre 1841, 1 vol. in-8, avec fig. , Besançon, 1841 ; offert par M. Bruand. — Histoire naturelle des îles Canaries: partie entomolo- gique, parlNL Brullé, 1 vol. in-folio, avec pi. noires, Paris, 1841; offert par Fauteur. — Description du genre Osprynchotus , nouveau genre d'hyménoptères , tribu des térébrants , famille des ophonides, par jNI. de Romand, br. in-8° avec fig. (extrait du Magasin de zoologie)^ Paris, 1842; offert par l'auteur. b XVI ANNALES Communications. M. Lefebvre prévient la Société qu'il s'abstiendra de continuer ses communications sur la Ptéro- logie des Lépidoptères, croyant, par déférence pour les con- naissances de M. Milne-Edwards, qui travaille en ce mo- ment sur le même sujet, devoir laisser le champ libre à ce professeur. M. ISIilne-Edwards ayant agi en cette circonstance envers M. Lefebvre avec une délicatesse de procédés que celui-ci a su apprécier, et s'étant empressé de lui soumettre les nombreux dessins ptérographiques qu'il a déjà fait exécuter sous ses yeux; s'étant plu, en outre, à Finitier aux ingénieux procédés à l'aide desquels il s'assure de la rectitude de ses observations, lui ayant développé les idées d'après lesquelles il base son système, et la manière dont il procède dans son application aux caractères génériques, jNL Lefebvre, on le comprend, ne peut se permettre d'en instruire la Société. il croit devoir se borner à lui dire que le système de M. Milne- EdAvards n'a que bien peu d'analogie avec le sien, qu'établi sur une plus vaste échelle, et puissamment aidé par une richesse de matériaux dont M. Lefebvre n'aurait jamais pu avoir à sa disposition la dixième partie à sacrifier, il y a tout lieu de penser que le travail de M. Milne-Edwards comblera, d'une manière tout à fait complète et satisfaisante, cette lacune qui existe dans la classification des lépidoptères. M. Lefebvre se propose de poursuivre ses recherches ptéro- logiques dans d'autres ordres sur lesquels il a déjà de nom- breux matériaux réunis et des dessins exécutés par lui, et qu'il espère soumettre prochainement à la Société. — Le même membre donne communication d'une lettre d'un de ses amis, M. Lefebvre de Cerisy, qui lui écrit de Toulon, qu'en septembre dernier, en faisant retirer de grosses pierres d'un terrain composé d'argile, de sable et de pierres, et qui devient d'une très-grande dureté pendant les DK LA SOCIÉTÉ ENÏOMOUKiloLE. wu sécheresses, il a trouvé, à un mùtre de profondeur, un Ce- brio gig;as femelle qui venait déclore : à côté se trouvaient les dépouilles d'une nymphe et d'une larve d'où sans doute provenait l'insecte. — M. Lefebvre annonce la découverte extrêmement inté- ressante que M. de Ceri^y vient de faire, le '25 mars dernier, d'une larve d'un uévroptèredu genre Ascalaphus peut-être celle du longicornis, Linn. , sous des pierres, près du fort Rouge, à Toulon. Il en fait passer le dessin détaillé que lui en a envoyé M. de Cerisy. et qui est exécuté sur le vivant avec un soin qui ne laisse rien à désirer, et le talent bien connu de cet entomologiste. Cette larve se portait bien. et. par les soins de M. de Cerisy, était placée dans les circonstances les plus favorables à sa transforiiîation, car elle paraissait avoir atteint tout son déve- loppement. Afin de rendre plus complète sa monographie des Jsca- laphes, M. I.efebvre. n'ayant pu réusiir dans les recherches qu'il avait faites autrefois de cette larve, en partie encore in- connue, ni élever avec succès les jeunes larves qu'il avait ob- tenues, avait sollicité M. de Cerisy relativement à elle. Depuis plusieurs années, un autre de ses amis. M. Bru- guières, de Nimes. avait également eu l'obUgeance de faire de nombreuses et persévérantes recherches à ce sujet, lui avait même envoyé des œufs fécondés : mais , pas plus que M. Bru- guières. M. Lefebvre n'avait pu conserver les jeunes larves écloses plus d'un mois , faute de les pouvoir nourrir d'une ma- nière convenable. Grâce à la découverte de M. de Cerisy. on possède déjà des documents précieux sur la vie de cette larve. Elle éclôt dans les premiers jours de juillet, et semble avoir acquis toute sa croissance en mar^: il reALE> Le peu quou savait >ur les larves de ces névroptères étaic borné aux observalioas trop concisément redites de M. Lans- down-Gailding. sur celle de l'Jsc. macleayanus, que ce na- turaliste parait avoir élevée à Tile Saint-Vincent une des Antilles , et n'instruisait nullement sur les phases de leiis- îence de celte larve, sur sa métamorphose, et se bornait à certifier ce que Bonnet et M. Lefebvre avaient observé . c'est qu'elle était antégrade . et ne se creusait pas d'entonnoir à l'instar de celle des Myrmeleo. M. Lefebvre fait passer sous les yeux de la Société plusieurs de ces larves tout à fait adultes, recueillies par lui. ou dans la France méridionale, ou dans la Sicile, ou reçues de Dalmatie, du Brésil, de Madagascar, etc.. en même temps qu'il présente le dessin détaillé de celles des Mrrmelco lihelluloïdes, publié en 1833 p^ar M. Percheron, dans le Magasin de zoologie. Il fait remarquer les différences énormes qui séparent ces deux larves dans leur structure respective: l'ampleur déme- surée delà tète de celle des Ascalaphes. les tubercules épi- neux dont les segments de son abdomen sont latéralement munis, et qui. dans certaines larves exotiques, paraissent rem- placés par &e^ lames épineuses fort développées, la disposition ditîérente des pédoncules qui supportent les yeux lisses, dont le nombre n'est plus le même , etc. Passant aux mœurs de cette larve. M. Lefebvre fait ressortir leurs différences notables avec celles des Mrrmeîeo. En effet, celles des Jscalaphes se cachent sous des détritus de végétaux ou de petites pierres, eu tenant ses mâchoires ouvertes pour s'élancer sur sa proie, tandis que c'est la proie, au contraire. qui doit venir se prendre aux embûches que le Myrmeleo lui tend du fond de son entonnoir, ce dernier préférant se laisser mojrir de faim à portée dune proie facile, plutôt que de faire un pas antégrade vers elle, comme M. Lefebvre en a acquis a preuve |>ar maintes expériences 11 compare les mœurs de DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUK. xix ces deux larves, esseiiliellemenl carnassières, à celles des arai- {jnées tendeuses et à celles des saltiques, dont Tune allend sa proie , et Tautre court à elle. Joi(}nant ces caractères de mœurs et de strucUipe dans les premiers états des Ascalaphes à ceux tirés de Tinsecle à Tétat parfait, les antennes si dissemblables de celles des Myrmeleo^ les yeux offrant des conformations différentes, les armures co- pulatrices présentant des variations remarquables, et le réseau alaire une structure, bien que voisine, déjà différente, etc., M. Lefebvre propose d'élever le genre Ascalaphiis au rang de tribu, celle des Ascalaphides , section des Longlclavi- cornes, et de restreindre celle des Myrmeleonides de La- treille, aux seuls Myrineleo^ qui seraient de la section des Bre- viclavicornes, de même que les Nymphes appartiendraient à celle des Moni licornes, etc. S'étayant ensuite de la conformation des yeux dans les As- calaphes, M. Lefebvre rappelle la division qu'il en proposa , il y a quelques années , à la Société , en Olophthalmes pour ceux à yeux entiers (genre Haplogenius de M. Burmeister), et en Schizophthalmes pour ceux dont les yeux offrent une fissure transversale. Du reste, INL Lefebvre se propose de revenir sur ce sujet, et d'offrir à la Société le tableau comparatif des caractères qu'il assigne à ces deux nouvelles tribus, ainsi qu'un plan ptcrographique des ailes des Ascalaphes ^ et la méthode alaire qu'il emploie à leur sujet. Lectures. ^L Duponchel donne lecture d'une notice, dont Tavait chargé la Société dans sa séance du Y^ décembre 1841, sur la vie et les travaux de Victor Audouin. — M. le Secrétaire lit une note de M. Macquart intitulée : Observations sur un mémoire et une notice de M. Robineau- Desvoidy, insérés dans les Annales de la Société entomo- logiquede France; 184!, 4"^ trimestre. XX ANNALES Nominations. Aux lermes des articles 3ô et 36 de son rè- glemeDt, la Société procède au renouvellement annuel des cinq membres qui, joints aux membres du bureau, doivent former la commission de publication pour 1842-1843. — MM. Amyot, Audinet-Serville, de Brème, Lefebvre et Reiche, sont nommés membres de cette commission. Membres reçus. M. Charles Coquerel, étudiant en méde- cine; présenté par M. Pierret. — M. Charles Lenoir ; présenté par M. Ch. Pitois. (Séance du 20 avril 1842.) Présidence de M. le docteur AUBE. Ouvrages offerts. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences , par MM. les secrétaires perpétuels, 1^'' semestre de 1842, tom. xiv, n" vu à xiv, br. in-4°, Paris, 1842; offert par l'Académie. — Storia de lavori accademici degli aspiranti natura- listidu maggfo 1841 àgennato 1842; br. in-8*', Naples, 1841; offert par M. Ach. Costa. — Bulletin de l'Académie des aspirants naturalistes de Naples, l'^^ année, 3^ depuis la fondation de l'Académie, jan- vier 1842, br. in-8°, Naples, 1842; offert par M. Ach. Costa. Communications. D'après leur demande, la Société accepte les démissions de membres de MM. Langlois-Longueville, chef d'escadron de gendarmerie à Bordeaux, et Payer, maître de conférences de botanique à l'École normale de Paris. — M. Lefebvre propose un système ptérographique appli- cable à la classification d'une tribu d'hémiptères homoptères, celle des Membracides. Il n'a aucune donnée sur la classi- fication dont M. Westwood vient de faire lapplication à ce DE LA SOCIÉTÉ EINTOMOLOGIQUE. xxi même groupe, el dont il n'a connaissance que par les fijjures et la description des Smilia bifoliata et Centratus hor ri ficus, insérées par lui, en 1841, dans le Magasin de zoologie de M. Guérin-Ménéville. M. Lefebvre tire ses caractères génériques des premières ailes ou hémêlytves : mais là, à l'inverse de sa méthode pour les lépidoptères, il est obligé d'abandonner le syslémc des nervures pour suivre celui des cellules, qui sont prédomi- nantes dans ce groupe, par la raison que la marche réelle des nervures est des plus difficiles à suivre dans col se tribu comme dans celles qui l'environnent. D'après l'inspection qu'il a faite de tous les genres, ou à très- peu près, établis dans cette tribu, il reconnaît cinq aréoles marginales persistantes, qui ne se modifient que par leur forme, et jamais dans leur nombre. Puis viennent ensuite trois a réoles prémarginales , qui peuvent être ou absentes totale- ment, ce qui est le cas le plus rare, ou en partie représentées : toutes sont dépendantes les unes des autres, de telle sorte que si la première à paraître n'existe pas, on peut être certain que les autres sont absentes, etc. Variant dans leurs formes à l'infini, elles occupent invariablement la même place. On trouve donc dans leur présence comme dans leur absence des caractères de groupe très-précieux. Quant aux nervures principales, M. Lefebvre leur conserve autant que possible les noms déjà reçus et adoptés par lui dans sa Ptérologie des Lépidoptères; mais ici il est forcé de re- connaître deux médianes, l'antéro et la postéro-médiane, qui jouent un rôle important dans cette nomenclature, et qui, selon leur confusion ou leur division , donnent aussi des caractères fixes et invariables. Les nervures supérieures, par leurs variétés de marche, sont aussi utiles à consulter que les nervures infé- rieures , qui semblent fixes et peu propres à la classification. En présentant nombre de dessins ptérograpliiqucs, M. Le- XXII ANNALES febvre fait ressortir les avantages de cette méthode qui vient confirmer en partie celle établie d'après d'autres organes, et qui à son tour donne la clef de plusieurs anomalies dont on ne pouvait se rendre compte jusqu'à ce jour. Prochainement M. Lefebvre donnera les caractères géné- riques, et il se borne aujourd'hui à attirer l'attention de la Société sur l'utilité de ce nouveau mode de classification. Après avoir exposé un système purement tiré des nervures (celui des lépidoptères), aujourd'hui il en expose un basé uniquement sur les cellules; son intention est d'en proposer un, dans un autre ordre d'insectes, basé sur les systèmes de nervures et de cellules combinés ensemble. Lecture. M. Goureau lit un travail ayant pour titre : Note pour servir à l'histoire des métamorphoses des Coléop- tères. Membres reçus. M. Jules Cordier, employé au dépôt de la guerre; présenté par INI. Pierret. — ]M. Achille Deyrolle, naturaliste; présenté par M. Reiche. — M. Alexis Teissière, entomologiste de Nice; présenté par M. E. Desmarest. (Séance du 4 mai 1842.) Présidence de M. le docteur AUBE. ÎM. Léon Dufour, membre honoraire, et MINL Dardoiu et Teissière , assistent à la séance. Ouvrages offerts. Recueil des actes de la séance publique de l'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, tenue le 29 décembre 1840: 1 vol. in-4^ Saint-Pétersbourg, 1841 ; offert par l'Académie. — Description de l'Ascalaphe Napoléon, Ascalaphus Na- DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. x\iii poleo, par jM. Alex. Lefebvrc (extrait du Magasin de zoolo- gie), br. in-8''avec fi{j., Paris, 1842; offert par rauleur. Correspondance. M. Robiaeau-Desvoidy adresse la lettre soi vante à la Société (1) : Messieurs et chers collègues, Je viens de recevoir les Annales de la Société entomologiquc de France pour l'année 1 841 . Il me fut donné de prendre connaissance de la discussion qui s'y établit dans la séance du 7 avril, sur l'usage réel des antennes chez les insectes. M. Eug. Newport, dans une notice spéciale, cite une série d'ex- périences desquelles il résulte j selon \\n.,que chez tous les insectes les antennes sont des organes auditifs...; quelques espèces sont aussi douées du sens du toucher. M. Pierret observe que les idées émises par M. Newport semblent avoir été combattues par Lehmann, qui admet que les antennes sontj chez les insectes, le siège d'une perception particulière des variations atmosphériques. M. Pierret lui-même serait admis à placer le siège de l'odorat dans ces mêmes antennes. Enfin, M. Goureau tend à adopter l'opinion de M. Newport, et de ces antennes, il en fait également des organes d'ouïe et de tact. M. Goureau entre alors dans quelques explications, où il cherche à comparer les pièces solides de l'oreille chez l'oiseau avec les diverses pièces de l'antenne , et il avance qu'on peut dire que l'antenne est une oreille extérieure dont la tige forme le tym- pan, et le pédicelle , la chaîne acoustique. 11 me serait facile de prouver que toutes ces opinions, à l'exception de la comparaison amenée en scène par 31. Goureau, sont antérieures aux divers confrères qui viennent de s'occuper d'un sujet trop re- battu, et qui malheureusement, pour être bien compris, exige d'autres connaissances anatomiques que celles qu'on peut puiser dans l'étude des seuls insectes. (1) Dans sa féance du 6 juia, la commission de publication a décidco que cette lettre serait imprimée en entier dans le Bniielin eniomologique. E. D. XXIV ANNALES La Société entomologique voudra bien ine permettre à ce sujet le rappd de quelques faits. De 1818 à 1826, une lutte s'éublit entre Cuvier et M. Geoffroy- Saint- H ilaire, touchant la composition réelle des appareils solides, soit sur les vertébrés, soit sur les articulés. Cuvier, dans un compte rendu des travaux de l'Académie des sciences , annonça qu'il était inutile de chercher des analogies in- trouvables entre les organes des sens de ces deux grandes classes zoologiques. M. Geoffroy, entraîné par son triomphe relativement aux pièces solides de la tête des mammifères, et de l'appareil respiratoire des poissons, ne fît qu'entrevoir l'incohérence des idées de cette époque sur les appareils des organes des sens chez les insectes. Il avait alors à s'occuper de travaux trop importants pour avoir le loisir de péné- trer dans la profondeur de tant d'organisations si changeantes. II annonça qu'un nouvel ordre de choses restait à trouver: il frappa à la porte du labyrinthe; mais il n'y entra point. Durant cette lutte, Latreille, obligé d'étudier ce sujet d'après de nouvelles bases, rencontra souvent la vérité. Ses écrits (iVouv. Bictionn. d'Iiist. natur.) le démontrent jusqu'à l'évidence. Toute- fois . il lui fut i mpossible d'établir un corps de doctrine : il avait ramassé la clef de l'édifice; il refusa de s'en servir. Il dut reculer épouvanté devant les résultats obtenus, et il n'hésita pas de laisser à d'autres la témérité de cette grande tâche. Ou commençait à se reposer de l'inutilité de ces travaux, lorsque le o février 1827, M. de Blain ville lut à l'Académie des sciences une communication qui annonçait qu'à l'appareil auditif, déjà reconnu et di'crit par Scarpa sur les crustacés homobranches , je venais d'ajouter la découi^erte de l'organe de l'olfaction chez ces mêmes animaux. Cet organe aidait son siège dans les petites antennes. Je donnais une courte description de cet appareil; et je proposai de nommer antennes auditives les appendices extérieurs de la tête des crustacés, et antennes olfactii^es les appendices internes. L'observation de«î m.œurs de récre\isse m'avait déjà prouvé que l'organe de l'olfaction devait résider à l'endroit indiqué. Je puis assurer que ce fut l'exercice de la fonction qui me donna lieu de chercher l'organe. I)K LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUK. xxy On conçoit que Cuvier refusa de se rendre publiquement à une démonstration qui, d'un seul coup , renversait sa manière énoncée de voir sur les organisations dites inférieures. De petits écrivassiers s'empressèrent même de m'injurier ; ils s'acquittèrent de cette com- mission comme d'un devoir sacré. Je dédaignai de leur répondre jamais. Ma découverte était publiée : j'étais certain que la vérité finirait par se faire jour [Recherches sur l'organisation vertébrale des crustacés, arachnides et insectes; 1828). La vue, l'ouïe et l'olfaclion étant reconnues chez ces crusiacés, il ne s'agissait plus que de suivre la rapide décroissance de ces organes à l'état solide sur les diverses classes , au fur et à mesure de leur décroissance. L'appareil auditif n'existe déjà plus d'une manière manifeste sur les crustacés branchigastres ou isopodes : la singulière conformation de V appareil olfactif di donné lieu de croire que ces animaux ont deux paires difjérentes d'antennes (pag. 126). Ce même appareil forme les palpes des auteurs sur les entomostracés (pag. 129). Sur les arachnides, absence presque totale de l'appareil auditif; mais Vappareil Oifacîif forme deux instruments propres à saisir et à tuer la proie , puisqu'ils sont percés au sommet et traversés par un canal vénénifère , qui est le conduit ou canal lacrymal des animaux supérieurs. Ces deux instruments de l'organe olfactif sont les mandibules des auteurs. Cet appareil est plutôt ïof actif que tout autre, parce qu'il se développe toujours sous l'appareil optique, et jamais en arrière. En outre, le genre Galéode offre souvent sur cet appareil le filet cartilagineux des antennes des crusiacés. Sur le genre Nymphon, ce même appareil est placé immédiatement entre les yeux et l'organe buccal (pag. 137-138). Sur les érythréides, cet appareil olfactif à disparu; et sur les acaridiens, il n'en reste plus le moindre vestige (pag. 149), tandis que , sur mes parasites, il est représenté par deux fiels anlen- naires, situés sous les yeux, et qui parfois forment deux forts appen- dices (pag. 149). Sur les myriapodes, cet appareil constitue le devant et les côiés delà /é^e, jusque contre la bouche (pag. 156); il existe aussi sur les iulacés (pag. 160). Enfin les insectes objet de cette discussion n'offrent aucun ves- tige de ïapparcil auditif; la vue est l'organe des sens qui prédo- XWI ANNALES mine chez eux. Leur appareil olfactif n'est plus ordinairement quuji organe de tact ^ mais susceptible d'acquérir des perfec- tions inattendues (pag. 169). L'étude anatomique bien faite sur ces diverses classes amène à ce résultat positif. Les autres organes des sens prouvent également que chacun d'eux peut successivement, suivant les classes, être organes de sens , de tact ^ de protection, et même de recouvrement. D'après la série des êtres, les antennes des insectes sont l'ap- pareil de roi/action. Voilà ce que l'anatomie comparée seule pou- vait établir; voilà ce que j'avais imprimé dès l'année 1828. Mon plus beau litre dans la science sera toujours la découverte el la détermination de l'organe de l'of action chez les crustacés. Comment se fait-il donc qu'un certain nombre de naturalistes ont refusé d'aborder ou même de citer, mon ouvrage? Je le dirai haute- ment : ils n'ont pas su., ou ils ont été de mauvaise foi. Je m'in- quiète aussi peu de l'un et de l'autre cas. Me suis-je donc inquiété, quand, au sein delà Société entomolo- gique, M. Solier annonça que la classification tarsienne des coléop- tères reposait sur un vaste réseau d'erreurs, et quand la Société disputait avec ardeur sur cette nouveauté, que je m'étais permis d'admettre et d'imprimer dans un long article spécial dès l'an 1828 (même ouvrage, pag. 196)? Me suis-je donc inquiété quand M. Th. Lacordaire a imprimé que c'était à tort qu'on avait placé le siège d'équilibration dans les balanciers des diptères (pag. 186)? du moins, il a eu la générosité de reconnaître son tort. Combien d'autres découvertes récentes se trouvent couchées tout au long dans ce malencontreux ouvrage, dont la préface laisse lire ces lignes abominables : « On voulait mettre mes découvertes « sous le boisseau, à la veille de mon départ pour le village qui m'a « vu naître. Qui sait si , dans un de mes prochains voyages à Paris, « je n'aurais point en personne assisté à leur résurrection sous d'autres « noms? je ne fais ici qu'une supposition; mais, je dois le déclarer, « des exemples antérieurs l'autorisent» (pag. 41). On voit que ma supposition ne tarda point de se changer en réalité. La présente notice n'a pour but que de lappeler des travaux pu- bliés par un membre de la Société eutomologique, et de la prémunir contre d'autres surprises. Mon long silence permettait de faciles DE LA SOCIÉTÉ EiNïOMOLOGlOUE. xxvii .Iliaques; mais la justice devra aussi avoir son tour, et elle l'aura largement. Je prie donc mes collègues de vouloir autoriser l'impression de cette réclamation dans leurs Annales. Signé j, Roblneau-Desvgidv, D. M. Saint-Sauveur (Yonne), 12 avril 1842. Communications. M. E. Oesmarest annonce à la Société la mort de Tiin de ses anciens membres , M. Auguste Langle, décédé à Paris le 23 avril 1842. M. Langle s'occupait d'ento- mologie depuis longtemps, et il avait lu à la Société, en 1840, un mémoire contenant la description de nouveaux genres et de nouvelles espèces d'Acariens, de la famille des Oribates. — M. Pierret fait hommage à la Société d'un peloton de fil ressemblant, par la forme et la couleur, à du fil de Bretagne ordinaire : ce peloton provient de fils qui composent la coque du Bombyx du piiv , Bombyx pini; il a été envoyé à M. Pier- ret par M. le colonel Le vaillant, fils du célèbre voyageur, qui consacre tous ses loisirs à l'étude des sciences naturelles. — M. Léon Dufour dépose sur le bureau deux mémoires en espagnol, de INI. le docteur Graëlls, intitulés : Noticia de va- rios hechos que confirman la propiedad ponzohosa del Latrodectus inalmignatus Walckenaèr y et Descripcion de una especie nueva del genero Dasytes. — La Société charge M. Léon Fairmaire, Tun de ses membres, de traduire en français ces deux mémoires. — M. Léon Dufour dépose également sur le bureau un mé- moire dont il est l'auteur et qui a pour titre : Histoire des métamorphoses du Triplax xMGripennis. Lectures. M. le marquis de Brème donne lecture d'unmé- XXVIII ANNALES ! /«.» ■»%«.X'*«- >^»V^*'«-'». «•"»^*»*'*»- ■»■«•»•■*'• BULLETIN ENTOMOLOGIOUE. AlVIXEE 1S4«. TROISIÈME TRIMESTRE. SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. (Sc'ance du 6 juillet 1842.) Présidence de M. GOUREAU, vice-président. Ouvrages offerts. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences de Tlnstitut de France, par JNI^L les secrétaires perpétuels, tom. xiv ( 1^"^ semestre de 1842), n" 22 à 26, br. in-4° : offert par l'Académie. — Actes de l'Académie royale des sciences , belles-lettres et arts de Bordeaux, 2^ année, l^'' et 2^ trimestres, 2 vol. in-8°; Bordeaux, 1840 : offert par l'Académie. — Mémoires de l'Académie des sciences, arts et belles- lettres de Dijon; séance publique du 21 juillet 1841, 1 vol. m-8°; Dijon, 1841 : offert par l'Académie. XI. G XXXII ANNALES — Bulletin de la Société agricole et industrielle du dépar- tement du Lot, n''* de mai, juin et juillet 1841 , br. in-8° : offert par la Société. — Mémoires de la Société royale d'agriculture et des arts du département de Seine-et-Oise, 40^ année, 1 vol. in-8°; Ver- sailles, 1840 : offert par la Société. — Journal d'agriculture , sciences, lettres et arts, rédigé par les membres de la Société royale d'émulation de l'Ain, 1 vol. in-8°; Bourges, 1840 : offert par la Société. — Séance publique de la Société d'agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne, tenue à Cliàlons, le 30 août 1839, 1 vol. in-8*'; Châlons, 1839 : offert par la Société. — Recherches anatomiques et physiologiques sur les Or- thoptères, les Hyménoptères et les Névroptères, par M. Léon Dufour (Extrait des Mémoires des savants étrangers, de l'Aca- démie des sciences de l'Institut de France ), 1 vol. in-4°, avec des planches; Paris, 1841 : offert par l'auteur. — Explications, notes, errata et addenda, concernant les recherches anatomiques et physiologiques sur les Orthoptères, les Hyménoptères et les Névroptères, par M. Léon Dufour, br. in-4*' ; Saint-Sever, 1841 : offert par l'auteur. — Nomenclator zoologicus continens nomiua systematica generum animalium tam viventium quam fossilium , auctore Agassiz. Fasciculus primus , continens Mammalia , Echinoder- mata et Acalephas; 1 vol. in-4°; Soluduri, 1842 : offert par l'auteur. — Des insectes nuisibles à l'agriculture , observés pendant l'année 1840, et particulièrement des insectes dévastateurs des céréales, par M. Dagonet,br. in-S*"; Châlons, 1841 : offert par l'auteur. — Notice sur les Hémerodes de la Belgique, par M. VVes- DE LA SOCIÉTÉ EiNTOMOLOGlQUE. xxxiii maël (Extrait des Mémoires de l'Académie royale des sciences de Bruxelles, lom. viii, n« 4), br. iii-8'' : offert par l'auteur. — Note sur les caractères des Eucero Grav, sous-genre des Iclmeumonides, par INI. NYesmaël ( Extrait des Mémoires de l'Académie royale des sciences de Bruxelles, t. viii, n" 5), br. in-S'' : offert par l'auteur. — L'Iris, 1841 , 10*^ partie, contenant un mémoire sur les Ptérophorides , famille des Noctuelles, par M. Seller; br. in-4° : offert par l'auteur. Correspondance. M. le docteur Doumerc, membre fonda- teur, écrit que ses occupations actuelles l'éloignant fréquem- ment de Paris, et ne lui permettant plus de se livrer à l'étude de l'entomologie, il prie la Société de recevoir sa démission. — Cette démission est acceptée. — Il est donné lecture d'une lettre de M. Domergue de Saint-Florent , dans laquelle cet entomologiste manifeste de nouveau son intention de ne plus faire partie de la Société. — La démission de M. Domergue de Saint-Florent est ac- ceptée. Communication. ]\I. Lucien Buquet montre aux membres de la Société un Longicorne du genre Distenia, d'un vert très-brillant, et remarquable, tant par la longueur extraor- dinaire des palpes, que par leur forme singulière. INI. Buquet annonce qu'il publiera bientôt , dans le Magasin de zoologie, la description et la figure de cet insecte, vraiment curieux, découvert récemment à Cayenne. Lecture. M. le Secrétaire donne lecture du rapport de la commission de publication , en date du 6 juin dernier, dans lequel est réglée la composition du deuxième numéro des An- nales pour 1842. — La Société adopte ce rapport sans aucune modification. x.^xiv ANNALES ( Séance du 3 août 1842.) Présidence de M. GOUREAU, yice-président, M. Busch, secrétaire du Musée britannique, assiste à la séance. Ouvrages offerts. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences de Tïnstitut de France , par MM. les Secrétaires perpétuels, tom. xv (1842, 2^ se- mestre), n""* 1 et 2, br. in-4° : offert par l'Académie. — Mémoires de la Société royale des sciences, de Tagri- culture et des arts de Lille, 1839, 2*^ partie. Lille, 1840, 1 vol. in- 8° : offert par la Société. — Memorie délia reale Accademia délie scienze di Torino , série secunda , tom. m, 1 vol. in-4°; Turin, 1840 : offert par l'Académie. — Bulletin de l'Académie des aspirants naturalistes de Naples , première année ( ô^ depuis sa formation ), séances de février et mars 1842, br. in-8''; Naples, 1842 : offert par M. Achille Costa. — Mémoire sur un insecte et un champignon qui ravagent les caféiers aux Antilles, par MM. Guérin-Ménéville et Per- rotet, br. in-8°; Paris, 1842 : offert par M. Guérin-MénévilJe. — Description du genre Eupholus ( espèces EupJiolus Schonherrhi , Felitli , Clievrolatii , Geoffroyi , Taplnleri et Cuvieri ), par M. Guérin-Ménéville ( Extrait du Magasin de zoologie), br. in-8'', avec fig. col.; Paris, 1842 : offert par l'auteur. — Tournées en avril, mai et juin 1842, dans les vignobles du Beaujolais et du Maçonnais , pour observer la Pyrale , et faire quelques recherches locales, par A. B , br. in-8"; Lyon, 1841 : offert par l'auteur. DK LA SOClÉrÉ ENTO.MOLOGIOUE. \axv — Dc>criplion of somc Hcniipleroiis insccls, byW.While; br. iii-8^ Loudres. 1842 : offert par raiiteur. Correspondance. Il est donné lecture de la lettre suivante, (le M. Maximillen Spiiiola : Les entomologistes se plaignent, avec raison, de ce que le même insecte est reproduit sous différents noms, dans divers ouvrages et dans différents catalogues. Cet inconvénient est. en partie, sans remède. Quand même on pourrait compiler une concordance syno- uymique complète, ce que je suis bien éloigné de croire, le lende- main du jour où ce travail serait achevé, l'arrivée d'un nouveau nom démontrerait la nécessité d'un nouveau supplément; mais on a quelquefois des palliatifs, là où on n'a pas de spécifiques. Un de ceux qui me semblent ici le plus convenable, c'est que chaque au- teur d'un nouveau nom se fît conscience d'en publier la synonymie, à mesure qu'il en aurait acquis les données , soit par de meilleures études, soit par de nouvelles communications. Le but de cette note est de remplir, en ce qui me concerne, cette espèce de devoir. Je m'empresse de faire participer la Société aux faibles renseigne- ments que j'ai obtenus postérieurement, sur quelques-uns des Hy- ménoptères que j'ai décrits dans ses Annales. Des vingt-quatre es- pèces dont j'aurai à parler, vingt-une proviennent des chasses de M. Fischer, en Egypte . et trois seulement de celles de M. Leprieur, à Cayenne. 1 . Evania dimidiata^ M. .4nn. Soc. ent.^ VII, 439, 1. — 31. West- wood l'a reproduite sous le nom ài'Evania abyssinien, JVeslw. 2 Pyriastilboides, M.j, loc. cit., 446, III, 3. — Rapporter ici le Sldbam sexdentatum^ Guérin , i?c^'. Cuv. 1842. p. 145. n*^" 2. Il me semble que M. Guérin n'a pas tenu compte, pour la détermi- nation du genre, des caractères auxquels j'avais attaché le plus d'importance. 3. Chrj'sis singularis, 31. loc. cit., 452. X. — Type, en effet. d'un genre très-distinct . et que M. Klug a nommé Spintliaris, M. Drege m'en a envoyé une espèce du Cap, qui diffère visiblement de la mienne, Spintharis chrysonota , Klug. xxxvi ANNALES 4. Lyrops rufwentrls, M. loc. cit.j 479, XXVII. 15. — Lyrops Isœmmorrhoa^ Nus. Berol. J'en dois un exemplaire à l'obligeance de M. Kîug, et je le prie d'en accepter mes remerciements. Le cabinet royal, dont ii est le directeur, renferme des richesses immenses en insectes de tous les ordres. Toutes les espèces y sont classées et nom- mées; mais tant qu'elles ne seront pas publiées, ces noms de cata- logue seront des énigmes pour ceux qui seront placés à une grande distance de Berlin et qui n'auront pas été éclairés par la correspon- dance du savant directeur. 5. Oxybclus Savignyi ^ M. loc. cit., 483, XXXI. — Oxybelus lamellatus j Mus. Berol. 6. Pliilanthus variegaiuSj M. loc. cit., 484 , XXXIII. — Phi- lûnthus myslacinus j Mus. Berol. 7. Philantlms coarctatus ^ M. loc. cit., 486^ XXXIV. — Plii- lanthus concinnnsj Mus. Berol. M. Klug m'a communiqué une autre espèce distincte, mais très-voisine, Philanihus pulchellus ^ Mus. Berol. Elle a été rapportée d'Espagne par M. Rambur, et de Portugal par M. Deyrolles. Elle a, comme le Ph. coarctatus , le premier anneau de l'abdomen étroit et globuleux. Ces deux exemples prouvent suffisamment que la forme de cette pièce ne donne pas de caractère certain pour distinguer les Philanthes des Cerceris. 8. Philanihus rutilus , 31. loc. cit., 488^ XXXV. — Philanthus byssinus j, Mus. Berol. 9. Cerceris Fischeri, M. loc. cit., 493^ XL. — Cerceris lepida^ 3Ius. Berol. 10. Cerceris Jlai'it'cntris j M. loc. cit., 495 j XLI. — Cerceris vitellinaj 3Ius. Berol. 1 i. Cerceris chloratica, M. loc. cit., 496 j XLIII. — Cerceris citriiia, Mas. Berol. Quoique le nom du Musée de Berlin n'ait pas été accoiiipagné d'une description de l'espèce , je n'hésiterais pas à le préférer au mien, parce qu'il exprime bien mieux la véritable teinte de cette Cerceris. M. Waltt m'a fourni postérieurement une autre espèce congénère, et également d'Egypte. Elle m'a paru nou- velle, et je l'ai nommée Cerceris nodosa ^ M. Di£ LA SOCIÉTÉ tùNTOMOLOGlOUE. axxvu 12. Adynerus chloroticus ^ M. lue. cit., 500, XLV. — Les couleurs et d'autres traits rapportent cette espèce au genre Bk/- î^clihimj qu'il aurait mieux valu nommer Bhfnc/iium ; mais plus on observe, plus ou se persuade que le passage des Odpièrcs aux Bh)- i^chies est insensible, et que ce dernier genre doit être supprimé. 13. ColleLcs pilosa j M. loc. cit., 507, LL — Colletés hirta, Encycl. méthod. » Insect. 14. Panurgus nasuius , M. loc. cit., 516 , LXIII. — Je possède actuellement les deux sexes de cette espèce intéressante. Elle doit nécessairement former un genre à part, voisin du G. Panurgus j dans la famille des Apiaires et non des Andrénètes. M. Erichson a remarqué que cet insecte est le Prosopis frontalis , syst. Piez. 295, XIV. Je n'en doute pas; mais à moins d'être éclairé par les excellentes traditions du Musée de Berlin , on n'aurait jamais cru trouver cette Apiaire dans le genre Prosopis. 15. Megachile flavipes j M. loc. cit., 527, LXIX. — Antho- phora rorida j Mus. Berol. 16. Megachile nigripes , M. loc. cit.j 529, LXX. — Antho- phora mucorea , Mus. Berol. 17. Megachile patelUmana ^ M. loc, cit., 529, LXXI. — An- thophora puherulenta. Mus. Berol. M. Klug m'a envoyé les deux sexes de cet insecte. Le nom du Musée de Berlin vaut mieux que le mien, parce que celui-ci ne convient qu'au mâle. 18. Cœlioxfs rufii'entris j M. loc. cit. ^ 531, LXXIIL — Cœ- lioxys philœmata , Mus. Berol. 19. Telralonia atricornis ^ M. loc. cit. j 539, LXXX. — M. Erichson trouve ce nom mal choisi , parce qu'il peut faire confu- sion avec VEucera atricornis , Fab. On pourrait alors employer celui de subuillosa, Ze^e//; mais il faudrait prouver auparavant que celle-ci est réellement la femelle de l'autre. 20. Tetralonia tarsata, M. loc. cit., LXXX. 21. — Bien certai- nement de ce genre. La femelle que j'ai acquise postérieurement dis- sipa tous les doutes. XXXVIII ANNALES 21. Anthophora scopipes , M. loc. cit., 545. LXXXIV. — An- fhophora ventilabris, Lepell. de St.-Farg. 22. Seminola Leprieurii ^ 31., Jnn. Soc. ent., IX, 198, 44. — Je me suis déjà empressé de rendre ailleurs l'espèce au genre Trigo- iialfs, et le genre à son véritable auteur, M. le docteur Westwood. Mais quelle est la véritable place du genre Trigonafys P La question ne sera décidée que lorsqu'on en connaîtra la femelle. 23. Philanthus petiolatus , M., Ann. Soc. ent.j, X, 121, 75. — Trachj-pus Gomezii, Klug. 24. Brackfgastra dorsolineata, M. loc. cit. ^ 123, 76. — M. de Saint-Fargeau , qui a connu quelques espèces de ce genre , les a placées dans le genre Epipone , et n'a pas songé au travail du docteur Perty. Cependant il est impossible de réunir rationnellement les vrais Brachfgaslres aux Vespa nididans et morio, Fab., que Latreille a désignées comme les types de son genre Epipone ; et si ce nom doit être réservé au groupe formé par le fondateur du genre , je ne vois pas pourquoi le nom proposé par M. le docteur Perty ne nco viendrait pas au groupe également distinct que ce savant a été le premier à isoler et à nommer. Signé j Maximilien SPINOLA. Gênes, 15 juillet 1842. Communications. M. Pierret demande la parole pour faire la communication suivante. On sait, dit- il, que les variations de la température exercent une très-grande influence sur l'organisation des êtres, surtout sur celle des animaux arti- culés, et, en particulier, sur les larves des Lépidoptères. 11 suffirait de citer ici l'exemple de la chenille du Bombyx mort (vulgairement dit Yer à soie), dont nous voyons journelle- ment dans nos éducations domestiques périr un si grand nombre à la suite des orages; mais, à ma connaissance, on n'a pas encore mentionné parmi nos espèces indigènes d'aussi terribles résultats que ceux que je vais signaler à la Société, et dont mon père n'a été que trop malheureusement le témoin, DE LA SOCIÉTÉ EINTOMOLOGIOUE. xxxix 11 s'agit , cette fois, de la chenille du Sphinx qui a été décou- vert par Dahl, en Sardaigne, et retrouvé depuis dans Tile de Corse, par M. Rambur. Voici ce que mon père m'écrivait à la date du 24 juin dernier. «J'avais ramassé une quantité tellement prodigieuse de «chenilles du Sphinx DaJûii, que ne pouvant suffire à leur «nourriture, je m'étais vu dans la nécessité d'employer deux «enfants qui m'en apportaient chaque jour à peu près le vo- «lume d'une grosse botte de foin. Toutes les transformations c( premières de ces chenilles se sont accomplies admirablement ; «j'avais soin de les nettoyer chaque jour et d'enlever leurs «crottes nauséabondes; elles grossissaient à vue d'œil; et plus «de trente persomies sont venues visiter mes grandes caisses, «bien aérées, disposées dans une chambre au nord, d'une «grande dimension, oi!i le soleil ne paraît qu'à quatre heures «du matin, pendant quelques minutes. «Le 23 juin, après une chaleur étouffante, il survint à «midi un orage accompagné d'une pluie très-abondante et «fort chaude. « En allant le soir même chercher de l'Euphorbe au bord «de la mer, je remarquai que les feuilles de cette plante «étaient recouvertes de petits points blancs agglomérés et «ressemblant à des œufs imperceptibles, et creux vers leur «milieu. «Le lendemain et le surlendemain , le vent nommé le idibeccio ayant soufflé avec une violence extrême, il fut «difficile de se procurer de l'Euphorbe bien frais; mais comme «j'en avais constamment une grande provision dans ma «chambre, exposée au nord, très-près de la mer, j'en donnai « à mes chenilles , dont la voracité ne s'était pas ralentie jus- « qu'alors, et je trouvai en état de parfaite conservation plus «de cinq cents chrysalides que j'avais eu le soin de mettre v^ séparément dans l'un des compartiments des grandes boi'es XI ANNALES «qne j'avais fait l^aire, et qui étaient recouvertes d'un canevas « très-grossier. «Quand le vent s'apaisa, je m'occupai de faire ramasser «une grande quantité d'Euphorbe frais; mais, quel fut mon «étonnement, lorsque je trouvai l'ancienne plante, les che- «nilles et les chrysalides toutes couvertes de vermisseaux «presque imperceptibles! Il y en avait par milliers; et j'em- « ployai beaucoup de temps à jeter tout l'Euphorbe, à enlever «les chenilles attaquées par le ver, et à débarrasser de ce pa- «rasite parasite les chrysalides, qui paraissaient encore dans «le même état qu'avant l'ouragan. «Toutes ces précautions furent sans résultat; car toutes les «chenilles moururent en vingt-quatre heures; les chrysalides «se putréfièrent, et répandirent dans ma chambre une odeur «si détestable, que je fus obligé d'y jeter un rouleau d'eau «de Cologne. «Je remarquai avec étonnement que toutes les chenilles «qui avaient de l'air étaient mortes, tandis que celles que «j'avais enfermées dans une malle bien close se trouvaient «beaucoup moins attaquées par les vermisseaux. Quelques- «unes de ces dernières se transformèrent avec peine; je ne «pus en obtenir que 3 ou 4 Sphinx décolorés et malades; et «je dois ajouter que dans ce nombre il y en avait deux qui «avaient le corps presque entièrement mangé par les vermis- « seaux. « Yoilà tout ce que je pus obtenir dans les mois de juin et «juillet 1842, de plus de 2,600 chenilles qui avaient été éle- «véesau large dans plusieurs grandes boites, et dans des «conditions de température et d'exposition qui semblaient «présager les plus heureux résultats. «Je dois dire encore, pour l'instruction des personnes qui «voudraient s'occuper de l'événement que je viens de décrire, «que deux de mes amis de Bastia, qui n'élevaient en même DE LA SOCIÉTÉ E. MO MO LOGIQUE. xlî «temps que moi, que 7 à 8 chenilles, dans des boîtes aussi « grandes que les miennes , en ont vu périr la presque tolalitc «le lendemain de Vouragan: et que les plaines du Fiu-Morbo, «qui étaient à la même époque dévorées par une multitude «de chenilles de toute espèce, ont été affranchies de ce fléau « destructeur, dés le lendemain du jour où le Libeccio est venu «souffler avec violence dans Tile. » — Après cette communication , M. Pierret fait savoir à la Société qu il a retrouvé, au mois de mai de cette année, dans la forêt de Bondy, deux variétés à ailes jaunes de la Zygœna achilleœ, semblables à celle que ^L Duponchel avait pré- sentée Tan dernier à Tune des séances de la Société, au nom de >L Joanny Bruyat, qui l'avait découverte le premier dans cette locaUté. L'une de ces variétés, dit M. Pierret , a été prise par moi, le 25 mai dernier; et l'autre , le 27 du même mois, par un de mes amis, ^L Bagriot, excellent observateur, qui a bien voulu m'en faire présent. Lecture. ^I. le Secrétaire lit une notice de ^L xAchille Costa, ayant pour titre : Note sur les Calllmorpha domUuila et donna. (Séance du 7 septembre 1842.) Présidence de M. GOUREAU, vice-président. ^L Fischer de Waldheim . membre étranger de la Société, assiste à la séance. OuiTûges offerts. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences de l'Institut de France, par MM. les Secrétaires perpétuels. Tables du tome xii ( 2^ se- xLiî ANNALES mcstre 1841 ), et tome xv (2^ semestre 1842 ), n" 3 à 8, br. hi-4°; Paris 1842 : offert par rAcadémic. — IMémoires delà Société de physique et dliistoire natu- relle de Genève , tome ix , partie 2% 1 vol. in-4^, avec figures noires; Genève, 1841-1842 : offert par la Société. — Gênera et species Curculionidum cum synonymia liujus familiae a C. - J. Schonherr, tomiis sextus, pars secunda. Supplementum continens, 1 vol. in-8°; Paris, 1842: offert par Tauteur, — Histoire naturelle i^jénérale et particulière des insectes névroptères, par M. F.-J. Pictet. Monographie des Perlides, livraison 8^, br. in-8^, avec fig. col; Genève, 1842 : offert par Fauteur. Communications. M- Duponchel donne lecture du passage d'une lettre qu'il a reçue de M. Donzel, et dans lequel cet entomologiste lui rend compte que pendant son séjour aux eaux de Saiut-A]ban,dans le Forez, il a trouvé deux espèces de Lépidoptères qu'il ne s'attendait guère à rencontrer dans un pays granitique, et dont la végétation n'a rien de méridionale. Ces deux espèces sont la Melitœa deione, qui habile parti- culièrement la Provence , et la Zygœna sarpedon, dont la chenille vit sur le Dorycniiim siiffruticosum, plante qui croit dans les garrigues du midi de la France, et dont il n'existe pas la moindre trace dans les environs de Saint-Alban (1). (1) M. le docteur Boisduval fait observer à la Société, dans sa séance du 5 octobre 1842, qu'il ne lui semble pas étonnant que M. Donzel ait trouvé la Zrgœna sarpedon aux environs de Saint-Alban; car la chenille de ce lépidoptère ne vit pas seulement sur le Dorj-cnium suf- fruticosum, ainsi que l'indique M. Donzel, mais elle se nourrit aussi des feuilles de plantes du genre Er/ngiuin (E. campeslre_, mariti- mum, etc.) qui se trouvent à Saint Alban , tandis que le Doiycnium sufj'ruticosiim n'y végète pas. E. D. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. xliii Mais une capl lire qui lui a paru encore plus extraordinaire, c'est celle de la Cloantlia radîosa, espèce crue jusqu'à pré- sent propre à la Ilonjjrie , et dont il a pris deux individus sur trois qu'il a vus voler, butinant en plein midi, en coin- pa{jnie de Mleliotlds dipsacea, sur la Jasione montana et la Scabiosa coliunbaria. Cette capture , ajoute INI. Duponcliel , est une nouvelle preuve de la vérité de son assertion, lorsqu'il disait, il y a dix ans, dans le prospectus qui accompagnait la première livraison de son supplément aux Lépidoptères de Godart, qu'on était loin de connaître tous les Lépidoptères que produit la France; et qu'en raison de son étendue, de la variété de son climat et de sa flore, on finirait par y trouver presque toutes les espèces d'Europe. En effet, depuis cette époque, une multitude d'espèces qu'on croyait étrangères à notre pays, y ont été découvertes; et le nombre de celles publiées par Godart est presque doublé. — ]\L Pîérret annonce à la Société que ^\. Janvier, amateur très-zélé de Lépidoptères, a retrouvé cette année, au bols de Boulogne, près du rondMortemart, la Pliisia modesta , que M. Audinet-Serville avait prise, il y a quelques années, dans le parc de Madrid (1). Cet exemple, ajoute ]\L Pierret, confirme le fait annoncé par M. Duponcliel, à savoir, que des investigations plus sui- vies feront découvrir en France, et même dans les environs de Paris , un grand nombre de Lépidoptères , qu'on avait regardés jusqu'alors comme exclusivement propres à l'Alle- magne et à la Hongrie. — M. Fischer de Waldheim donne à la Société quelques (l) Dans la séance du 5 octobre, M. le docteur Boisduval dit qu'il a trouvé la Phisia modesla dans presque tous les bois des environs de Paris, et que sa chenille vit sur \ Arum maculatum. E. D. xuv ANNALES détails sur le genre CallistJienes. Ce genre, qu'il a fondé sur une seule espèce ( Entomographie de la Russie, t. i, p. 84 , 1820 ), et dont il a présenté de nouveau les caractères, comparativement avec ceux des genres Carabus et Ccdo- soma (ouvrage déjà cité , t. 111, p. 137 et *234, 1825), lui semble actuellement devoir être adopté, quoique M. Dejean Fait joint aux Calosomes. La découverte récente de deux autres espèces, offrant les mêmes caractères génériques, vient encore à l'appui de cette opinion , que M. Fischer de Waldheim, avait ainsi formulée dans son Enlomographie de la Russie. « Jusqu'à présent nous avons pensé que le ca- « racière naturel des Calosomes consiste dans la présence des c< ailes. ^î. le comte Dejean a changé ce caractère important «pour faire entrer les Callisthènes dans les Calosomes. Il est «vrai que les parties de la bouche du genre Callisthènes sont «peu différentes de celles des Calosoma; mais ceci se ren- « contre de même dans la comparaison des genres Caloscma «et Carabus. Le Callisîhène s'éloigne également, par sa « forme générale, des Carabes et des Calosomes , desquels il « approche davantage ; mais le défaut d'ailes doit uécessaire- ument l'éloigner du genre Calosome.» Les trois espèces de Callisthènes actuellement connues sont, ajoute ^I. Fischer de \Yaldheim : 1. Callisthènes Panderi, Fischer, Eiitom. de la Russie, t. L p. 84,pL Yll, et t. m, p. 235. 2. Callisthènes Motschoulskii. Fischer, Carabus orbicu- latus. Motschoulski , Bull, de la Soc. imp. des nat. de ]\Ioscou, 1839, p.21,pL VL 3. Callisthènes Flscheri, ISIénétriés. — ISI. Guérin-lNlénéville fait connaître une quatrième es- pèce de Callisthene, trouvée en Perse, et qui fait partie de DE LA SOCIETE EMO.MOLOGiQUE. xi.r la coUeclioii de M. Reiche. Ce Call/sl/icnes , qm a reçu do M. Guérin-Méiiéville le nom de C ReicJiei , ressemble bcaii- eoup au Carabus orbiculatus de M. Motsclioulski ( Callis- tlicnes Motschoulskii ,Y\sc\\QV de Waldheim'; mais il doit cependant en être distiug^ué. INi. Guérin-Ménéville caractérise ainsi son CalUstlieiies Reichei : niger, siib- orbiculatus , supra lœ\igatus , lateribus Uioracis et ely/rorum sub squamoso- rugosis. Longueur. 18 miliimèîres ; Largeur, 8 millimètres. Les principales différences que Ton remarque entre le Carabus orbiculatus et le Callisthenes Reichei sont les suivantes : la tète du Carabus orbiculatus , d'après la bonne description qu'en a donné le savant ^L Motschoulski, est en- tièrement ponctuée, tandis que celle du Callisthenes Reichei est lisse et à peine sub-réticulée par de très-faibles lignes irrc- gulières , entre-croisées et visibles seulement à l'aide d'une forte loupe; les élytres du Carabus orbiculatus paraissent lisses et luisantes, ainsi que le corselet, vues à une forte loupe; mais chez le Callisthène de Reiche, le corselet et les élytres sont réellement lisses et luisantes en dessus, et Ton n'y aperçoit même pas ces traces de faibles réticulations que Ton trouve sur la^ête du Carabus orbiculatus; les bords , un peu au delà du milieu de la longueur des élytres et du corse- let , sont couverts de petites granulations de forme un peu écailleuse, d'autant plus fortes qu'on approche plus des bords. Du reste, tous les autres caractères du Callisthène décrit par >L Guérin-Ménéville sont conformes à ceux que ]\L Mots- choulski assigne à son Carabus orbîculttus, et peut-être re- connaitra-t-on plus tard , quand on pourra observer un plus grand nombre d'individus des deux espèces, que ce sont des variétés locales d'une même espèce. — M. Paul Gervais communique une quinzaine d'espèces w t XLYi ANNALES cV insectes aptères qui doivent presque toutes former des genres particuliers. Voici l'indication de ces espèces : 1. Chelifer Bravalsii. Abdomen large, coupé presque carrément en arrière , marqué d'un sillon médio-dorsal ; fauve, pattes et palpes plus pâles, ceux-ci lavés de roussâtre surtout aux doigts , plus longs que le corps , grêles , à doigts un peu courbés en dedans. Corps 0,004: palpes 0,007. Il a été trouvé en Algérie. 2. Holothyrus. Nouveau genre d'Acariens de la famille des Oribates. Corps bombé en dessus, cassidiforme, aplati en des- sous; bordé latéralement; bouclier supérieur ou thoraco-gastre d'une seule pièce, sans yeux; palpes de quatre articles assez longs, mobiles, non onguiculés; pattes longues onguicu- lées. L'espèce type prend le nom de Holothyrus coccinella. Patrie ? 3. Dermanyssus coriaceus. Corps subvilleux, à peau co- riace et sans lignes courbes, comparables à celle de la pulpe des doigts humains, comme on en voit sur les autres espèces de même genre; extrémité postérieure plus élargie que l'anté- rieure ,'qui est un peu en pointe \ subécliancrée; un petit point de couleur brune de chaque côté du dos , à la hauteur de la première paire de pattes; couleur fauve; mâchoires en deux stylets, susceptibles de prendre plus de longueur que les pal- pes. Vit sur les ailes du Fespertllio noctula. 4. Un autre Dermanysse parasite des serpents (Pythons et autres), de la ménagerie du Muséum, et que MM. Lucas, Blanchard, etc.. ont également étudié. Cet Acarien, dont on ignore au juste l'origine, et qui pourrait bien provenir de la Couleuvre à collier [Coluher natrlx) de notre pays, se mul- tiplie avec une grande rapidité. Il se fixe sous les écailles des serpents mais pas à demeure, et à peu près semblable DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. XLVII aux punaises des lits, il se retire lorsqu'il s'est repu. Alors c'est dans les couvertures dont on enveloppe les serpents qu'il va de préférence, et on l'y trouve en abondance. Sa taille varie suivant la quantité de nourriture qu'il a prise. Le corps est assez velu , noir, sanguin , marqué en dessus et en dessous d'une tache blanche à peu près lyriforme et un peu variable , suivant les contractions de l'estomac. La plaque thoracique est variée de couleur blonde. Les jeunes ont six pattes; ils ne sont pas colorés. Les œufs sont ovoïdes et lisses. 5. Ixodes Walckenaerii. Espèce parasite du Rhinocéros. 6. Ixodes Bibronii. Espèce parasite de Boas, nouvellement reçue à la ménagerie du Muséum. 7. Ixodes coxcdis. Espèce parasite d'un grand Scinque de la rsouvelle-Hollande. 8. Scolopendrella notacantha. Nouveau genre de My- riapodes à une paire d'ocelles : l'espèce type a 0,00o de long. Vit dans les jardins de Paris. 9. Docophorus struthionis. Parasite de l'autruche d'Afri- que. 10. Anonra. Nouveau genre dont \ Achorutes tubercu- latiis de >L Nicolet sera le tj-pe. Anoiira rosea. Nouvelle espèce de ce genre , trouvée dans la tannée des serres du Muséum et dans les jardins de Paris. Longueur 0,001 . 11 et 12. Nicoletia. Nouveau genre de Lepismes. Corps allongé, subaplati, sans écailles; thorax à peine plus large que l'abdomen , ses trois segments subégaux ; antennes lon- gues ; sétacéo-moniliformes ; trois filets moyennement longs , à l'extrémité de l'abdomen ; fausses pattes branchiales de l'abdomen très-apparentes. Ce genre comprend deux espèces XI. d xLviiï AINNALES {Nlcoletla geophila et phytophila\ toutes deux comme étio- lées. L\me est des serres du Muséum, l'autre des bois des environs de Paris. Elles vivent cachées. 13. Un autre genre nouveau voisin du précédent, mais à deux filets seulement , ce qui le rapproche de la famille des Perlides, dont il parait être une espèce aptère. Le corps n'a point d'écaillés. L'espèce est également très-pâle. Elle est commune dans les jardins, etc. (1). 14. Trichobiiis. Genre nouveau de Mallophages. L'espèce type ( Trichobhis parasiticus ) vit sur le Desmodus riifusj, clieiroptère de la Guyane ; elle a été figurée dans l'atlas sup- plémentaire du Dictionnaire des sciences naturelles, livraison première. 15. Nicteribia sene^alensis. Trouvée sur wn Rhinolophus tridentatiis du Sénégal. Elle est représentée sur la même planche que la précédente. Lectures. M. Reiche lit cinq mémoires de M. le professeur Waga, de Varsovie. Ces mémoires, qui sont accompagnés de figures coloriées, ont pour titres : 1° Description d'une nou- velle espèce du genre des Brauclnpes > Branchipus torvi- cornis , Waga. ^'^ Descriplion d'un in sec' e aptère qui se (l) M. Gervais, dans sa communication originale, avait donné un nom à ce nouveau genre; mais il l'a fait supprimer depuis, sur l'é- preuve de cette feuille , M. Westwood l'ayant nonimé Camponea (^Ânn. and Blag. of nat. hist.; Sepl., 1842 ) , depuis la communi- cation que M. Gervais lui avait faite à Londies, et ensuite à Paris, de ses recherches au sujet de l'espèce type. M. Westwood avait pris jusqu'alors l'animal dont il s'agit pour un jeune myriapode, et il savait d'ailleurs que M. Gervais, qui en avait fait graver une figure pour l'ouvrage de M. Walckenaer, sur les aptères ( suites à Buffon ), devait en publier la description. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xux trouve en quanti lé aux environs de Varsovie, Achorutes bielanensis , Waga. 3° Note sur un insecte coléoptère indi- gène de la Clùne , trouvé dans le thé du commerce, Ànl- soplia thelcola, Waga. 4*^ Diraphia novum insectorum genus Liviœ proximum : typus Diraphia limbata, Waga. Et Ô° Description du genre Adapsilia , nouveau genre de Diptères, appartenant à la sous-tribu des Dolichocères de Macquart, et voisin des Sepedons et des]Tetanocères : type Adapsilia coarctata , Waga. — M. le Secrétaire donne lecture d'une notice de M. Gue- née, de Châteaudun, intitulée : Note suri Ennomos illu- naria. — M. Reiche communique un mémoire de M. le marquis de La Ferté-Sénectère, sur plusieurs espèces nouvelles d'An- thicus trouvées aux environs de Perpignan. Dans ce travail, qui est accompagné d'une planche coloriée , l'auteur décrit non-seulement les espèces nouvelles qu'il a découvertes, mais encore il fait connaître plusieurs des espèces indiquées dans le catalog^ue des Coléoptères de la collection de M. le comte Dejean. Membres reçus. M^L Williams Wilson Saunders , de \>'andsworlh ; Siirry, membre des Sociétés linnéenne et en- tomoiOgique de Londres , etc. , à Londres : présentés par M. Reiche. — M. Edouard-Dominique Topard , docteur en médecine, membre de la Société linnéenne du nord de la France, etc., au Mcsnil, près Péronne : présenté par M. l'abbé Rourlet. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. u V%^%^V%%^^ ^^^ V W' fc%^%X % fc^V^^.'^ W^''^*^^ %'^^ **^ *v%v^/fcwt.%-».*».-%^^'v^ V%'*».%'**/V*^ BULLETIN ENTOMOLOGIQUE. Al^AEE 1S4«. QUATRIÈME TRIMESTRE. SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. (Séance du 5 octobre 1842.) Présidence de M. GOUREAU , vice-président. Ouvrages offerts. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences de l'Institut de France , par MM. les Secrétaires perpétuels, tome xv (2^ semestre de 1842 ), n°^ 9 à 13, br. in-4" : livre offert par l'Académie. — Monographie des Érotyliens, famille de l'ordre des Co- léoptères, par M. Th. Lacordaire, 1 vol. in-8°; Paris, 1842: offert par l'auteur. — Révision de la famille des Cicindélides , de l'ordre des Coléoptères, par ^I. Th. Lacordaire, br. in-8°; Liège ^ 1842 : offert par l'auteur. XI. e LU ANNALES — Annales de la Société entomologique de France , tom. xi ( 1842), 2^ trimestre (2 exemplaires). Communications. IM. Pierret annonce à la Société que Tentomologie vient de faire une perte sensible dans la per- sonne du capitaine Magagnosc, qui vient d'être tué dans un de nos derniers combats contre les Arabes. Ce militaire, aussi zélé que brave , se livrait avec autant d'ardeur que de succès à la recherche des insectes dans TAlgérie. On lui doit la dé- couverte d'une nouvelle espèce de Mélolonthide qui a été décrite et publiée par IM. Guérin-]\ïéneville, dans un des nu- méros de la Revue zoologique , sous le nom de Rhizotrogus MagaguGsci. — Le même membre fait savoir que dans un lot de Lépi- doptères de Sicile, provenant du voyage de M>L Henri et Anatole Broussais , il lui est échu en partage un individu d'un lépidoptère du genre Vanessa, qu'il a reconnu après un examen attentif comme devant être rapporté à la Vanessa ichnusa de Bonelli. Les deux points noirs des ailes supé- rieures, qui manquent d'ordinaire chez les icimusa, sont, au contraire, bien prononcés dans Tindividu en question; ils sont même plus saillants que dans les variétés que ]\L Ram- bur avait obtenues en élevant une grande quantité de che- nilles de Xichmisa y lors de son voyage dans File de Corse, en 1829, de sorte que la Vanesse rapportée par MM. Broussais se confond presque au premier abord avec la Vanessa urticœ, mais la teinte générale des ailes inférieures ne doit laisser au- cun doute sur son identité avec Xichmisa. La découverte de cette Vanesse en Sicile paraît être , à ]NL Pierret , un fait très- intéressant au point de vue géographique ; car toutes les obser- vations faites jusqu'aujourd'hui parles voyageurs semblaient prouver qu'il n'existe que très-peu de rapports entre les pro- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOl'E. lui ductions entomoloçiques de la Sicile et celles de la Corse et de la Sardaigne. — Sur la demande de M. Th. Lacordaire , la Société décide quelle entrera en rapports scientifiques avec la Société ento- mo!o{}ique de Stetlin; en conséquence elle chargée son secré- taire d'écrire au président de cette association. Lectures. M. L. Buquet donne communication d'une note accompagnée d'une figure coloriée . et contenant la descrip- tion dune nouvelle espèce de coléoptères du genre Dorciis {D. Lessonii , Buq.\ qui provient du Chili. — M. le Secrétaire donne lecture du rapport de la commis- sion de publication, réglant la composition du troisième nu- méro des Annales pour 1842. — Les conclusions de ce rap- port sont adoptées par la Société. Membre reçu. M. Melchior Neuwyler, de Dissenhofen, docteur es sciences, professeur d'histoire naturelle et de ma- thématiques spéciales au collège cantonnai de Glarus, etc.: présenté par M. Léon Fairmaire. (Séance du 2 novembre 1842.) Présidence de M. GOUREAU, vice-président. Ouvrages offerts. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences de l'Institut de France , par MM. les Secrétaires perpétuels, t. xiv ( 1^"^ semestre de 184-2}, titres et tables , et t. xv (2^ semestre de 1842;, n"' 14 à 17 , br. in-4" : offert par l'Académie. — Mémoires et comptes rendus de la Société d'émulation du Doubs, t. II, r^ et 2^ livraisons trimestrielles, juillet 1842; 1 vol. in-8° avec pi.: Besançon, 1842 : offert par M. Th, Bruand. uv ANlNALES — Nomenclator zoologicus conlinens nomina systematica generum animalium tam viventium quam fossilium, secun- dum ordinem alphabeticum disposita , adjectis auctoribus , libris in quibus reperiuntur, anno editîonis, etymologia et familiis ad qiias pertinent, in variis classibus; auctore L. Agassiz. Fasciculus ii continens. Aves Br. in-4° : offert par l'auteur. Communications. M. Duponchel fait connaître, d'après une lettre de M, iVIaximilien Spinola , quelques détails sur les travaux zoologiques et anatomiques du congrès scientifique de Padoue, P^u de travaux entomologiques ont été présentés au congrès , et nous nous bornerons à citer deux mémoires de M. Spinola sur les Hyménoptères. — M. Pierret met sous les yeux de la Société un Sphinx convolviill j qui présente un fait d'organisation fort re- marquable, bien que d'ailleurs on ait eu déjà l'occasion d'en constater de semblables chez les animaux invertébrés , particulièrement chez les lépidoptères. Les ailes de ce sphinx offrent du côté gauche tous les caractères du mâle, tandis que sur le côté droit on observe le dessin ordinaire de la femelle : les antennes et l'abdomen participent également de l'herma- phrodisme. ^I. Pierret doit ce sphinx à l'obligeance d'un de nos collègues , M. Abicot , notaire à Gien. — Le même membre annonce qu'il a reçu dernièrement, des Alpes de la Savoie, la Chrysoptera deaurata, qu'on avait regardée pendant longtemps comme exclusivement propre à la Hongrie et à la partie de la vallée du Rhône qui touche au Simplon. Lecture. M. le comte Dejean donne lecture d'une notice ayant pour titre : Observations sur la Monographie des Erotyliens de M. Th. Lacordaire. DE LA SOCIÉTÉ EMOMOLOGIQUE. i.t (Séance du 16 novembre 1842.) Présidence de M. GOUREAU, vice-président. Oiw rages offerts. Comptes rendus hebdomadaires des séances de FAcadémie des sciences de llnstitat de France , par MM. les Secrétaires perpétuels , t. xv ( 2^ semestre de 1842), n°^ 18 et 19, br. in-4" : livre offert par l'Académie. — Abhanlungen der Kôniglichen Académie der Wïssens- chaften zur Berlin. Aus dem Jahre 1840. — Bericht ûber die zur bekanatmachung geeigneten verhandlungen der kônial: preuts Académie der Wissenschaften zur Berlin; den Monat vom Juli 1841 bis Juni 1842. 2 vol. in-4^ etin-8'' : offerts par l'Académie de Berlin. — Aperçu des espèces nouvelles d'insectes qui se trouvent dans les possessions françaises du nord de l'Afrique, par M. H. Lucas. Coléoptères , deuxième décade , famille des Longicornes (extrait des Annales des sciences naturelles, sep- tembre 1842). Br. gr. in-8° : offert par l'auteur. Communications . M. Guénée , de Châteaudun , demande la parole et s'exprime en ces termes : L'indulgence avec laquelle vous avez accueilli mou Essai sur la classification des Noctuélides m'a engagé à entre- prendre un travail analogue sur les tribus qu'on est convenu de désigner par l'expression de Microlépidoptères; c'est-à- dire les genres Tortrix, Tinea et Alucita des anciens auteurs. Mais si un travail de plus de quatre années m'a été nécessaire pour réunir en un seul corps les divers matériaux de l'histoire des Noctuélides, un temps égal ne suffirait plus ici. Ce n est pas, messieurs, que la tâche soit plus difficile en elle-même. J'ai avancé dans le temps, et je pense encore aujourd'hui Lvi ArSiXALES que les Noctua sont de tous les lépidoptères les plus difficiles à distribuer méthodiquement , et l'expérience m'a appris, de- puis que je m'occupe spécialement des microlépidoptères, que leur classification présente beaucoup moins de difficultés; mais d'autres circonstances rendent cette tâche impossible à remplir du premier coup d'oeil. Au nombre de ces circonstances, il faut mettre d'abord la quantité numérique des espèces à classer. Or, cette quantité est d'environ % plus grande , puisque les microlépidoptères qui me sont connus ne s'élèvent pas à moins de 1250 es- pèces , nombre qui s'augmentera encore notablement par la suite. En second lieu , il faut prendre en considération le peu de travaux méthodiques qui existent sur cette partie de l'ento- mologie. Un assez grand nombre d'auteurs a donné des des- criptions des microlépidoptères , mais la plupart ont passé rapidement sur ces tribus ; d'autres (et ce ne sont pas les moins utiles) n'ont consigné que des faits isolés; enfin, parmi les iconographes et les auteurs spéciaux , beaucoup ont décrit les espèces sans les rapporter à aucun genre , ou se sont con- tentés de les classer dans les genres linnéens , ce qui revient à peu près au même. Les ressources, quant à la distribution méthodique, sont donc des plus bornées. Si le nombre des auteurs est petit, celui des amateurs ou entomologistes qui pourraient fournir de bons renseigne- ments l'est encore proportionnellement davantage, et j'affirme- rais presque que sur 100 lépidoptéristes il s'en trouve au plus une douzaine qui s'occupent des tribus inférieures. Les au- tres ramassent bien çà et là quelques individus des plus grands et des plus brillants , mais c'est pour les entasser pêle-mêle dans quelque boîte qu'ils visitent rarement, et qui n'offre aucune ressource pour l'étude. Enfin, l'exiguïtc des objets, et la difficulté de les saisir et # DE LA SOaÉTÉ ENTOMGLOGIQLE. lvu les préparer sans altérer leurs caractères , entre aussi pour quelque chose dans la longueur du travail. Vous vous attendez sûrement, messieurs, qu'à tous ces in- convénients je vais ajouter rif;norance des premiers états : mais ceux d'entre vous qui ne s'occupent pas de ces tribus, seront fort étonnés d'apprendre que nos connaissances dans cette par- tie de l'histoire des lépidoptères sont à peu près au même niveau que dans les tribus supérieures. Réaumur. Degeer. Lyonuet, Resœl. Hubner. parmi les anciens; Treitschke. Freyer, Fis- cher de Roslerstamse . parmi les modernes . ont. en effet , donné de très-nombreuses descriptions de ces chenilles, et si Ton réfléchit à la facilité de se procurer la plupart de ces lar- ves, que trahissent toujours leurs ouvrages extérieurs , on est bien vite convaincu que la science des microlépidoptères ne restera pas longtemps en arrière, quand les entomologistes y auront sérieusement mis la main. Mais, j'ai honte de l'avouer à une société qui a consacré dans sa devise l'admiration due à la nature en proportion in- verse de la petitesse de ses œuvres, la taille de ces lépidoptères, si brillants, si gracieux dans leurs formes, si intéressants par leurs mœurs, est une cause de proscription chez les entomo- logistes français . et nos naturalistes les pUis instruits restent à leur égard dans la plus complète indifférence: c'est à ce point que tel amateur des plus ociilës qui saura aller décou- vrir au fond de leurs retraites les plus rares chenilles d'Agro- tides ou des >'onagries . ou à qui la patience ne manquera pas pour déplier une à une toutes les feuihe sèches de son jardin, ne sait que par ouï-dire que c'est par une espèce de Carpo- capsa que la pomme qu'on sert sur sa table est dévorée. C'est à ce point que les châtaignes véreuses qui nous tom- bent par centaine sous les mains sont minées par une chenille qui est inconnue au moins je ne sache pas que personne ait écrit jusqu'ici que cette chenille est celle de la Carp. splen- LviH ANNALES dana , espèce même assez rare dans les collections , quoiqu'il suffise pour se la procurer de jeter pêle-mêle dans un pou- drier une douzaine de fruits attaqués ). Une des causes de cette injuste négligence est bien certai- nement rribsence d'un ouvrage méthodique, ne fût il qu'un catalogue o t une sorte d'inventaire des espèces connues. Les amateurs d'entomologie, gens positifs à leur manière, tiennent à se rendre compte de leurs richesses ; et , comme les avares , ils n'amassent point sans compter. Ce n'est pas pour eux une petite joie que de marquer d'une croix chaque nouvelle ac- quisition, et si cette satisfaction leur est refusée, ils dédai- gnent des espèces qu'ils ne savent où placer dans leur collec- tion, et la science reste privée de la part d'observations que chacun d'eux y aurait apportée. Je ne prétends pas dire que nous manquions absolument d'ouvrages méthodiques sur les microlépidoptères, les œuvres de iNlM. Treitschke, Duponchel, Frœlich, et le catalogue de M. Stephens , seraient là pour me démentir. Mais sans que j'aie besoin d'entrer dans aucune considération critique sur ces divers ouvrages , les deux premiers sont d'un prix trop élevé pour se trouver dans toutes les mains. Le troisième ne traite que d'une partie du sujet qui nous occupe, et a été tiré à un trop petit nombre d'exemplaires pour être répandu en France, et le quatrième est d'un usage impossible pour nous, par la raison qu'il renferme une foule d'espèces que j'appellerai exclusivement anglaises , et dont personne ne peut vérifier l'authenticité. Le besoin d'un ouvrage semblable est donc réel, et m'a été , en effet , signalé par toutes les personnes à qui j'ai reproché leur indifférence pour les petites espèces de lépidoptères. Je vous ai dit quelles sont les circonstances qui s'opposent à ce que je puisse donner dès à présent un travail analogue à celui que j'ai publié dans nos Annales sur les Noctuélides , DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. nx c'est-à-dire un tableau de tous les {groupes naturels des mi- crolépidopières , avecleurs divisions, leurs caractères géné- riques, et un exposé des faits saillants ou nouveaux de leur histoire, j'ai besoin pour cela de réunir une masse de maté- riaux beaucoup plus considérable que celle que je possède, et d'un long temps pour les mettre en œuvre. Mais une sorte de prodrome de ce travail ne m'a pas paru au-dessus de mes forces , et depuis deux ans j'y travaille presque exclusivement. Aujourd'hui ce travail est terminé, et mon voyage à Paris n'a d'autre but que de le vérifier une dernière fois, sur les col- lections que plusieurs de vous veulent bien m'ouvrir, et sur les ouvrages que je ne puis renconirer que dans les biblio- thèques publiques de la capitale. J'aurai donc Thonneur de vous l'offrir incessamment ; et comme il ne sera précédé d'au- cune préface, et qu'il sera d'ailleurs rédigé en langue latine, je vous demande la permission de vous exposer ici les bases sur lesquelles il est établi , tandis que je suis encore en me- rure de profiter des observations que vous voudrez bien me faire à ce sujet. J'ai divisé tous les microlépidoptères en 28 tribus, qui comprennent 125 genres, et ce nombre, tout énorme qu'il peut vous paraître, est peut-être encore insuffisant. J'aurais pu les multiplier beaucoup plus, puisqu'il en est dans lesquels j'établis six à huit divisions, comme les genres Torttix, Teras, P/iycis, Hœinilis,Elachîs'a, etc. Sur ces 125 genres, plus de la moitié ne m'appartiennent pas , car je me suis toujours fait une loi d'adopter les noms de ceux déjà établis, même quand ils ne correspondaient pas exactement avec le genre tel que je le concevais, ce qui est arrivé fréquemment. J'y ai rassemblé tous les microlépidoptères publiés par les auteurs, même ceux qui ne sont connus que par les figures d'Hubner. C'est assez dire que je nai pas vu tout en nature. Aussi suis-je loin de me flatter que toutes les espèces soient à Lx • ANNALES leur véritable place, surtout celles créés nouvellement par différents entomologistes allemands, et que je n'ai pu voir qu'en passant , ou que je ne connais que par des indications ou des correspondances. Peut-être eussé-je mieux fait d'o- mettre toutes celles que je n'ai pu étudier par moi-même ; mais j'ai pensé qu'un catalogue bien complet serait plus utile, même avec ses erreurs impossibles à éviter, et qui appelleront d'ailleurs les observations des entomologistes qui voudront bien me mettre à même de les rectifier dans mon travail dé- finitif. Quelque défectueuse que puisse paraître cette manière de procéder aux personnes qui ne veulent pas admettre le provisoire en entomologie, j'ai la conviction qu'elle est la meil- leure , et peut-être la seule à suivre dans l'état actuel de la science des microlépidoptères. Je puis seulement affirmer que toutes les espèces que je possède (et c'est la grande majorité) ont été déterminées avec un soin minutieux , et que tous les auteurs que je cite dans leur synonymie ont été attentivement médités. J'ai toujours indiqué le numéro des figures d'Hub- ner , qui paraît destiné à rester longtemps notre meilleur ico- nographe , et qui sera toujours universellement consulté. Quant aux espèces nouvelles que j'ai créées , j'en ai donné une courte description, persuadé que je suis qu'un nom publié seul est plus qu'inutile, et ne sert qu'à embrouiller la science. Maintenant, si l'on me demande si j'ai appliqué à la classi- fication des microlépidoptères la méthode naturelle , je répon- drai oui sans hésiter. Là , comme ailleurs , le peu que je con- nais sur les premiers états est presque toujours venu confirmer les caractères des insectes parfaits. Je sais que cette méthode a été l'objet de bien des attaques récentes, soit directement, soit par allusion, et ces attaques ont quelquefois été l'œuvre d'entomologistes que j'estime fort d'ailleurs ; mais ce n'est pas ici la place de les réfuter, quoique beaucoup d'entre elles DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. lxi puissent l'être très-facilement. Qu'il me suffise dédire qu'elles n'ont pas ébranle ma foi dans la méthode naturelle, et que je suis plus que jamais convaincu que tous les matériaux doivent être employés pour caractériser les groupes que la nature a créés, quoi qu'on en dise, et que ces groupes une fois trouvés , leur histoire et l'étude de leurs caractères génériques doi- vent marcher de front. Tel est, messieurs, le travail que j'aurai l'honneur de vous offrir. Je n'ose me flatter qu'il soit utile en raison du temps qu'il m'a coûté, mais j'espère cependant qu'il contribuera, du moins pour une petite part , à faire revenir les lépidoptéristes de leur indifférence pour les tribus inférieures. Je répète, en finissant , que je recevrai avec la plus grande reconnaissance les communications et les observations de toute nature que chacun de vous voudra bien me faire, et que j'emploierai tous mes efforts à les faire tourner au profit de la science que nous chérissons tous ici. — M. Amyot soumet à la Société la question suivante , qui se rattache à l'ouvrage auquel il travaille en collaboration avec M. Audinet-Serville, sur l'ordre des Hémiptères. Doit-il être permis à un auteur de prendre le nom d'une espèce pour en faire celui d'un genre dans lequel rentre cette espèce , en donnant à cette dernière un nouveau nom spéci- fique ? Spécialement , Latreille ( Règne animal^ 1817 ) a dé- crit et figuré une espèce sous le nom de Coreas phyllomor- phus. INI. de Laporte , comte de Castelnau ( Essai d'une classification sur les Hémiptères) est venu ensuite et a créé le genre Phylloniorphus , dans lequel rentre cette es- pèce. Plus tard, INI. Guérin-^léneville {Dictionnaire pit- toresque d'hisloire naturelle ) a donné à cette dernière le nom de Phyllomorphus Latreillel. Faut-il garder ce dernier nom , ou rendre à l'espèce son nom primitif de Lxii ANNALES Phyllomorphus Latr. , en changeant le nom générique de M. de Laporte, comme a fait M. le docteur Rambur( Faune de l'Andalousie ), qui a donné à ce genre le nom de Craspe- dum, et qui appelle l'espèce Craspedum phyllomorphus Latr. ? La Société est d'avis unanime qu'un nom spécifique primi- tivement imposé ne doit être changé sous aucun prétexte : en conséquence, elle approuve ce qu'a fait M. le docteur Rambur. Lecture. M. le Secrétaire lit une note de M. H. Lucas, ayant pour titre : Observations sur un nouveau genre de la tribu des Nymphaliles ( Godai tia madagascariensis ). Cette note est accompagnée d'une figure coloriée. (Séance dû 7 décembre 1842.) Présidence de M. le docteur AUBE. Ouvrages offerts. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences de l'Institut de France , par MM. les Secrétaires perpétuels, tome xv (*2^ semestre de 1842), n"^ 20 à 22 , broch. in - 4° : offert par l'Aca- démie. — Kongl. vetenskaps Academiens handlingar, for an 1839. — Arsberâttelse om framstegen i Fisik och Kemi afgifnen den 31 mars 1839; of Jos. Berzelius , K. V. A. secret. — Arsberâttelse om Technologiens framsteg. Till kongl. vetens- kaps Academiens afgifnen den 31 mars 1839 ; of G. E. Pach — Tal of academiens prises , grefne M. Rosenbland , etc. , 3 vol. iu-8° : offert par l'Académie de Stockholm. — Proceedings of Ihe Academy of natural sciences of DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. lxiii Philadelphia , volume i, n*"' 9 à 14 (décembre 1841 à mai 1842), br. iii-8° : offert par lAcadémie. — Histoire naturelle, générale et particulière des insectes Névroptères, par M. F. J. Pictet. Monographie des Perlides, livraison 9^, br. in-8° avec fig. col.; Genève , 1842 : offert par fauteur. — Essai monographique et iconographique de la tribu des Cossyphide^. par >[. le marquis de Brème, 1 vol. in-S"* avec pi, col.; Paris, 1842 : offert par l'auteur. — Gênera et species Curculionidum cum synonymia hujus familiœ, a C. J. Schoenherr , tomus seplimus, pars prima, 1 vol. in-8°; Paris, 1843 : offert par fauteur. Correspondance. M. E. Desmarest lit une lettre de M. Dohrn, secrétaire de la Société entomologique de Stettin. Dans cette lettre, M. Dohrn. au nom de la Société de cette ville, remercie la Société entomologique de France de ce qu elle a bien voulu proposer d'échanger réciproquement les publications des deux associations scientifiques, et il an- nonce que Ion recevra bientôt à Paris les trois années de la Gazette entomologique que publie la Société de Stettin. — M. Duponchel fait connaître une lettre qu'il a reçue de M. Donzel. Notre collègue annonce dans cette lettre qu'il travaille à une Faune des Lépidoptères des Basses-Alpes, et qu il destine ce travail aux Annales de la Société. — Il est donné lecture de la lettre suivante adressée à la Société par M. Piiois. iMessieurs , La Société entomologique m'a fait l'honueur de me confier, il y a deux ans , les fonctions de Trésorier : elle a jugé alors que mon intervention pourrait être de quelque utilité pour le rétablissement Lxiv ANNALES de l'équilibre désirable eutre les recettes et les dépenses de la Société. Dès la fin de l'an dernier, les comptes ont démontré que les mesures prescrites par la Société amenaient une amélioration sensible dans son état financier, et je puis annoncer aujourd'hui que les comptes de l'exercice courant présenteront un résultat décisif et satisfaisant, car le montant des cotisations perçues s'élève déjà à près de 3,500 fr., somme suffisante pour couvrir entièrement l'arriéré et une forte partie des dépenses courantes. Dans cet état dç choses, je crois pou- voir demander à la Société de vouloir bien , au prochain renouvelle- ment de son bureau, me décharger de la mission qu'elle avait eu la bonté de me confier, et de me faire remplacer dans les fonctions de Trésorier. Je la prie aussi de recevoir ici l'expression de ma respec- tueuse reconnaissance pour la constante bienveillance dont j'ai été l'objet dans mes rapports avec elle. Je suis avec respect, eîc. Signé, PITOIS. Paris, le 21 novembre 1842, La Société décide que des remercîments seront adressés à INI. Pitois pour les soins qu'il a donnés aux affaires de la Société , depuis sa nomination aux fonctions de Trésorier. CommiinicafîoTis . ]\I. Pierret met sous les yeux de la So- ciété une chenille encore vivante du Deilephila Dahlii qu'il vient de recevoir de Bastia, en compagnie de 149 autres de la même espèce. Toutes ces chenilles, qui étaient arrivées à Toulon , en apparence pleines de vie et de santé , bien que le navire qui les portait fût resté quatre jours en mer par suite de la violence des ouragans, ont malheureusement péri dans le voyage de Toulon à Paris. ^î. Pierret, en ouvrant la boite qui les renfermait, na trouvé, pour la plupart, que des ca- davres putréfiés, dont quelques-uns, que l'œil même d'un DS LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. lxv entomologiste aurait méconnu, présentaient une véritable décomposition organique. M. Pierret attribue cette catastrophe à la réunion de cinq causes différentes : V Le séjour trop prolongé sur la mer, qui a pu amener le typhus, bien qua l'arrivée des chenilles à Toulon, les symp- tômes n'en eussent pas été sensibles aux yeux du correspon- dant de INI. Pierret, qui n'est pas naturaliste. 2° La différence du climat de Bastia avec celui de Paris, laquelle est de 15 à 18 degrés au moins à cette époque. 3"* Le changement dans la nourriture, le correspondant à Toulon ayant remplacé YEuphorbia esiila Thuillier {E. Ge- rardiana Merat), dont l'expéditeur de Bastia avait garni la boîte d'envoi , par VEuphorbia helioscopia (vulgairement Réveille-matin) ^ tithymale reconnu pour être d'une nature beaucoup moins caustique et moins astringente que le premier. 4'' Les secousses que la boîte a dû éprouver pendant le voyage, et qui n'ont pu nécessairement qu'exercer une in- fluence fatale sur les chenilles qui étaient près de se méta- morphoser. ô° La trop grande agglomération d'individus dans une même boîte, bien que celle-ci fût dune assez grande dimen- sion. On ne saurait attribuer, ajoute "SI. Pierret, la mort de toutes ces chenilles à l'une des causes précitées prise isolément, si l'on en excepte peut-être la troisième et la cinquième, attendu que l'expérience a démontré mainte et mainte fois que l'on peut faire voyager impunément les chenilles d'une contrée à l'autre , pourvu que la boîte qui les renferme soit garnie d'une nourriture fraîche et abondante : témoins deux chenilles du même Sphinx que jM. Pierret reçut au mois de juillet dernier, de son père, alors à Bastia , et qui, arrivées saines et sauves, ont parfaitement accompli toutes leurs mé- Lxvi ANNALES tamorphoses , et lui ont donné leur papillon au mois d'août. Quant à ce qui concerne le changement de la température, M. Pierret fait observer que son ami, M. INIeissonnier, lui a envoyé plusieurs fois déjà un certain nombre de chenilles du Jasius , qui ont fait le trajet d'Hyères à Paris, dans le com- mencement du mois de mars , par un temps froid et neigeux, et cependant Tinsecte parfait est éclos dans tout Téclat de sa beauté. Or, Ton ne peut douter que la chenille du Jasiiis, espèce d'origine exotique, et qui semble être venue expirer sur les bords de notre Méditerranée oii elle ne se nourrit que des feuilles de YArbiitiis iinedo, plante exclusivement méri- dionale, ne soit beaucoup plus sensible aux intempéries de la saison que celle du Sphinx Dahlii, qui offre une si grande analogie avec notre Sphinx euphorbiœ , et qui vit des mêmes tithymales. Lectures. ]M. Duponchel donne lecture de deux mémoires de M. Graslin. Ces mémoires , qui sont accompagnés de figures coloriées^ ont pour titres, le premier : Notice sur la Stilhia stagiuco'a et description de cette espèce sous ses différents états; et le second : Histoire des mœurs et des- cription de la chenille de la Dianlhœsia luieago. (Séance du 21 décembre 1842.) Présidence de M. le docteur AUBE. Ouvrages offerts. Comptes rendus hebdomadaires des séances de TAcadémie des sciences de l'Institut de France , tome XV (2^ semestre de 1842 ), n°' 23 et 24, br. in-4° : livre offert par l'Académie. Nominatiotis. Il est donné lecture des articles 14 et 15 du DE LA SOCIEIÉ ENTOMOLOGIQUE. lxviï règlement, qui ordonnent le renouvellement des membres du bureau à la deuxième séance du mois de décembre. En con- séquence , la Société procède, par la voie du scrutin, à Télection des membres de son bureau. Ont été nommés pour Tannée 1843: Président : jM. Milive-Edwards. Fice- Président : INI. le ^larquis de Brème. Secrétaire : INI. Eugène Desmarest. Secrétaire-adjoint : M. Pierret. Trésorier : ^[. Luciea' Buquet. Trésorier-adjoint : M. Léon Fairmaire. Archiviste : ^L Duponchel. xr. ANNALES m LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÏOUE. lxiv OUVRAGES OFFERTS A LA SOCIÉTÉ Académie des naturalistes de Breslau. Mémoires pour 1841 (en latin). Académie des sciences, agriculture , arts et belles- lettres dAix. Séance publique cle 1840. Académie des sciences , arts et belles-lettres de Dijon. Relation de la séance publique clu 31 juillet 1841. Académie des sciences de Vienne. Tom. ix, 1841 (en allemand }. Académie des sciences de Stockhohn. Mémoires pour 1839, 3 vol. in-8° ( en suédois ). Académie des sciences naturelles de Philadelphie. Bul- letins des séances en anglais )• Académie impériale des naturalistes de Moscou. Recueil des actes de la séance publique du 29 décembre 1840. Académie roya'e des sciences , belles-lettres et arts d.' Bordeaux. Actes pour Î840 ( P"" et 2^ trimestres ). Académie royale des sciences de Berlin. Mémoires pour 1840 ( en allemand ). Académie royale des sciences de Berlin. Résuaié des travaux de juillet 1841 â juin 1842 (en allemand;. Académie royale des sciences de i Institut de France. Lxx ANNALES Comptes rendus hebdomadaires des séances , tom. xiii (2^ se- mestre de 1841), n°' 22 à 26 et tables; tom. xiv ( P' semestre de 1842), n° 1 à 26 et tables, et tom. xv (2*^ semestre de 1842), lY" 1 à 24. Jcadémîe royale des sciences de Turin. Mémoires, tom. III, 2^ série, 1840 (en italien). Agassiz. Nomenclator zoologicus continens nomina sys- tematica generiim auimalium tam viventium quam fossi- lium, etc. Fasciculiis primiis, continens Mammalia, Echinoder- mata, et Acalephas, et fasciculus secundus, continens Aves. Jnonyme. Examen critique sur la première livraison de Fouvrag^e de W. Audouin, intitulé : Histoire naturelle des insectes nuisibles à la Yigne, et en particulier de la P vraie. Anonyme. Tournées en avril, mai et juin 1842, dans les vignobles du Beaujolais et du Maçonnais , pour observer la Pyrale et faire quelques recherches locales, par M, A. B.... Brème {Marquis de). Essai monographique et iconogra- phique sur la tribu des Cossyphides. Brème {Marquis de). Monographie de quelques genres de Coléoptères Hétéromères appartenant à la tribu des Blap- sides. Brème {Marquis de). Réflexions sur la classification des insectes selon la méthode naturelle ( Extrait de la Revue zoo- logique, numéro de février 1842 ). Bruand. Mémoires et Comptes rendus de la Société d'ému- lation du Doubs, tom. i, mai à décembre 1841, tom. ii, V^ et 2^ trimestre de 1842. Brullé. Histoire naturelle des îles Canaries. Partie entomo- logique : 1"* Histoire naturelle des Insectes. Burmeisfer. Observations sur les affinités naturelles de la famille des Paussidse ( Extrait de la Revue zoologique ). Costa {Achille). Histoire de FAcadémie des Aspirants na- turalistes deNaples, de mai 1841 à janvier 1842. DE LA S(X:lKTÉ E-NTOMOLOGIOUE. l\m Co. ta Jchille ,. BuUotiii de lÂcadémie des Aspirau's naturalistes de >aples. Année 1842 : séances de janvier, fé- vrier et mars. Dagonet.DeS' insectes nuisibles à rAg^riculture. observés pendant l'année 1840, et particulièrement des insectes dévas- tateurs des céréales. Du four ' Léon . Éludes anatomiques et physiologiques sur une mouche, dans le but d'éclairer l'histoire dos méta- morphoses et de la prétendue circulation des insectes. Diifour 'Léon . Histoire des métamorphoses de l'Elater rhombeus. Du four ; Léon \ Histoire des métamorphose^ et de l'aiia- tomie des Mordelle>. Du four Léon \ Mémoires sur les métamorphoses et l'ana- tomie de la Pyrochroa coccinea. Dufour Léon . Observation^ sur les métamorphoses du Cerceris bupresticida et sur l'industrie et l'instinct entomo- logique de cet hyménoptère. Dufour Léon\ Recherches sur les métamorphoses du genre Phora. et description de deiLx nouvelles espèces de ces diptères. Dufour Léon]. Recherches anatomiques et physiologiques sur les Orthoptères, les Hyménoptères et les Névroptères ( Extrait des mémoires des savants étrangers de l'Académie des sciences, de l'Institut de France \ Dufour ^L€on\ Explications, notes, errata et addenda à l'ouvrage précédent. Gorr. Histoire naturelle et iconographie des Insectes Co- léoptères, liv. Li et LU. contenant la fin du supplément aux B u près t ides. Guérin-Méne\ille. Description du genre Eupliolus , Extrait du Magasin d« zoologie ■. Lxxu A>*NALES Giiéiin-Mcneidlle. iMcmoirc sur un insecte et un champi- gnon qui ravagent les caféiers aux Antilles, par MM. Guérin- Méneville et Perrotet. Lacordalre. Monographie des Érotyliens, famille de Co- léoptères. Lacordaire. Révision de la famille des Cicindélides de Tordre des Coléoptères. Lefehvre. Communication verbale sur la ptérologie des Lépidoptères ( Extrait de la Revue zoologique par la Société Cuviérienne, numéro de février 1842 ). Lefebvre. Description de TAscalaphe Napoléon, Ascala- phus Napoleo (Extrait du Magasin de zoologie). Lucas. Aperçu des espèces nouvelles d'insectes qui se trouvent dans les possessions françaises du nord de l'xAfrique, 2*" décade, ordre des Coléoptères, famille des Longicornes. Pictet. Histoire naturelle, générale et particulière des in- sectes Névroptères. Monographie de la famille des Perlides, liv. Ô^ 6% 7% 8^ et 9^ Romand {de). Description du genre Osprynchotus, nou- veau genre d'Hyménoptères, tribu des Térébrants, famille des Ophonides ( Extrait du Magasin de zoologie ). Schoenherr. Gênera et Species Curculionidum cum synony- mia hujus familiae, tom. vi , pars secunda, et tom. vu, pars prima ; supplementum continens. Société agricole et industrielle du département du Lot. Bulletin, n°^ de mai, juin et juillet 1841. Société d'agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne. Séance publique tenue à Chà- lons le 30 août 1839. Société de physique et d'histoire naturelle de Genèçe. Mémoires , tom. ix , partie ii. Société entomologlque de France. Tome x (4^ trimestre) *;t tom. xï [V^ et 2^ trimestres) deux exemplaires. DE LA SOCIKIÉ KN TOINIOLOGIQUE. rxxui Société entomologlque de Londres. Mémoires , loin, m (en angolais). Société royale d'agriculture et des arts du départe- ment de Seine-et-Oise. Mémoires pour 1840 (40® aimée). Société royale d'émulation de l'Ain (Journal d'agricul- ture, sciences, lettres et arts de la), année 1840. Société royale des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille. Mémoires pour 1839 ( 2*^ partie). Société royale des sciences , lettres et arts de Nancy. Mémoires pour 1840. Vesmaêl. Note sur les caractères des Euceros Grav, sous- genre des Ichneumonides (Extrait des mémoires de l'Acadé- mie royale des sciences de Bruxelles , tom. yiii , n*" 5 ). Vesmaèl. Notice sur les Hémérodes de la Belgique ( Extrait des mémoires de l'Académie de Bruxelles, tom. viii, n° 4). Wliite. Description d'une nouvelle espèce de l'ordre des Hémiptères ( en anglais ). Wliite. Description d'une nouvelle espèce d'insecte ( en anglais). Zeller. L'Isis, 1841, W partie, contenant un mémoire sur les Ptérophorides ( en allemand ). ANNALES DK LA SOCiETE ENTOMOLO(;iQl]E. lxxv MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. ANNÉE 1842. — ONZIÈME DE SA FONDATION. -»®-®-€>-o- Nota. * indique 1«8 Membres fondateurs. Les noms en majuscules sont ceux des Membres honoraires. MM. 1841. Abicot, notaire, à Gien (Loiret). 1834. Amyot, avocat, rue Neuve- Saint-Roch , 24. 1835 AsMUSS, docteur en philosophie et professeur-adjoint à l'Uni- versité de Dorpat (Livonie ). * AuBÉ , docteur en médecine , etc. , rue de Tournon , 8, et au Parc-aux-Dames , près Crépy (Oise). 1833. Bassi (le chevalier), à Milan ( Lombardie ). 1835. Becker, naturaliste, à Wiesbaden (duché de Nassau). 1835. Berce , graveur, place de Laborde , 10. 1835. Bernard-Deschamps , à Auxerre ( Yonne ). 1832. BLAIN VILLE (Ducrotay de), membre de l'Institut et de la Légion d'honneur, professeur au Muséum d'histoire natu- relle et à la Faculté des sciences de Paris , etc., au Muséum. 1837. Blanchard , aide naturaliste d'entomologie au Muséum d'histoire naturelle de Paris, rue Saint- Jacques , 161. Lïxvi ANNALES 1838. Blisson, professeur d'histoire naturelle, etc.; au Mans (Sarthe\ 1841. Blondeau (l'abbé), rue du Temple, 101. 1833. Blutel, directeur des douanes, à La Rochelle ^ Charente- Inférieure ,\ 1832. BoHEMANN, professeur et conservateur du Musée entomo- logique de l'Académie royale des sciences de Suède, etc.; à Stockholm. ^ BoiSDUVAL, docteur en médecine, chevalier de la Légion d'honneur, membre de plusieurs Sociétés savantes , etc. ; rue de la Vieille-Estrapade, 15. 1842. BoiSGiRAUD, doyen de la Faculté des sciences de Tou- louse, etc.; à Toulouse 'Haute-Garonne \ 1842. BoNARD, chirurgien en chef de l'hôpital de Calais, cheva- lier de la Légion d'honneur, etc. ; à Calais [ Pas-de-Calais). 1833. BouLARD Désiré' , employé au laboratoire d'entomologie du Muséum d'histoire naturelle de Paris; rue Saint-Vic- tor, 20. 1335. BouRASSÉ, professeur d'histoire naturelle au petit sémi- naire de Tours Indre-et-Loire'. 1810. BouRLET (l'abbé), membre correspondant de la Société royale d'agriculture de Lille, de la Société royale et centrale d'agiculture de Douai, etc. : à Douai 'Nord\ 1838. Brème (le marquis de\ membre de l'Académie des sciences de Turin , membre de la Société entomologique de Lon- dres , etc. ; rue de Poitiers , 8. 1832. BRONGNLART Alexandre, membre de l'Institut et de la Légion d'honneur, professeur au Muséum d'histoire na- turelle de Paris, directeur de la manufacture de jwrcelaines de Sèvres, etc.; rue Saint-Dominifue, faubourg Saint- Germain, 71. 1841. Broussais ' Anatole', ri Passy, rue Basse, 24 bis. 1841. Bruand Théophile , membre de la Société d'émulation du Doubs, du conseil municipal de Besançon, etc.; à Besançon ( Doubs'. * BrullÉ . professeur do zoologie à la Faculté des sciences de DK LA SOCIÉTÉ EMIUMOLOGigUE. lxwii Dijon , chevalier de la Légion d'honneur et de l'ordre grec du Sauveur, etc.: à Dijon ( Côtc-d'Or). 1832. BuGNiON, membre de la Société helvétique des sciences na- turelles, etc.; à Lausanne (Suisse). 1833. BuouET ( Lucien), naturaliste, attaché au ministère delà marine, etc.; rue Dauphine, 35. 1841. BuRMEiSTER, professeur de zoologie à l'Université de Halle, etc. ; à Halle (Saxe ). 1838. Caillou, pharmacien, à Châteaudun (Eure-et-Loir). 1833. Cartier (Ali), propriétaire, à Morleau (Doubs). 1831 Chaudoir (le baron IMaximilien de), candidat en droit et conseiller honoraire au service de Russie, à Kiew (Russie). * Chevrolat, rédacteur à l'administiation de l'octroi de Paris, membre de plusieurs sociétés savantes; rue Fon- taine-Saint-Georges, 25. 1833. Children (J.-G.), esq. , secrétaire de la Société royale et membre de la Société entomologique de Londres ; à Londres. 1839. Colin, avocat, directeur du Muséum d'histoire naturelle d'Arras, etc.; à Arras (Pas-de-Calais). 1840. CoPPlER, professeur d'histoire naturelle au collège de Bonne- ville, etc. ; à Bonneville ( Savoie ). 1842. CoQUEREL, étudiant en médecine, rue du Faubourg-Pois- sonnière, 21. 18i2. CoRDiER, employé au ministère de la guerre, etc.; quai d'Orsay, 65. 1841. Costa ( Achille), membre de l'Académie des aspirants natu- ralistes de Naples , etc. ; à Naples. 1839. Crépu, docteur en médecine, professeur de botanique h la Faculté des sciences de Grenoble, conservateur du Muséum d'histoire naturelle de cette ville, etc.; à Grenoble (Isère). 1833. Dahlbom , docteur en philosophie et conservateur du Musée entomologique de l'Université de Lund , etc. ; à Lund (Suède). 1836. Dardouin, peseur du commerce, à Marseille (Bouchcs-du- Rhône ). 1832. Daube, propriétaire, j\ Montpellier (Hérault). Lxxviii A^NÂLES 1837. Dejean (le comte), lieutenant général, pair de France, grand officier de la Légion d'honneur, etc. ; rue de l'Uni- versité, 17. 1839. Delacour, juge d'instruction, à Beauvais (Oise). 1837. DÉMARY, docteur en médecine, etc.; rue Rumfort, 13. 1838. Desmarest (Eugène), employé au laboratoire d'anatomie comparée du Muséum d'histoire naturelle de Paris ; rue de la Harpe, 45. 1842. Deyrolle, naturaliste, rue de l'Odéon, 38. 1833. DoNZEL (Hugues), propriétaire, à Lyon (Rhône). 1834. DouBLEDAY, membre de la Société entomologique de Lon- dres , etc. ; à Londres, 1833. Doué, chevalier de la Légion d'honneur, chef de bureau au ministère de la guerre, etc.; rue des Beaux- Arts, 8. 1838. Dreer ( le chevalier), docteur en médecine, à Trieste (Ulyrie). 1834. Drewsen, fabricant de papiers, à Strendsmollen , près Co- penhague (Danemark). 1832. DUFOUR (Léon) , docteur en médecine, correspondant de l'Académie des sciences et de l'Académie royale de méde- cine, chevalier de la Légion d'honneur, etc. ; à Saint-Sever ( Landes ). 1832. DUMÉRIL, membre de l'Institut, officier delà Légion d'hon- neur, professeur au Muséum d'histoire naturelle et à la Fa- culté de médecine de Paris , etc. ; au Muséum. * Duponchel, chevalier de la Légion d'honneur, membre de la Société des GeorgofiU de Florence, etc. ; rue d'Assas, 2. 1832. Dupont, naturaliste, quai Saint-Michel, 25. 1836. Elizalde, docteur en médecine, à Cadix (Espagne). 1832. Emy, ancien capitaine d'artillerie, officier de la Légion d'honneur; à Rouvray (Côte-d'Or). 1842. Fairmaire (Léon), ruedeGrenelle-Saint-Honoré, 37. 1833. Farhoeus, membre du conseil d'État et chef du département de l'intérieur en Suéde, grand'croix de l'Étoile polaire; à Stockholm. * Feisthamel ( le baron ), maréchal de camp , officier de la Légion d'honneur, chevalier de Saint-Louis, membre cor- DE LA ^OCIÉIÉ ENTOMOLOGIOLIS. i.xxix respoudant de l'AcaJéinie royale des sciences et arts de Barcelone, etc.; i\ Amiens ^^ Somme \ 183G. Fischer de Waldheim, vice-président de la Société impé- riale des naluralibtes de Moscou, conseiller d'État actuel, grand'croix des ordres de Sainte-Anne et de Saint-Stanis- las, chevalier de Saint-Wladimir, etc.; à Moscou Russie^. 1837. Fol, négociant, rue de Ciéry, 15. 1840. Fol, docteur en médecine, à Vandccuvre , près Genève ( Suisse '. 1832. Fonscolombe (Boyerde), propriétaire, à Aix Bouches- d u- Rhône \ 1838. Fridwaldjsky, docteur en médecine, à Pciith (Hongrie). 1839. Garmer , bibliothécaire et conservateur du Muséum d'his- toire naturelle d'Amiens, etc.; à Amiens ^ Somme). 1833. Gay, rue Saint-Victor, 27. 1842. Gehin , pharmacien, à Metz ( Moselle), place Saint-Louis, 8. 1833. GÊNÉ, professeur au Muséum d'histoire naturelle de Tu- rin , etc. ; à Turin Piémont \ 1832. GEOFFROY-SALNT-HILAIRË (Etienne), membre de l'Ins- titut et delà Légion d'honneur, professeur à la Faculté des sciences de Paris , etc. ; au ^Muséum. 1840. GÉRARD, adjudant auxiliaire du service des hôpitaux à Alger. 1833. Germar, professeur d'histoire naturelle, à Halle Prusse). * Gory, chevalier de l'ordre royal de Saint-Ferdinand, capi- taine de cavalerie; rueCastellane, 15. 1835. Goureau, membre de la Légion d'honneur, lieutenant-co- lonel du génie, etc. ; à la Maison-Blanche, 7. i833. Graells , professeur de zoologie au Muséum d'histoire natu- relle de Madrid , etc.; à Madrid. 1832. Graslin, propriétaire, à Chàteau-du-Loir (Sarthe). 1833. GrâVENHORST, doc;eur en philosophie, conseiller privé de la cour de Prusse, professeur de zoologie et directeur du Musée zoologique de Breslau , etc. ; à Breslau ( Silésie ). 1837. Gréville, botaniste, à Edimbourg. 1833. Grey, attaché au Jardin d'horticulture de l'cmpi-ieur de Russie; à Ropska, près de Saint-Pétersbourg. Lxxx ANNALES 183G. GuÉNEÂU d'AumonT, officier au 9^ régiment d'infanterie. 1832. GuÉNÉE , avocat , à Châteaudun ( Eure-et-Loir ). * GuÉRiN-MÉNEViLLE , membre de la Société royale et cen- trale d'agriculture de Paris, directeur-fondateur de la So- ciété cuviérienne, etc.; rue de Seine, 13. 1835. GuTCH, docteur en médecine, à Londres. 1833. Haân ( de), docteur en philosophie, conservateur du Mu- séum d'histoire naturelle de Leyde (Hollande). 1840. Haefeli, docteur en médecine, à Baltimore ( États-Unis). 1833. Hanson, esq., à Londres. 1835. Heeger, à Mœdling, près de Vienne. 1834. HÉRÉTIEU, contrôleur des contributions directes, membre du conseil général du département du Lot; à Cahors (Lot). 1839. HOivîBRES-FiRMAS (le baron d'), correspondant de l'Insti- tut , etc. ; à Alais ( Gard ). 1833. Hope, membre de la Société entomologique de Londres, etc.; à Londres. 1838. HoREAU, docteur en médecine et pharmacien principal, à Alger. 1832. HUMBOLDT(le baron de), membre des Académies des sciences de Paris et de Berlin, grand'croix de la Légion d'honneur, etc. ; à Berlin. 1834. JuRiNE , à Genève ( Suisse ). 1838. Kay ( James), à Redwales (Angleterre). 1832. RIRBY, président honoraire de la Société en!omologique et membre de la Société limiéenne de Londres, recieur de Barham , etc. ; à Barham ( Angleterre). 1832. KLUG , docteur en médecine, directeur du Muséum d'his- toire naturelle de Berlin, etc. ; à Berlin. Î835. Kollar , conservateur du Muséum d'histoire naturelle de Vienne, etc. ; à Vienne. 1833. RuNZE, professeur de botanique à l'Université de Leipsig; à Leipsig. 1832. Lacordaire , professeur de zoologie et d'anatomie comparée à l'Université de Liège, etc.; ^ Liège ( Belgique \ DP. LA i?OCIKTÉ EMOMOLOGKJUE. rxvxi 1837. Laferté-Sénectère [ le marquis de) , propriétaire, h Azay- le-Hiikau (^ Indre-et-Loire). 1839. Lamotte-BaracÉ ( le vicomte de), au cliAteau du Coudray, près Chinon (Itidrc-et-Loire). 1833. Lefebure de Cerisy, ingénieur de la marine, ancien amiral de la flotte égypiiecne, officier delà Légion d'honneur, etc.; A Toulon (Var). " Lefebvre ( Alexandre ), ancien correspondant du Muséum dhisloire naturelle de Paris, des Académies et Sociétés sa- vantes de Lille, Calane , Moscou, Barcelone, Madrid; membre honoraire de la Société entomologique de Lon- dres, etc.; au presbytère de Bouchevilliers, et à Paris, rue du Faubourg-Poissonnière, 30. 18il. Le Guillou, médecin de la marine royale, etc ; rue Bour- bon-le-Château , 6. 1842. Lenoir, rue Nolre-Dame-des-Champs, 20. * Lepelletier de Saiist-Fargeau ( le comte ), membre des Académies de Moscou et de Dijon, etc.; à Saint-Germain- en-Laye (Seine-et-Oise). 18.37. Leprieur jeune, chirurgien aide -major à Gigelles (Al- gérie ). 1836. Loches (le comte de), membre des Académies royales des sciences et des beaux-arts de Savoie, président de la So- ciété académique de Savoie; à Chambéry (Savoie). 1832. Lucas, membre de la commission scientifique de l'Algérie, employé au Laboratoire d'entomologie du Muséum d'his- toire naturelle de Paris, etc. ; au Muséum. 1837. LucciANi, pharmacien, à Castel-Nuovo (Toscane). 1832. Macouart, membre de plusieurs Sociétés savantes, à Lille (Nord). 1833. Mannerheim (le comte), président de la haute cour de justice de Wibourg , grand'croix de l'ordre de Saint-Sta- nislas, chevalier de l'ordre de Saint-Wladimir, etc.; à Wi- bourg ( Finlande ). 18.35. Marc, négociant, au Havre (Seine-Inférieure). 1832. Marchand, propriétaire, à Chartres , Kure-eî-Loir . Lxxxii ANNALES 1835. Marseul (de), professeur d'histoire naturelle, à Sainle- Groix-lez-Le-Mans (Sarthe). 1841. Maymac, capitaine au 2^ de hussards. 1832. Melly, esq., négociant, à Liverpool ( Angleterre ). 1832. Merck, membre de la Société Linnéenne du département du Rhône, etc.; à Lyon (Rhône). 1834. Michel, capitaine en retraite , à Toulon ( Var). * Milne- Edwards, membre de Tlnstiiut et de la Légion d'honneur, docteur en médecine, professeur d'entomologie au Muséum d'histoire naturelle de Paris, etc.; rue Neuve- Saint-Étienne, 19. 1838. MoNTANDON, secrétaire du conseil de l'administration des postes, membre de la Légion d'honneur, etc., rue des Fossés- Saint-Victor, 19. 18.33. Montet DE Laroche, percepteur et receveur des contribu- tions à Crucheray-la- Vendôme ( Loir-et-Cher). 1835. MoRiSSE , membre de la Société géologique de France, etc. ; à Graviile, près le Havre (Seine-Inférieure). 1842. Neuwyler (de Dîssenhofen ), docteur è> sciences et professeur d'histoire naturelle et de mathématiques spé- ciales au collège cantonnai de Glaris , etc. ; à Glaris (Suisse). 1833. Newmann, esq., à Londres. 1833. Nodier (Charles), membre de l'Académie française, biblio- thécaire de l'Arsenal, chevalier de la Légion d'honneur, etc.; à l'Arsenal. 1835. Ocskay (baron de OcSKo), chambellan de l'empereur d'Au- triche, membre de l'Académie des naturalistes de Bonn, de la Société impériale des naturalistes de Moscou, de la Société entomologique de Londres, etc.; A OEdembourg (Hongrie). 1837. Olnhausen , professeur de chimie, c^i Augsbourg ( Bavière). 1834. Paris, avoué, à Épernay ( Marne). 1833. Passerini, agrégé du professeur de zoologie au Muséum d'histoire naturelle de Florence, etc., à Florence ( Toscane). 1837. Pecchiou, à Pise (Toscane). DE L\ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. lxxxih 1833. Peiroleri (lebaroo), maître auditeur î\ la cour des comptes de Turin , etc. , à Turin (Piémont). 1838. Perris , chef de division à la préfecture de Mont-de-Mar- san, etc., à Mont-de-Marsan (Landes). 1837. Perrochel (le comte de), propriétaire, au château de Saint- Aubin (Sarthe), ou à Paris, quai Voltaire, 15, 1833. Pictet, professeur de zoologie et d'anatomie comparée à l'Université de Genève, etc.; à Genève (Suisse). 1833. Pierret, rue Corneille, 3. 1840. PiTOiS (Charles), éditeur, membre de la Société géologique de France, etc.; rue de l'Odéon, 35. * Poey, avocat à la cour royale de la Havane, directeur du Musée de la Société patriotique, etc.; à la Havane (Cuba). * Rameur, docteur en médecine, à Fontainebleau ( Seine-et- Marne). 1834. Ramon de la Sagra, à Madrid. 1841. Rasch, docteur en médecine, conservateur du Muséum de Christiana; à Christiana (Norvège). 1835. Reich, docteur en médecine, professeur à l'Université et à l'Académie militaire de Berlin, chevalier des ordres de la Croix de-fer, de Saint-Wladimir et de la Légion d'hon- neur, etc. ; à Berlin. * Reiche, négociant, rue du Marché-Saint-Honoré, 4. 1835. Reichenbach , professeur et directeur du Muséum d'histoire naturelle du roi de Saxe, docteur en philosophie et en médecine, etc.; à Dresde (Saxe). 1833. Robineau-Desvoidy, docteur en médecine, etc. ; à Saint- Sauveur (Yonne). 1833. ROBYNS, à Bruxelles. * Romand (de), chevalier de la Légion d'honneur, etc.; à Vouvray (Indre-et-Loire). 1840. Rondani (Camillo), négociant, à Parme. 1841. Rouget, à Dijon (Côte-d'Or). 1833. Sahlberg, docteur en médecine, professeur de l'Académie impériale d'Alexandre, chevalier de l'ordre de Saint- VVladimir, etc.; à Helsingfors (Suède). XI. g Lxxxiv ANNALES 1831. Sans ( Mariano DE ), secrétaire de la section d'histoire natu- relle de l'Académie royale des sciences et arts de Barce- lone, etc. j à Barcelone. 1842. Saunders de Vandsworth (Williams Wilson), membre des Sociétés linnéenne et entomologique de Londres, etc.; à Londres. 1835. Saunders (Sydney-Smith), à Londres. 1832. SAVIGNY, membre de l'Institut et de la Légion d'hon- neur, etc.; à la ferme de Galy, près de Versailles (Seine- et-Oise). 1841. ScHMiD ( le chevalier Louis de ), à Florence ( Toscane). 1837. Schmidt, docteur en médecine, à Brème. 1835. Schoeffer, docteur en médecine et en chirurgie , à Ratis- bonne (Bavière). 1832. Schoenherr, conseiller du commerce, chevalier de l'Étoile polaire, etc.; à Skara et Sparresœter (Suède). 1835. Selys-Longchamps ( de), membre de la Société des sciences naturelles de Liège, etc.; à Liège (Belgique). * Serville (AuDiNET), membre de la Société impériale des naturalistes de Moscou, etc. ; avenue Trudaine, 4. 1832. SiLBERMANN, avocat , directeur du Muséum d'histoire na- turelle de Strasbourg, etc.; à Strasbourg (Bas-Rhin ). 1834. Sommer, membre de plusieurs sociétés savantes, à Altona, près de Hambourg. 1833 SpENCE (Williams), ancien secrétaire pour l'étranger de la Société entomologique de Londres , etc. ; à Florence ( Tos- cane ). 1834. Spence fils (Henry), membre de la Société entomologique de Londres, etc.; à Florence (Toscane). 1835. Spinola ( le marquis Maximilien de ), à Gênes (Piémont). 1842. Teisseire , à Nice. * Theis ( le baron de), consul de France à Varsovie, membre de la Société des sciences el arts de Saint-Quentin , etc. ; à Varsovie. 1842. ToRART, docteur en médecine , membre de la Société lin- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. lxxxv Déenne du nord de la France, etc.; au Mesnil-en-Arro- naise, près Péronne (Somme). 1838. Trobert, docteur en médecine, chirurgien de première classe de la marine royale, membre correspondant de la Société anatomiquC et du Cercle médical de Montpel- lier, etc. ; à Brest ( Finistère). 1834. Villa ( Antonio), à Milan ( Lombardie). 1832. ViLLiERS (de), chef de bataillon au 4® de ligne, etc.; à Vannes ( Morbihan ). 1840. VuiLLEFROY ( Léon DE ), employé au ministère de l'inté- rieur, etc., rue Chauveau-Lagarde, 5. 1836. Waga (de) , professeur d'histoire naturelle, etc.; à Varsovie. * WALCKENAER (le baron), secrétaire perpétuel de l'Aca- démie des inscriptions et belles -lettres; membre de la Légion d'honneur, etc.; rue Laffitte, 45. 1838. Weidenbach (Charles de), docteur en médecine, etc.; à Augsbourg (Bavière). 1838. Wellenberg, docteur en médecine, à Leyde (Hollande). 1834. Westermann, à Copenhague (Danemark). 1840. Westring, employé des douanes, à Gottenbourg (Suède). 1833. Westwood, membre des Sociétés linnéenne et entomolo- gique de Londres , etc. ; à Londres. 1841. \Yhite (Adam ), aide-naturaliste au Musée britannique de Londres, membre de la Société entomologique de Lon- dres , etc. ; à Londres. 1834. Wilson, esq. ; à Edimbourg. 1834. Zanella , à Milan. 1833. Zetterstedt, professeur de zoologie ; à Lund ( Suède). ixxxvi ANNALES MEMBRES REÇUS Depuis le A janvier tSiS jusqu'au 19 avril. 1843. BouviN (Charles), ancien employé du laboratoire d'ento- mologie du Muséum d'histoire naturelle de Paris; rue Montmartre, 105. 1843. Bruyat (Joanny ), à Rouen (Seine-Inférieure). 1843. CouRTiLiOLLES d'Angleville (Madame de), rue Basse-du- Rempart, passage Sandrié, 2. 1843. Dumontier, ex-chirurgien de la marine royale, chevalier de la Légion d'honneur, etc. ; rue Saintonge, 38. 1843. Jekel (Henri), rue du Hasard-Richelieu, 9. 1843. Le Coûteux, employé au ministère de la guerre, etc.; rue des Acacias, 6. 1843. LÉSÉLEUC (Augustin-Joseph DE), chirurgien de la marine royale, etc. ; à Brest ( Finistère). 1843. Loss (Pierre-Joseph), libraire-éditeur, rue Hautefeuille, 20. 1843. Saint-Martin (Paul de), employé au laboratoire d'entomo- logie du Muséum d'histoire naturelle de Paris; rue Neuve- Guillemio, 5. 1843. SiGNORET ( Victor), étudiant en médecine, rue de Seine, 49. MEMBRES DECEDES Pendant l'année 1842. 1837. Carré , major du génie, etc.; mort à Dijon. 184(. Carreno, professeur à l'Université de Barcelone, etc.; mort à Paris. 1832. GYLLENHALL , membre de l'Académie des sciences de Stockholm, etc.; mort à Hœberg, près Shara (Suède ). 1842. Langeland (Emile), mort à Paris, I DK LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGKJUE. lxxxvii iMEiMBRES DÉMISSIOINNAIRKS Pendant l'année 1842. * Castelnau (Laporte, comte de), membre de plusieurs so- ciétés savantes, à Paris. * DouMERC, docteur en médecine, à Paris. 1838. Langloîs-Longueville , chef d'escadron de gendarmerie ; à Bordeaux ( Gironde ). 1834. Lepaige, ancien député, à Darney (Vosges). 1838. Payer, maître de conférences de botanique à l'école nor- male; à Paris. 1833. Saint-Florent ( Domergue de), propriétaire à Vandœuvre ( Meurthe). 1839. Uncher, à Paris. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. lxxxix ERRATA ET ADDENDA DES TOMES Vni, IX, X ET XL TOME HUITIEME. Voyez tome viii , page lxxix et suivantes. Page 91 , ligne 5 , au lieu de 1829, lisez : 1839. — 92, — Z2 , au lieu de E. Prévost , Usez : Florent Prévost. — 93, — \Q,au lieu de niraiatisque , lisez : miniatisqiie. — 93, — 28, «a lieu de d'un rouge carmin , situés, lisez .d'un rouge carmin , situées. — 117, — Zj au lieu de Aracnida , Usez : Arachnida. — 119, — 13, au lieu de est , lisez : est le. — 119, — 24, au lieu de Hypoplœtea , Usez : Hypoplalea. — 119, — 29, au lieu de Cœcalus , lisez : Caecalus. — 119, — 30, au lieu de Cryptostenrma , lisez : Cryptostemma. — 120, — i\, au lieu de Hypoplœtea , Usez : Hypoplatea. — 120, — 15 et 16, au lieu de comme nous pensons que ce caraclère a trop de valeur, lisez : comme nous pensons que ce ca- ractère a trop peu de valeur. — 120, — 16, au lieu de Hypoplœtea , lisez : Hypoplalea. — 121 , — 13, au lieu de les Myrmarachnes , Usez : les Mymarachnes. — 122, — 6, au lieu de Palpimanes, lisez .-Palpimanus. — 122, — 27, au lieu de Hemarochne, Usez : Hemarachne. — 123, — 4 et 5, au lieu de Hypoplœtea, lisez : Hypoplatea. — 569, — 22, au lieu de Camer, lisez : Cancer. — 572, — 21, au lieu de donné, Usez : donnée. — 577, — 19, au lieu de trianguli formis, lisez : trianguliforniis. — 577, — 24, au lieu de elongalissimè , tenues, lisez : elongalissiml, tenues. Lxxxx ANNALES Page 580, ligne 13, au lieu de épineux , prononcé, lisez : épineux^ peu prononcé. — 580, — 25, au lieu de l'angle , lisez : l'ongle. TOME NEUVIÈME. Voyez tome ix , page ixiii. Page 57, ligne 19, au lieu de orné, lisez : armé. TOME DIXIÈME. Page 280, lignes 25 et 26, au lieu de Maximiliana , lisez : Maximiliano. — 280, — 26, au lieu de coirespondenza , lisez : corrispondenza. — 281, — 2, au lieu de hotrichus, lisez : holotrichus. — 283, — 25, au lieu de inipressa , lisez : impresso. — 283, — 25, au lieu de auctam, liriez : acutam. — 283» — 26, au lieu de evectam , lisez : erectam. — 285, — 17, «M lieu de ^t«eus, Usez : ^tnaeus. — 286, — 5, après ces mots les deux autres, ajoutez : extrémités. — 286, — 27, au lieu de k sommet obtus, lisez : k sommet aiTqué. — 290, — 27, au lieu de retenue , lisez : rétrécie. — 292, — i8, au lieu de evasioribus , lisez : evapioribus. — 292, — 20, au lieu de armatis, lisez : arcuatis. — 29Î, — 4, au lieu de lyacites, lisez : lygéites. — 295, — 4, au lieu de nigropiseus , lisez : nigropiceus. — 296, — 1 1 et 13 , etc. , au lieu de Lygacites , lisez : Lygéites. — 297, — 23, au lieu de extrême, lisez •• externe. — 299, — 9, au lieu de isola sientibus , lisez : violascentibus, — 301, — 2, au lieu de bruneo, lisez : brunneo. — 301, — 4y au lieu de aTït\co, lisez : antica. — 301, — 5, au lieu de profunde aura , lisez : profunde. — 301, — 14, au lieu de Janger, lisez : Tanger. — 301, — 29, au lieu de Scutellecites, lisez : Scutellerites. — 302, — 28, au lieu de Bagguaglio , lisez : Ragguaglio. — 302, — 28, au lieu de pici , lisez : piu. — 303, — 16el 17, a/Wiew <^/e Hyerometra, Z/*fz ; Hydrometra. — 303, — U, au lieu de Riebie, lisez : Biibu. • _ 307, _ 7, au lieu de C^ioglossa lyncea , Ach. Costa , lisez CiELOCLOssA LYNCEA , Fabncius. __ 307, — 8, au lieu de Cimex lanatus , lisez : Cimex lynceus. DE LA SOCIÉTÉ EN TOMOLOGIOUE. lxxxxi TOME ONZIÈMB. Page 45, ligne il, au lieu de glacis, Usez : glaciers. — 66, — 4, au lieu de fustiforme, Usez : fusiforme. — 95,-20, au lieu de tel fut ie sort de celui dont nous avons à nous entretenir, lisez : tel fut le sort de celui dont nous avons à vous entretenir. — 99, — 25, au lieu de aussi son cours eut le plus grand succès , et dès lors il fut jugé digne, etc., lisez : aussi eut-il le plus grand succès dans son cours, et dès lors fut-il jugé digne , etc. — 100, — 28, au lieu de en 1861 , lisez : en 1816. — 101, — 9, au lieu de quatre livraisons , lisez : six livraisons. — 121, — 22, au lieu de ils ont décrit et défiguré , /wez .• ils ont décrit et figuré. — 149, — 20, au lieu de la chenille du CSopal , lisez : la cochenille du Nopal. — XVI, — dO, au lieu de Lefebvre de Cerisy, lisez : Lefebure de Cerisy. AiNNALES DE LA SOCIÉTÉ KiNTOMOLOGlOUE. lxxxxih TABLE DES MATIERES CONTENUES DANS CE VOLUME. Abrœus atomarius , paivulus etpunclum. Nouvelles espèces dé- crites par M. Aube. 231. Acaiithogenius scapulans. Espèce nouvelle , décrite par M. Rei- che. 343. Achorutes hielanensis . Description de cet insecte aptère qui se trouve en quantité aux environs de Varsovie, par M. Waga. 264. Adapsilia. Genre de Diptères appartenant à la sous-tribu des Do- lichocèresde Macquart, etc.; espèce nouvelle A . coarctata , àécviiç^ par M. Waga. 279. Amsoplia theicola. Description de ce coléoptère indigène de la Chine, trouvé dans le thé du commerce; par M. Waga. 273. Antennes (lettre sur l'usage des), par M. Robineau-Desvoidy. XXIII. Anthicus recueillis aux environs de Perpignan, et descriptions de quelques espèces nouvelles {A. Antoniœ , Bremei, bnmneus, melanophthalmus, minuties, etc. ; par M. le marquis de la Ferté-Sé- nectère. 247. Anthocharis charlonia. Description de ce nouveau lépidoptère , par iM. Hugues Donzel. 197. Aptères. Note sur une quinzaine d'espèces nouvelles d'insectes de cet ordre, par M. P. Gervais. XLV. Ascalaphus (communication sur la larve d'une espèce d'}, par M. Al. Lefebvre. xvii. Lxxxxiv ANNALES Ateuchus. Note sur le caractère sexuel apparent des espèces de ce genre, par M. Reiche. x. Bombyx philopalus. Description de ce lépidoptère nouveau. 198. Bombyx pini (communication sur le); par M. Pierret. xxvil. Branchipus torvicornis. Nouvelle espèce de Crustacés, décrite par M. Waga. 261. Bulletin entomologique. Année 1842. l^*" trimestre , i. 2® tri- mestre, XV; 3® trimestre, xxxi, et 4® trimestre, li. Bureau (membre du) pour Tannée 1842. i. Idem pour l'année 1843. LXVI et LXVii. Callimorpha dominula et donna (Note sur les variétés des), par M. Achille Costa. 239. Callisthenes. Note sur ce genre de la famille des Carabiques , par M. Fischer de Waldheim. XLiii. Callisthenes Reichei. Description de cette espèce nouvelle , par M. Guérin-Méneville. XLiv. Cebrio gigas (Note sur une femelle du), par M. Al. Lefebvre, d'après M. de Cerisy. xvi. Ccractis ( Communication sur les mœurs des ), par M. de Vil- liers. XI. Ceratitis. Note sur ce genre de l'ordre des Diptères, par M. le marquis de Brème. 183. Chiysoptera deaurata ( Note sur la ), par M. Pierret. LlV. Cloantha radiosa (Note sur la), par M. Duponchel, d'après M. Hugues Douze! . XLiii. Coléoptères nouveaux ( Notes sur quelques ), par M. Aube. 225. Communications, ii, m, iv, X, xvi, xx, xxvii, xxxiii, XXXVIII , XLII à XLVIII , LU , LIV, LV à LXII et LXIV à LXVI. Comptes de la Société pour l'année 1842 ( Rapport sur les ). vi. Congrès scientifique de Padoue (Quelques détails sur le), par M. Duponchel, d'après M. Spinola. liv. Copvophages ( Essai d'une classification méthodique de la tribu des), par M. Reiche. 59. Coreus phyllomoiphus. Note sur cet insecte, par M. Amyot. LXI. Correspondance, m , xxiii , xxxiii , xxxv, Lxiii et suiv. DE LA S(XIÉTÉ ENÏOMOLOGIOLE. lxxsxt Dasftes ciliatiis. Description de cette nouvelle espèce de coléop- tères par M. Graells : traduite en français par M. L. Fairmaire. 221 . Deilophila Dahlii. Voyez Sphinx Dahlii. Derobrachus Leioituiieri. Description de cette nouvelle espèce de Prionien, par M. L. Buquet. 203. Description de deux lépidoptères recueillis en Barbarie par M. le capitaine Charlon . décrits et publiés par M. Hugues Donzel. 197. Description d'une nouvelle espèce de lépidoptères, par M. Dar- douin. 201. Diantlurcia lutcago. Histoire des mœurs et description de la chenille de celte espèce, par M. Graslin. 313. Diraphia noium insectorum gerius Uiiœ proximum. Sp. no^ . D. Umbata a Dom. \\'aga. 275. Distenia ^Note sur une espèce de . par M. L. Buquet. xxxiii. Bonus Lessonii. >'ouvelle espèce de coléoptères, par M. L. Bu- quet. 283. Dynastes Jupiter. Voyez Scarabceus Jupiter. Elachista coffella. Communication sur cet insecte nuisible à l'agriculture . par M. Guérin-Méneville. ii. Ennomœs illunaria Note sur l" . par M. Guenée. 243. Entomologie de l'Amérique du Nord ^ Note sur 1\, par M. de Castelnau. xii. Eriopm pteridls 'Description de la chenille de 1'). par M. Bruand. 37. Errata et addenda des tomes viii. ix. x et xi. p. Lxxxix et suiv. Exochosioma. Description de ce nouveau genre de Diptères, par M. Maùijuart. -11. Godartia. Observations sur ce nouveau genre de la tribu des Nymphalites. par M. Lucas. 295. Helluornorpha melanaria. Description de cette nouvelle espèce . par M. Reiche. 343. Hclluomdes Recherches sur les\ ou révision du genre HeUuo Booelli et Dejean: par M. Reiche. 323. HexaphyUum tequincKtiale (Note sur V\ par M. L. Buquet. v. ixxxxvi ANNALES Hexaphyllum ff^esiwoodi , Hope ( Note sur 1'). v. Hfdroporus polonicus et Schaumei. Description de ces deux nou- velles espèces par M. Aube. 229 et 345. Hyménoptères ( Lettre sur la synonymie de diverses espèces d'), par M. Maximilien Spinola. xxxv. Langelandia anophthalma. Description de cette nouvelle espèce de coléoptères, par M. Aube. 227. Latrodectiis malmignatus. Notice sur divers faits qui confirment la propriété venimeuse de cet insecte, par M. Graells; traduite en français par M. L. Fairmaire. 205. Lectures, ii, m, v, xiv, xix, xxii, xxvii, xxx, xxxiii, xli, XLVIII , LUI , LIV, LXII et LXVI. Liste des membres de la Société entomologique pendant l'année 1842. LXXV. Membres reçus en 1843,lxxxvi. Membres décédés en 1842, Lxxxvi. Membres démissionnaires en 1842, lxxxvii. Lucanus ceruus (Note sur les premiers états du ), par M. de Vil- liers, d'après M. Marchand, xi. Melitœa deione ( Note sur la ), par M. Duponchel , d'après M. Hu- gues Donzel. XLII. Membracides (Système ptérologique des), par M. AI. Lefebvre.xx. Membres reçus, 1842. ii , iv, xx, xxii , xxx, XLix et un, 1843, LXXXVI. Microlépidoptères (Note sur les), par M. Guenée. lv. Musca pumilionis ( Note sur la larve de la ), par M. Guérin-Mé- neville. ii. Nécrologie. MM. Ahrens, ii; Audouin, 95; Boisduval (Adolphe), X; Careno, x; Gharlon (Augustin), xxxviii ; Langle (Auguste), xxvii, et Magagrosc. lu. Nominations iv, xiv, xx LXVi et suiv. Note pour servir à l'histoire des métamorphoses des coléoptères, par M. Goureau. 173. Notice sur la vie et les travaux de Jean-Victor Audouin, par M. Duponchel. 95. Notice sur un insecte de la famille des Longicornes Purpuricenus Lorefi, Dup.) , par M. E. Blanchard. 49. DE LA SOCIÉTÉ EN TOMOLOGIOUE. i^xxxvii lYumeria agaritharia. Description de celle nouvelle espèce, par M. Dardouin. 201. Observations sur la monographie des Érolyliens de M. Th. La- cordaire, par M. le comte Dejean. 285. Observations sur une notice publiée sur les Podurellcs, dans le n'' 64 de la Bibliothèque de Genève, par M. l'abbé Bourlet. 45. Observations sur un mémoire et une notice de M. Robineau- Desvoidy, insérés dans les Annales de la Société entomologique de France, 1841 , 4*^ trimestre ; par M. Macquart. 165. Ocypus planipennls et siculus. Nouvelles espèces décrites par M. Aube. 234. OEdemera viridlssima ( Note sur 1' ), par M. Westwood. xxx. Omphra complanata. Description de cette nouvelle espèce, par M. Reiche. 342. Orthosia ( Note sur les mœurs des), par M. de Villiers. xi. Ouvrages offerts , i , m , iv, ix , x , xv, xx , xxii , xxix , xxxi , XXXIV, XLI, LI, LUI, LV, LXII, LXVI et LXIX. Pissodes pi/M(Note pour servir à l'histoire du), par M. Gou- reau. 53. Planches [ Explication des). PI. i, p. 27; pi. il, id.; pi. m, p. 30; pi. IV, p. 38 et 44 ; pi. V et VI , p. 68 ; pi. vii , p. 190 et 196 ; pi. viii, p. 197, 198 et 201; pi. ix, p 203,237 et 241; pi. x, p. 219,223, 259 et 260; pi. xi, p. 282; pi. xii, p. 283 et 301; et pi. xiii, p. 311 et 321. Plusia modesta (Communication sur la), par M. Pierret. XLiii. Pœderus lusitaniens. Nouvelle espèce décrite par M. Aube. 236. Ptérologie des lépidoptères ( Communication verbale sur la), par M. Al. Lefebvre. 5. Ptérologie des Lépidoptères (Note sur la), par M. Al. Lefebvre. XVI. Rapports, vi, xiv etxxxiii. Reduvius serratus (Communication sur le), par M. de Castel- nau. XIII. Scarabœus Jupiter (Communication sur le), par INL L. Ba- quet. IV. Lxxxxvui ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. Scotophila tragopogonis (Note sur la ), par M. de Villiers. xii. Scxdmenus laticollis et munitissimus . Nouvelles espèces décrites par M. Aube. 233. Séances de Tannée 1842 , V' ( 5 janvier ), p. i. — 2^ ( 19 janvier), p. III. — 3^ ( 2 février), p. m. — 4^ ( 16 février), p. iv. -5^ ( 2 mars\ p. IX. — 6^ ( 16 mars), p. x- — 7^ (6 avril), p. xv. — 8^ ( 20 avril), p. XX. - 9^ (4 mai), p. xxii. — 10« (1^' juin), p. xxix. — 11^ (6 juil- let), p. XXXI.— 12^ (3 août), p. XXXIV. — 13« (7 septembre), p. XLI. — 14^(5 octobre), p. li. — 15^ (2 novembre), p. LIII. — 16® (16 novembre), p. lv. — 17^ (7 décembre) , p. LXII. — 18^ ( 21 décembre), p. lxvi. Société entomologique de Stetlin (Relations avec la), un et LXlii. Sphinx convoh'uli. Annonce d'un cas d'hermaphrodisme observé sur cette espèce par M. Pierret. liv. Sphinx Dahlii ( Communication sur le), par M. Pierret, xxxvill et LXIV. Stilbia stagnicola. Notice et description de cette espèce sous ses différents états, par M. Graslin. 303. Trlplax nigripennis ( Histoire des métamorphoses du ) , par M. Léon Dufour. 191. Tripïax nigripennis ( Note sur le ), par M. Weslwood. XXX. Vanessa ichnusa (Description d'une variété de cette espèce), par M. Pierret. lu. Zygœna achilleœ ( Communication sur une variété de la ) , par par M. Pierret. XLi. Zygœna sarpedon ( Communication sur la ), par M. Duponchel , d'après M. Hugues Donzel. XLii. Zygœna sarpedon (Observations sur la ), par M. Boisduval. XLII. Paris.— Imprimerie et Fonderie deRiG?«OUS, rue Monsieur-le-Prince , 29 bis. I 'ïors'^ >